solo Félin pour l’autre

Décembre 2044


Lundi après-midi

Les cours avaient repris, depuis un trimestre, presque comme si rien de spécial ne se passait à l’extérieur des murs de l’ancestral château. Mais tout était différent. Erwan s’en rendait bien compte... Outre le gigantesque arbre qui trônait désormais au milieu du parc et le lac qui entourait Poudlard, séquelles les plus visibles du conflit qui animait le pays, les élèves étaient plus soucieux, les couloirs moins animés et les petits-déjeuners de moins en moins perturbés par les vols incessants des hiboux porteurs de courriers. Poudlard devenait petit à petit une prison, une prison dorée certes mais une prison quand même. Impossible de sortir, les nouvelles de l’extérieur se faisaient plus sporadiques et moins détaillées. Erwan n’était plus rentré chez lui depuis... Il avait du mal à s’en souvenir ! Bristol avait fini par lui manquer. Mais par dessus tout, il n’avait pas pu passer l’été chez ses grands-parents français. Il adorait aller là-bas ! Il était tombé amoureux de la Bretagne dès le premier été passé en France. Sûrement que le chauvinisme de son grand-père y était pour quelque chose mais il fallait l’avouer... Cette terre était merveilleuse !

Le jeune Poufsouffle marchait dans le parc en cette froide après-midi de décembre. Le temps était gris. Son moral également. Lui qui ne voulait pas revoir ses parents tout de suite, ou du moins son père, se sentait tiraillé par ce sentiment étrange d’emprisonnement là où il s’était senti si bien jusqu’à présent. Il broyait du noir, marchant sans réel but. Il voulait juste se changer les idées... Puis quelque chose le sorti de sa réflexion. Au loin, au plus près de la lisière de la forêt interdite, un mouvement attira son regard. Il décida d’aller voir de plus près mais quand il arriva là où il lui avait semblé percevoir un mouvement, rien ne semblait sortir de l’ordinaire calme de la forêt. Alors qu’il allait repartir, il faisait déjà dos aux arbres, un son cette fois-ci lui confirma que quelque chose était bien là. Un bruit de feuille. Conscient des dangers que pouvait contenir cette intrigante forêt, il eut le réflexe de sortir sa baguette magique. Il scruta l’obscurité mais toujours rien... Il lança un lumos pour y vit plus clair. Il parvînt finalement à voir ce qui avait attiré son attention ! Un chat. Un simple chat lui avait fait sortir sa baguette... Il rangea cette dernière dans sa robe et entreprit de se rapprocher de la bête qui avait l’air bien jeune. Erwan avait imaginé de dangereuses ou puissantes créatures dans ces bois mais jamais des chats. Celui-ci ne devait pas avoir plus de deux mois ! Il était roux et d’un blanc sale sur son ventre. Quand Erwan se rapprocha, le matou fila vers la forêt. Erwan ne daigna pas aller plus loin de peur de commettre un interdit en pénétrant dans la forêt. Alors le chat s’arrêta et fit de nouveau face au Poufsouffle. Les deux s’observaient, animés par la curiosité. Erwan avait beau siffler, l’appeler, lui envoyer des bisous, le petit chat ne semblait vouloir approcher plus. Erwan fit alors ce que tout amoureux de chat ferait. Il se mit à dialoguer avec une bête incapable de lui répondre. "Petit chat... hey toi ! N’aie pas peur, j’te veux pas de mal. Aller viens. J’suis sûr que t’as froid et faim." Rien à faire. Le chat ne bougeait pas. Néanmoins, il semblait curieux de voir cet humain lui parler. Il le regardait avec de grands yeux et inclinait parfois la tête comme pour s’aider à comprendre ce qui se jouait là. La nuit tombant, Erwan se résigna. En regagnant le château il lança au félin "J’reviendrais demain p’tit chat ! Avec quelque chose qui te fera sûrement plaisir". Puis il hâta le pas, le froid tombait sérieusement et la promesse d’un repas chaud le faisait saliver.
Dernière modification par Erwan Martin le 13 juil. 2020, 22:55, modifié 1 fois.

