8 juil. 2019, 16:56
Train de vie Privé
Tu marches rapidement dans le couloir, frôlant le mur pour éviter tout contact physique avec autrui.
Trouvant enfin un compartiment vide, tu refermes la porte doucement derrière toi et t’installes dans le fond, près de la fenêtre.

Et enfin, tu te permets de respirer.

Tu agrippes ton petit sac à dos où sont rangés les quelques affaires que ta mère t’a autorisée à prendre. Il n’y a pas grand-chose, mis-à-part un morceau de bois dit « magique » et d’autres petites choses sans importance.

Essayant péniblement de réprimer l’angoisse, tu repenses à ce début de journée.

Tu as fait ta valise il y a bien cinq jours maintenant.
Toujours s’y prendre en avance.
C’est Maman qui l’a dit.
Au début, elle ne voulait pas te laisser partir. Elle disait que tu allais devenir comme ton frère, une pauvre folle sans avenir.

Une pauvre folle.


Tu n’es pas folle.


Enfin... pour l’instant...



Et Ambre est arrivé.

Sauveur au visage rayonnant. Qui te prend dans ses bras et te câline doucement.
Et derrière, la Méchante Sorcière, quoique belle et envoûtante, qui vous regardait, pleine de rage et de dégoût.

Tu t’étais donc retrouvée sur le quai, devant le monstre rouge et noir qui crachait une lourde fumée blanche, t’accrochant désespérément à la main de ton frère.
Il t’a alors lâché en te murmurant quelques mots, et s’est éloigné de toi.

Tu as voulu le rattraper, mais il avait déjà disparu dans la foule criante des familles se disant au revoir.
Alors te laissant porter par l’océan d’enfant, tu t’es retrouvée dans le train.


Le Train.


Monstre sans âme, qui avale et recrache les Hommes, au gré de ses voyages.


Et alors doucement, tu respires. Doucement, tu relâches ton sac. Doucement, tu reposes ta tête contre la vitre froide et ferme les yeux.

Pas peur. Faut pas.


Pas pleurer. Sert pas.


Rêver. Oui. Bientôt, ensemble. Avec Lui.

Heureux.

Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.

11 juil. 2019, 10:45
Train de vie Privé
Diana n’avait pas pour habitude d’être entourée d’autant de personnes. Chez elle, son unique compagnie était Louly, son elfe et gouvernante, et ses parents, s’ils parvenaient à se libérer. Le reste n’était qu’un dédale de couloirs et de pièces, accueillantes et chaleureuses certes, mais effroyablement vides. Se retrouver au milieu de tant de monde ne faisait qu’accentuer sa peur de la foule, et elle ne put s’empêcher de se rapprocher de sa mère. Isadora et Gareth Wile avaient pu, par un quelconque miracle, se libérer pour la matinée, et la jeune fille avait passé le trajet pratiquement accrochée aux jambes de son père, consciente qu’elle vivait leurs derniers instants avant des mois.

- Diana, le train va bientôt partir, lui murmura sa mère.

Le train. Auteur de tant de craintes, mais également de multiples rêves de l’enfant. Elle ne se souvient pas d’un seul jour passé sans qu’elle imagine son entrée à Poudlard et sa découverte de la magie. Mais rien n’égalait l’imposante locomotive qui attendait sur le quai 93/4. Le Poudlard Express crachait des panaches de fumée blanche dans la Gare de King’s Cross, et déjà de nombreux élèves embarquaient dans le train rouge et noir. Diana se retourna une dernière fois vers ses parents et chuchota un minuscule « au revoir ». Ils l’étreignirent en lui promettant de lui écrire chaque semaine, avant de s’éloigner trop rapidement au gout de la jeune sorcière.

« Et n’oublie pas de nous envoyer un hibou pour nous informer de ta maison! » s’écria son père pour se faire entendre dans le tintamarre de la gare. « Bien sûr » répondit la jeune fille. « Je vous aime... ». Mais sa phrase se perdit, noyée par les bruits de la foule, et bientôt, la silhouette de ses parents ne fut plus qu’un souvenir.

