Terre d'Ombre
avec @Carmen Blackfall
Le 30 septembre 2043
Au milieu de la matinée
1ère année

J'ai regardé le sol. Toute la matinée, je crois que j'ai regardé le sol. Je me suis levée ce matin. Pour faire ce que j'avais à faire. J'ai regardé le sol quand je marchais jusqu'à la Grande Salle. J'ai regardé le sol entre les deux épaules de deux Rouge et Or qui mangeaient en face de moi. Ils mangeaient comme les ogres mangent les enfants. Mais je ne me suis pas attardée. Je regardais le sol et les interstices sombres entre les pavés. De la pierre. Le sol de Poudlard est de la pierre. S'en est. Je le sais parce que j'ai passé la matinée à regarder le sol.
Je viens d'un cours d'Histoire de la Magie, où je l'ai vue. Miss Montmort. Même si elle a plus marqué mes tympans que mes rétines, je l'ai vue. Mais ce que j'ai vu, c'est la pierre qui revêtit fièrement le sol de mon école. Et plus que les autres fois, j'ai évité de regarder Miss Montmort. Son cours a quand même troué mes tympans. Je me meurtris de devoir me rendre en Histoire de la Magie. Je suis incapable de m'intéresser. Mais j'aime lire. Et à cet instant, alors que viens d'un cours d'Histoire de la Magie, et que mes yeux frôlent le sol autant que mes pieds, je meurs pour le contact de mes doigts sur du papier. Même si je n'ai droit que de toucher la couverture : je mourrai pour ça. Mais je me contente de marcher. Je ne mets pas mes mains dans mes poches. Je n'aime pas le faire. J'y range ma baguette, dans mes poches. J'ai peur d'y mettre les mains. J'ai peur que mes doigts touchent la Magie de trop près. J'ai peur d'aller dans ce cours. J'ai peur de devoir sortir ma baguette pour m'entraîner.
Je décide d'attraper la hanse de mon sac de toile qui gît sur mon épaule. Je l'attrape et je la sers fort. Je vois que la lumière irradie les pierres, sur le sol. Les pierres me sourient. Les pierres me narguent. J'aimerais pouvoir les arracher une par une. *M'énerve* Je regarde encore le sol. Mais je vois une porte. Je crois que je suis arrivée en cours de sortilèges.
Je n'ai pas envie d'y voir Jeanie. Je n'ai envie d'y voir personne.
Est-ce que je peux y arriver ? C'est un défi que je me lance. Je regarde ces pierres qui rient à mon nez. Je n'ai plus envie de les regarder. La lumière de la salle de classe et le brouhaha qui s'en dégage bientôt donnent à mes yeux l'envie de les regarder. Mais moi, je n'en ai pas envie. Des pieds passent alors que je me traîne dans l'allée de tables carrées que je distingue. Je décide de m'asseoir au fond.
Je ne veux regarder personne.
Je cours. Le ciel est si gris que je n'y vois même pas clair. Pourtant, nous sommes le matin.
Je cours. La pluie se met à tomber sur ma tête.
Je cours. Je crois que la pluie ne tombe que sur ma tête.
Je cours. Pourquoi est-ce que la pluie ne tombe que sur ma tête ?
Je reviens du parc. J'y suis sortie après mon cours de sortilèges. Je n'en ai plus de la matinée. Je m'en sens satisfaite : ils me terrorisent. Ma robe de sorcière est mouillée. J'ai traversé le parc sous la pluie. D'ailleurs, alors que je passe la porte de mon école, je ne peux m'empêcher de me retourner. Quelques instants, je m'arrête. Personne ne cherche à passer près de moi. Pendant quelques instants, personne ne passe la porte. Je regarde la pluie. Je l'écoute. Elle me fascine autant qu'elle m'énerve. *J'suis trempée* La pluie a dégouliné du sommet de ma tête jusque sur chaque mèche de mes cheveux charbon. Mon carré sombre n'a pas protégé mon cou. La pluie y est tombé. Elle a coulé jusque dans ma robe de sorcier.
Je me retourne encore. Mes pieds m'emportent déjà. Le fracas que commence à faire la pluie transperce mon Être. Je ne sais pas si ça me donne plus envie de m'en aller loin ou d'y retourner. Je ne sais pas si j'ai envie d'oublier la pluie. Mais je monte déjà les escaliers. Je ne sais pas où je vais aller. J'entend mes bottines crisser. Mes cheveux laissent couler l'eau de la pluie. Ma robe de sorcier touche le sol. Je ne me retourne pas pour vérifier : mais je laisse une traînée de cette pluie derrière moi.
Je suis au quatrième étage. J'ai oublié de regarder le sol. Mes yeux se promènent sur les murs. Ils se promèneraient sur les Autres si il y en avait. Mais je ne vois personne. Même pas... *Moi ?*
Je pousse la porte des toilettes des filles.
Je n'y vais pas souvent.
Mais mes pieds m'y ont porté.
Je me poste devant un miroir.
En fait, je me retourne.
*J'veux pas me voir*
Mes yeux n'ont pas envie de voir ce qu'ils voient.
Ils atterrissent sur mes bottines.
Elles sont mouillées.
Elles ont une couleur étrange.
Une couleur que je connais.
« Terre d’ombre. »
Le 30 septembre 2043
Au milieu de la matinée
1ère année

J'ai regardé le sol. Toute la matinée, je crois que j'ai regardé le sol. Je me suis levée ce matin. Pour faire ce que j'avais à faire. J'ai regardé le sol quand je marchais jusqu'à la Grande Salle. J'ai regardé le sol entre les deux épaules de deux Rouge et Or qui mangeaient en face de moi. Ils mangeaient comme les ogres mangent les enfants. Mais je ne me suis pas attardée. Je regardais le sol et les interstices sombres entre les pavés. De la pierre. Le sol de Poudlard est de la pierre. S'en est. Je le sais parce que j'ai passé la matinée à regarder le sol.
Je viens d'un cours d'Histoire de la Magie, où je l'ai vue. Miss Montmort. Même si elle a plus marqué mes tympans que mes rétines, je l'ai vue. Mais ce que j'ai vu, c'est la pierre qui revêtit fièrement le sol de mon école. Et plus que les autres fois, j'ai évité de regarder Miss Montmort. Son cours a quand même troué mes tympans. Je me meurtris de devoir me rendre en Histoire de la Magie. Je suis incapable de m'intéresser. Mais j'aime lire. Et à cet instant, alors que viens d'un cours d'Histoire de la Magie, et que mes yeux frôlent le sol autant que mes pieds, je meurs pour le contact de mes doigts sur du papier. Même si je n'ai droit que de toucher la couverture : je mourrai pour ça. Mais je me contente de marcher. Je ne mets pas mes mains dans mes poches. Je n'aime pas le faire. J'y range ma baguette, dans mes poches. J'ai peur d'y mettre les mains. J'ai peur que mes doigts touchent la Magie de trop près. J'ai peur d'aller dans ce cours. J'ai peur de devoir sortir ma baguette pour m'entraîner.
Je décide d'attraper la hanse de mon sac de toile qui gît sur mon épaule. Je l'attrape et je la sers fort. Je vois que la lumière irradie les pierres, sur le sol. Les pierres me sourient. Les pierres me narguent. J'aimerais pouvoir les arracher une par une. *M'énerve* Je regarde encore le sol. Mais je vois une porte. Je crois que je suis arrivée en cours de sortilèges.
Je n'ai pas envie d'y voir Jeanie. Je n'ai envie d'y voir personne.
Est-ce que je peux y arriver ? C'est un défi que je me lance. Je regarde ces pierres qui rient à mon nez. Je n'ai plus envie de les regarder. La lumière de la salle de classe et le brouhaha qui s'en dégage bientôt donnent à mes yeux l'envie de les regarder. Mais moi, je n'en ai pas envie. Des pieds passent alors que je me traîne dans l'allée de tables carrées que je distingue. Je décide de m'asseoir au fond.
Je ne veux regarder personne.
[font=Courier New][...][/font]
Je cours. Le ciel est si gris que je n'y vois même pas clair. Pourtant, nous sommes le matin.
Je cours. La pluie se met à tomber sur ma tête.
