La parole par les poings PV Arwen O'Sullivan

Fin avril 2044
@Arwen O'Sullivan



Les vacances de Pâques viennent de se terminer, t'as bien dû revenir au château. Tu ne sais pas vraiment si c'est une délivrance ou une punition pour toi. Que tu sois chez tes parents ou à Poudlard, tu n'as pas l'impression d'être chez toi. Où que tu ailles, tu es un étranger. Pire encore, tu as l'impression de ne pas être le bienvenu. Tu peux le voir dans les yeux des autres. Le dégoût, la crainte, la déception, la colère. Peu importe ce que tu y lis, ce n'est jamais bon. Tu ne t'es pas attardé dans ton dortoir. Surtout pour ne pas voir Rosenberg. Sa sale tête ne t'avait pas manqué durant les vacances. C'est pour ça que t'es venu directement dans le parc. Au moins, tu peux espérer un peu de tranquillité à l'extérieur du château.

Mais c'est sans compter sur Stolas. Il a passé les vacances ici. Il a dit que c'était pour travailler ses BUSES, mais tu sais bien, toi, que c'était pour rester avec sa copine. Une blonde même pas belle. Enfin, si, elle est jolie, mais pour être amoureuse de Stolas, elle n'est pas belle. Mais c'est tout seul qu'il vient à ta rencontre. Pour une fois qu'il n'est pas accompagné de toute une troupe de ses copains, ce jour est sûrement à marquer d'une pierre blanche. Sauf que t'as pas du tout envie de le voir. Surtout qu'il n'a pas l'air d'être ici par plaisir. Tu te mets debout lorsqu'il arrive à ta hauteur, les poings déjà serrés, clairement sur la défensive. Il t'énerve avec son uniforme de Serpentard et ses cheveux longs parfaitement coiffés. Il te colle sa main dans tes cheveux en les ébouriffant, te tirant un regard noir.

- Alors p'tite tête, il paraît que t'as fugué pendant les vacances ? Qu'est ce qui t'a pris ?

Son sourire te donne envie de le frapper. Et puis, de quoi il se mêle ? Pourquoi vos parents se sont sentis obligés de le mettre au courant lorsque tu as disparu ? T'es quand même pas allé bien loin, t'as juste eu envie de profiter un peu du chemin de traverse tout seul. T'en avais marre de te coltiner toute la famille et leurs commentaires désobligeants à ton égard tandis qu'ils parlaient de Stolas comme du prochain Merlin.

- Laisse-moi tranquille, j'veux pas te voir.

Le sourire de ton frère semble s'amenuiser légèrement, à ta plus grande satisfaction. T'en as assez de le voir jouer ce rôle de grand frère parfait alors même que c'est à cause de lui que tout va si mal. T'es persuadé qu'il sait exactement ce qu'il fait, et qu'il le fait exprès. Qu'il est content de savoir que t'es malheureux, et qu'il restera à jamais le préféré de tout le monde. T'as fini par l'accepter, tu refuses simplement de lui pardonner et de faire comme si de rien n'était. En plus, t'aimes pas le surnom qu'il te donne. T'as juste l'impression qu'il te rabaisse encore plus. Un jour, tu lui feras regretter. Poings toujours serrés, tu le défies du regard. Il semble cependant ne pas avoir envie d'insister.

- Comme tu voudras, p'tite tête. Tu sais où me trouver si besoin.

La colère monte en toi. Un cran supplémentaire. T'es à peine revenu que t'as déjà envie de tout foutre en l'air. Tu finiras vraiment par disparaître à tout jamais. Tout le monde sera content. Tu le vois qui approche à nouveau sa main de tes cheveux. Il ne t'en faut pas plus pour péter totalement un plomb. Tu lui sautes dessus, abattant ton poing sur son visage de toutes tes forces, et essayant de continuer à le frapper en grands moulinets. Mais il a vite fait de te maîtriser totalement en une clé de bras, en te disant de te calmer, ce qui a simplement le don de t'énerver encore plus. Tu te débats de toutes tes forces, complètement hystérique, et tu lui hurles dessus.