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Mardi matin

Erwan n’avait jamais été très bon pour se souvenir de ses rêves. Cette nuit là pourtant, le petit chat était revenu pour le voir. Lorsque le Poufsouffle se réveilla, se fut avec un gros appétit et une incompréhensible envie de retourner voir si le petit rouquin aperçu la veille se trouvait toujours près de la forêt. Il s’habilla en vitesse et descendit prendre un petit-déjeuner sur le pouce. Bien emmitouflé sous sa robe d’hiver, son écharpe et son bonnet jaune et noir, des tartines beurrées et une tranche de jambon blanc dans la poche, Erwan se rendit dans le parc une heure avant le début de son premier cours ce jour-là. Sur le chemin, le Poufsouffle s’imagina qu’elle pouvait être la vie de ce petit être. Était-il lui aussi prisonnier de ce dôme magique ? Sûrement... Peut-être avait-il encore sa mère ? Voir des frères et de sœurs... peut-être était-il un elle... Il arriva au même endroit que la veille mais le petit chat n’était pas là. Il chercha presque une heure durant, en l’appelant, le sifflant, etc... Pas de trace du petit chat roux. Il ne restait plus que dix minutes à Erwan avant de devoir rejoindre le château pour son premier cours de la journée. Il s’assit sur une pierre assez grosse pour être presque confortable.

Erwan était triste. Il ne savait pas vraiment pourquoi... Ce n’était pas la première fois qu’il croisait un chat qu’il ne reverrait plus jamais. Il avait toujours été amoureux des chats... Il en avait eut un à Bristol quand il était très jeune. C’était le chat de ses parents et il était mort de vieillesse quand Erwan devait avoir cinq ou six ans. Il n’en avait que de vagues souvenirs... Sa perte avait tellement attristé ses parents qu’ils n’avaient pas souhaité en adopter un autre. Cela avait été le fruit de nombreuses discussions à la maison ; Erwan avait presque obtenu gain de cause mais son départ pour Poudlard avait eût raison de son acharnement. Tant de fois il avait tenté d’amadouer des chats errants qu’il croisait sur le chemin de l’école, jamais il n’avait réussi. Lorsqu’il était sorti ce matin, il était pourtant persuadé qu’il le reverrait et qu’il arriverait à l’approcher un peu plus que la veille... Il fallait se faire une raison. Ou non. Une flamme d’espoir brûlait toujours au fond de lui malgré sa déception immédiate. Il déposa les tartines et la tranche de jambon à l’endroit où il l’avait aperçu, jeta un dernier regard vers la forêt, et prit finalement le chemin de sa salle de classe. Il fut rappeler à l’ordre par ses professeurs deux fois dans la journée, avant de finalement renoncer à regarder par la fenêtre dans l’espoir d’apercevoir une petite tache orange...

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Mercredi après-midi

Le jeune Martin n’était pas du genre à se faire reprendre par ses professeurs. Jamais il n’avait poser de soucis lors d’un cours et les rares fois où les enseignants l’avaient rappelé à l’ordre, c’était quand même arrivé, c’était pour de simples bavardages ou quelques dessins griffonné sur le bord d’un parchemin. Il ressenti un peu de honte à s’être fait prendre deux fois dans la même journée la veille... Et plutôt que d’assumer sa volonté farouche de revoir le félin il s’était menti à lui même et avait rejeté la faute sur cette même bête. C’était sa faute. Il l’avait attiré dans une sorte de piège émotionnel et était responsable des remontrances de ses professeurs. Le soir venu il n’était pas retourné dans le parc ! Autant comme une pénitence pour lui même qu’une punition pour le chat. Pour dire vrai, le Poufsouffle était en colère. Pourquoi diable n’avait-il pas daigné revenir le voir ? Dans sa tête, il était probablement le premier résident du château à lui avoir montré de la sympathie et de l’attention. Était-il si ingrat ? Si oui, alors il ne méritait pas l’affection d’Erwan ! Il se coucha renfrogné, s’en voulant à lui même de s’être laissé embarquer dans cette histoire. Il avait tout ici pour être heureux ! Des amis fiables et loyaux, une petite amie qui l’aimait et qu’il aimait en retour, un enseignement de qualité pour devenir un bon sorcier... Qui avait besoin d’aimer une bête à poil en plus ?

