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16 mai 2019, 19:33
III | Première vie  solo   RP++ 
PRÉAMBULE

Ce recueil retrace l'évolution d'Edward Penwyn au sein du ministère de la Magie, de son arrivée en août 2036 à la fin de ses études à la Faculté de Magie jusqu'à son départ en septembre 2044. Huit années durant lesquelles il travaille, en tant que secrétaire au bureau de désinformation du département des accidents magiques, à tromper les moldus sur l'origine des accidents et catastrophes magiques. Loin de rester assis toute la journée derrière un bureau, il doit se déplacer fréquemment pour jauger de l'ampleur de l'incident et travailler en étroite collaboration avec les services du Premier Ministre Moldu afin de désinformer l'opinion publique moldue et préserver le secret magique. Rien de bien dangereux en principe, sauf lorsqu'on travaille pour le ministère de la magie britannique dans les années 30-40 où il ne se passe pas deux ans sans qu'une tragédie ne survienne. Entre affaires de corruption, attentat et coup d'état, il ne fait pas bon de travailler au ministère de la Magie, et c'est ce qui finira par provoquer le départ de Edward. Démission ou départ forcé ? Seul l'avenir nous le dira.


SOMMAIRE
  1.  Commencer sur les chapeaux de roues – [Septembre 36]
  2. ▨ Le bleu du bureau – [Novembre 36] 
  3. L'infecte odeur de corruption – [Avril 40]
  4. Un nouveau départ – [Juillet 40]
  5.  BOUM – [Février 42]

PERSONNAGES
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Madame C* (♀)
Cheffe du bureau de désinformation 2022- 2040 
Il s'agit de la supérieure directe de Edward au Ministère. C'est une vieille femme qui a passé l’entièreté de sa vie professionnelle au Ministère de la Magie. Elle dirige le bureau de désinformation avec une main de fer et Edward la respecte profondément pour ça. Malheureusement, il finira par découvrir durant la libération du Ministère qu'elle est corrompue et elle tentera de lui jeter un sortilège d'Amnésie.


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Thomas Anderson dit Moustache (♂)
Secrétaire du bureau de désinformation 2029 - 2040
– Chef du bureau de désinformation 2040 - 2044
Premier collègue que Edward rencontre au Ministère, c'est lui qui l'accueille dans l'Atrium. Il s'agit de son partenaire au bureau, avec qui il travaillera pendant plus de trois ans conjointement. Lors de la prise du Ministère par les Capes Violines, il est le sorcier qui viendra en aide à Edward contre Madame C.


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Phillip Roberts dit Patate (♂)
Secrétaire du bureau de désinformation 2040 - 2044

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
16 mai 2019, 21:20
III | Première vie  solo   RP++ 
1 | Commencer sur les chapeaux de roues

Lundi 1er Septembre 2036

Premier emploi, premier jour de boulot et voilà que je suis en train de courir dans les rues du vieux Londres.  Ne prenant pas la peine de m'arrêter pour souffler un coup, mes pas se font de plus en plus pressés tandis que je me dirige à vive allure vers les locaux du ministère de la Magie. Il est 10 heures, et j'ai déjà une bonne heure de retard. C'est bien ma veine de commencer mon premier jour en étant déjà en retard.

Et pourtant, je me connais suffisamment. Je sais que j'ai quelques difficultés à me lever - je n'ai jamais vraiment été du matin et me lever pour aller en cours durant mes études était un véritable calvaire. Alors, pour être sûr de me lever à la bonne heure, je pensais avoir réussi à contrecarrer ma paresse : j'ai déplacé mon vieux réveil moldu de ma table de chevet à la table du salon afin d'être sûr de devoir me lever pour l'éteindre lorsqu'il sonnerait au matin. Ce plan était par-fait, ou du moins sur le papier. Parfait sur tous les points ? Non. Il ne prenait pas en compte ma flemme légendaire. Ce matin, lorsque mon réveil a sonné et que mon esprit était encore embrumé du sommeil, ma main a tâtonné maladroitement ma table de nuit à la recherche de la source du bruit, mais elle n'était pas là. En place du réveil, mes doigts se sont enserrés autour d'une masse allongée et en un mouvement du poignet peu énergique, un sortilège fusait.

Foutu sortilège de blocage. Il faudrait que je pense à enchanter mon réveil pour l'en protéger à l'avenir. Sans prendre de petit-déjeuner, j'ai pris une douche pour me réveiller, je me suis habillé en vitesse et me voilà à dévaler les rues de Londres. En tenant ma fidèle baguette à l'intérieur de ma poche, je profite d'un croisement de rue désert pour me jeter un sortilège de sécheresse sur mes cheveux pour qu'ils ne dégoulinent plus, suivi d'un autre sortilège pour les dresser fièrement sur ma tête.

๑๑๑๑๑๑๑๑๑

Après avoir descendu les escaliers menant aux toilettes publiques - ils sont d'ailleurs vide de monde, je dois vraiment être en retard - je ne réfléchis pas et mes deux souliers de cuirs s'immergent à l'intérieur de la cuvette d'un toilette. La chaîne de la chasse d'eau tirée, et me voilà qui tournoie dans l'épicentre d'un ouragan : quelques instants plus tard, tout se calme autour de moi, et je retrouve mon équilibre. Un énorme couloir recouvert de bois sombres et parsemés de cheminées se dresse devant moi. Au bout de celui-ci, j'aperçois la fontaine de la Fraternité, mais je ne m'attarde pas plus longtemps que ça sur sa contemplation et me dirige rapidement vers le bureau de sécurité afin de m'enregistrer. Il ne faut pas que je sois encore plus en retard que ça.

EDWARDBonjour, c'est mon pr...

VIGILEBaguette siouplaît plaît, M'sieur. 

Encore une personne mal élevée. Je déteste vraiment ça, il ne pouvait vraiment pas me laisser finir de parler ? Et puis, ça l'aurait tué de me dire bonjour ? Je me conforme toutefois à sa demande sans broncher ; ce n'est pas le moment de me mettre à dos le poste de sécurité dès mon premier jour de travail. Il enregistre ma baguette magique sur son registre, comme si renseigner le bois et la longueur de ma baguette pouvaient être utile. Chez les Moldus, une simple carte d'identité me serait demandé, je ne trouve aucune logique dans ce qu'il fait. Après m'avoir rendu ma baguette magique, le garde me demande alors de sa voix qui m'agace :

VIGILEVous v'nez pour quoi ?

EDWARDJe travaille ici. commencé-je par dire avant de compléter en regardant son regard suspicieux : C'est mon premier jour, je vais travailler au bureau de désinformation.

Comme si cet homme avait décidé de m'embêter un long moment, il ricane en me disant :

VIGILEPeux pô vous laisser entrer c'mme ça. Faut appeler vot' référent, c' qui ?

EDWARDFaites donc. Il s'agit de Madame C., la cheffe du bureau de désinformation.

Je me retourne pour ne pas laisser transparaître mon énervement. Cette journée commence vraiment mal, et je vais sûrement me faire sermonner par ma boss dès le premier jour. Comme si il ne suffisait pas que je sois en retard, voilà que ce gorille veut la faire chercher. Un avion en papier violet volette par dessus mon épaule et se dirige vers les grilles d'or, il doit s'agir du message annonçant mon arrivée. Mon pied tape machinalement le sol, tandis que mes bras enserrent ma taille.