- LÂCHE-MOI ! LÂCHE-MOI J'TE DIS ! J'VAIS T'FAIRE LA PEAU !

Tu lui écrases le pied de toutes tes forces pour qu'il te lâche, profitant de cet instant pour te retourner et lui envoyer un coup de boule dans la poitrine. Le choc est tel que tu sens un filet de sang couler le long de ton arcade sourcilière. Et malgré le gémissement de douleur étouffé de ton frère, il ne prend que quelques secondes à te mettre au sol d'une balayette et de t'y maintenir, pendant que tu hurles encore comme un forcené, incapable de te calmer.

- J'essaie juste de t'aider, mais tu n'es qu'un imbécile, Azaël.

Tandis que tu te tortilles comme un ver au sol, il pointe sa baguette sur toi, t'entourant de liens magiques en un sortilège, attendant que tu te calmes de toi-même. Mais tu continues ton flot d'insultes à son égard en tirant sur les cordes qui t'enserrent, sans te soucier de savoir si vous êtes réellement les seuls à avoir décidé de venir faire un tour dans le parc.

La parole par les poings PV Arwen O'Sullivan
Les vacances d'Avril sont finies, je suis retournée au château après un passage dans ma famille. Ce séjour auprès des miens m'a ressourcée. Quel plaisir de retrouver les miens, de partager des moments complices avec Aydan, de lui raconter ma nouvelle vie d'enseignante et de directrice de maison. Il me semble qu'il était d'ailleurs soulagé de me retrouver un peu comme j'étais avant, avant qu'un sombre individu m'abime. Mais ce qui ne tue pas, nous rend plus fort et en ce moment je me sens heureuse et épanouie depuis mon retour dans ce lieu qui m'a tant appris. Depuis la reprise des cours, la vie a repris paisiblement, la mienne se résumant entre mes cours, mes corrections et le suivi de mes élèves en particulier.

Dehors c'est une belle journée qui s'annonce, les températures sont clémentes pour une fin de mois d'avril, invitant les sorciers à sortir. Profitant d'un moment de tranquillité, je décide moi aussi d'aller flâner dans le parc. C'est toujours pour moi un réel plaisir de me promener dans les extérieurs du château, d'entendre les oiseaux gazouiller, sentir les rayons de soleil caresser ma peau de porcelaine. Chaque balade me replonge dans mes souvenirs d'adolescente, avec mes amis ou bien mes frères. Une douce nostalgie qui me réchauffe au plus profond de mon être. J'observe au loin les élèves profiter aussi de ce moment ensoleillé pour réviser à l'air libre, discuter ou s'amuser avec leurs amis. C'est une atmosphère douce et remplie de quiétude enfin jusqu'à ce que je perçois au loin des éclats de voix.

Ces éclats de voix m'interpellent, on dirait une dispute. Pas le choix, ma qualité d'adulte me pousse à aller voir ce qu'il se passe et résoudre le potentiel problème. Plus je m'approche et plus je comprends qu'effectivement, une dispute se déroule à quelques mètres de là. Au loin, je reconnais un élève de première année, un Serdaigle, je ne peux l'oublier tant son attitude dans les cours et en dehors m'a marquée. Bon élève, il est discret, renfermé mais cache dans ses yeux une certaine forme de souffrance. Je n'ai pu réellement encore avoir de vraie discussion avec lui mais son regard m'a souvent troublée ainsi que les nombreuses disputes qu'il a eu avec autrui, me laissant perplexe et dans la réflexion. Azaël Liderick est de nouveau en prise avec quelqu'un mais cette fois ci c'est avec son grand frère Stolas, bien plus charismatique et souriant que lui. Depuis Septembre, j'ai bien ressenti des tensions entre les deux mais je n'y ai pas plus prêté attention que ça, après tout moi aussi j'avais mes propres conflits avec mes grand frères dans un passé pas si lointain. N'est ce pas normal à cette âge là ? N'est ce pas le lot de toute relation fraternelle ?
Cependant, la dispute semble aller trop loin, allant jusqu'aux mains. Ma décision est prise d'intervenir quand l'ainé fait tomber son cadet et l'emprisonne par des liens magiques. Utiliser sa magie contre les siens, surtout lorsqu'on a le poids des années en avantage m'horripile.