Son sommeil fut agité. Des émotions contradictoires dans la journée écoulée ont tendance à faire ça... Cette nuit là, le petit chat revint à plusieurs reprises. Erwan était en Bretagne. Il ne savait pas comment ni pourquoi, rien ne lui indiquait clairement où il était mais le vent marin et l’odeur salée de l’air ne laissaient pas de place au doute. Il marchait le long d’une grève. Puis il se souvînt. Il fallait qu’il retrouve le chat ! Ce satané chat qui l’avait fait courir jusqu’à maintenant... Il était là-bas, au bout de la grève, ou peut-être pas... Erwan continuait d’avancer sur l’amas de pierre et de sable ; elle semblait visuellement ne pas faire plus de trente mètres mais le garçon marchait depuis presque une demi-heure. Lorsqu’il fut parvenu au bout, là où la terre rencontre la mer, le chat n’était pas là. Il versa une larme tout aussi salée que la mer dans laquelle elle termina sa chute. Ses yeux fixait un horizon sans fin, les éléments se déchaînaient et une énorme vague fit se réveiller le Poufsouffle. Il ouvrit un œil et constata que le jour n’était pas encore levé, tous ses camarades de dortoirs dormaient encore à poings fermés. Erwan tenta en vain de se rendormir pour retrouver le rêve qu’il était en train de faire. Plus il tentait de s’en souvenir, plus celui-ci filait entre ses mains comme du sable fin.

Ses tentatives de métamorphose ce matin-là furent médiocres. Rien de bon ne semblait vouloir sortir de lui et cela eut l’effet de le rendre encore plus grognon. Il fut d’un calme plat lors du repas malgré l’enthousiasme de ses camarades d’avoir une après-midi de libre. À la sortie de la grande salle, il se retrouva face à un choix. Sortir vers le parc pour une ultime tentative ou regagner son dortoir pour aller bouder un peu. La flamme d’espoir brûlait encore en lui, elle ne brûlait plus qu’à petit feu mais elle brûlait encore. Il prit la direction du parc. Il s’attendait à trouver les victuailles qu’il avait déposé la veille toujours au même endroit mais tout avait disparu ! Le sourire revint sur son visage. Il scruta la forêt et aperçu la petite bête à fourrure. Il s’arrêta à cinq ou six mètres, posa son derrière par terre et regarda l’humain comme il l’avait fait deux jours plus tôt. Erwan était de nouveau en joie ! Il plia ses genoux pour être à hauteur du regard du félin. Il l’appela et le chat sauta en avant pour venir renifler ses poches. Il se frotta à Erwan et émit quelques faibles miaulements. Erwan ne pouvait pas être plus heureux à cet instant. Il n’avait pas prévu de nourriture cette fois-ci et voyait bien que le chat en était déçu. "Bouge pas le chat ! Je reviens !" Les derniers élèves devaient toujours être en train de manger. Erwan couru jusqu’au château, entra en trombe dans la grande salle, il examina les différents plats puis reparti les mains pleines de nourritures. À son retour, le chat n’avait pas bougé. Il gratifia l’humain d’un généreux ronronnement et avala tout ce qu’il avait pu lui ramener. Erwan passa l’après-midi à jouer avec l’animal puis, sans aucune forme de prévention, ce dernier parti vers la forêt et s’enfonça jusqu’à ce que le garçon ne puisse plus le voir. Il était tout de même rassuré, il avait créé un lien avec le rouquin et il commençait à se demander si il parviendrait à en faire son compagnon de toujours.