L'attente semble durer une éternité. Il ne faut pas tant de temps que ça pour traverser un couloir et monter cinq étages en ascenseur, non ? Il semblerait qu'on veuille me faire payer mon retard, ce qui ne me rassure pas du tout. Au bout d'une dizaine minute, un homme habillé d'un cardigan gris et arborant une moustache fièrement entretenue s'approche de moi en me souriant. Je ne suis pas naïf, j'ai toujours été bon pour déceler les émotions chez les gens, et là, je sais que son sourire est forcé. Il ne semble pas m'aimer, et pourtant, c'est lui qui vient me chercher. Un collègue de travail ? En tout cas, le voilà qui me tend la main.

???Bonjour Edward, je suis - je ne parviens pas à saisir son nom, tant pis, je le nommerais Moustache pour l'instant -, je serais ton binôme pour le boulot.

Je vais vraiment devoir travailler conjointement avec lui ? Avec son air de premier de la classe, il m'agace déjà. Il ne lui manque que les lunettes rondes sur le bout du nez pour compléter le tableau. Bon allez, il faut que je fasse un effort, il est peut-être plus sympa que ce que je pense.

EDWARDEnchanté de faire ta connaissance. Je suis désolé pour le retard, j'ai eu un problème de...

Il m'interrompt en agitant la main, un sourire amusé parcourant son visage. C'est la deuxième fois aujourd'hui qu'on me coupe la parole, je n'aime décidément pas ça.

MOUSTACHEGarde ton imagination lorsqu'on aura une nouvelle affaire à traiter, ou bien pour Madame C. Elle n'a pas l'air enchantée par ta ponctualité.

Décidément, je ne l'aime pas lui. Mais ce qui m'inquiète le plus pour l'instant n'est pas de bien m'entendre avec mon collègue. J'appréhende la rencontre avec Madame C. Si elle est aussi sévère que ce qu'on m'a dit, je vais vraiment passer un sale quart d'heure. Je suis désormais cet homme de l'autre côté du portail en or jusqu'à arriver devant d'autres grilles en or fermées. En attendant l'arrivée de l'ascenseur, je décide de discuter avec mon nouveau partenaire.

EDWARDAlors, on est combien à travailler dans l'équipe ?

MOUSTACHE – En dehors de Madame C. qui chapeaute le tout, on est deux équipes de deux au total. C'est un petit service, car après tout, il n'y a pas des incidents tous les jours. Par contre, quand il y en a... disons que ce ne sont pas les plus petits qu'on nous donne.

J’acquiesce d'un signe de la tête puis entre à sa suite dans l'ascenseur fraîchement arrivé. Même si l'angoisse de rencontrer ma cheffe de bureau me noue l'estomac, j'ai vraiment hâte de commencer à travailler.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
20 mai 2019, 00:04
III | Première vie  solo   RP++ 
La grille de l'ascenseur se referme sur nous, et voilà que nous partons dans les méandres du Ministère. Un léger malaise s'installe en moi dès lors que l'ascenseur se met à bouger. Il n'est pas commun. Bon oui, on est au ministère de la Magie, j'aurais du anticiper le fait que l'ascenseur se déplace au début à l'horizontal, puis dans toutes les directions, mais expérimenter cette sensation pour la première fois est assez incongru. Je ne sais plus du tout où nous en sommes à cause de tous les détours qu'a pris la cage magique, alors une fois que celui-ci s'immobilise, je demande à Moustache :

EDWARDOn est monté ... ou descendu je ne sais pas trop, combien d'étages là ?

Il se met à rire à ma remarque. Qu'est-ce qu'il y a de drôles à ça ? Je lui ferai bien manger sa moustache si bien entretenue, mais je me contente de sourire.

MOUSTACHE – Tu es un bon, le bleu. Il y a cinq étages entre ici et l'Atrium.

Il ne répond qu'à moitié à ma question : je ne sais toujours pas si nous sommes montés ou descendus par rapport à l'Atrium. Je finirais probablement par le découvrir d'ici les prochains jours. Ce qui me met le plus en colère pour l'instant, c'est le surnom qu'il vient de m'affubler. Le bleu. Oui, c'est vrai que je suis le nouveau du service, mais je trouve cette appellation tellement péjorative. J'espère vraiment qu'ils ne m'appelleront pas très longtemps comme ça, je veux bien être aimable un moment, mais pas trop non plus. En sortant de l'ascenseur, un long couloir se dresse devant nous. Bien que nous soyons sous-terre, ce couloir possède de nombreuses fenêtres, c'est vraiment étrange. Suivant Moustache de près dans l'allée, je jette un regard au travers des fenêtres et y découvre un temps ensoleillé et radieux. Intéressant comme décoration, ça doit sûrement éviter que les employés deviennent fous en passant toute la journée sous terre et en rentrant chez eux lorsque la nuit est tombée.

MOUSTACHE – Par ici. Le bureau de désinformation est juste au bout de ce couloir.

Le silence entre nous deux ne semble pas le gêner, comme si il aimait vivre silencieusement. Nous tournons à droite dans le couloir que Moustache avait désigné et marchons encore quelques mètres jusqu'à arriver devant une porte en bois, pas si impressionnante que ça, au-dessus de laquelle était écrit "Bureau de Désinformation".

EDWARDJ'espère que ce n'est pas un placard à balai, sinon on va être serré à l'intérieur !

Je tente une blague, mais décidément, il est difficile de lui arracher un sourire des lèvres. On dirait qu'il aime juste se moquer de moi, qu'il n'y a que cette idée qui l'enchante. Sans rien dire, il ouvre la porte du bureau et m'invite à rentrer. Lorsque je m'apprête à passer le pas de la porte, une silhouette féminine se dresse de l'autre côté. Elle a les cheveux bruns tirés en arrière autour d'un chignon, et les traits de son visage ne m'inspirent aucune sympathie. Nul doute ne fait à sa prestance qu'il s'agit de Madame C., la cheffe du service. À l'expression de son visage, mais aussi de ce que Moustache m'a dit, j'en déduis qu'elle n'apprécie guère mon retard et qu'elle ne va pas tarder à me le reprocher.

MADAME C.Vous devez être Edward Penwyn. Vous avez... Elle jette un coupe d'oeil à sa montre. deux heures de retard, Edward Penwyn. Quelle est votre excuse pour ce manque de professionnalisme ?

Comme si ça ne suffisait pas de souligner le fait que je sois à la bourre, elle répète deux fois mon nom. Font-ils une compétition dans ce bureau pour savoir qui est le plus agaçant ? En tout cas, je ne peux vraiment pas lui avouer la vérité. J'imagine déjà la réputation que je vais avoir sur le dos si je lui avoue avoir couper mon réveil avec un sortilège de blocage pour dormir plus longtemps. Non, il faut que je lui invente une excuse, mais plus je mettrais de temps à en inventer une et moins elle sera crédible. Je vais m'acheter un peu de répit avant de répondre à sa question :

EDWARDBonjour Madame C., dis-je en lui tendant la main droite pour la serrer, c'est un plaisir de pouvoir enfin vous rencontrer.

Elle accepte de me serrer la main, ce geste semble la détendre un peu plus, mais je vois à son regard qu'elle attend une réponse à la question posée. Je n'ai pas le choix, je lui sors la première excuse qui me passe par la tête :

EDWARDEh bien, désolé. Je suis parti à sept heures et demi de chez moi, je pensais avoir une avance suffisante pour être à l'heure, mais j'ai eu une drôle de mésaventure sur le chemin. J'ai eu l'idée assez stupide de vouloir venir ici en transports en commun, pour m'imprégner de l'ambiance vous voyez, alors qu'il aurait suffit que je transplane. Sauf que j'ai oublié qu'il y avait des travaux sur l'autoroute M4 et j'ai été pris dans les embouteillages. Impossible de pouvoir sortir de manière non conventionnelle dans un bus blindé de moldus.