Je m'avance d'un pas déterminé, la baguette sortie, et sans savoir qui a tort ou non, cela m'est bien d'ailleurs bien égal à cet instant précis, je romps le sortilège par un contre-sort avant de lancer d'une voix courroucée :

- Monsieur Stolas, avez-vous vraiment besoin de vous servir de la magie contre votre jeune frère pour régler vos soucis ? Est-ce l'image que vous souhaitez que l'on voit de vous ? Un ainé qui se sert de ses acquis et de son avantage lié à l'âge pour dominer son frère moins expérimenté ? Vous avez surement vos raisons, et dans une dispute il y a toujours des torts partagés mais de là à agir de la sorte. Pas la peine de me répondre, nous en reparlerons plus tard, pour l'instant, veuillez s'il vous plait nous laisser tranquille.

Je ne souhaite pas m'expliquer avec Stolas, le connaissant, il saura me trouver et me donner sa version des faits, là ce qui accapare mon attention c'est Azaël, allongé au sol, blessé physiquement et psychiquement. J'ai l'impression de voir une jeune biche effarouchée dans les phares d'une voiture, cela me fait un pincement au cœur.

Je m'accroupis mais ne lui tends pas la main, j'ai l'impression qu'il le prendrait comme un affront.
Je lance de manière bienveillante un Episkey pour soigner son arcade sourcilière et lui adresse la parole d'une voix plus douce, oubliant le vouvoiement :

- Azaël, est-ce que ça va ?

"La vie ce n'est pas attendre que les orages passent, c'est d'apprendre à danser sous la pluie sans penser."
"La gentillesse est la noblesse de l'intelligence.
"La vengeance est le plaisir des âmes faibles, étroites et mesquines."

La parole par les poings PV Arwen O'Sullivan
La rage gronde en toi tandis que tu continues à t'égosiller en te débattant avec tes liens au sol. Les insultes fusent, les menaces également. Et Stolas reste là, planté, à te regarder d'un air que tu jurerais méprisant alors qu'il est davantage empli de tristesse et d'impuissance face à tes réactions. Il ne sait plus comment agir avec toi. Peu importe l'approche, les choses finissent toujours ainsi. Et pourtant, à ses yeux, tu restes son petit frère. Pour combien de temps ? Il finira par se lasser, par ne plus te calculer. Et toi qui déteste être ignoré... Tout cela ne peut pas bien finir. Tu postillonnes de tous les côtés tellement tu hurles comme un forcené. Et soudain, tes liens disparaissent. Tu t'assois au sol sous la surprise lorsque tu te rends compte que c'est une Professeure qui débarque et vient de te libérer.

Bizarrement, tu te calmes aussitôt, redevenant silencieux, mais restant assis au sol. Tu écoutes avec attention les mots qu'elle sert à Stolas, de plus en plus ébahi. N'importe qui aurait pris sa défense à lui, t'en es persuadé. Il est toujours bien vu, par tout le monde. C'est toi le vilain petit canard. Et pourtant, elle le congédie après lui avoir fait la morale. Il a bien envie de répondre, tu le vois. Il n'insiste cependant pas. Il jette un dernier regard vers toi, visiblement attristé de toute cette situation. Et il finit par acquiescer légèrement, tête baissée.

- Bien, Professeur.

Il fait aussitôt demi-tour, prenant la direction du château. Il n'a même pas essayé de se défendre, tu trouves ça bizarre. T'es persuadé qu'il mijote quelque chose. Contre toi, bien évidemment. Il va bien réussir à retourner la situation, comme d'habitude. En attendant, tu te contentes d'observer Miss O'Sullivan. T'as retrouvé ton visage impassible. Celui que tu affiches toujours devant les adultes. Celui que t'as appris à porter depuis bien trop longtemps pour un gamin de ton âge. Pourtant, ton coeur bat encore la chamade. T'es encore essoufflé d'avoir tant crier. Et ton sang bout encore dans tes veines. Si elle n'avait pas été là, tu aurais attaqué Stolas à nouveau. Encore et encore, jusqu'à réussir à lui faire mal.