Je cours. Je crois que la pluie ne tombe que sur ma tête.
Je cours. Pourquoi est-ce que la pluie ne tombe que sur ma tête ?
[font=Courier New][...][/font]
Je reviens du parc. J'y suis sortie après mon cours de sortilèges. Je n'en ai plus de la matinée. Je m'en sens satisfaite : ils me terrorisent. Ma robe de sorcière est mouillée. J'ai traversé le parc sous la pluie. D'ailleurs, alors que je passe la porte de mon école, je ne peux m'empêcher de me retourner. Quelques instants, je m'arrête. Personne ne cherche à passer près de moi. Pendant quelques instants, personne ne passe la porte. Je regarde la pluie. Je l'écoute. Elle me fascine autant qu'elle m'énerve. *J'suis trempée* La pluie a dégouliné du sommet de ma tête jusque sur chaque mèche de mes cheveux charbon. Mon carré sombre n'a pas protégé mon cou. La pluie y est tombé. Elle a coulé jusque dans ma robe de sorcier.
Je me retourne encore. Mes pieds m'emportent déjà. Le fracas que commence à faire la pluie transperce mon Être. Je ne sais pas si ça me donne plus envie de m'en aller loin ou d'y retourner. Je ne sais pas si j'ai envie d'oublier la pluie. Mais je monte déjà les escaliers. Je ne sais pas où je vais aller. J'entend mes bottines crisser. Mes cheveux laissent couler l'eau de la pluie. Ma robe de sorcier touche le sol. Je ne me retourne pas pour vérifier : mais je laisse une traînée de cette pluie derrière moi.
Je suis au quatrième étage. J'ai oublié de regarder le sol. Mes yeux se promènent sur les murs. Ils se promèneraient sur les Autres si il y en avait. Mais je ne vois personne. Même pas... *Moi ?*
Je pousse la porte des toilettes des filles.
Je n'y vais pas souvent.
Mais mes pieds m'y ont porté.
Je me poste devant un miroir.
En fait, je me retourne.
*J'veux pas me voir*
Mes yeux n'ont pas envie de voir ce qu'ils voient.
Ils atterrissent sur mes bottines.
Elles sont mouillées.
Elles ont une couleur étrange.
Une couleur que je connais.
« Terre d’ombre. »
Dernière modification par Adaline Macbeth le 14 mai 2020, 16:51, modifié 1 fois.
Animagus renard polaire
Post ASPIC
Post ASPIC
Terre d'Ombre
Volière
Cette solitude dévorante. Octavia en rirait tant. Oh oui, elle s'en moquerait certainement. Mais pas à ma manière, je lui inspirerait uniquement de la pitié.
Si elle était toujours au château, elle arpenterait les couloirs, ses jolis cheveux bouclés au vent. Accompagnée d'Harper et d'Hélène, souriant à pleines dents. Riant jusqu'à s'en époumoner en compagnie de ses fidèles amies. de ses cruches d'amies. Mais au moins, Elle, avait des amies.
Alors que moi, Moi, les commissures de mes lèvres ne restent qu'immobiles, traînent jusqu'au sol si je choisi d'être moi même. Si je n'ai rien à y gagner.
Enfin, je mens. Les commissures de mes lèvres se soulèvent parfois. Lorsqu'il s'agit de se moquer. Lorsqu'il s'agit de repousser avec un rictus. Oh oui, dans ces cas-là, elles sont belles et bien présentes. Et d'ailleurs, c'est triste, mais elles me représentent.
Les commissures de mes lèvres mériteraient de disparaître tant qu'à ne jamais se relever. Ou plutôt, d'exploser suite à un sanglot.
Mais aucun sanglot n'est jamais émis par les commissures de mes lèvres.
Et mes yeux. Pourquoi ne leur a-t-on jamais fait remarqué ?
Pourquoi personne d'autre qu'Octavia ne leur dit jamais à quel point ils sont repoussants, impénétrables comme les murs de ce maudit chateau ?
Pourquoi ne se sont-ils jamais rendus compte que c'est lassant d'avoir la capacité de tout influencer par leur simple noirceur ? Pourquoi savent-ils tout contrôler ?
J'aimerais parfois ne pas réussir à exaucer leurs souhaits. Mais ils me contrôlent plus que je ne les contrôle.
Et pourquoi veulent-ils tout contrôler ? Père. C'est de sa faute. Pourquoi les admirent-ils? Pourquoi je le laisse les admirer ? Au lieu de lui demander de m'admirer ?
Je ne suis pas ces yeux, au fond. Pas seulement, en tout cas. Mais il ne le sait pas.
Longs cheveux châtains, j'aimerais vous arracher.
Je vous couperais si vous ne m'étiez pas si utiles pour convaincre.
Je vous brûlerais si je n'avais pas si peur de ne plus rien être sans cette jolie image.
Si je n'avais pas peur de vivre avec les Autres sans les diriger en vous entortillant.
Sourcils anguleux, pourquoi poussez-vous de manière à me donner l'air plus aigrie que je ne suis ?
Saleté de voix ? Pourquoi ajoutes-tu toujours un petit air narquois lorsque tu t'adresses à plus douce que toi ?
Pourquoi ce saleté de tout n'a jamais voulu entendre ce que ma maudite de sœur lui a tant répété ? Je l'entendrai désormais chaque nuit j'imagine, lorsque je m'endormirai dans cette horrible enceinte qu'est Poudlard.
Tu es toujours froide.
Tu prends toujours un air indifférent,
Alors que tout le monde sait
- excepté père, peut-être -
Que tu es normalement constituée.
Ta soi-disant insensibilité ne serait plausible,
Que si tu venais bel et bien d’une autre planète,
Tout comme tu en as l’air.
Mais la réalité des choses,
Est parfois bien loin d’être celle à laquelle on s’attend,
La plus logique.
Tu crois que ça te rend forte?
Moi, je crois que t'es juste trop lâche pour aimer.
Que dans ta tête tu donnes des coups secs,
Pour ne pas trop aiguiser la lame.
Alors que tout ce que tu fais c'est t'enfuir quand tu ne contrôles plus rien.
Ca te rassure.
Ca te libère du fardeau que te paraissent les sentiments.
Moi je pense que tu as tort.
Tu vas aller où comme ça ?
Tu comptes partir à chaque fois que l'amour, que l'amitié, se présentent ?
Il ne restera plus personne autour de toi.
Personne d'assez bon que pour t'aimer.
Car qui aimes-tu ? Père ? Mère ? Moi ?
Quel sens de l'humour.
Tu vivras avec ces maudits fantômes qui auraient décroché la lune pour ton regard.
Des tas de trucs ne tournent pas aussi rond que la terre dans ta tête,
Du haut de tes onze ans.
La seule chose claire à l'intérieur c'est le chaos,
C'est pourri,
Tu n'en sortiras rien de bon,
C'est pire que les ténèbres.
Et dès qu'ils arrivent tes neurones crient au loup ;
"Barre-toi, les sentiments, c'est pire que toxique."
N'ose pas me dire que je me trompe.
Et surtout, ne viens pas me traîter de poète.
Car tu n'as jamais su ce qu'était la véritable poésie.
Elle n'avait même pas trouvé nécessaire de signer. Ou de prendre un quelconque papier ligné. Il ne s'agissait que d'un torchon. Ecrit sur un post-it provenant de la misérable entreprise de notre père. Pourtant, l'effet escompté l'avait été sur assez. Lire cette lettre, ce fut comme le dernier souffle d'une vie. Avec des maux, avec des pleures, vif et rempli de rancœur. Et c'était comme s'il m'avait administré toutes ces sombres pensées durant ma lecture.
Mais instantanément, je redevint impassible. L'air toujours impénétrable. Mon habituel sourire en coin des lèvres refait soudainement surface, je jette ce fichu bout de papier du haut de la volière et la traite de folle à lier même si je sait qu'elle ne peut pas m'entendre et qu'actuellement j'en ai probablement plus l'air qu'elle. Cela dit, c'est un point à revoir si elle pense que c'est si simple.
Car si on ne m'a pas vraiment poussé à devenir celle que je suis, on m'a du moins indiqué la voie à prendre et je pense qu'Octavia sait pertinemment qu'elle en a été l'indicatrice principale. Je lui en veut tellement. Mais j'aimerais encore plus lui montrer qu'elle se trompe.