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Jeudi matin

Une fois n’est pas coutume, Erwan se réveilla sans aucun souvenirs des rêves qu’il avait pu faire cette nuit là. Il s’était endormi heureux, paisible et se réveillait à l’aube avec la même joie qu’il avait éprouvé la veille. Il se leva sans aucune difficultés, sans yeux qui collent, sans la moindre envie de prolonger son sommeil de quelques minutes, malgré l’heure matinale. Il était l’un des premiers élèves à gagner la grande salle pour le petit déjeuner, mais il était le seul vêtu comme un explorateur polaire. Seul quelqu’un avec une mission comme la sienne était prêt à affronter le froid matinal de décembre, les quelques autres élèves qui déjeunaient si tôt comptaient bien retourner à la chaleur de leur salle commune avant leur premier cours de la journée. Il avala ses tartines et son chocolat chaud comme l’aurait fait un troll au régime depuis deux semaines. Le petit déjeuner de roi n’était pas pour lui ce matin, c’était pour le félin ! Au menu : saucisses, œufs brouillés, tartines beurrées et un peu de lait chaud qu’Erwan avait pris soin de mettre dans un flacon qui lui ferait défaut en cours de potions.

Lorsqu’il entrouvrit la grande porte de l’espace nécessaire pour le laisser se faufiler dehors, une bourrasque glaciale le décoiffa. Il était prêt à parier qu’il était le seul élève de tout le château à s’aventurer dehors à cette heure. Alors qu’il avançait vers le lieu de rencontre désormais familier, il se demandait si quelqu’un regardait en ce moment même par la fenêtre. Il imaginait la scène vue depuis une tour du château, une tâche noire et jaune fumant de la bouche et des poches se dirigeant vers la forêt interdite... La vision lui arracha un sourire malgré le froid qui commençait à paralyser son visage. Une fois sur place, le Poufsouffle commença son habituel manège : appels, sifflements et autres bruits de bouche. Il n’eut à attendre que deux minuscules minutes avant de voir apparaître l’animal, les yeux et les oreilles aux aguets. Son comportement avait drastiquement changé un très peu de temps. Ce matin là, il se frottait contre Erwan, faisant des allers retours entre sa poche gauche et sa poche droite au rythme de ses ronronnements. Le garçon déposa les victuailles comme sur un buffet et se délecta pendant presque dix minutes du spectacle que lui donnait le chaton affamé. Si les heures et les minutes avant de retrouver le chat s’étaient écoulées le plus lentement du monde, maintenant qu’il profitait de sa présence, elles s’écoulèrent aussi vite que descend un fût de bieraubeurre aux trois balais !  « J’dois y aller petit chat... Je reviendrais ce soir d’accord ? » Le chaton fixa ses yeux sur lui. « Ou peut-être ce midi... ». Erwan maudissait son emploi du temps, il aurait volontiers donné toute sa collection de cartes de chocogrenouille pour rester toute la journée avec le chat.

S’ajoutant à sa peine, le chat commença à le suivre alors qu’il se dirigeait vers le château. Erwan s’immobilisât, ne sachant quoi faire... fallait-il qu’il le ramène dans son dortoir ? Fallait-il l’arracher à la forêt où il avait grandi ? Le chat le libéra du fardeau de son dilemme en venant se frotter contre sa jambe, puis en reprenant son chemin vers le coin de forêt d’où il était venu. Le garçon échappa un soupir... Il ne pouvait pas venir ici à chaque moment de temps libre, les choses seraient bien plus pratiques si ce chat vivait avec lui au château. Mais il n’allait tout de même pas l’attraper de force pour l’y conduire ? Le Poufsouffle rumina ses interrogations sur le futur de cette relation en trainant des pieds jusqu’au château. Il alla déposé son attirail de froid au dortoir, jetant un regard avant de sortir et se demandant si le petit chat serait heureux ici avec lui...

