L'homme des caves
24 décembre 2044, Westhill, Aberdeenshire, Écosse
Mischief rentrait à Westhill, dans sa grande maison familiale, pour les vacances hivernales. L'ambiance chaleureuse de sa chambre, dans laquelle il se réveilla le vingt-quatre décembre était en contraste avec l'étrange quiétude des dortoirs des Serpentard, sous le lac. Chez lui, tout était bruyant : un réveil détraqué produisant des cris d'animaux aléatoirement au cours de la journée ou de la nuit qui lui avait été offert par le frère de sa mère, sa sœur qui dévalait tous les matins les escaliers beaucoup trop tôt, ou encore son chat, Matroskine, qui ronronnait aussi fort qu'un Poudlard Express en train de démarrer avec une petite centaine d'Hagrid chantant de tout cœur les dernières chansons de Hard Rock moldu à l'intérieur.
Le jeune Serpentard tourna quelques instants dans ses couvertures, se demandant ce qu'il pourrait bien faire de sa journée, puis se releva complètement et sortit de son lit. Quelque chose d’important l’appelait : le petit déjeuner. Il enfila rapidement ses chaussons-dragons, bien que l’épais tapis recouvrant le sol de toute sa chambre soit suffisant pour ne pas avoir froid aux petits petons, puis ramassa un peignoir de bain échoué sur son fauteuil-armoire, avant de partir à toute vitesse dans les escaliers.
En arrivant dans la salle à manger où le petit déjeuner était servi, les tasses qui n’étaient pas encore vides fumant toujours, la cheminée installée face à la largeur de la table propageant une douce odeur de bois brûlé, tandis que depuis la porte fermée de la cuisine, résonnaient les échos d’une conversation entre plusieurs adultes. Le plus jeune de la famille partit sans attendre pousser cette dernière porte pour savoir ce qu’il pouvait bien y avoir d’intéressant de l’autre côté du mur. Il buta contre quelque chose, en l’ouvrant, et pencha la tête pour dévisager son oncle, qui faisait de même. Ils semblaient tous deux aussi surpris de se voir, l’un et l’autre, avant que Mischief ne réagisse en bondissant sur le frère cadet de sa mère, pour le serrer dans ses bras. Généralement, les Naondan n’étaient pas très démonstratifs, habitude sorcière et anglaise, mais le petit dernier l’était, et il faisait régulièrement subir ces effusions d’amour à ses proches.
Damyan, ledit oncle, finit par respirer à nouveau lorsque Mischief s’éloigna pour aller ausculter son père, de deux mètres (et un peu plus) de haut, puis l’embrassa tranquillement avant de s’installer en équilibre sur le dossier d’une chaise, ses chaussons-dragons posés contre le rebord de la table.
« Vous parliez de quoi ? », s’enquit-il en balançant un regard circulaire dans la pièce, se demandant où avait disparu sa mère. Avant même qu’ils ne puissent répondre, le Serpentard était déjà parti par la petite porte entrouverte qui menait à la cave. La lueur d’une baguette avait attiré son attention, et puis, rester tranquillement installé sur une chaise à écouter les divagations de deux adultes, ce n’était pas prévu dans son emploi du temps. D’ailleurs, quoi que ce soit qui pourrait être qualifié de « tranquille » ne le serait jamais avec Mischief.
Il slaloma en sifflotant entre les caisses de grands crûs, guidé par l’onde lumineuse de la baguette devant lui, pour finalement atteindre sa mère. Elle farfouillait dans une grosse malle brillante, cela attira l’attention de l’enfant qui se pencha à côté d’elle.
« C’est quoi ? », interrogea Mischief soudainement, faisant sursauter sa mère.