C'est pourquoi, même si à cet instant j'aurais préféré renvoyer à cette foutue chouette effraie un bout de papier rempli de répartie et d'attaques si personnelles qu'Octavia ne m'aurait plus jamais adressé la parole, je tourna les talons.
Sa lettre était la réponse à celle que je lui avais envoyée. A celle où je lui confiais mes inquiétudes et à quel point je me sentais seule depuis presque un mois.
Qui aurait un jour pu croire que je lui écrirais ? Et qu'attendais-je d'elle en retour, exactement, lorsque je l'ai rédigée ? Qu'elle me réconforte ?
Peut-être bien .. J'ai toujours pensé que ce serait ce qu'elle ferait le jour où je converserait avec elle sans la prendre d'assault.
Mais comme ça n'a pas été le cas, je me dirige vers mon dortoir, dans les cachots. Je prends une paire de ciseaux, ainsi qu'une pince à épiler. Puis, le regard droit devant, je m'en vais vers les toilettes des filles d'un pas pressé. Je dois faire un grand effort pour ne pas dévisager deux filles de Poufsouffle gloussant comme des dindons.
Passant mon chemin, je défonce presque la porte des toilettes en y pénétrant et lorsque je découvre une autre élève - de première année à en juger par le côté minimaliste que mère nature a donné à sa taille - c'est un véritable dilemme qui s'oppose à moi.
Lui octroyer mes foudres afin de me détendre ou débuter le périple que je comptait entamer ? C'est l'écusson sur sa robe qui me fait prendre la décision.
De toutes façons, j'aurai tout le loisir de commencer ma quête à la gentillesse lorsque je quitterai ces toilettes les cheveux coupés et les sourcils moins austères. Et de plus, surtout, ces mots me démangent les entrailles :
-Pousse-toi de là. dis-je en dégageant vivement la fillette en question du lavabo central.
Que mon attitude lui paraisse mal venue ou pas m'importe peu, il y a d'autres éviers libres de toutes manières. Je ne la freine donc en rien dans son projet de rinçage.
Ainsi, si elle rouspète, qu'elle fait de son nez, c'est qu'elle l'aura bien cherché ..
Dernière modification par Carmen Blackfall le 15 févr. 2020, 19:00, modifié 2 fois.
Qui n'a plus d'espoir n'aura plus de regret.
Quand il est sans remède un chagrin est fini.
Terre d'Ombre
Les mots « Terre d’ombre » viennent tout juste de sortir de mes lèvres humides que déjà, la porte s'ouvre. Mes lèvres viennent de dégueuler de stupides mots dont j'ai honte. Je prend conscience de ce à quoi je dois ressembler ; mes yeux se souviennent l'image qu'ils ont reçu de moi, lorsqu'ils se sont brièvement posés sur un miroir avant que je ne me retourne. D'ailleurs, je montre toujours mon dos à la rangée de miroir et je me tiens droite - autant que je le peux - et mes yeux, mon esprit divague. Mes cheveux noirs tombent contre mon visage et ma franche colle à mon front. Ils sont encore mouillés des longues minutes que j'ai passée à courir dehors. Ils sont incroyablement courts, aussi, j'ai envie de passer ma main sur les bouts droits de ces derniers. Mes cheveux longs me manquent. *J'les couperais plus* J'aimerais pouvoir utiliser mes cheveux pour cacher mon cou. J'ai froid, sans mes cheveux longs. Ma franche trop droite me donne la nausée, d'ailleurs, sentir chaque cheveux mouillé colle sur mon front est un supplice. Et... *La porte est ouverte*
Une seul instant a suffit à la créature, elle s'est déjà glissée dans la pièce. Je n'ai pas tourné la tête, ma vision périphérique couvre la porte. J'entend les pas de la créature sombre. Puis, ils s'arrêtent. C'est ce qui me fait tourner la tête. Je pose mes deux billes sombres ; elles doivent probablement êtres noires, sur une Autre fille. Ses cheveux longs encadrent un visage parfaitement ovale. Mais son air est si sombre. Je crois que ce n'est pas une fille : c'est la créature. Ses sourcils broussailleux sont effrayants. Mais ils me fascinent. Mes yeux se plissent pour l'observer. J'ai l'impression d'être dans un rêve, c'est sûrement pour cela que je m'autorise à la fixer aussi longtemps. Je ne sais pas pourquoi elle ne bouge pas, mais cette fraction de seconde est une éternité. Elle ne m'effraie bientôt plus, je la trouve fascinante. Les yeux dans lesquels je plonge sont si clairs. Je pourrais presque voir ma silhouette dans ses yeux. Ma silhouette coule, tant elle est mouillée.
La créature se rue sur moi. « Pousses-toi de là » vomit la sublime créature. Le halo de lumière qu'elle a emporté avec elle s'est rué sur moi. Et son épaule dure me fait reculer. Son épaule dure me propulse et me force à faire quelques pas en arrière. Elle prend ma place devant le miroir. Une si sublime créature mérite sa place devant le miroir, me dis-je. Mais les mots qu'elle m'a craché dessus sont toujours accroché à moi. Je la regarde de haut en bas, à ses pieds ; une flaque d'eau luisante gît. C'est probablement mon eau. L'eau qui dégouline de moi tant je suis trempée. Mon corps tout entier souffre de la température de mes vêtements. Ils collent tous à ma peau et la broient. Dans mes chaussures, mes pieds sont aspirés par l'intérieur daim de mes bottines. Puis, alors que j'ai déjà reculé de quelques pas, je me rends seulement compte que le contact avec la créature a fait tomber mon sac. Mon sac de toile est tombé jusque sur le sol, et y gît comme mon eau aux pieds de la créature. Je me penche pour le ramasser, mais je ne le pose pas sur mes épaules. *'L'est trempé* me dis-je en observant la toile verdâtre de par la pluie qui y est tombé. Mon sac s'est assombri, et je crois que la pluie y est rentré. Je me demande si...
Brusquement, je m'accroupis, mon sac cogne le sol dans un fracas. Pendant ce temps, la sublime créature est toujours devant son reflet. Même si ses mots dégueulasses sont toujours sur moi, j'ai envie de lever les yeux pour la regarder. Je ne sais pas, mais je crois que je la trouve belle. Je soulève la toile pour ouvrir mon sac, et jette un coup d’œil au contenu.
« Mes cours ! » je grogne. Je suis effarée de constater que les morceaux de parchemins que j'avais glissé dans mon sac sont aussi mouillés que ma robe de sorcier. J'ai envie de vider mon sac. J'ai envie de... *R'tirer mes vêtements débiles* C'est ce que j'ai envie de faire. Alors que la créature se tient là, à quelques centimètres de moi. J'ai envie de... *J'ai envie d'lui parler* Tant son aura est fascinante. Je ne regarde que son dos, je n'ose pas regarder le reflet, j'ai peur de m'y voir. Moi, dégoulinante, à côté d'Elle, si belle.
Je jette mon sac au sol. Je le jette plus que je ne le laisse tomber. En fait, je l'ai attrapé et je l'ai jeté sur le sol. Il a fait du bruit, beaucoup. Est-ce que je vais déranger la créature ? La créature tient un ciseau, et... quelque chose d'autre. Ses instruments brillent. Alors, je crois que je vais me lancer.
J'ôte ma robe de sorcier. « Mes vêtements sont nazes. » Je jette à la face de la créature. Cette fois, je fixe son reflet pour tomber dans ses yeux. Sous ma robe de sorcier noire, je porte un jean moldu trop grand et un t-shirt rouge. Le rouge est fade, et foncé.
Une seul instant a suffit à la créature, elle s'est déjà glissée dans la pièce. Je n'ai pas tourné la tête, ma vision périphérique couvre la porte. J'entend les pas de la créature sombre. Puis, ils s'arrêtent. C'est ce qui me fait tourner la tête. Je pose mes deux billes sombres ; elles doivent probablement êtres noires, sur une Autre fille. Ses cheveux longs encadrent un visage parfaitement ovale. Mais son air est si sombre. Je crois que ce n'est pas une fille : c'est la créature. Ses sourcils broussailleux sont effrayants. Mais ils me fascinent. Mes yeux se plissent pour l'observer. J'ai l'impression d'être dans un rêve, c'est sûrement pour cela que je m'autorise à la fixer aussi longtemps. Je ne sais pas pourquoi elle ne bouge pas, mais cette fraction de seconde est une éternité. Elle ne m'effraie bientôt plus, je la trouve fascinante. Les yeux dans lesquels je plonge sont si clairs. Je pourrais presque voir ma silhouette dans ses yeux. Ma silhouette coule, tant elle est mouillée.