Madame C. me regarde d'un air suspicieux, comme si elle jugeait chacun de mes mots pour en vérifier la véracité. Pendant plusieurs secondes qui me parurent une éternité, elle resta silencieuse à me fixer du regard. Son regard se fait de plus en plus sévère, quand soudainement, un large sourire apparaît sur son visage.

MADAME C.Oh la belle excuse, j'y aurais presque cru si je ne savais pas que vous habitiez dans Londres même grâce aux documents que vous avez rempli lors de votre embauche. Bienvenue au bureau de désinformation Edward.

Un soupir de soulagement s'échappe malgré moi en même temps que j'expire. Finalement, cette femme semble bien plus sympathique que Moustache, mais je n'ose pas faire de plans sur la comète. Seul l'avenir me dira qui Madame C. est réellement et si je peux lui faire confiance.

MADAME C.Tâchez toutefois de vous lever à la bonne heure et d'arriver à une heure correcte demain.

Mes yeux s'écarquillent devant cette dernière phrase. Comment peut-elle être au courant de ma mésaventure de ce matin ? A-t-elle installé des caméras ou tout autre objet de surveillance dans mon appartement ? Non, ce n'est pas possible, ou du moins, ce serait vraiment inquiétant si c'était le cas. Je ne peux m'empêcher de lui demander :

EDWARD Mais... comment... comment savez-vous pour ça ?

Un large sourire se dessine sur son visage, ce qui n'a absolument rien de rassurant.

MADAME C.Mon travail est d'être informée au mieux - pour pouvoir désinformer par la suite. De plus, vos anciens professeurs de la faculté magique ont donné des commentaires intéressants sur vous et votre manie de louper le réveil. Faites attention, vous travaillez dès à présent.

Je me demande bien ce que mes anciens enseignants ont pu dire sur moi, car ils ne se sont sans doute pas arrêté à mes retards exclusivement matinaux. Si j'ai fini par être recruté au ministère de la Magie, c'est sans doute qu'ils n'ont pas dit que du mal sur moi.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
27 mai 2019, 23:23
III | Première vie  solo   RP++ 
Après cette introduction beaucoup plus agréable que ce à quoi je m'attendais, Madame C. sort de l'encombrement de la porte pour me laisser le loisir de rentrer dans les bureaux de mon nouveau service. Mes yeux découvrent dès à présent les locaux dans lequel je vais passer le plus clair de mon temps pour les années à venir. On pourrait croire que le ministère de la Magie britannique, l'une des premières puissances mondiales magiques, est neuf et bien entretenu, mais la salle qui se présentait devant moi n'avait rien de grandiloquent. La salle est tout juste assez grande pour accueillir six bureaux en bois enchevêtrés les uns sur les autres, et de grandes armoires où des classeurs de toutes couleurs étaient disposées. Eh bien, l'architecte du ministère est-il resté dans les années 60 ? Ou bien est-ce que le département n'a plus suffisamment de budget pour se rénover les locaux ? Je devrais prendre sur moi pour y travailler ; après tout, Poudlard était tout aussi vieillot niveau décoration, et ça ne m'a pas empêché de m'y plaire.

MADAME C.Votre bureau est celui-là, dit-elle en désignant celui dans le coin droit de la pièce. C'est celui en face de ...

Pourquoi je n'arrive toujours pas à saisir le nom de mon collègue ? Est-il vraiment possible d'avoir un nom si difficile à retenir ? Je fais quelques pas en direction de mon bureau, pour le découvrir. Il est vide. Contrairement aux restes des bureaux, aucun papier ne vient s'y joncher. Tant mieux, je n'aurais pas de tri à faire, mes collègues semblent avoir préparer mon arrivée. En parlant de collègues.. Je regarde autour de moi, mais il n'y a personne hormis Moustache et Madame C. Étrange. Moi qui pensais être en retard, les autres le seraient-ils encore plus ?

EDWARD – Où est le reste de l'équipe Madame C. ?

La femme, qui était retournée à son bureau, pivota sa chaise dans ma direction pour mieux me regarder. De l'incompréhension parcourait son visage, comme si elle ne semblait pas avoir compris ma question. Je m'apprêtais à répéter la question lorsqu'elle se décida à me répondre :

MADAME C.À votre avis, où peuvent-ils bien être à cette heure-ci ?

Décidément, j'enchaîne les boulettes. Elle a dû trouver ma question bête pour me toiser ainsi du regard. Il ne faut pas que me trompe dans la réponse que je vais lui apporter, sinon l'impression qu'elle a de moi ne va pas aller en mieux. Cependant, si je posais la question, c'était bien parce que je n'avais nulle idée de la réponse.

EDWARDEh bien. Ils doivent être en mission à l'extérieur... Mais je trouve étrange qu'ils y soient tous. Y-a-t-il tant de missions en ce moment ?

Elle approuve d'un hochement de la tête ma réponse. Ouf, j'ai vu juste. J'espère juste que ma question ne lui semblera pas une fois de plus bête.

MADAME C.En effet, ils sont bien sur missions à l'extérieur, c'est très courant dans ce métier. Les seuls instants que vous passerez ici seront pour rédiger la paperasse. Elle se racle la gorge, ses sourcils se froncent, comme pour mettre en accent ce qu'elle s'apprête à dire. Soyez irréprochables, et vous n'en aurez pas beaucoup à faire.

Sa menace est à peine voilée. Il est clair qu'elle n'hésitera pas à me donner toutes les tâches ingrates si il m'arrive d'être une fois de plus en retard ou de faire un quelconque impair. Il va vraiment falloir que j'ensorcelle ce fichu réveil pour ne plus me faire piéger à l'avenir. Je lui adresse un sourire aimable en précisant :

EDWARDJe serais à l'heure demain, Madame, ainsi que tous les jours suivants. Ce retard ne se reproduira pas. Par quoi puis-je commencer ?

N'ayant pas l'habitude d'être docile, je ne pus retenir une légère grimace. Il avait fallu que j'apaise la tension avant qu'elle ne s'engouffre dans la faille pour reparler de ma ponctualité. Prendre le taureau par les cornes m'avait semblé être la meilleure solution possible. Comme si il ne suffisait pas d'insister sur le fait que ce retard serait le dernier, je lui ai montré toute ma bonne volonté en prenant les devants et lui demandant sur quoi je pouvais commencer à travailler.

MADAME C. – Voyez avec votre partenaire sur quelle mission il est actuellement.

Ah oui, lui, mon partenaire. Je le cherche du regard dans la pièce, mais il n'est pas là. Où a-t-il bien pu passer ? Répondant à mon appel informulé, Moustache apparaît par le seuil de la porte, et tenant dans ses mains deux tasses à thé. Oh. Serait-il allé me chercher du thé ? Mon jugement sur ce personnage commençait à se réviser, je l'avais probablement mal jugé. S'approchant de moi, je ne peux que sourire bêtement pour cette attention. Sourire qui s'efface aussitôt de mon visage lorsque je vois la tasse être déposée sur le bureau d'à côté, celui de Madame C. Hmpf. Pour les petites attentions, je vais devoir attendre. Moustache semble s'apercevoir de la scène qui vient se dérouler et commence à se confondre en excuses :

MOUSTACHEAh hum.. Désolé, je ne savais pas que tu en voulais.