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Jeudi midi

Que la matinée fut longue pour le Poufsouffle ! Son double cours de potions resterait probablement celui auquel il prêta le moins d’attention de toute sa scolarité. Il n’avait qu’une seule chose en tête. Ce chat ! Rien ne pouvait le faire fuir de ses pensées. Pas même l’odeur d’un alléchant repas, il ne se rendît dans la grande salle que pour emporter un morceau de porc caramélisé avec lui. Il repassa par son dortoir pour s’équiper à nouveau contre le froid. Partout où il posait les yeux, il voyait le matou s’y installer ; sur son lit, sur sa commode, dans sa valise, sur le tapis... C’est bon ! C’était décidé. Erwan essayerait de ramener le chat avec lui cette fois-ci ! Après tout, il serait bien mieux ici, au chaud, avec un maître. Certes la vie au château n’était pas de tout repos pour les animaux, combien de fois Erwan avait-il vu des chats se courser, des boursouflets se faire un peu secouer par un chat, des rats partir en panique après avoir été sorti de leur sommeil par un bruit de pétard du Dr Flibuste... Mais ce serait tout de même bien mieux que de vivre dans la forêt interdite en plein hiver ! Si la forêt était interdite à Erwan parce que trop dangereuse, pourquoi donc ce pauvre petit chat devait y vivre lui ?

Sur le chemin vers la forêt, l’adolescent s’imaginait encore avoir un chat. Il en rêvait depuis petit. Il faudrait s’en occuper comme d’un ami, le nourrir, le soigner, le câliner... Il était prêt à tout ça, enfin si le chat le voulait aussi. Car Erwan ne se voyait pas attraper le chat pour l’emmener contre son gré ; il faudrait que l’animal le suive. Cette fois-ci, il n’eut pas besoin d’appeler pour faire venir le chaton, ce dernier l’attendait là où Erwan avait déposer le petit déjeuner. L’adolescent ne se fît pas prier et déposa à ses pieds la viande encore tiède. Le chaton la dévora en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Il était toujours un peu frêle, mais les petites attentions culinaires du Poufsouffle commençaient à se voir sur les flancs de l’animal. « Ça te dirait de venir vivre au château avec moi ? ». Le Poufsouffle se mit à rire en entendant le petit miaulement du chat. C’était probablement plus parce qu’il avait fini sa pitance que pour répondre à sa question, mais le timing était quand même adéquat. « Tu verras, tu s’ras en sécurité là-bas. Tu dormiras au chaud, t’auras à manger matin et soir, ptête même plus vu comment les Poufsouffle aiment préparer à manger. Qu’est-ce que t’en penses le chat ? Le chat... Faudrait peut-être que je te trouve un prénom si tu viens avec moi... ». Le garçon n’avait pas encore pensé à ça. Comment faisait-on pour nommer un chat ? Rien ne pressait, mais maintenant qu’Erwan s’était fait à l’idée qu’il voulait garder ce chat, ça lui semblait stupide de continuer à l’appeler Le chat. L’heure du déjeuner touchait presque à sa fin et il allait falloir retourner en cours. Si le Poufsouffle voulait ramener le chat, l’installer dans son dortoir et être à l’heure, il fallait y aller maintenant !

Il se leva, fit trois pas en direction du château puis se retourna vers le chaton. « Alors ? Tu veux venir ? Si ça te va on y va maintenant. ». Comme par miracle, le chat s’avança vers Erwan qui commençait à jubiler intérieurement. Le garçon fit quelques pas supplémentaires, mais le chaton s’arrêta. Alors Erwan s’accroupît et tendit sa main pour attirer le chat, ce dernier vînt se frotter dessus et émit quelques miaulements. « Faut vraiment qu’on y aille par contre... Je vais être en retard sinon... » Le chat s’avança de quelques foulées vers le château et Erwan lui emboîta le pas, sourire aux lèvres. Mais quelques mètres plus loin, le chat se frotta contre ses jambes, miaula et retourna vers la forêt. Ce fut un coup dur pour le garçon. Les choses se présentaient bien... Mais, malgré cet échec, il restait confiant. Le chat n’était plus du tout aussi farouche que lors de leur première rencontre. Il s’était habitué à Erwan et semblait presque près à le suivre. Il lui fallait peut-être un peu de temps, pour dire au revoir à la forêt ou quelque chose comme ça... Erwan arriva au château un peu déçu, mais confiant quant au fait qu’il ne rentrerait pas seul lors de sa prochaine tentative ! Il se dirigea vers son cours de sortilège avec une dernière idée en tête, Peut-être attendait-il juste un nom...?

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