Home, sweet Home

21Juin 2044


En posant le pied hors de la voiture tirée par des chevaux qui m'a ramenée de la gare jusqu'à chez moi, j'ai les larmes aux yeux : une grosse partie du personnel me fait la haie. Ce spectacle ne m'est pas totalement inhabituel, mais généralement, c'est une haie plus petite et je la partage avec d'autres personnes.
Le soleil m'éblouissant un peu, je m'avance vers eux, tandis qu'un valet commence à rentrer mes affaires. Lorsque j'arrive à leur niveau, ils me font une révérence collective, un grand sourire sur les visages.
-Pourquoi êtes vous tous là ? N'avez vous pas assez de travail ? Le domaine ne marche pas tout seul ! Je leur demande d'un ton un peu bourru, avec un demi-sourire attendri, on jurerait entendre grand-mère.
-Nous avons juste eu envie de te souhaiter la bienvenue, quel mal y a-t-il ? Nous avons ouï dire que Poudlard a été attaqué, puis que c'est devenu une île, nous étions inquiets, surtout que tu ne nous as pas écrit.
Je lève les yeux vers les escaliers. Ellya est en haut, avec une jambe dans le plâtre, deux bequilles à la main, la tête enturbannée, des pansements sur ses bras et un sur sa joue droite. Dans un hoquet de stupeur, je m'avance vers elle.
-Que t'est donc il arrivé ?
-Un accident de moto. Le moteur à l'hydrogène a eu un problème, et je suis tombée.
Je lui lance un regard incrédule.
-Tu me raconteras cela mieux à l'intérieur. Je ne sais pas vous, je poursuis en me tournant vers les domestiques, mais le soleil me brûle la peau. Et puis, j'ai faim.
Je monte la dernière marche et m'engouffre dans le vestibule.
-Où sont mes parents ?
-Dans le salon bleu, Mademoiselle Awena. me répond une voix derrière moi.
-Ellya, va te coucher. Je vais les rejoindre. Vous autres, retournez au travail, je suis morte de faim !

Je soupire. Encore des escaliers. Je dépasse le salon doré, celui où nous recevons d'ordinaire les moldus, le temps que toute trace de magie ait été cachée dans les couloirs. Ensuite, c'est l'escalier menant aux cuisines, plus bas, que je dépasse. Après avoir dépassé deux portes de plus, je sors enfin de ce couloir décoré sobrement dans des teintes grises et bleu pâle avec des tableaux. A ma droite, la porte d'un autre salon, le salon blanc. Devant moi, le couloir débouche le grand hall lumineux où sont reçus les invités et a partir duquel ils peuvent monter. Un invité qui se rend au salon doré, par exemple fera le trajet que j'effectue en sens inverse. Le couloir, assez grand pour que deux femmes en robe de bal des années 1850 passent côté à côté sans se toucher, continue encore après ce hall.
Je suis rentrée par une entrée discrète sur le côté, entrée qu'emprunte généralement ma famille et les donestiques. A ma gauche, un escalier de pierre en colimaçon menant aux étages supérieurs. Un peu plus haut, on peut apercevoir l'étage du dessus, et on y voit un tableau.
J'emprunte l'escalier et vois au fur et a mesure que je monte les marches, les tableaux représentant mes aïeuls me sont visibles. Celui qui veille sur les escaliers et que l'on peut voir en arrivant est celui de Frances-Catherine. Elle a été une guerrière et a défendu notre comté lors de la première guerre des barons à la place de son mari qui détestait l'idée de se battre. Elle a combattu avec son armée en se déguisant en homme et les a menés à la victoire. Père dit que je lui ressemble assez physiquement, et elle même est assez d'accord sur ce point.
Arrivée à son niveau, j'exécute une révérence qui la fait sourire.
«Bon retour chez toi, Awena. Tu es attendue dans le salon bleu. » dit-elle avant de quitter son tableau.
Je m'engage donc dans ce couloir decoré à gauche des tableaux des anciens chefs de famille, parfois ce sont des tableaux animés, mais parfois non, et à droite sont accrochés les tableaux des conjoints et des enfants de ceux qui sont à droite, le tout rangé par ordre chronologique.
Au fur et a mesure qu'il y a des tableaux à accrocher, le couloir s'allonge un peu, il a été ensorcelé pour le permettre. La dernière fois qu'il a été agrandi, c'était à la naissance de père.
Je finis par arriver au niveau du tableau représentant Père, et de celui nous représentant, Mère et moi, beaucoup plus jeune. J'étais un bébé. A cité de celui de ma génitrice, à droite, est accroché un tableau de moi peint plus récemment. J'avais 10 ans. Je ne suis pas encore cheffe de la famille, donc je ne suis pas encore à gauche.
Le couloir débouche sur deux portes et continue ensuite sur un escalier menant aux chambres et autres lieux remplis de magie situé à gauche. La porte à droite, quant à elle est celle du salon où je me rends.
J'ouvre donc la porte puis y entre, redécouvrant ainsi le salon bleu, salon où les réunions de familles sont tenues. Les murs et le sol sont dans des tons de bleu, et la très grande salle est éclairée par la lumière de deux grandes fenêtres. La pièce est équipée d'une grande table en bois précieux de forme rectangulaire dont la taille change selon le nombre de personnes y prenant place. Il y a aussi six fauteuils bleus disposés en cercle, et quelques tables entre elles. Il y a aussi une cheminée, plusieurs cadres pour les plus vieux membres de notre famille, quelques miroirs pour inclure dans la discussion ceux qui sont au loin et une petite bibliothèque.
Assis bien droit dans le seul fauteuil à une seule place avec une table à côté (celui du chef), vêtu d'une pantalon noir, d'une chemise blanche, d'un gilet noir et d'une cravate un peu dénouée autour du cou mon père épluche un dossier; ma mère vêtue d'un pantalon blanc ample et d'un chemisier vert pâle assise sur un des accoudoirs du fauteuil lisant par dessus son épaule. Dans le fauteuil de celui à gauche de celui que mes parents occupent, se tient ma grand-mère dont les cheveux couleur neige sont noués en un chignon parfait qui fait de la broderie.
Mon arrivée apporte un grand sourire sur le visage des trois occupants de la pièce. Après quelques pas dans leur direction, je les salue d'une reverence bien basse avant de me redresser toute sourires. Je suis enfin arrivée chez moi !


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Fehu




Petite rune perdue au milieux d'Enfants Resistants et Libres.