Elle s'accroupit vers toi, baguette en main. Toujours assis par terre, t'as un léger mouvement de recul lorsqu'elle pointe sa baguette sur toi. Et pourtant, tu sens ta plaie se refermer. Tu l'avais déjà oubliée. Avec l'adrénaline, tu n'avais pas mal. Tu essuies d'un revers de manche le sang qui a coulé le long de ton visage, et tu finis par te relever en époussetant tes vêtements comme si ce qu'il venait de se passer était tout à fait normal.

- Très bien, Miss, merci.

Tu te targues toujours de ne pas mentir. Mais ce n'est pas vraiment un mensonge. Tu n'es pas blessé physiquement. Tu vas bien. De toute façon, c'est aussi dans ton éducation. Toujours faire comme si tout allait bien. Ne jamais montrer la moindre faiblesse devant les autres. Le dos droit, la tête haute, tu plonges ton regard dans celui de ta professeure. Tu doutes fort de t'en sortir si facilement. Mais l'espoir fait vivre.

La parole par les poings PV Arwen O'Sullivan
Lorsqu'il comprend mon intervention, le cadet des Liderick se calme aussitôt. Je suis impressionnée par tant de maitrise de ses émotions en la présence d'un adulte et à la fois attristée, il semble toujours tout contenir pour lui. Ne rien laisser paraître, montrer aucune faiblesse à l'ennemi qu'il semble voir en chacun des adultes qu'il rencontre. Je souris intérieurement lorsque je vois sa surprise naître sur son doux visage enfantin. Et oui, à quoi bon te rentrer dedans, te disputer, tu ne t'attends qu'à ça...
Surprise que tu dissimules aussitôt mais trop tard j'ai eu le temps de la percevoir, petit chat.

Accroupie face à lui, je l'observe, j'écoute sa vérité arrangée, ce petit mensonge. Bien sûr que tu ne vas pas bien.... Si ta vie était juste tranquille et paisible, tu ne serais pas toujours au cœur des histoires. Tu ne serais pas habité par une rage constante qui te mets dans de délicates situations. Moi aussi fut un temps où je disais je vais bien alors que tout mon être vibrait d'un sentiment inverse. Dire "je vais bien" c'est juste plus facile, plus reposant, pas besoin de s'expliquer, de se dévoiler. C'est juste tranquille ! "Je vais bien et laisse moi tranquille"...

Face à cet élève, cet animal sauvage, je m’assois et l'observe en silence. Une parole de travers, un mot maladroit, et il fuira ou se renfermera d'avantage. Parler avec lui est délicat, c'est comme marché sur des œufs, et cela me plait bizarrement. Mon instinct irait vers un geste affectueux mais j'ai le sentiment qu'il le vivrait tellement mal. Alors tout simplement, je finis par m'asseoir en tailleur devant lui et je lève la tête au ciel, songeuse de cette situation mais aussi captivée, fermant les yeux pour laisser le soleil caresser mon visage. Je finis par prendre la parole avec un sourire mi amusée mi attristée, jouant la carte de la franchise quitte à le brusquer :

- "Très bien"... Effectivement votre carapace corporelle semble très bien se porter... D'ailleurs, c'est amusant, c'est le discours que j'ai moi même tenu il y a un temps à mes proches...

Je finis par reporter mon regard sur lui :

- Vous êtes un être particulier Monsieur Liderick, vous savez faire preuve de retenue par moment, et dans d'autres situations vos émotions vous emportent dans des actions non maitrisées. Croire en mes élèves est ma vocation mais chez vous c'est particulier, je ressens quelque chose d'autre.


Mon visage est de nouveau attirer par cette boule incandescente, comme si mes dernières paroles étaient une douce promesse :

- Vous avez les capacités d'être un grand sorcier, notamment en métamorphose. Vous avez la complexité et la gestion des émotions pour, enfin la plupart du temps... Je suis sûre que vous ne croyez aucun de mes mots actuelles, mais viendra un temps où vous vous rendrez compte que j'avais raison. Je le sais... comment c'est compliqué à expliquer, juste je le sais...

