7 juil. 2019, 16:07
Signé Nerrah  solo 
17 mars 2044

Aliosus s'était levé tôt ce jeudi matin pour avoir le temps de porter à l'un des oiseaux anonymes de l'école la lettre qu'il avait écrite dans la nuit après avoir passé des jours à cogiter sur son contenu. Une semaine après le choc de la nouvelle reçue, malgré la divine surprise qu'elle représentait, il restait en suspens de nombreuses choses qui nécessitaient des explications. Il ne dormait plus correctement, et ses rêves n'étaient composés que de scénarios, de discussions imaginaires avec son père qui l'aideraient à comprendre le mystère qui avait été fait autour de ce lien du sang inespéré.

Pliée à la hâte dans l'une de ses poches intérieures, la lettre rédigée fiévreusement attendait d'être confiée à l'un des rapaces de la volière. Il n'osait la relire, craignant que s'il reposait les yeux dessus, il ne l'enverrait jamais.
Cher Père,

il y a maintenant une semaine, une de mes camarades et moi avons eu une discussion fort intéressante, et j'ai pensé vous en faire part. En effet, elle s'était découvert un membre de sa famille ici, à Poudlard, presque par hasard et sans que ni ses parents ni ceux de son nouveau cousin n'ait cru pertinent de les informer de ce fait. Pourtant ils le savaient, c'est une chose sûre et certaines.

Aussi je m'en remet à vous pour avoir votre point de vue.
Pourquoi mon Père m'aurait-il caché la merveilleuse nouvelle que j'allais passer sept années à l'école de Poudlard en compagnie de ma cousine, Alice Sangblanc, votre nièce. Et pourquoi se serait-il attaché à ce secret malgré les lettres qui, des semaines durant, ont décrites la relation d'amitié que j'avais tissé avec elle, sans connaître ce lien qui nous unissait ?

Vous serez aussi satisfait de savoir que mes dernières notes sont bonnes, dans la lignées de celles que je vous décrivis dans ma dernière lettre.

Votre fils,

A. Nerrah
Décousue, ironique, ce n'était vraiment pas le type de lettre que le garçon avait l'habitude de rédiger. Il le savait, même s'il n'était plus exactement sur de la tournure de ses phrase, il n'avait aucune idée de la manière dont elle serait reçue.

Aliosus essaya tant bien que mal d'avaler un toast, mais son corps semblait lui refuser la nourriture. Il le fit passer avec un verre de jus d'orange porté à sa bouche par une main prise de tremblements. Il était à la fois terriblement en colère et ravagé par l'incompréhension, mais désormais il se refusait à ce que cela gâche son bonheur présent. Il avait l'impression d'avoir retrouvé une partie de lui même qui avait été perdue sans même qu'il le sache.

Se levant du banc, il prit la longue ascension des marches de la tour ouest pour se débarrasser du parchemin. Sachant qu'une fois l'oiseau envolé, le noeud de son estomac ne se desserrerait qu'à l'arrivée d'une réponse.

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20 juil. 2019, 15:15
Signé Nerrah  solo 
Samedi 19 mars 2044

Le week-end ne s'annonçait ni particulièrement enchanté, ni morose, mais Aliosus avait de grands plans pour les deux jours à venir, aussi prenait-il des forces ce matin là en composant son petit déjeuner d'une appétissante saucisse, d'un œuf sur le plat, de toasts et d'un grand bol de chocolat chaud. Il espérait mettre à profit son temps libre pour étudier certains passages du livre que lui avait offert son Père à Noël, prendre l'air aussi en profitant du temps froid mais ensoleillé, peut être en compagnie d'Irisia si elle le voulait, et puis passer du temps à discuter avec Alice aussi...

Il mis quelques secondes à réaliser l'arriver des rapaces annonçant le courrier. Aussitôt, son cœur s'emballa et il se mis a chercher des yeux la chouette épervière de ses parents. Le rythme cardiaque du garçon augmenta encore lorsqu'il posa les yeux dessus l'élégant animal qui vint se poser en face de lui, lorgnant sur sa saucisse bien entamée. Déotéria, c'était un nom étrange, et il ne savait pas quel en était l'origine. Mais ce qui attirait toute son attention, c'était l'enveloppe noire attachée à sa patte.