La créature se rue sur moi. « Pousses-toi de là » vomit la sublime créature. Le halo de lumière qu'elle a emporté avec elle s'est rué sur moi. Et son épaule dure me fait reculer. Son épaule dure me propulse et me force à faire quelques pas en arrière. Elle prend ma place devant le miroir. Une si sublime créature mérite sa place devant le miroir, me dis-je. Mais les mots qu'elle m'a craché dessus sont toujours accroché à moi. Je la regarde de haut en bas, à ses pieds ; une flaque d'eau luisante gît. C'est probablement mon eau. L'eau qui dégouline de moi tant je suis trempée. Mon corps tout entier souffre de la température de mes vêtements. Ils collent tous à ma peau et la broient. Dans mes chaussures, mes pieds sont aspirés par l'intérieur daim de mes bottines. Puis, alors que j'ai déjà reculé de quelques pas, je me rends seulement compte que le contact avec la créature a fait tomber mon sac. Mon sac de toile est tombé jusque sur le sol, et y gît comme mon eau aux pieds de la créature. Je me penche pour le ramasser, mais je ne le pose pas sur mes épaules. *'L'est trempé* me dis-je en observant la toile verdâtre de par la pluie qui y est tombé. Mon sac s'est assombri, et je crois que la pluie y est rentré. Je me demande si...
Brusquement, je m'accroupis, mon sac cogne le sol dans un fracas. Pendant ce temps, la sublime créature est toujours devant son reflet. Même si ses mots dégueulasses sont toujours sur moi, j'ai envie de lever les yeux pour la regarder. Je ne sais pas, mais je crois que je la trouve belle. Je soulève la toile pour ouvrir mon sac, et jette un coup d’œil au contenu.
« Mes cours ! » je grogne. Je suis effarée de constater que les morceaux de parchemins que j'avais glissé dans mon sac sont aussi mouillés que ma robe de sorcier. J'ai envie de vider mon sac. J'ai envie de... *R'tirer mes vêtements débiles* C'est ce que j'ai envie de faire. Alors que la créature se tient là, à quelques centimètres de moi. J'ai envie de... *J'ai envie d'lui parler* Tant son aura est fascinante. Je ne regarde que son dos, je n'ose pas regarder le reflet, j'ai peur de m'y voir. Moi, dégoulinante, à côté d'Elle, si belle.
Je jette mon sac au sol. Je le jette plus que je ne le laisse tomber. En fait, je l'ai attrapé et je l'ai jeté sur le sol. Il a fait du bruit, beaucoup. Est-ce que je vais déranger la créature ? La créature tient un ciseau, et... quelque chose d'autre. Ses instruments brillent. Alors, je crois que je vais me lancer.
J'ôte ma robe de sorcier. « Mes vêtements sont nazes. » Je jette à la face de la créature. Cette fois, je fixe son reflet pour tomber dans ses yeux. Sous ma robe de sorcier noire, je porte un jean moldu trop grand et un t-shirt rouge. Le rouge est fade, et foncé.
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Post ASPIC
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Terre d'Ombre
Maudite flaque d'eau. D'où proviens-tu?
Ce n'est que lorsque j'observe la fillette par le biais du miroir que j'ai conquéris que je prends conscience qu'il pleut des cordes. Quelle jolie journée, décidément.
Elle prend soin de détourner son regard du lavabo, comme gênée par ma présence.
J'imagine que cela peut se comprendre, si j'avais été un jour confrontée à un coup d'épaule et à un ton un peu trop sec, j'aurais certainement réagit de la même manière.
Mais je ne peux pas le savoir. Je ne suis jamais confrontée à ce genre de situation.
Le serais-je dans quelques instants, alors que mon manque de bienséance aurait fait sortir de ses gons mon interlocutrice ?
Un deuxième coup d'oeil dans sa direction me donne l'impression que c'est plus d'elle que de moi qu'elle a l'air d'avoir honte. Pauvre fille. Ce n'est pas elle qui risque de me donner du fil à retordre.
Seule de faibles indignations vis-à-vis de la pluie parviennent à mes oreilles .. Après-tout, la journée ne doit pas être merdique que pour moi.
Alors qu'elle s'affaire à regarder d'un air dégoûté ses cours et ses fringues, je la toise à travers la glace .. elle est encore plus frêle et plus petite qu'elle l'était dans l'idée que j'ai à peine eu le temps de me faire d'elle alors que je déboulais dans les Toilettes.
Elle tremble de tout son corps. Son Etre, lui aussi, a l'air de trembler. A son insu, j'observe ses cheveux d'un noir de jais dégouliner, les goutes provenant de sa frange souligner goute à goute la couleur Terre d'Ombre de ses bottes cuivrées.
Malgré ses indignations qui bien que faibles ont des accents indéniables de sincérité, elle ne fait rien pour remédier à la marre en laquelle elle continue de gire à mesure que le temps défile.
Cela sans la moindre réaction de sa part, comme impuissante, et malgré qu'elle ne se situe plus à l'extérieure. L'écusson en forme de Lion qu'elle arbore, censée représenter force et courage paraît un peu déplacé à ses côtés. Elle a vraiment l'air débile mais finalement, elle enlève sa robe de sorcier, cessant d'observer ses tissus s'imprégner de la matière froide, détestable et luisante qu'est l'eau de pluie.
Lui parais-je Eau de Pluie ? Visiblement pas, elle n'a pas semblé se formaliser à mon attitude. Ainsi, elle n'est pas Octavia. Et d'ailleurs, qu'est-elle ? Pourquoi je l'observe ?
Comme si mon analyse avait réveillé son instinct, j'ai seulement le temps d'observer ses cils se lever, certainement dans ma direction, que mon regard s'oblige à se refocaliser sur lui-même avant qu'elle n'eut pu s'apercevoir de mon attention toute particulière à son égard.
Non, je n'aime pas regarder les gens dans les yeux trop longtemps. De peur que les secondes passées à s'échanger des oeillades profondes allongent la capacité de perception de celui qui m'observe. Comme si, si on fixait mes yeux trop longtemps, ceux-ci finiraient par déborder d'une émotion évidente.
Et pourtant, je sais que ce n'est pas le cas .. que mes yeux paraissent en toute circonstance, impénétrables. Sûrement encore plus lors de jeux de regards, d'ailleurs.
Quelles pensées débiles, alors.
Mais n'empêche .. Je ne peux les empêcher de traverser mon esprit.
Il m'est et m'a toujours été inconcevable, avec qui que cela puisse être, que le cœur l'emporte sur la raison, surtout alors qu'autrui pourrait s'en apercevoir.
Fut un temps où ce fut parce que j'avais peur qu'ils voient à quel point j'étais brisée, je détournais alors le regard en éclatant de rire, comme si j'étais la personne la plus heureuse du monde.
Ces faux éclats de joie n'étant, bien-entendu, que des morceaux de moi s'étant perdus en chemin, se recomposant quelques secondes pour faire semblant.
Puis fut un autre, plus actuel, où cela fut car j'avais peur qu'ils comprennent à quel point, justement, ils s'étaient perdus, remplacés par une vide foncièrement noir ; mes réactions ne se traduisant alors plus par des rires convaincants .. c'était désormais le cynisme que j'adoptais.
Et d'ailleurs, il me semble que cela ne m'a plus jamais quitté.
Ces nuits où j'avais passé mon temps à détourner le regard, je redevenais partiellement moi-même. Je parvenais du moins à me mettre à la place de celle que j'avais pu être. Bonne ou mauvaise chose ? Douloureuse et vaine chose, en tous les cas.
Je me rappelais d'à quel point tout s'était éteint au fil du temps, comme une flamme d'amour ayant été soufflé par un vent de haine.