En geste de défense, elle pointa automatiquement sa baguette vers son fils, qui fut ébloui. Il n’en fallut pas plus pour qu’il s’exclame :
« Je suis illuminé par tant de beauté ! »
Liliane soupira, et laissa l’enfant l’embrasser, avant de répondre à sa question initiale :
« Je cherche les anciens diplômes de ton père. Lui et Damyan discutent à propos de Poudlard, et Tom est persuadé qu’il a eu sept Optimal à ses ASPICS. »
Mischief haussa un sourcil, franchement, les conversations d’adultes n’étaient pas si intéressantes que ça… Sa mère se pencha à nouveau vers la malle, et remarqua, avec un sourire :
« J’ai aussi retrouvé les premières photos qu’on a prises de toi et de Léa. »
Beaucoup plus concerné, il se tordit le cou pour pouvoir observer le contenu du coffre. Il l’avait déjà vu, par le passé, lorsqu’elle était encore installée dans la salle en face de sa chambre, qui était devenue ensuite une chambre d’amis. Seulement, cette malle ne l’avait jamais plus intéressé que ça, les gros bouquins, ou du moins ce qu’il croyait jusque-là être de gros bouquins, ce n’était pas son registre de hobbies.
Il en prit un au hasard, et l’ouvrit, aidé par le Lumos de sa mère. C’était des photos du manoir avant qu’il ne soit né… Il referma celui-ci, et le remit dans la malle, avant d’en prendre un autre. Liliane lui proposa :
« Si tu veux, je remonte cette malle, et tu t’occuperas à les regarder, si ça te dis… »
L’hésitation de la mère de Mischief était fondée. Son fils avait tendance à s’intéresser à rien, ou bien tout, pour une durée moyenne de dix-sept minutes. Il approuva tout de même, puis remonta au rez-de-chaussée pour le petit-déjeuner qu’il avait omis jusque-là.
Puis, son père lui ramena une lettre, et un petit paquet, qu’un hibou avait dû laisser pour lui. Il l’ouvrit, et la lut avec un grand sourire, c’était Marie.
Cher Mimi,
C’est le premier Noël que l’on passe ensemble et j’en profite pour te dire à quel point je suis comblée et heureuse. Voici maintenant un peu plus d'un mois que nos chemins se sont croisés. C'est la première fois que j'éprouve des sentiments aussi forts pour quelqu'un et je découvre. Merci de me faire confiance et de m'aimer comme tu le fais. Merci Mischief d’aimer aussi bien mes qualités que mes défauts, merci d’accepter mes faiblesses sans les juger.
Tu sais, certains couples se séparent pour retrouver leur liberté… Moi, ma liberté, je l’ai avec toi. Je sais que je n’ai pas de comptes à te rendre, que tu me fais confiance.
Tu fais tout pour me combler et c’est tellement agréable de se sentir aimée par toi. J’ai la sensation d’être importante avec toi Mischief. Tu m’as rendu importante, tu te rends compte ? Avec toi les choses me semblent tellement plus simples, elles coulent toutes seules, je n’ai plus besoin de me poser de questions.
Merci, merci d’être entré dans ma vie.
J’espère que tu aimeras ton petit cadeau… Je te souhaite à nouveau un Joyeux Noël et j'espère qu’il y en aura beaucoup d’autres à partager ensemble !
Je t'aime,
Marie.
Avec cela, Mischief découvrit avec joie une figurine de dragon, chevauché par un joueur de Quidditch. Son visage s’illumina lorsque, en posant la figurine, elle décolla, et se mit en mouvement. C’était juste incroyable. Puis, il se rappela qu’il n’était que le vingt-quatre, et donc qu’il l’avait ouvert trop tôt. Il haussa des épaules, de toute manière il ne fêtait pas Noël, puis partit installer le cadeau sur la table de nuit, avant de dégainer une plume, assis à son bureau, réfléchissant à ce qu’il pourrait bien répondre à Marie, et à ce qu’il pourrait lui offrir en retour. Depuis quelques jours, il avait une idée en tête… Mais il ne savait pas vraiment si c’était une bonne idée. Il lui fallait le conseil avisé de sa sœur, c’était certain. Il abandonna sa chambre aux tons sombres et chaleureux pour aller frapper à la porte de celle de sa sœur, Léa.
Fondateur du club "VIVE LE QUIDDITCH SUR DRAGON" pas encore formé. Un grand espoir pour l'Écosse.