Je me retiens de dire ce que je pense. Il vaut mieux pour notre future relation de travail que je me taise, mais je n'en pense pas moins. Toutefois, je finis par relativiser en me disant que ce n'est pas grave, et que l'habitude finira par s'installer.

EDWARD – Pas grave, tu ne savais pas... Dis-moi, on commence par quoi ?

Et c'est ainsi que Moustache, en me déposant plusieurs dossiers sur mon bureau, m'introduit l'affaire d'un monstre aquatique qui avait été aperçu dans des lacs d'Écosse et que plusieurs moldus avaient pu prendre en photo avec leurs téléphones portables. Affaire qui me prendra plus d'un mois à boucler tellement les réseaux sociaux avaient diffusés l'information au travers du pays.

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« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
24 juin 2019, 20:33
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2 | Le bleu du bureau

Lundi 3 Novembre 2036

Biiip, biiip, biiiiip ...

Encore ce maudit réveil qui interrompt mon sommeil et me soustrait à mes rêveries. Mais pourquoi se met-il à sonner un dimanche matin ?  Je ne l'avais donc pas enchanté pour qu'il ne s'actionne qu'en jours de semaine ? C'est bien ma veine à moi, moi qui voulait profiter de ce jour de repos à traîner dans mon lit. Bon, ce n'est pas grave, il suffit que j'arrive à le trouver et l'éteigne pour que je puisse retourner dans les doux bras de Morphée. Ma main se met à tâtonner ma table de chevet jusqu'à trouver l'objet de ma quête. Sans ménagement,  j'assène avec la paume de main un coup sur cet engin de malheur jusqu'à ce que je finisse par en triompher et que son dernier glas retenti. Il ne me faut guère plus de quelques secondes pour que mon esprit se perde dans les méandres du monde onirique.

๑๑๑ ZZZzzzZZzzzzzZZzz ๑๑๑


OH ! MINCE ! Dimanche c'était hier, on est bien lundi aujourd'hui. Je me lève en trombe de mon grand lit sans prendre la peine de chasser les résidus de sommeil. Sans même jeter un regard à la couchette, je disparais du parquet pour me retrouver instantanément quelques mètres plus loin dans le salon pour récupérer ma baguette. Il faut vraiment que je me prépare en vitesse, et pour cela, la magie me sera bien utile. Je disparais de nouveau pour finir baguette à la main sous la douche. Le jet froid de la douche agit comme le cri d'un dragon dans le dos et me réveille en moins de temps que je n'aurais espérer. En moins d'une minute, je sors de la douche, car je n'ai pas de temps à perdre et un simple sortilège de sécheresse fait disparaître toute l'eau qui ruisselait le long de mon corps. Un autre coup de baguette supplémentaire, et mes habits se meuvent d'eux-mêmes jusqu'à aller taquiner mes membres pour qu'ils se laissent faire. Ça a vraiment du bon d'être un sorcier parfois ! Jetant un dernier coup d’œil au miroir pour me recoiffer, je jette un dernier sortilège de mise en place afin de dresser un petit-déjeuner sur la table, petit-déjeuner qui ne verra jamais l'intérieur de mon estomac, puis je finis par transplaner au plus près de l'entrée du Ministère.

Je finis par arriver au bureau de désinformation avec plus d'une heure de retard.  Quand je pénètre dans le bureau à cette heure-ci, tous mes collègues sont déjà présents et me regardent avec un sourire moqueur. Seule Madame C. garde son air inexpressif que je commence à appréhender et où je crois déceler une trace de reproches.

MOUSTACHEEh bah le bleu, tu t'es levé du pied gauche ce matin ? Ou alors quelqu'un t'a retenu ?

Bouche-bée, je me retourne vers celui qui vient de m'interpeller. Dernière fois que je suis aussi honnête avec Moustache. Pourtant, je pensais pouvoir lui confier certains détails sur ma vie personnelle, mais force est de constater que j'étais bien trop naïf sur sa capacité à le garder pour lui. Je ronchonne quelques mots dans ma barbe avant de lui répondre en arborant un sourire hypocrite.

EDWARDNon, juste une panne de réveil. L'inconvénient avec la technologie moldue, c'est que les piles doivent être rechargées. Je suis peut-être vieux jeu là-dessus, mais je l'aime bien ce bon vieux réveil. Ce n'est qu'une question de réglages.

Il s'agit de mon plus grand projet du moment : arriver à ensorceler ce maudit réveil offert par mes camarades à la Faculté de Magie afin qu'il soit autonome, mais surtout, que je n'arrive plus à l'éteindre d'une quelconque manière lorsqu'il faut que je me lève. Au fil des semaines de travail, j'avais déjà réussi à le rendre imperméable aux sortilèges de blocage, mais, comme le montrait l'éveil de ce matin, je n'ai toujours pas réussi à l'enchanter pour qu'il résiste à mes coups. Je devrais sans doute demander conseil auprès de mes connaissances au service de détournement de l'artisanat moldu, ils auront probablement une solution à me proposer. En observant les expressions de ceux qui partagent mon quotidien depuis tout juste deux mois, je vois le regard de désapprobation dans leurs yeux, mais celui qui m'atteint le plus est celui de Madame C. Comme pour détourner la conversation de moi, je demande à Moustache une fois arrivé à mon bureau :

EDWARDLes affaires sont toujours aussi calme que la semaine passée ?

Il relève la tête du parchemin qu'il était en train de lire, se saisit d'une pile de dossiers posés sur le coin de son bureau et les jette sur le mien.

MOUSTACHELe week-end a été plutôt chargé en infractions au Code du Secret Magique. On va avoir une semaine bien différente de la semaine dernière. Tu vas devoir annuler tes rencards de la semaine, le bleu.

De nouveau, je grince des dents. Si nous n'étions pas au travail et que nos compères n'étaient pas dans la même salle, je lui aurais probablement collé mon poing en plein milieu du visage pour lui rafraîchir les idées. Depuis plusieurs semaines déjà, j'ai vraiment du mal à supporter ses incessantes remarques et je me retiens de ne pas faire une scène. Je me contente simplement de lui sourire et de lui répondre au travers du voile de la moquerie :

EDWARDJ'espère que tu as un enregistreur avec ta télévision, ce serait vraiment dommage que tu loupes tes épisodes d'Inspecteur Barnabé.

Touché. Son visage se décompose et il ne sait quoi dire. Je l'ai touché dans son ego et je vais me contenter de cette légère victoire pour le moment. Après m'être délecté de son silence, j'ouvre le premier dossier qui se présente à moi : un troll des rivières avait détruit un vieux pont dans le Yorkshire, et la télévision moldue avait eu le temps de filmer les dégâts avant que la Brigade d'Intervention n'arrive sur les lieux.

« Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ! » #PouffyFamily
10 juil. 2019, 22:17
III | Première vie  solo   RP++ 
Les affaires que devaient traiter le bureau de désinformation depuis plusieurs décennies étaient sensiblement différentes de celles des années 1990. Avec l'arrivée des nouvelles technologies moldues, et l'avènement d'Internet, la rapidité à laquelle les moldus se transmettaient l'information avait dépassé de loin toutes les technologies sorcières. De ce fait, il était extrêmement difficile pour les sorciers du bureau de désinformer la population moldue sur ce les étranges événements qui s'étaient déroulés sur l'île. L'exposition du monde magique ne se limitait dès à présent plus à la Grande-Bretagne et était globale. Un Boutefeu chinois qui échappait d'une réserve dans la province du Guangdong en Chine pouvait en quelques heures à peine être sur de nombreuses bouches britanniques. Une vidéo ou une simple photo étaient bien plus convaincantes que les élucubrations d'un moldu qu'on pouvait faire passer pour un illuminé.