Il avala sa salive difficilement, et entreprit de détacher le message lorsqu'il sursauta. L'enveloppe venait de lui échapper des mains, et à présent elle se tenait en suspend dans les airs, devant son visage. Aliosus n'osait plus bouger, commençant à comprendre ce qui était en train de se passer. La lettre s'ouvrit, se plia, se replia, jusqu'à ressembler à s'y méprendre à la bouche de son père.

Il recevait une beuglante.

"Aliosus Eugène Augustus Nerrah

La voix était calme, claire, forte, mais aussi glaçante.

Ne vous avisez plus jamais de vous adressez à moi sur ce ton. Avez-vous déjà oublié l'humiliation que vous nous avez fait subir il n'y a pas si longtemps ? Après avoir fait de vous un écervelé, voilà que Poudlard vous inculque l'insolence ? Cessez de geindre.

Geindre, le mot avait été prononcé avec dégoût.

Vous devez finalement avoir bien moins d'esprit que mon ego ne vous en imagina si vous jugez nécessaire de poser les questions qui jonchaient votre lettre accusatrice et désarticulée. Il n'y a pire ignorance que celle dont vous pensez souffrir alors que les réponses sont sous votre nez. Creusez en vous et prouvez moi que je ne suis pas pas complètement trompé en voyant en vous un héritier digne. Un Nerrah.

Et ne m'adressez plus jamais une telle lettre.
"

La lettre fut alors comme tranchée par de multiples lames et retomba en petits morceaux sous les yeux d'Aliosus qui avait cessé de respirer. Il n'osait regarder autour de lui, il n'osait tomber sur les regards qui devaient se poser sur lui, alors il reporta ses yeux sur Déotéria qui avait profité de son inattention pour finir son petit déjeuner à sa place. De toutes façons, il avait perdu l'appétit. Probablement pour plusieurs jours d'ailleurs. Mais le comportement de la chouette n'était pas normal, elle aurait du repartir déjà.

Aliosus plissa les yeux et remarqua quelque chose attaché à sa seconde patte. Un petit bout de parchemin. Il tendit sa main et le déplia.
Mon Enfant,

vous n'avez pas fait preuve de la diplomatie dont vous nous aviez habitué. Votre lettre à mis Magnus dans un état de rage que j'ai rarement pu voir. Néanmoins, s'il ne l'admettra jamais, je suis persuadée qu'elle lui a également procuré beaucoup de soulagement. Votre Père vous aime. Laissez passer un peu de temps, et profitez de votre charmante cousine retrouvée. Un jour je suis sûre, tout cela vous sera limpide.

Votre mère.
Déotéria regarda le garçon une dernière fois avant de s'envoler, le laissant perplexe, et sujet à encore plus questions qu'il n'en avait deux jours auparavant.

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20 déc. 2019, 10:52
Signé Nerrah  solo 
3 mai 2044

L'ambiance était lourde dans la Grande Salle. La veille, en lieu et place des tables habituelles, elle était remplie des plus puissants sorciers au monde, et d'un dragon. Rien que ça. Et les élèves par centaines avaient appris les événements de la journée assis devant ce rassemblement aussi insolite qu'intimidant. En arrivant pour prendre son petit déjeuner, tout cela paraissait irréel, comme un rêve. L'odeur des pancakes, des œufs et du bacon remplissait le nez du jeune garçon comme tous les matins, comme s'il ne s'était rien passé.

Aliosus n'avait pas beaucoup d’appétit, comme ses amis autour de lui. Chacun semblait fixé sur les fenêtre, dans l'attente de l'arrivée des hiboux du jour. Chacun voulait savoir, avoir des nouvelles, savoir ce qu'il s'était passé. Et lorsque les premières ailes furent aperçues, une grande agitation envahi la salle. Parmi la confusion, Aliosus fini par repérer Déotéria, qui se posa comme elle pu devant lui. Elle semblait ébouriffée ce qui n'était pas dans ses habitudes. Quelque chose n'allait pas. Autour d'Aliosus les cris, les pleurs résonnaient déjà. Il semblait que beaucoup de hiboux aient été interceptés, certains étaient carrément blessés. En revanche, aucun des hiboux qui apportaient la Gazette des Sorciers ne semblaient avoir été malmené.