Je m'interromps enfin, pour voir ce qu'il compte faire... Me répondre ? M'esquiver ? Fuir ? Quelle voie choisiras tu de prendre en ce jour, petit être si farouche...

"La vie ce n'est pas attendre que les orages passent, c'est d'apprendre à danser sous la pluie sans penser."
"La gentillesse est la noblesse de l'intelligence.
"La vengeance est le plaisir des âmes faibles, étroites et mesquines."

La parole par les poings PV Arwen O'Sullivan
Tandis que tu te relèves, elle s'assoit. Mimétisme inversé. C'est bizarre, d'être plus grand qu'une professeure. T'arrives pas à détourner ton regard d'elle, parce que t'arrives pas à comprendre ce qu'il se passe dans sa tête pour être si calme face à toi. Aucune réflexion concernant les insultes que tu as balancées. Aucun jugement dans ses yeux. Elle est bizarre, Miss O'Sullivan. Elle se contente de te regarder en silence. Silence que tu refuses de briser. T'attends juste le feu vert pour t'en aller. L'autorisation. Parce que ce ne serait pas très respectueux de partir sans son accord, et t'as quand même une image à tenir face aux professeurs. Même si, clairement, c'est plus difficile face à certains que d'autres. Mais là, ça te semble évident. Tu lui dois bien ça, un peu de respect, pour son aide.

Elle lève la tête vers le ciel, semble se laisser bercer par le soleil. elle a les yeux fermés, et tu ne sais pas si tu dois rester ou pas. Tu restes planté devant elle comme un idiot. Jusqu'à ce, qu'enfin, quelques mots passent ses lèvres. Elle reprend d'ailleurs les tiens, relève la subtilité comme si de rien n'était. Simple constat de sa part, comme si elle savait mais qu'elle décidait de ne pas accorder d'importance au fait que c'était un demi-mensonge, mais davantage de ce qu'il signifie. Lorsqu'elle repose les yeux sur toi, tu détournes les tiens, visiblement peu enclin à admettre qu'elle puisse avoir raison. Et pourtant, la suite de tes mots te force à la regarder de nouveau. Tu ne cherches plus à cacher ta surprise.

Parce que les mots qu'elle te donne sont les mots que tu as toujours rêvé d'entendre. Que t'es particulier, que tu peux devenir un grand sorcier, que t'as toutes les capacités nécessaires. C'est comme si, pour la première fois de ta vie, tu te retrouvais face à un adulte qui voit autre chose en toi qu'un simple fauteur de trouble. Mais peut-être qu'elle te dit ça uniquement pour te faire plaisir. Tu ne sais pas si elle le pense vraiment, mais t'as envie d'y croire. Besoin d'y croire. Tu fronces légèrement les sourcils, toujours méfiant. Mais tu finis par t'asseoir à nouveau dans l'herbe en face d'elle, en tailleurs également, miroir enfantin. La tête légèrement penchée sur le côté, tu ne sais trop quoi lui répondre. Alors tu vas au plus simple.

- Merci.

C'est sincère. Tu avais besoin d'entendre ses mots. Qu'elle les pense ou non, finalement, tu t'en fiches un peu. Enfin tu préférerais qu'elle les pense. Mais tu prends n'importe quel compliment te concernant. C'est trop rare pour que tu puisses faire la fine bouche. Tu n'as cependant pas envie qu'elle se fasse une fausse idée. Toujours cette incapacité à mentir, cette incapacité à accepter toute injustice. Même lorsqu'elle t'arrange clairement. Mais t'as vu le regard de Stolas lorsqu'il est parti tout à l'heure. Tu as entendu le ton de la professeure face à lui. Et t'as beau le détester de toute ton âme, tu dois rétablir l'ordre des choses.

- C'était pas la faute de Stolas.

Pas un mot de plus, pas d'explication. Simplement le fait de base. Le reste a peu d'importance.