Avant de me plonger sur l'affaire qu'on m'a attribué, je procède comme tous les matins de la semaine à un geste qui aurait pu surprendre dans n'importe quelle compagnie moldue, mais qui était habituel au bureau de désinformation. Armé de mon smartphone fraîchement acheté quelques semaines plus tôt avec le premier salaire, je parcours les différents réseaux sociaux auxquels je suis inscris à la recherche de phénomène inexpliqués. Nul besoin de chercher tout le contenu d'Internet, des informateurs au travers du globe préviennent mes collègues étrangers et moi de nouvelles publications à traiter. Ce matin, il n'y a pas grand chose, seulement une vidéo d'un oiseau-tonnerre survolant la ville de New-York, vidéo dans laquelle il est difficile de distinguer l'animal nettement. Habitués à ne pas voir ce qu'il y a sous le bout de leurs nez, la plupart des moldus ne le voient pas. Je me contente de commenter le statut :

Tema le gars qui veut faire un max de vues ! RI-DI-CU-LE.
C'est bidon ton truc, une ombre sur une nuage et tu nous inventes des contes pour enfant, sale naze.

Une fois le message écrit, je pose le téléphone sur le coin du bureau et parcours le dossier posé devant moi. Cette affaire semble n'avoir ni-queue-ni-tête et je ne sais pas par où commencer. Moustache et moi étant coéquipiers, il a une copie du dossier, il l'a sans doute lu et a peut-être déjà une idée de piste dessus.

EDWARDHey, psst, dis-moi. Tu as commencé à regarder le dossier 2802 ? Je comprends rien à cette histoire, j'ai l'impression qu'il manque la moitié des informations, tu pourrai...

Un simple geste de la main de Moustache m'interrompt dans ma lancée et je le regarde en arquant le sourcil droit. Sa réponse ne se fait pas attendre et il me dit :

MOUSTACHE – Débrouilles-toi tout seul le bleu pour la matinée, je suis dans pas dans mon état normal.

Oh le menteur. Il semblait pourtant aller parfaitement, et aucun signe précurseur de maladie ne se faisait voir. Moustache était assis sur sa chaise, les deux pouces posés sur son smartphone en train de jouer à un jeu. Grommelant dans ma barbe, je replonge le nez dans le dossier. Je ne peux vraiment pas compter sur cet énergumène et je vais devoir aller me débrouiller tout seul. En parcourant les dossiers, j'apprends que le bureau des Oubliators avait bien effacé la mémoire des personnes ayant assisté à la scène, mais pas avant que l'un des moldus, un jeune adolescent anglais de 16 ans n'ait pu diffuser sur le réseau social à la mode une vidéo d'une étrange masse poussiéreuse s'abattant sur le pont en le détruisant et répandant de l'eau de la rivière de partout sur le bitume environnant. Ça s'annonçait vraiment mal, un coup de main supplémentaire ne serait pas de refus, mais l'autre imbécile se refusait à m'aider.

EDWARDAllez, lâche ce téléphone, je vois très bien que tu vas bien. Je suis pas là pour faire le boulot à ta place. Je pourrais jamais tenir les délais si je suis tout seul à traiter cette affaire, bouge-toi.

Aucune réponse de sa part. Il fait semblant de ne pas m'avoir entendu et continue de jouer à son application mobile. Trop, c'est trop. Penses-t-il vraiment que je vais bosser tout seul ? Me levant sans rien dire - il est toujours concentré sur son jeu, j'arrive à côté de lui et donne un coup précipité dans sa main. Néanmoins, n'ayant pas dosé ma force suite à mon agacement, son smartphone décolle de ses mains et vient s'encastrer contre le mur sur sa gauche. Un visage stupéfait voile son visage avant de céder à la colère. Moustache se dresse devant moi et se met à crier :

 MOUSTACHE – Fais chier le bleu, putain tu fais quoi !

Il me pousse à l'aide de ses deux mains mais n'arrive pas à me faire reculer de plus de quelques millimètres puisque j'ai bombé le torse peu de temps avant l'impact. Sans chercher à pousser l'engueulade plus longtemps, l'homme à la moustache se précipite sur son téléphone ayant glissé quelques mètres plus loin sur le sol et le récupère sur son visage. Il me regarde d'un air furieux, et je ne me sens même pas désolé pour lui ; il l'a bien mérité.

MOUSTACHE – Tu l'as cassé, tu es content de toi ? Je vais faire comment moi maintenant ?

Je ne peux m'empêcher de rire en voyant l'écran du téléphone qu'il vient de tourner dans ma direction. Une fissure s'étalant sur toute la hauteur du téléphone est désormais visible, mais ce n'est pas ce qui me fait jubiler. Sans ménagement, je lui réponds :

EDWARDTu es un cracmol ou quoi ? Tu sais pas réparer une petite fissure sur ton téléphone, tu es sûr que t'as fait des études de sorcellerie toi ?

Toujours aussi bêta, il ne sait pas quoi dire. Décidément, jamais je n'arriverais à avoir une relation de travail convenable avec lui. Insupportable. Mais comment les autres peuvent-ils bien faire pour le supporter ? Je comprends mieux pourquoi ses anciens coéquipiers n'ont pas fait long feu. Ne voulant pas me disputer plus longtemps que ça avec lui, je prends le dossier qu'il y a sur mon bureau, et je sors de la salle. Me rendre chez les services de liaison du Premier Ministre avec le monde magique me permettra d'avancer sur l'affaire et d'être loin de lui.
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13 juil. 2019, 00:19
III | Première vie  solo   RP++ 
3 | L'infecte odeur de corruption

Samedi 28 Avril 2040

Il y a trois ans et demi, j'intégrai le Ministère de la Magie et son bureau de désinformation. Des rêves plein la tête et l'esprit motivé, j'ai déchanté en voyant la routine dans laquelle ma vie s'était peu à peu installée. Qui aurait cru que travailler sur des atteintes au secret magique pourrait devenir répétitif et barbant ? Utilisant toujours les mêmes techniques, et les dossiers se ressemblant sans cesse, je suis devenu blasé et depuis quelques mois déjà, je n'ai plus autant d'entrain lorsqu'il s'agit de me mettre à l'oeuvre.  Heureusement que mes collègues sont suffisamment plaisants, sinon cela ferait sans doute longtemps que j'aurais démissionné. Enfin, presque tous plaisants. Moustache est toujours autant désagréable. Nous sommes sensés être en binôme, et il se contente de travailler dans son coin, de faire des remarques déplaisantes ou de m'ignorer royalement.

Se lever de bonne heure un samedi matin n'était jamais plaisant, mais il fallait bien que je sois d'astreinte de temps en temps ; je ne pouvais pas y échapper indéfiniment et Madame C. avait insisté pour que je prenne ce week-end de garde. Soit, si je m'y collais, je n'aurais pas le faire plus tard lorsque les jours seront plus ensoleillés. Après avoir passé les dernières années à enchanter mon réveil, je dois avouer que je suis plutôt fier de mon travail. Je n'arrive plus en retard le matin puisque cet artefact moldu ne me permet plus de traîne dans mon lit. Impossible pour moi de le snoozer, de le projeter contre un mur ou de lui jeter un sortilège pour le faire taire. Cette ponctualité acquise semble plaire à Madame C. qui ne cesse de faire des éloges sur les résultats de mes dossiers, mais pas à Moustache qui peut de moins en moins me lancer des piques.