Et actuellement, face à ce miroir, coïncidence avec ces dites nuits, je repense a celles où je repensais ..
A ce que c'était que de vouloir crier. Hurler jusqu'à en pleurer. Mais que de craindre de réveiller quelqu'un. D'alors se relever comme si cela pouvait apaiser cette maudite boule. Celle que j'avais dans le ventre. De me taire, donc. De finalement laisser la douleur m'envahir. M'abattre. Jusqu'à ce qu'elle se crée un passage. Se rapprochant. En le brisant. Un peu plus loin dans mon Etre.
Était-ce à cela qu'Octavia avait fait allusion dans sa lettre ? Elle ne pouvait être au courant.
Mais si elle l'eut été, c'était certainement la plus détestable de nous deux. Des filles Blackfall.
Bien que je ne puisse pas vraiment m'en assurer, je reprend conscience du regard lourd de sens, un peu trop insistant, de la Fille dont j'ai oublié la présence alors que mon esprit s'est ouvert comme jamais depuis si longtemps, qui continue de me regarder de la tête aux pieds.
La peur m'envahit à nouveau car l'idée qu'elle puisse avoir lu en moi m'effleure.
Même si je n'ai pas échangé de regard avec elle, je l'ai fait avec le miroir, avec celui qu'elle regarde aussi, désormais. Lieu d'interface. A moins qu'elle ne puisse encore le déceler ?
Si ça n'a pas été le cas jusqu'ici, je lui parais désormais Eau de Pluie.
Quelle honte si je lui parait larme telle cette Eau, quelle honte aussi si je lui parait détestable comme cette Eau, et comme à tout le monde.
Je préfère lui paraître Feu. Ce qui reste détestable .. je devrais m'en ficher de lui paraître. Tout simplement.
Et si c'était à moi qu'elle s'était adressée peu de temps plus tôt ?
Quelques secondes seulement ont précédées notre altercation, je me retourne alors vivement, il me semble qu'elle sursaute alors que je l'arrache moi aussi à ses pensées, affrontant ses yeux de scarabée qui, contrairement à moi, n'ont pas cherchés à fuir. Saleté de lion mouillé.
- Tu n'as peut-être pas compris le message ? Dégage ! Compris ? Espèce de morveuse.
Je m'aperçois alors par mes simples cellules sensitives, dégoutée, qu'une larme perle sur mes joues. A l'instar des vitres grillagées du château.
Cependant, tout comme elle n'a pas cherché à éviter mon radar, je ne tente pas de l'essuyer à la hâte. Serpent courageux. Où est passé le Serpent rusé ? A moins que je ne sois pas serpent.
Actuellement tel un Livre Ouvert. Devant une Inconnue. Ce que j'ai jusqu'alors toujours craint.
Ce n'est que lorsque j'observe la fillette par le biais du miroir que j'ai conquéris que je prends conscience qu'il pleut des cordes. Quelle jolie journée, décidément.
Elle prend soin de détourner son regard du lavabo, comme gênée par ma présence.
J'imagine que cela peut se comprendre, si j'avais été un jour confrontée à un coup d'épaule et à un ton un peu trop sec, j'aurais certainement réagit de la même manière.
Mais je ne peux pas le savoir. Je ne suis jamais confrontée à ce genre de situation.
Le serais-je dans quelques instants, alors que mon manque de bienséance aurait fait sortir de ses gons mon interlocutrice ?
Un deuxième coup d'oeil dans sa direction me donne l'impression que c'est plus d'elle que de moi qu'elle a l'air d'avoir honte. Pauvre fille. Ce n'est pas elle qui risque de me donner du fil à retordre.
Seule de faibles indignations vis-à-vis de la pluie parviennent à mes oreilles .. Après-tout, la journée ne doit pas être merdique que pour moi.
Alors qu'elle s'affaire à regarder d'un air dégoûté ses cours et ses fringues, je la toise à travers la glace .. elle est encore plus frêle et plus petite qu'elle l'était dans l'idée que j'ai à peine eu le temps de me faire d'elle alors que je déboulais dans les Toilettes.
Elle tremble de tout son corps. Son Etre, lui aussi, a l'air de trembler. A son insu, j'observe ses cheveux d'un noir de jais dégouliner, les goutes provenant de sa frange souligner goute à goute la couleur Terre d'Ombre de ses bottes cuivrées.
Malgré ses indignations qui bien que faibles ont des accents indéniables de sincérité, elle ne fait rien pour remédier à la marre en laquelle elle continue de gire à mesure que le temps défile.
Cela sans la moindre réaction de sa part, comme impuissante, et malgré qu'elle ne se situe plus à l'extérieure. L'écusson en forme de Lion qu'elle arbore, censée représenter force et courage paraît un peu déplacé à ses côtés. Elle a vraiment l'air débile mais finalement, elle enlève sa robe de sorcier, cessant d'observer ses tissus s'imprégner de la matière froide, détestable et luisante qu'est l'eau de pluie.
Lui parais-je Eau de Pluie ? Visiblement pas, elle n'a pas semblé se formaliser à mon attitude. Ainsi, elle n'est pas Octavia. Et d'ailleurs, qu'est-elle ? Pourquoi je l'observe ?
Comme si mon analyse avait réveillé son instinct, j'ai seulement le temps d'observer ses cils se lever, certainement dans ma direction, que mon regard s'oblige à se refocaliser sur lui-même avant qu'elle n'eut pu s'apercevoir de mon attention toute particulière à son égard.
Non, je n'aime pas regarder les gens dans les yeux trop longtemps. De peur que les secondes passées à s'échanger des oeillades profondes allongent la capacité de perception de celui qui m'observe. Comme si, si on fixait mes yeux trop longtemps, ceux-ci finiraient par déborder d'une émotion évidente.
Et pourtant, je sais que ce n'est pas le cas .. que mes yeux paraissent en toute circonstance, impénétrables. Sûrement encore plus lors de jeux de regards, d'ailleurs.
Quelles pensées débiles, alors.
Mais n'empêche .. Je ne peux les empêcher de traverser mon esprit.
Il m'est et m'a toujours été inconcevable, avec qui que cela puisse être, que le cœur l'emporte sur la raison, surtout alors qu'autrui pourrait s'en apercevoir.
Fut un temps où ce fut parce que j'avais peur qu'ils voient à quel point j'étais brisée, je détournais alors le regard en éclatant de rire, comme si j'étais la personne la plus heureuse du monde.
Ces faux éclats de joie n'étant, bien-entendu, que des morceaux de moi s'étant perdus en chemin, se recomposant quelques secondes pour faire semblant.
Puis fut un autre, plus actuel, où cela fut car j'avais peur qu'ils comprennent à quel point, justement, ils s'étaient perdus, remplacés par une vide foncièrement noir ; mes réactions ne se traduisant alors plus par des rires convaincants .. c'était désormais le cynisme que j'adoptais.
Et d'ailleurs, il me semble que cela ne m'a plus jamais quitté.
Ces nuits où j'avais passé mon temps à détourner le regard, je redevenais partiellement moi-même. Je parvenais du moins à me mettre à la place de celle que j'avais pu être. Bonne ou mauvaise chose ? Douloureuse et vaine chose, en tous les cas.
Je me rappelais d'à quel point tout s'était éteint au fil du temps, comme une flamme d'amour ayant été soufflé par un vent de haine.
Et actuellement, face à ce miroir, coïncidence avec ces dites nuits, je repense a celles où je repensais ..
A ce que c'était que de vouloir crier. Hurler jusqu'à en pleurer. Mais que de craindre de réveiller quelqu'un. D'alors se relever comme si cela pouvait apaiser cette maudite boule. Celle que j'avais dans le ventre. De me taire, donc. De finalement laisser la douleur m'envahir. M'abattre. Jusqu'à ce qu'elle se crée un passage. Se rapprochant. En le brisant. Un peu plus loin dans mon Etre.
Était-ce à cela qu'Octavia avait fait allusion dans sa lettre ? Elle ne pouvait être au courant.
Mais si elle l'eut été, c'était certainement la plus détestable de nous deux. Des filles Blackfall.