Diana entra dans le Poudlard Express et entama son chemin de croix. A en croire les récits de ses proches, le voyage était décisif pour créer ses premières amitiés. Il lui fallait donc choisir son compartiment avec soin, pour ne pas commencer son parcours scolaire du mauvais pied.
Un groupe de deuxième année la bouscula, elle marmonna un vague « désolée » que les élèves n’entendirent même pas. Continuant son ascension, Diana jetait un coup d’oeil discret aux vitres des différents compartiments. Mais aucun ne convenait. L’un était trop rempli, un autre ne lui inspirait pas confiance, ou encore ne contenait que des élèves âgés. Enfin, après avoir presque observé toutes les pièces du wagon, si bien que la Londonienne commençait à envisager de passer le voyage dans le couloir, elle s’arrêta devant une des dernières. À l'intérieur, une seule fille regardait par la fenêtre, la tête appuyée contre celle-ci. Diana fut frappée par quelques caractéristiques qui étaient similaires à l’enfant.

Tout comme elle, elle semblait petite et frêle. Elle possédait les mêmes cheveux que la jeune sorcière ainsi qu’une peau pâle identique à la sienne. Mais ce qui l’avait poussée à s’arrêter n’était pas ses cheveux, son teint ou ses mensurations, mais bien sa posture. Elle était recroquevillée sur elle-même, et avait l’air si fragile, pouvant être brisée par la seule force d’un regard moqueur. Combien de fois Diana avait adopté cette allure méfiante avant de se forger sa carapace?
Pour la première fois, elle avait l’impression de comprendre quelqu’un, et c’est sûrement ce qui l’a poussa à entrer.

- Bonjour, je peux m’asseoir? dit timidement l’enfant.

La jeune fille continuait à fixer la gare. Après quelques instants où le temps avait semblé s’arrêter, celle-ci acquiesça, sans même la regarder. Mais Diana ne lui en voulait pas. Diana savait ce que ça faisait, quand la timidité devenait quasiment une maladie. Alors elle s’assit en silence, fixant avec attention les moindres mouvements de l’élève en face d’elle, résumés à très peu.

- Ça va? questionna Diana après de longues minutes sans un bruit dans le compartiment.

Quand l’enfant plongea ses yeux bleus-gris dans les siens, la petite fille Wile ne put que se sentir honteuse et mal d’avoir posé cette question des plus banales. Non, Diana le voyait distinctement à présent.
Cette fille allait tout sauf bien.

☁︎ Avoir peur de laisser une trace, et pourtant marcher sur la neige ☁︎

11 juil. 2019, 15:00
Train de vie Privé
Un frisson glacé te parcourut.

Hein ? Qui te parle ?

N’osant pas tourner les yeux vers la voix féminine, tu fixais la vitre avec une telle intensité que tu aurais pu la faire fondre.
Tu regardes alors le reflet de la vitre et aperçois une forme vague derrière toi.

Une fillette.

Une fille.

Une Autre.

Tu sentais ton cœur battre à toute vitesse. Tu n’arrivais pas à le calmer.
Hochant la tête doucement, tu fixais, les yeux écarquillés, une mère qui faisait de grands gestes d’adieu à son enfant.
Tu aurais bien voulu que ce soit Ta Mère.

Tu aurais bien voulu...
Oui...

Non.
Le fait de savoir qu’elle était loin, te calma un peu.
Plus de ses colères, sautes d’humeurs et coups.

Libre.
Mais seulement pour quelques mois.

Tu entendis alors un petit froissement, signe que l’inconnue s’était assise. Tu sentais ses petits yeux enregistrer le moindre de tes mouvements.

Stressant.

Tu attrapais tes bras, couverts des longues manches de ton pull, et les serrais fort contre toi.
Tu osais maintenant à peine respirer.

Et puis...

La question résonna presque dans le compartiment silencieux.

Hein ? Pourquoi me demande-t-elle ça ?
Tu as l’air si affolée que ça ?
Tu tentes alors de te calmer, avec peine.
Tu veux pas lui répondre.
Elle parait gentille, mais elle finira sûrement par réagir comme les autres.
Il n’y avait qu’à Ambre qu’il fallait faire confiance.

Qu’à Ambre.

Te dévisage-elle toujours ?
Sans vraiment t’en rendre compte, tu tournais lentement la tête vers elle.

Le frisson glacé revint, plus fort que jamais, quand tu croisais son regard.
Il était plein de... Pitié.
Ça te dégoûta.

Baissant vite les yeux vers ton sac, tu ne bougeais plus.

« Arrête de me regarder comme un animal en cage ! » Criait tout ton petit être.

Mais ça, l’Autre ne pouvait pas comprendre.

Parce que l’Autre a beau essayer, même quand il croit y arriver, il se rend compte en fait que non, il ne comprend pas et ne comprendra Jamais.

Pendant tout le reste du trajet, tu ne lui adressa pas la parole, regardant le paysage défiler derrière la vitre.

RP clôt car la Plume de Diana Wile a disparu du site.

Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.