Une fois n'est pas coutume, je me suis levé avant que mon réveil ne sonne et après m'être laissé le temps de prendre mon petit-déjeuner, je me suis dirigé à pied vers le Ministère au lieu de transplaner à son extérieur comme à l'accoutumée. Ce début de matinée annonçait une journée qui allait être belle et ensoleillée, et je voulais ainsi profiter de la fraîcheur matinale avant de m'enfermer pour la journée dans le bureau peu lumineux du niveau 3. À cette heure-ci, les rues de Londres commençaient doucement à s'animer, seulement, j'avais la drôle d'impression qu'elles l'étaient moins qu'à l'ordinaire.  

Une fois à l'intérieur du centre du pouvoir de la communauté sorcière britannique, j'empruntai les ascenseurs magiques qui me conduiraient jusqu'à mon bureau. Tout comme les rues londoniennes, les locaux étaient étrangement silencieux, et peu de sorciers s'y pressaient. Ce détail ne m'inquiétait pas ; je me dis que c'est normal, car après tout, on était samedi et que peu d'employés du ministère travaillait ce jour-là. Comme prévu, le bureau était vide et c'est en silence que je m'installe à la place que j'occupe depuis toutes ces années. Au fil du temps, je me le suis approprié, et des photographies magiques de mes parents moldus sont fixés à côté d'un Voltiflor, une plante qu'on lui avait offert pour mon dernier anniversaire. Hydratant à coup de Sortilège d'Eau la plante, je suis dérangé par une petite silhouette qui rentre à son tour dans la salle. C'est Madame C.

EDWARDBonjour Madame C.

Elle semble plus fatiguée que jamais, comme si elle avait passée une mauvaise nuit. Je me demande bien ce qui a pu se passer pour qu'elle soit dans cet état, mais j'ai bien trop de respect pour elle pour ne pas lui poser la question.

MADAME C.Bonjour Edward, vous êtes bien matinal aujourd'hui...

La femme d'âge mûr s’assoit à son propre bureau, et je me contente de la regarder en souriant. Ses soucis s'envoleraient probablement bientôt, je n'ai pas de quoi m'inquiéter, ou du moins, je l'espère. Quelques minutes plus tard, c'est au tour de Moustache de faire irruption dans le bureau. Il se contente de me faire un signe de tête, sans prendre la peine de prononcer la moindre parole et se range à son coin. Lui semble de mauvaise humeur, mais est-ce que je serais capable de faire la différence avec son état habituel ? Les trois personnes qui étaient d'astreintes étaient désormais là et personne d'autre ne nous rejoindrait pour la matinée.

Les heures passèrent et les rouleaux de parchemin s'entassaient devant moi. Aucun de nous trois semblait vouloir mettre de l'entrain dans le travail et les expressions sur nos visages ne transmettaient pas la bonne humeur. Comme pour me rappeler que je m'étais levé tôt, mon estomac gargouille avant même onze heures et je me décide à manger une pomme pour me repaître.  Lorsque je m'apprête à croquer une première bouchée dans la pomme verte, des bruits se font subitement entendre au loin, mais je n'y prête pas attention. Il s'agit sans doute d'employés du ministère oubliant qu'ils ne sont pas tout seul et parlant à haute voix.

VROUM. Des sortilèges se mettent à jaillir dans le couloir. L'air béat, je me demande bien ce qu'il peut se passer. Des collègues profiteraient-ils de la faible présence de sorciers au ministère pour se livrer à des jeux ? BAM. Un pan du mur du bureau s'écroule, projetant de la poussière dans toute la salle. La lumière du couloir inonde dès à présent l'espace, mais cela n'empêche pas les sorts de continuer à fuser à l'extérieur. Pris de panique, je préfère me glisser sous mon bureau le temps de me calmer et de souffler, mes jambes tremblotant. Que peut-il bien se passer ? Il semblerait que finalement, ce ne soit pas un jeu. 

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21 juil. 2019, 22:37
III | Première vie  solo   RP++ 
Il ne m'était plus possible de garder le moindre contrôle sur mon corps. Tétanisé par la peur, mon corps s'était bloqué dans la position que j'avais adoptée sous mon bureau et plus aucune parcelle de mon être n'osait bouger. Que pouvait-il donc se passer dans ce couloir et pourquoi le mur du bureau avait-il été bombardé ? La situation n'était pas rassurante pour moi, et je décidais de rester cacher sous le mobilier en attendant que le conflit cesse. Les bruits continuèrent pendant encore plusieurs minutes, des minutes qui me semblèrent des heures tellement la peur me prenait les tripes. Je m'était retrouvé en plein milieu d'un combat qui semblait rude et pourtant, je n'avais rien demandé, je ne m'attendais pas à ça en faisant un travail de bureau.

Finalement, les bruits de sortilèges cessèrent et furent remplacés par des bruits de pas. Mais je n'osais toujours pas sortir de ma cachette ; je ne savais pas quel camp l'avait emporté ou si les combats ne continuaient pas ailleurs. Me permettant de sortir la tête de sous le bureau, je jetais un coup d’œil au bureau de Madame C. et remarquai une paire de mollets dépasser. Elle avait suivi mon exemple et s'était réfugié sous son propre bureau afin de se protéger des affrontements. Après m'être rassuré sur l'état de ma cheffe, je m'enquiers auprès de mon collègue en chuchotant :

EDWARDHey, psstt, Anderson, tu es là ?

Mais aucune réponse ne vint. Moustache ne s'était pas caché à mon instar sous son bureau et était parti. Où est-ce que cet abruti avait bien pu passer ? Voyant qu'il n'y avait plus de bruit à l'extérieur, je décide de sortir de ma cachette et de souffler un bon coup. Préférant être sûr de la vacuité des lieux, je m'ose à passer la tête par l'encadrement de la porte qui était restée sur ses gonds malgré le déchirement du mur. Personne. Aucun corps par terre, me voilà rassuré.

EDWARDC'est bon Madame C., il semble ne plus y avoir personne.

La femme d'un âge avancé se relève avec quelques difficultés, ses articulations semblant la gêner dans le mouvement, et épousseta la poussière qu'il y avait sur sa robe bleue nuit. Elle semblait beaucoup moins paniqué que moi, comme si les années qu'elle avait en plus que moi lui avait permis de se forger un caractère résistant à toute épreuve. Je décide de briser le silence et lui demande :

EDWARDC'était quoi ça ? Une attaque, en plein dans le Ministère, mais c'est insensé !

Madame C. me jauge d'un regard que je n'ai jamais vu venant de sa part. Incapable de mettre des mots sur son attitude, je la regarde muet en attendant sa réponse.

MADAME C.Vous êtes idiot ou quoi ? Vous n'avez pas suivi les dernières actualités ? Il est fort probable que les Capes Violines, après avoir libéré Poudlard tentent de s'occuper du Ministère de la Magie.

Mes sourcils se froncent. Effectivement, je ne comprends pas ce qu'elle me dit. L'école de sorcellerie britannique avait-elle été assiégée pour qu'on ait besoin de la libérer ? Qui étaient ces Capes Violines ? Tant de questions se bousculaient dans ma tête et je ne savais pas par lesquelles commencer. Mais le rappel du regard et des paroles que m'avaient assénés Madame C. me coupèrent dans mon élan et je préférais me taire. On pourrait difficilement dire que la vieille femme était une sorcière chaleureuse, mais le ton qu'elle venait de prendre m'avait fait grincer des dents. Prenant mon courage à deux mains, je décide de lui poser une question unique :

EDWARDMais, pourquoi Poudlard avait besoin d'être libéré ?