Bien que je ne puisse pas vraiment m'en assurer, je reprend conscience du regard lourd de sens, un peu trop insistant, de la Fille dont j'ai oublié la présence alors que mon esprit s'est ouvert comme jamais depuis si longtemps, qui continue de me regarder de la tête aux pieds.
La peur m'envahit à nouveau car l'idée qu'elle puisse avoir lu en moi m'effleure.
Même si je n'ai pas échangé de regard avec elle, je l'ai fait avec le miroir, avec celui qu'elle regarde aussi, désormais. Lieu d'interface. A moins qu'elle ne puisse encore le déceler ?
Si ça n'a pas été le cas jusqu'ici, je lui parais désormais Eau de Pluie.
Quelle honte si je lui parait larme telle cette Eau, quelle honte aussi si je lui parait détestable comme cette Eau, et comme à tout le monde.
Je préfère lui paraître Feu. Ce qui reste détestable .. je devrais m'en ficher de lui paraître. Tout simplement.
Et si c'était à moi qu'elle s'était adressée peu de temps plus tôt ?
Quelques secondes seulement ont précédées notre altercation, je me retourne alors vivement, il me semble qu'elle sursaute alors que je l'arrache moi aussi à ses pensées, affrontant ses yeux de scarabée qui, contrairement à moi, n'ont pas cherchés à fuir. Saleté de lion mouillé.
- Tu n'as peut-être pas compris le message ? Dégage ! Compris ? Espèce de morveuse.
Je m'aperçois alors par mes simples cellules sensitives, dégoutée, qu'une larme perle sur mes joues. A l'instar des vitres grillagées du château.
Cependant, tout comme elle n'a pas cherché à éviter mon radar, je ne tente pas de l'essuyer à la hâte. Serpent courageux. Où est passé le Serpent rusé ? A moins que je ne sois pas serpent.
Actuellement tel un Livre Ouvert. Devant une Inconnue. Ce que j'ai jusqu'alors toujours craint.
Dernière modification par Carmen Blackfall le 15 févr. 2020, 18:58, modifié 2 fois.
Qui n'a plus d'espoir n'aura plus de regret.
Quand il est sans remède un chagrin est fini.
Terre d'Ombre
« Mes vêtements sont nazes. » Les mots que j'ai jeté. Les derniers mots que j'ai eu le temps de jeter, avant que la créature daigne poser ses yeux dans les miens. Daigne poser son regard sur mon reflet flou. Mes contours sont flous, je crois que c'est à cause de mes vêtements. J'ai levé la tête pour ne plus les voir, ma robe noire étendue au sol comme le seraient les chiffons, mes deux bottines Terre d'Ombre surmontées par un jean bleu qui ne me sied même pas, et un t-shirt trop débile. Mais dans le miroir, je me vois : tâche bleue et rouge. Mais rien n'est clair. En fait, tout ce que j'arrive à voir clairement, c'est le visage sombre pointé sur moi. *Je* Je pense. C'est tout ce que j'arrive à penser. Je connais mon esprit qui divague, je connais mon esprit qui s'enlace à lui-même, je connais mon esprit qui tourne et s'enroule. Mais, dans cette salle d'eau, rien ne se passe.
Ma cage thoracique se lève et se soulève, aux entrées et aux sortie d'un air froid dans mes poumons. Je respire, la bouche entre-ouverte. Je crois que mon nez est bouché. Mais ce n'est pas ce qui glace mon sang. Ce n'est même pas ma peau glacée, ni l'eau qui ne cesse de dégouliner, ni l'eau de la pluie qui stagne au fond de mes bottes. C'est ce que je vois... *Elle pleure !* m'offusqué-je. Une larme perle sur sa joue. Je ne peux pas comprendre, je suis sûre que je ne peux pas. Je ne sais pas lire dans les yeux. Je ne sais pas lire dans les gestes. Je ne décèle pas encore la détresse, la tristesse. Je crois que j'aimerais ça, cependant. Comme j'aimerais attraper une tasse pour lire au fond de la porcelaine de celle-ci, comme j'ai déjà vu Cassiopée le faire. Je me persuade que lire le marc de café et lire le visage des gens est semblable. Je les confond avec plaisir. Mais le plaisir que je me suis déjà imaginé se dissipe tant mes yeux souffrent de voir cette larme. Que fait-elle sur la joue de la créature ? Je crois que je la trouve plus fascinante encore. Elle est toute une entité que je ne peux assimiler. Elle m'est imperceptible, je le crois. Elle est à la fois si belle que je ne saurais comment réagir. J'en oublie la Magie qui m'habite en tentant de ressentir celle qui vit en la créature. J'aime me croire inhabitée, j'aime ne pas avoir à utiliser ma Magie. J'aime lire sur elle, j'aime apprendre sur elle, mais je crois que j'ai horreur de l'utiliser. Je crois qu'elle m'effraie. *Mais pas elle* pensé-je en revenant à moi, en me replaçant derrière mes yeux. La créature me paraît plus belle encore.
La créature se retourne, brusquement, sans me laisser le temps de dire autre chose. Sans me laisser le temps de lui plaire. Je sursaute.
L'obscurité prend place lorsqu'un nuage, je le devine, passe devant le soleil en étouffant la maigre lueur qu'il voulait bien projeter sur l'école. Et elle prend place dans mon cœur lorsque fuse un « Tu n'as peut-être pas compris ? » Et c'est comme ses autres mots, ceux-ci aussi s'accrochent à moi, j'ai l'impression qu'ils tirent sur mon jean large comme si ils étaient de petits trolls. C'est tout comme si ils mordillaient mes chevilles. « Dégage ! Compris ? Espèce de morveuse. » *Morveuse* je réfléchis. Morveuse ? J'ai le nez qui coule ? Je crois que je fais toujours entrer de l'air pas la bouche. J'ai le nez bouché. Mes deux mains jusqu'ici inertes, le long de mon corps, se posent dans mes cheveux. Je m'atèle à les égoutter. Le bruit de gouttes qui perlent jusque sur la pierre brisent le silence instaurés par les derniers mots de la créature, dure créature.
« Dégage ! » résonne.
J'ai mal à la tête.
Mon cœur se serre.
Et, en une fraction de seconde, je m'exclame
« La ferme ! »
*La ferme ! La ferme !*
Ma cage thoracique se lève et se soulève, aux entrées et aux sortie d'un air froid dans mes poumons. Je respire, la bouche entre-ouverte. Je crois que mon nez est bouché. Mais ce n'est pas ce qui glace mon sang. Ce n'est même pas ma peau glacée, ni l'eau qui ne cesse de dégouliner, ni l'eau de la pluie qui stagne au fond de mes bottes. C'est ce que je vois... *Elle pleure !* m'offusqué-je. Une larme perle sur sa joue. Je ne peux pas comprendre, je suis sûre que je ne peux pas. Je ne sais pas lire dans les yeux. Je ne sais pas lire dans les gestes. Je ne décèle pas encore la détresse, la tristesse. Je crois que j'aimerais ça, cependant. Comme j'aimerais attraper une tasse pour lire au fond de la porcelaine de celle-ci, comme j'ai déjà vu Cassiopée le faire. Je me persuade que lire le marc de café et lire le visage des gens est semblable. Je les confond avec plaisir. Mais le plaisir que je me suis déjà imaginé se dissipe tant mes yeux souffrent de voir cette larme. Que fait-elle sur la joue de la créature ? Je crois que je la trouve plus fascinante encore. Elle est toute une entité que je ne peux assimiler. Elle m'est imperceptible, je le crois. Elle est à la fois si belle que je ne saurais comment réagir. J'en oublie la Magie qui m'habite en tentant de ressentir celle qui vit en la créature. J'aime me croire inhabitée, j'aime ne pas avoir à utiliser ma Magie. J'aime lire sur elle, j'aime apprendre sur elle, mais je crois que j'ai horreur de l'utiliser. Je crois qu'elle m'effraie. *Mais pas elle* pensé-je en revenant à moi, en me replaçant derrière mes yeux. La créature me paraît plus belle encore.
La créature se retourne, brusquement, sans me laisser le temps de dire autre chose. Sans me laisser le temps de lui plaire. Je sursaute.