Déotéria ne s'en sortait pas trop mal malgré tout. Aliosus lui caressa la tête pour l'apaiser un peu et pris la lettre qu'elle transportait.
Aliosus,

Les événements de la journée d'hier sont graves, mais ne doivent pas vous inquiéter outre mesure. Sachez que par votre naissance vous ne risquez rien de déplaisant. Rassurez-vous et rassurez vos amis qui sont dans la même situation. Soyez vertueux et fidèle et leur égard. Veillez tout particulièrement sur Alice, elle aura besoin de vous plus que n'importe qui. Les temps à venir seront incertains, aussi n'oubliez pas ce que ta mère t'as enseigné.
Vous êtes Né-Sorcier, Prêtre, Prince et Seigneur de la Terre. Aussi ne rejoignez pas la cohorte de ceux qui ne manqueront pas de se lamenter, vous êtes un Nerrah et c'est en résistant à la tentation misérabiliste facile que vous prouverez votre valeur.

Je t'écrirai bientôt de nouveau.

Magnus Nerrah
Il reconnaissait bien son Père, concis et pragmatique. Et même s'il espérait un peu plus de détail, constater que son Père n'avait pas cédé à une certaine fébrilité le rassurait. L'essentiel était dit. Il relu la lettre une seconde fois, la plia et la rangea dans sa robe. C'était un Nerrah et il comptait en effet être digne de ce nom, aussi se tourna-t-il vers ses amis pour savoir quelles nouvelles ils avaient reçus et essayer de les rassurer.
Dernière modification par Aliosus Nerrah le 20 déc. 2019, 11:55, modifié 1 fois.

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20 déc. 2019, 11:54
Signé Nerrah  solo 
9 Juin 2044

Depuis sa lettre du 3 mai, Magnus Nerrah n'avait écrit qu'une seule fois à son fils afin de le tenir informé de l'évolution de la situation dans leur famille, et aussi pour le prévenir qu'il ne prendrait pas le risque d'envoyer Déotéria aussi régulièrement qu'avant afin de la protéger en évitant les accidents.

Aussi ce matin là, Aliosus fut particulièrement surpris de voir la silhouette tout à la fois massive et élégante de la chouette épervière se poser devant lui. A première vue, elle allait bien. Aucune plume cassée, rien ne laissait sous entendre qu'elle avait été interceptée par les forces de la Citadelle. Cependant, une curieuse bague métallique avait été installée sur une de ses pattes. De même, la lettre n'était pas cacheté comme à son habitude, par un sceau familial, mais par un symbole qu'il connaissait pour l'avoir vu de nombreuses fois dans les Gazettes du Sorciers de ces dernières semaines : le symbole de la Citadelle, et donc du nouveau gouvernement.

Le garçon resta interdit pendant un instant, une lourde boule se format dans son estomac et il se sentit nauséeux d'un coup. Qu'est-ce que cette lettre contenait ? Comment pouvait-ce être une bonne nouvelle ? Néanmoins il prit son courage à deux mains et ouvrit l'enveloppe d'une main tremblante.

La lettre émanait bien de son père.
Aliosus,

Les récents bouleversements que traverse le Royaume-Unis m'ont amené à faire un choix, celui de me mettre au service de la Citadelle. En faisant cela, non seulement je serai capable de mieux vous protéger, mais aussi de protéger l'ensemble du monde sorcier de Grande Bretagne. Je serai bientôt envoyé en Europe en tant qu'Émissaire, aussi nous ne nous reverrons pas, ou très peu, durant cet été. Cette mission sera longue mais elle est importante pour assurer un futur à tous les nés sorciers.

Prenez soin de vous et de votre mère en mon absence,

Magnus Nerrah
Encore une fois, la concision de la lettre laissait grandement Aliosus sur sa faim. Il aurait eu mille questions à poser à son père. Toutefois il en retirait une chose essentielle, avec Magnus au service de la Citadelle, il n'avait vraiment plus rien à craindre des Manteaux Noirs ou des autres corps au service d'Ursula Parkinson. Il était tout à la fois fier, soulagé et inquiet.

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