Une fois de plus, son regard en disait plus que ses mots, et après avoir soufflé bruyamment, elle me répondit :

MADAME C. – Mon pauvre Edward, comment pouvez-vous être employé au bureau de désinformation si vous n'êtes au courant de rien ? Suivez un peu l'actualité bon sang.

Touché. Je ne la reconnaissais plus du tout. Que lui arrivait-il ? La seule explication logique qu'il me venait à l'esprit était que le choc de la bataille qui s'était déroulé à quelques mètres à peine de nous l'avait perturbé et qu'elle redeviendrait la femme que je connaissais d'ici quelques minutes.

MADAME C.Où est passé votre partenaire ?

Je hausse les épaules. Je n'en sais pas plus qu'elle. Moustache a réussi à disparaître dans la cohue engendrée par le combat et je ne sais même pas comment il va. Je m'apprête à lui répondre tout aussi sèchement qu'elle a pu me répondre quelques instants plus tôt, lorsque deux hommes, baguettes à la main, font irruption dans le bureau. En quelques secondes, ils pointent leurs baguettes sur Madame C. et moi. Mon corps se raidit et je n'ose pas ouvrir la bouche pour demander ce qu'il se passe. J'attends là, que l'un d'eux veuille bien nous informer. Une chose est sûre, c'est que je n'ai jamais vu ces deux là au Ministère auparavant.

???Excusez-nous pour ces manières, dit le premier homme sans baisser sa baguette pour autant. Nous sommes membres des Capes Violines, et nous sommes venus libérer le Ministère de la corruption qui y règne. 

De la corruption, ici, au Ministère ? Mais de quoi parle-t-il ? Depuis trois ans que je travaille au Ministère, jamais je n'ai vu le moindre signe de corruption ; je ne comprenais pas ce qu'il entendait par là.

EDWARDEuh.. d'accord ..., osais-je à peine à dire. Nous ne sommes que des simples employés de bureau, je ne pense pas que quiconque du bureau soit impliqué dans ces affaires.

Le deuxième homme rit d'un sourire carnassier qui ne me rassure pas. Je suis inquiet car je ne sais pas comment cette situation va finir et que ces deux là ne semblent pas être venus ici pour discuter.

???Vous vous trompez Monsieur, d'après nos sources, il y a une personne corrompue travaillant pour le bureau de désinformation.

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4 août 2019, 18:30
III | Première vie  solo   RP++ 
Ces simples mots me heurtèrent tel un coup de poing en plein milieu de l'estomac. Non, ce n'était pas possible, cet homme mentait forcément. Je ne l'avais jamais vu au Ministère, comment était-il possible qu'un inconnu soit porteur d'une telle nouvelle ? Comment puissent-ils être au courant d'une présupposée corruption au sein du Ministère de la Magie sans jamais y avoir travaillé ? Moi, qui ait pourtant passé plusieurs années à son service, je n'ai jamais rien vu de douteux ou de répréhensible. La situation était bien trop ubuesque pour que je puisse le croire ne serait-ce qu'une seconde. Me renfrognant, et ceci même si les deux hommes ont leurs baguettes pointées dans ma direction et celle de Madame C., je me rapproche d'eux en gonflant le torse. Les deux baguettes se tournent vers moi lorsque je me positionne devant ma cheffe de bureau et je leur dis sur un ton sec qu'on ne me prête guère à l'usuel :

EDWARDArrêtez vos bêtises, deux secondes. Vous vous rendez compte de ce que vous dîtes ? C'est pas possible qu'une institution aussi important que le Ministère puisse être corrompue, vous devez forcément avoir mal compris ce qu'on vous a dit.

Les deux hommes se regardent l'un l'autre un court instant, comme pour se rassurer du bien fondé de leurs missions. Ils n'hésitèrent cependant pas bien longtemps avant que celui qui avait déjà pris la parole plus d'une fois ne me réponde.

???Non. Nous ne nous trompons pas, dit-il d'une voix de moins en moins encline à discuter avec moi. Reculez Monsieur, sinon nous devrons vous escorter là-haut avec le reste de la pourriture qui gangrenait ce lieu.

C'était toujours le même qui parlait, il devait être moins timide ou peut-être plus haut placé que le second ? Le ton de sa voix de me laisse guère le choix et je me plie à sa demande. Reculant d'un pas, je continue de le regarder, préférant ne pas rouvrir la bouche. Ses paroles résonnèrent dans ma tête et je pris enfin conscience de l'ampleur de ce qu'il s'était passé quelques minutes plus tôt dans ce couloir, mais sans doute dans tous les autres étages du Ministère. Ce groupe de libération comme ils se faisaient appeler avaient dû arrêter de nombreuses personnes que je croise tous les jours, et nombre d'entre eux avaient du vouloir se battre pour conserver leur liberté. Combien de personnes étaient concernées par cette situation ? Certains avaient-ils péris ? La situation ne se prêtait pas à réfléchir à de telles questions, mais pourtant, mon esprit se refusait à rester concentrer sur ce qu'il se déroulait devant mes yeux.

???Monsieur, Madame, j'aurais besoin d'accéder au registre des présences. En sachant les journées de travail de l'équipe, nous avons fort à penser que nous pourrons découvrir l'identité de cette vermine.

Cette fois-ci, Madame C., qui avait été plutôt discrète depuis l'arrivée des deux sorciers, s'éclaircit la gorge après s'être avancée d'un pas en avant.

MADAME C.Suivez-moi Messieurs, je suis la cheffe du bureau de désinformation. Je garde le registre dans une armoire derrière mon bureau.

En silence, la vieille femme avança vers l'armoire de son bureau avec un air peu rassurée sur le visage. Qui ne le serait pas dans cette situation ? Des baguettes étaient toujours pointées dans notre direction, comme si nous étions deux criminels. Arrivée devant l'armoire, elle fouilla dedans pour en ressortir l'épais grimoire dans lequel nous marquions tous les jours nos noms. Le monde sorcier avait bien du retard chez les moldus, cela faisait des années que mon monde de naissance ne se servaient plus de papiers et d'encre pour enregistrer de telles données. Je remarque que ses mains tremblent en m'apercevant l'agitation à laquelle est soumise le livre.

EDWARDMais vous ne voyez pas dans quel état vous la mettez ? Vous devriez avoir honte de faire ça à une femme de son âge. Vous pensez qu'elle va vous sauter au cou pour vous étrangler ? Détendez-vous les gars, personne ici ne vous veut du mal...

Une fois de plus, je ne me suis pas tu. Et pourtant, j'aurais dû. Le regard noir que me lance le second ne me rassure guère et je m'attends à recevoir une correction de sa part. Mais rien ne se passe. Quelques secondes plus tard, il baisse sa baguette magique, tout comme son collègue, et s'approche du registre que Madame C. vient de poser sur la table et d'ouvrir.

???Regardons qui était là il y a trois samedis. On nous a dit que le chef du département a eu une entrevue ce jour-là avec un membre du bureau, demanda l'homme à son collègue.

Les deux hommes se mettent à feuiller le livre avec grande attention. La curiosité me saisit, et je décide de me mettre sur leur flanc afin de pouvoir participer à leurs recherches. Finalement, j'aurais bien plus à gagner en les aidant plutôt qu'en rechignant.

EDWARDIl y a trois semaines vous dîtes ? Attendez, laissez-moi regarder ça, commencé-je par leur dire tandis que je me saisis du grimoire et parcourt les pages. Je tapote une page du bout de mon index et dit : C'est ici, et de ce que je vois... Anderson... il était seul d'astreinte ce week-end là. Vous pensez vraiment que c'est lui que vous recherchez ?