L'obscurité prend place lorsqu'un nuage, je le devine, passe devant le soleil en étouffant la maigre lueur qu'il voulait bien projeter sur l'école. Et elle prend place dans mon cœur lorsque fuse un « Tu n'as peut-être pas compris ? » Et c'est comme ses autres mots, ceux-ci aussi s'accrochent à moi, j'ai l'impression qu'ils tirent sur mon jean large comme si ils étaient de petits trolls. C'est tout comme si ils mordillaient mes chevilles. « Dégage ! Compris ? Espèce de morveuse. » *Morveuse* je réfléchis. Morveuse ? J'ai le nez qui coule ? Je crois que je fais toujours entrer de l'air pas la bouche. J'ai le nez bouché. Mes deux mains jusqu'ici inertes, le long de mon corps, se posent dans mes cheveux. Je m'atèle à les égoutter. Le bruit de gouttes qui perlent jusque sur la pierre brisent le silence instaurés par les derniers mots de la créature, dure créature.
« Dégage ! » résonne.
J'ai mal à la tête.
Mon cœur se serre.
Et, en une fraction de seconde, je m'exclame
« La ferme ! »
*La ferme ! La ferme !*
Animagus renard polaire
Post ASPIC
Post ASPIC
Terre d'Ombre
Virulent. Le scarabée le paraît. Brusque. Irréfléchi. Immature. Enfant. Je n'aime aucun de ces mots.
J'en ai pourtant moi aussi fait preuve. Je dois alors avoir l'air de les représenter.
Excepté pour l'âge, ce n'est pas le cas. Je suis adroite, calculatrice et je l'avoue .. quelque peu contrôlée par mes pulsions. Mais ça ne fait pas de moi une gamine immature. Ce sont leurs regards qui me l'indiquent.
Peut-être que Mère a raison ? Qu'il peut arriver quelque fois de ne pas être soi-même sous le coup de la surprise. C'est mon cas, est-ce peut-être aussi le sien ? Le doute m'envahit à mes dépens.
Mais je tente de me rassurer .. je ne considère pas ce scarabée tout flasque comme digne de représenter la surprise. C'est mon inattention qui m'a prise de court.
Cela ne se reproduira pas. Et l'inconnue, quelle qu'elle soit, cette autre enfant qui me fait face, ne gardera pas longtemps cette image de moi.
A moins que je n'insinue trop ? Qu'elle me perçoive comme forte, comme inatteignable à l'instar du reste du monde lors des jours normaux.
Son regard outré, apparemment par sa propre réaction, me le confirme.
Tout va bien. Mais quelle était cette réaction ?
Elle m'a dit de la fermer.
Une vague colère m'envahit puis se referme.
C'est mon égo qu'elle a touché. Je ne suis apparemment pas assez terrifiante pour lui faire peur.
Elles ont raison. Octavia et .. l'inconnue.
Je ne sais pas si ça me fait mal ou si cela me rassure.
Je suis arrivée dans ces fiches toilettes dans cet optique, après tout.
C'est un premier pas vers une vie plus facile.
Mais ce pas a été trop grand pour moi.
Et je le regrette.
Je ne fais pas peur.
Pas toujours.
Ca me fait peur.
Est-ce la gêne qui noue ma gorge et m'empêche de parler ?
Est-ce la colère qui fait éclater ces vaisseaux dans mes yeux ?
J'aimerais que mes yeux éclatent pour ne plus voir ce scarabée.
J'aimerais qu'ils s'emplissent de sang et qu'il se répande par terre.
Nous serions à égalité.
Le scarabée et l'eau de pluie.
Le serpent et les larmes de sang.
En deux flaques informes.
Finissant par se rapprocher
Par se mélanger au fil du temps.
Rendant l'eau un peu moins limpide
et le sang un peu moins sinistre.
Je devrais la fermer.
Je devrais m'excuser.
Mais je ne le ferai pas.
Mon égo me détruit.
Même si j'étais au milieu d'un océan
et que je ne savais pas nager
J'aurais trop de fierté
Que pour admettre que j'ai besoin d'aide.
Mais le scarabée ne se noie pas.
Il flotte à la surface grâce à son souffle de vie.
Tandis qu'il m'observe je ne sais plus lire en lui.
Je ne connais rien de ce que son aura me décrit.
Je veux qu'il m'apprenne.
Je veux qu'elle m'apprenne.
Mais je n'ai pas encore appris
Alors je ne peux rien faire d'autre que ce que j'ai toujours appris.
- Tu es sûre que c'est ce que tu as dit ? Je ne pense pas avoir saisi.
Je marque un temps de pause. En fait, je laisse toujours un temps de pause pour les regarder par dessous mes cils.
- Sais-tu qui je suis ? Vois-tu qui tu es ? Je ne suis pas d'humeur à discuter. J'en connais plus que toi en sortilège, ça saute aux yeux. Je me trompe ?
Il me semble qu'aussi loin que remontent mes souvenirs je n'ai pas tenu de si longue discussion depuis mon arrivée ici.
Un moment d'inattention et .. que fait-elle ?
J'en ai pourtant moi aussi fait preuve. Je dois alors avoir l'air de les représenter.
Excepté pour l'âge, ce n'est pas le cas. Je suis adroite, calculatrice et je l'avoue .. quelque peu contrôlée par mes pulsions. Mais ça ne fait pas de moi une gamine immature. Ce sont leurs regards qui me l'indiquent.
Peut-être que Mère a raison ? Qu'il peut arriver quelque fois de ne pas être soi-même sous le coup de la surprise. C'est mon cas, est-ce peut-être aussi le sien ? Le doute m'envahit à mes dépens.
Mais je tente de me rassurer .. je ne considère pas ce scarabée tout flasque comme digne de représenter la surprise. C'est mon inattention qui m'a prise de court.
Cela ne se reproduira pas. Et l'inconnue, quelle qu'elle soit, cette autre enfant qui me fait face, ne gardera pas longtemps cette image de moi.
A moins que je n'insinue trop ? Qu'elle me perçoive comme forte, comme inatteignable à l'instar du reste du monde lors des jours normaux.
Son regard outré, apparemment par sa propre réaction, me le confirme.
Tout va bien. Mais quelle était cette réaction ?
Elle m'a dit de la fermer.
Une vague colère m'envahit puis se referme.
C'est mon égo qu'elle a touché. Je ne suis apparemment pas assez terrifiante pour lui faire peur.
Tu es toujours froide.
Tu prends toujours un air indifférent,
Alors que tout le monde sait
- excepté père, peut-être -
Que tu es normalement constituée.
Elles ont raison. Octavia et .. l'inconnue.
Je ne sais pas si ça me fait mal ou si cela me rassure.
Je suis arrivée dans ces fiches toilettes dans cet optique, après tout.
C'est un premier pas vers une vie plus facile.
Mais ce pas a été trop grand pour moi.
Et je le regrette.
Je ne fais pas peur.
Pas toujours.
Ca me fait peur.
Est-ce la gêne qui noue ma gorge et m'empêche de parler ?
Est-ce la colère qui fait éclater ces vaisseaux dans mes yeux ?
J'aimerais que mes yeux éclatent pour ne plus voir ce scarabée.
J'aimerais qu'ils s'emplissent de sang et qu'il se répande par terre.
Nous serions à égalité.
Le scarabée et l'eau de pluie.
Le serpent et les larmes de sang.
En deux flaques informes.
Finissant par se rapprocher
Par se mélanger au fil du temps.
Rendant l'eau un peu moins limpide
et le sang un peu moins sinistre.
Je devrais la fermer.
Je devrais m'excuser.
Mais je ne le ferai pas.
Mon égo me détruit.
Même si j'étais au milieu d'un océan
et que je ne savais pas nager
J'aurais trop de fierté
Que pour admettre que j'ai besoin d'aide.
Mais le scarabée ne se noie pas.
Il flotte à la surface grâce à son souffle de vie.
Tandis qu'il m'observe je ne sais plus lire en lui.
Je ne connais rien de ce que son aura me décrit.
Je veux qu'il m'apprenne.
Je veux qu'elle m'apprenne.
Mais je n'ai pas encore appris
Alors je ne peux rien faire d'autre que ce que j'ai toujours appris.
- Tu es sûre que c'est ce que tu as dit ? Je ne pense pas avoir saisi.
Je marque un temps de pause. En fait, je laisse toujours un temps de pause pour les regarder par dessous mes cils.