Cet homme m'avait toujours paru antipathique, mais j'étais bien incapable de croire qu'il puisse être impliqué dans de telles malversations. Je jette un coup d'oeil interrogateur à Madame C. qui avait repris son air sévère - ne pas avoir de baguettes pointées dans sa direction l'a rassurait sans doute. Nous regardons attentivement la case du samedi 7 avril 2040 pour être sûr de ce que nous voyons quand un sifflement presque inaudible, suivi d'un deuxième arrive à mes oreilles. Je n'ai pas le temps de comprendre ce qu'il se passe que des corps s'écroulent sur la table devant eux et qu'une pression telle une aiguille se fait ressentir dans mon dos. Une baguette.

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26 août 2019, 23:40
III | Première vie  solo   RP++ 
La pression qu'exerçait la baguette magique dans mon dos était suffisamment forte pour me faire grimacer. La personne à qui appartenait cette baguette n'y allait pas de main morte, mais au moins, elle ne m'avait pas assommée comme elle avait fait pour les deux sorciers. Enfin, j'espérais vraiment qu'ils n'étaient qu'assommés et qu'ils n'étaient pas mort, sinon je subirais probablement le même sort par la suite. Une voix familière se fit entendre dans mon dos, et mon sang se glaça aussitôt.

MADAME C.Retournez-vous sans faire de gestes brusques, Edward. Je ne voudrais pas m'en prendre à vous.

Elle. Ce n'était donc pas Moustache à l'origine des malversations du bureau de désinformation, mais bel et bien sa tête, Madame C. elle-même. Levant lentement les deux mains en l'air, paumes ouvertes, je me retourne vers mon assaillante avec une expression confuse sur le visage. La bouche-bée, je ne sais absolument pas quoi dire tellement la nouvelle m'a pris de court. Mes sourcils se froncent tandis que je juge du regard sa baguette magique en bois de châtaigner qu'elle vient de presser contre ma poitrine. Depuis que j'ai commencé à travailler pour le bureau il y a plus de trois ans, j'avais toujours eu une grande admiration et un respect profond pour cette femme qui avait préféré sacrifier sa vie personnelle pour s'impliquer dans sa profession et aider les autres. Jamais je n'aurais cru que cette dame puisse être à ce point malhonnête et privilégier son intérêt propre avant celui de la fonction publique.

MADAME C.Navrée que nous en soyons arrivé jusque là. Je ne pensais pas que le Ministère puisse être pris d'assaut par cette bande de fouineurs.

Étrangement, je ne panique pas autant que lorsque les deux sorciers sont entrés dans le bureau tout à l'heure. Peut-être me reste-t-il des traces de la confiance en Madame C. que j'ai emmagasiné durant toutes ces années ? Je me laisse même à lui répondre.

EDWARDMadame, de quoi vous accusent-ils exactement ? Je suis sûr que vous n'avez rien fait de criminel.

La sorcière me juge de haut en bas, comme si elle tente de vérifier le niveau de dangerosité que je représente pour elle. Ma stature d'armoire à glace ne devait sans doute pas jouer en ma faveur, mais ses épaules se relâchent et je la trouvais nettement plus détendue.

MADAME C.Je vais vous effacer la mémoire, je peux bien vous dire ce que j'ai fait. Vous pensez vraiment que le Ministère est reconnaissant après toutes mes années de bons et loyaux services ? J'ai consacré ma vie à cet endroit et comment ils me remercient ? Ils donnent des promotions à des incapables et me mettent de côté, s'exclame-t-elle avant de s'interrompre pour souffler. Alors, j'ai choisi de prendre ce qui était mien, et je me suis fait payer pour des tuyaux, pour des informations.

Je grince des dents. Décidément, elle me sous-estime vraiment si elle m'avoue tant avant de me jeter un sortilège d'Amnésie. Ai-je l'air si inoffensif ? Je bombe le torse contre sa baguette en fronçant les sourcils, après tout, que risqué-je de plus, mais je suis rapidement interrompu dans mon hardiesse par sa baguette qui me rappelle à l'ordre. Le bout de bois est désormais sous ma gorge et ma patronne me regarde d'un air encore plus sévère qu'à son ordinaire.

MADAME C.Ne jouez pas au malin avec moi Edward. Je vais vous oubliettez et tout rentrera dans l'ordre. Nous retournerons à nos habituelles banalités une fois que je me serais débarrassé de ces deux-là.

Je déglutis tandis que sa baguette magique passe sur ma pomme d'Adam. Il m'est impossible de faire quoi que ce soit sans qu'elle intervienne, alors je me laisse prisonnier de mon sort. Fermant les yeux, je souffle un bon coup, et dans un dernier élan de courage, je pestifère entre mes dents :

EDWARD – Je pensais que vous étiez une femme avec des valeurs. De ce que je vois, tout le monde peut se tromper. J'avais bien tort de vous porter dans mon estime.

Profitant des dernières secondes qu'il me reste avant que ma mémoire ne soit effacée, je la défie du regard. Elle ne semble pas vaciller, mes propos ne semblant avoir eu aucun impact sur elle. L'air toujours aussi sévère, elle appuie sa baguette magique dans mon cou. Le moment est venu, je le sens. Et pourtant, au lieu de me défendre, je ferme les yeux. Je sais très bien que je serais incapable d'être suffisamment vif pour prendre le dessus, alors je cède.

MADAME C.Oubliet...

La formule débutée, je m'attends à entendre les dernières syllabes de l'incantation, mais rien ne vient. Deux secondes plus tard, j'entend le lourd bruit d'une pierre qui tomberait sur le sol. En m'aventurant à ouvrir les yeux, je découvre le corps inerte de Madame C allongée sur le dos, les membres rigidifiés comme si il s'agissait de marbre. Son corps semblait être aussi dur et froid que la pierre, je reconnaissais très bien le maléfice auquel elle avait été soumis. Mais où se trouvait le lanceur ? Le danger était-il vraiment écarté ? Sur l'embrasure de ce qu'il restait de la porte de l'office, une silhouette familière se dessine, celle de Thomas Anderson - Moustache. L'homme que j'avais envoyé paître il y a plus d'une heure était revenu et m'avait sorti d'une mauvaise passe. Incapable de lui exprimer la moindre gratitude à cause de l'état de catharsis dans lequel j'étais plongé. Je me contente de lui adresser un sourire gêné et il vient me voir.

THOMAS – Tu vas bien Eddy ? J'ai entendu ce que la vieille chouette a dit, je n'aurais jamais cru ça d'elle, bon sang.

Il donne un léger coup de pied avec les orteils sur le corps de la femme, comme pour vérifier que son maléfice avait bien fonctionné. Rassuré, il me regarde avec un sourire moqueur que je ne lui connaissais que trop bien.

THOMASQu'est-ce que tu ne ferais pas sans moi toi ! Allez, aide-moi un peu. On libère les deux là et on emmène Madame C. dans l'Atrium.

Je grimace. Je n'aime pas la manière avec laquelle il parle, mais comment pouvais-je lui en vouloir ? Il m'était venu en aide alors qu'il n'était pas obligé de le faire. Thomas aurait simplement pu faire la sourde oreille et passer son chemin, mais il était venu m'aider. Dès lors, le binôme de boulot que j'avais impersonnifié en le surnommant Moustache avait un nom à mes yeux. Au delà de son simple aspect brut et moqueur, je réalisais enfin que les taquineries qu'il me faisait n'étaient qu'un simple signe d'appréciation.

EDWARDMerci Tommy...

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