- Sais-tu qui je suis ? Vois-tu qui tu es ? Je ne suis pas d'humeur à discuter. J'en connais plus que toi en sortilège, ça saute aux yeux. Je me trompe ?
Il me semble qu'aussi loin que remontent mes souvenirs je n'ai pas tenu de si longue discussion depuis mon arrivée ici.
Un moment d'inattention et .. que fait-elle ?
Qui n'a plus d'espoir n'aura plus de regret.
Quand il est sans remède un chagrin est fini.
Terre d'Ombre
Ma poitrine se lève et se soulève, je suis haletante parce que je l'ai dit. Je lui ai dit de la fermer. Alors que je ne la connais même pas, alors que je suis une espèce de flaque qui dégouline, alors que j'ai l'air d'être ridicule. Mais je le lui ai dit : parce qu'elle n'est pas moins ridicule que moi.
Pour éviter de me rendre plus ridicule encore, je me décide à faire quelque chose. Parce que cette fille est là et si elle me fascinait, sa face tournée vers moi a l'air de pouvoir me broyer et j'imagine que ses babines révéleraient des crocs acérés. Je ne suis plus très sûre d'être fascinée par là, alors j'entreprends de m'avancer jusqu'au lavabo, pas celui devant lequel elle est plantée, mais un qui est juste à côté. Oui, je suis déjà comme paralysée à cause de ce que je lui ai dit, je ne peux pas non plus me jeter dans la gueule du loup. Tout en moi se crispe mais je me penche quand même pour ramasser le torchon noir, ma robe de sorcier, sur le sol. Il traînait dans cette flaque qui prend des allures sombres parce que dehors le temps se grise de plus en plus.
On entend la pluie frapper tout ce qu'elle peut frapper, le rebord des fenêtres des toilettes des filles, un chapeau de toit qui doit être en contrebas, et même les carreaux sales en y laissant leur marque.
Sa voix détonne en même temps que le grondement du ciel.
C'est un orage qui éclate au-dehors et à l'intérieur de ces toilettes. La lumière d'un éclair traverse la pièce au moment où ces derniers me frappent et que je me décide à faire mon premier pas.
Mon sac à dos, détrempé, laissé au milieu de la flaque, reste derrière moi tandis que je m'avance. Ma robe de sorcier sous le bras, je fais les quelques pas qui me séparent du lavabo à côté de celui de cette créature. Je suis juste là, à côté d'elle. Et ses mots ont laissé l'impression d'une claque sur la joue. Sur les deux jours : elles chauffent malgré l'eau qui ruisselle toujours faiblement depuis mon front. En même temps que le feu au joue, c'est mon cœur qui s'embrase des mots qui lui ont été adressé. C'est à lui, directement, que cette fille a parlé. Et c'est lui qui compte répondre. L'afflux qu'il envoie à tout mon corps me fait souffler bruyamment, bientôt hors d'haleine, puis poser brusquement le torchon noir sur le bord du lavabo. Le bruit détonne en même temps qu'un autre éclair illumine sur sa face à elle. L'eau gicle sur mon visage déjà mouillé, mais brûlant d'un sentiment qui se hisse depuis mes entrailles : la rage.
« Et t'es qui ?! »
Je demande, du feu jusque dans ma gorge et sur ma langue. Je m'étonne mais cette voix qui sort de moi est puissante, enragée et enflammée.
« Je connais des sortilèges ! »
J'ajoute, presque en hurlant, un peu penchée pour me faire entendre d'elle qui est juste là, à quelques mètres sur ma gauche.
Parce que c'est là qu'elle a touché mon cœur. Je ne suis pas à l'aise avec cette magie qui fourmille en moi mais j'ai l'instinct de me défendre là-dessus. Je ne veux pas être prise pour une nulle. Je connais des sortilèges. Et je les connaîtrais tous un jour.
« Et je t'ai vu pleurer. Tss. »
J'ajoute, dans un dernier élan enragé, qui devient amer sous cette dernière phrase que je lui adresse en face avant de faire un quart de tour et la laisser quitter mon foutu champ de vision.
Je me replace devant le miroir sans rien ajouter, en grommelant, en haletant, et en me saisissant de la robe de sorcier trempée. J'entreprends de l'essorer.
L'autre fille ne dit plus rien. Non, elle se contente de me jauger, mais elle ne m'attaque plus tous crocs dehors. Je fais attention à ne pas la regarder dans les yeux, par peur de rallumer la flamme destructrice dans ses yeux, et puis, quand j'ai terminé, je sors des toilettes sans dire un mot de plus.
Pour éviter de me rendre plus ridicule encore, je me décide à faire quelque chose. Parce que cette fille est là et si elle me fascinait, sa face tournée vers moi a l'air de pouvoir me broyer et j'imagine que ses babines révéleraient des crocs acérés. Je ne suis plus très sûre d'être fascinée par là, alors j'entreprends de m'avancer jusqu'au lavabo, pas celui devant lequel elle est plantée, mais un qui est juste à côté. Oui, je suis déjà comme paralysée à cause de ce que je lui ai dit, je ne peux pas non plus me jeter dans la gueule du loup. Tout en moi se crispe mais je me penche quand même pour ramasser le torchon noir, ma robe de sorcier, sur le sol. Il traînait dans cette flaque qui prend des allures sombres parce que dehors le temps se grise de plus en plus.
On entend la pluie frapper tout ce qu'elle peut frapper, le rebord des fenêtres des toilettes des filles, un chapeau de toit qui doit être en contrebas, et même les carreaux sales en y laissant leur marque.
Sa voix détonne en même temps que le grondement du ciel.
C'est un orage qui éclate au-dehors et à l'intérieur de ces toilettes. La lumière d'un éclair traverse la pièce au moment où ces derniers me frappent et que je me décide à faire mon premier pas.
Mon sac à dos, détrempé, laissé au milieu de la flaque, reste derrière moi tandis que je m'avance. Ma robe de sorcier sous le bras, je fais les quelques pas qui me séparent du lavabo à côté de celui de cette créature. Je suis juste là, à côté d'elle. Et ses mots ont laissé l'impression d'une claque sur la joue. Sur les deux jours : elles chauffent malgré l'eau qui ruisselle toujours faiblement depuis mon front. En même temps que le feu au joue, c'est mon cœur qui s'embrase des mots qui lui ont été adressé. C'est à lui, directement, que cette fille a parlé. Et c'est lui qui compte répondre. L'afflux qu'il envoie à tout mon corps me fait souffler bruyamment, bientôt hors d'haleine, puis poser brusquement le torchon noir sur le bord du lavabo. Le bruit détonne en même temps qu'un autre éclair illumine sur sa face à elle. L'eau gicle sur mon visage déjà mouillé, mais brûlant d'un sentiment qui se hisse depuis mes entrailles : la rage.
« Et t'es qui ?! »
Je demande, du feu jusque dans ma gorge et sur ma langue. Je m'étonne mais cette voix qui sort de moi est puissante, enragée et enflammée.
« Je connais des sortilèges ! »
J'ajoute, presque en hurlant, un peu penchée pour me faire entendre d'elle qui est juste là, à quelques mètres sur ma gauche.
Parce que c'est là qu'elle a touché mon cœur. Je ne suis pas à l'aise avec cette magie qui fourmille en moi mais j'ai l'instinct de me défendre là-dessus. Je ne veux pas être prise pour une nulle. Je connais des sortilèges. Et je les connaîtrais tous un jour.
« Et je t'ai vu pleurer. Tss. »
J'ajoute, dans un dernier élan enragé, qui devient amer sous cette dernière phrase que je lui adresse en face avant de faire un quart de tour et la laisser quitter mon foutu champ de vision.
Je me replace devant le miroir sans rien ajouter, en grommelant, en haletant, et en me saisissant de la robe de sorcier trempée. J'entreprends de l'essorer.
L'autre fille ne dit plus rien. Non, elle se contente de me jauger, mais elle ne m'attaque plus tous crocs dehors. Je fais attention à ne pas la regarder dans les yeux, par peur de rallumer la flamme destructrice dans ses yeux, et puis, quand j'ai terminé, je sors des toilettes sans dire un mot de plus.
Fin.
Animagus renard polaire
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