Prélude d'une grande aventure
1er septembre —
La fumée était partout sur le quai, brouillant la vue de Margaret et cachant les autres sorciers qui pressaient autour d'elle, criant, parlant et rigolant. Ils n'étaient plus que des silhouettes indistinctes et bruyantes, qui couraient ou marchaient, traînant de grosse valises ou poussant un porte-bagage. Des hiboux hululaient, des chats miaulaient et des rats couinaient, formant un méli-mélo pas déplaisant de sons. Il était impossible pour la jeune fille de distinguer le moindre visage, mais elle s'en fichait pour l'instant. Le seul visage qui comptait, c'était celui de la grande femme à côté d'elle, aussi souriante qu'à l'ordinaire.
Grande, brune aux cheveux attachés en diverses petites nattes qui lui donnaient un air d'extraterrestre mal coiffé, les yeux et les lèvres rehaussés par un rouge vif, elle avait presque les mêmes traits que Meg, à quelques exceptions près. A son cou pendouillait une breloque représentant un scarabée doré assez gros, et toute une série de bracelets en toc s'agitaient sur ses avants-bras. Elle se nommait Millicent Hunter, et c'était la mère de Margaret. Elle tirait une lourde malle tout en agitant son autre bras tout en parlant, faisant joyeusement tinter ses bracelets.
— Tu sais, je me fiche complètement de la maison où tu vas. Tu peux bien te retrouver à Serpentard, entourée des pires sorciers qui soient, si tu t'y sens bien, c'est le principal. Vois-tu, je ne cantonne pas les gens à leur maison de Poudlard, et toi, tant que tu aimes la tienne, je serais fière de toi. Tu comprends ? Et puis, où que tu ailles, tu resteras m petite Meg chérie. Donc surtout ne t'inquiètes pas pour ça. Suis ton avenir, vas là où le Choixpeau te dira d'aller, n'essaie surtout pas de changer ton destin, et tout ira bien.
Meg hochait vaguement de la tête, ses yeux se perdant dans le brouillard. Elle sentait son regard s'humidifier au fur et à mesure que sa mère caquetait sur l'importance de ses choix, tandis que la tristesse éteignait la joie qu'elle avait ressenti juste avant, comme de l'eau éteignait un petit feu doux. Elle quittait définitivement sa vie d'avant, sa vie qu'elle adorait, cette vie qui était simplement rythmée par les histoires des personnages de fiction qu'elle lisait, cette vie qu'elle vivait avec sa mère et Pelote. Elle quittait pour un temps indéterminé sa chère petite maman, qui ne se rendait pas compte à quel point sa fille était triste, ainsi que son chat et seul ami. Elle quittait sa grand-mère, son appartement, sa chambre, Hillingdon, son enfance, comme on tourne une page qu'on a adoré d'un livre.
La jeune fille allait à Poudlard, et cela signifiait non seulement qu'elle devrait dire adieu à son enfance, mais aussi qu'elle devrait avoir plus de responsabilités. Il n'y aurait plus sa mère derrière elle pour lui dire de se laver les cheveux, de ranger sa chambre ou d'enlever une tâche de chocolat au coin de la bouche. Elle devrait se faire un planning pour ses devoirs toute seule, ranger son lit toute seule, cesser de passer sa vie à imaginer d'autres vies plus héroïques... et puis il faudrait qu'elle pense à se laver les cheveux toute seule. Mais la chose qui l'effrayait le plus dans la perspective de quitter sa mère et Hillingdon, c'était qu'elle devrait côtoyer des enfants de son âge, elle qui n'avait jamais eu de vrais amis et qui ne savait pas comment s'en faire. Comment réussirait-elle à les aborder sans paraître bizarre ? Et qu'est-ce qu'était une discussion avec un ami ?
Toutes ces questions tourbillonnaient dans la tête de Meg, lui donnant le tournis.
Sa mère s'arrêta juste devant l'entrée du train, alors que des élèves commençaient à y pénétrer en disant un dernier au revoir à leurs parents. Millicent fit se tourner sa fille, et posa ses mains sur ses épaules, plongeant son regard vert dans celui, presque identique, de Meg.
— Ma petite Meg... ça me fait drôle que tu partes. La maison va être très vide sans toi.
Margaret hocha la tête en sentant sa gorge se nouer. Elle aurait voulu dire milles choses à sa mère, mais le temps pressait.
— Moi aussi ça me fait bizarre. C'est bizarre de grandir. Tu vas me manquer, maman, beaucoup me manquer. Je sais pas ce que je vais faire sans toi.
— Tu vas faire beaucoup de choses, j'en suis sûre, souffla alors sa mère en la serrant contre elle. Seulement, sors ton petit museau de tes livres de temps en temps...
Elles éclatèrent de rire, et Meg surprit une larme perler au coin de l'oeil de sa mère. Elle sentit son coeur se serrer douloureusement dans sa poitrine, mais elle fit un effort pour sourire. Millicent enleva soudainement son collier pour lui passer autour du cou.
— Garde ça. Ça te permettra de m'avoir avec toi tout le temps, et puis les scarabées portent bonheur, il paraît. C'est ton père qui me l'avait offert...
— Merci, murmura Meg en contemplant le petit scarabée doré qui brillait à son cou. Tu feras encore un bisou à mamie et à Pelote de ma part.
Sa mère acquiesça, puis la poussa vers le train. Margaret attrapa la poignée de sa malle et monta les quelques marches qui menaient au couloir, sans se retourner. Elle ne voulait pas que sa mère voit les larmes qui roulaient sur ses joues. S'avançant d'un pas sûr, les épaules rentrées en avant, dans le couloir parmi la foule d'élèves criants et pénibles, elle jetait des coups d’œil par les hublots pour voir s'il restait un compartiment libre.
Et, en effet, il y en avait bien un où seule une fille blonde était installée sur l'une des deux banquettes. Margaret retint son souffle, effleura le pendentif doré et entra.
— Je peux m'installer ici ?
La fumée était partout sur le quai, brouillant la vue de Margaret et cachant les autres sorciers qui pressaient autour d'elle, criant, parlant et rigolant. Ils n'étaient plus que des silhouettes indistinctes et bruyantes, qui couraient ou marchaient, traînant de grosse valises ou poussant un porte-bagage. Des hiboux hululaient, des chats miaulaient et des rats couinaient, formant un méli-mélo pas déplaisant de sons. Il était impossible pour la jeune fille de distinguer le moindre visage, mais elle s'en fichait pour l'instant. Le seul visage qui comptait, c'était celui de la grande femme à côté d'elle, aussi souriante qu'à l'ordinaire.
Grande, brune aux cheveux attachés en diverses petites nattes qui lui donnaient un air d'extraterrestre mal coiffé, les yeux et les lèvres rehaussés par un rouge vif, elle avait presque les mêmes traits que Meg, à quelques exceptions près. A son cou pendouillait une breloque représentant un scarabée doré assez gros, et toute une série de bracelets en toc s'agitaient sur ses avants-bras. Elle se nommait Millicent Hunter, et c'était la mère de Margaret. Elle tirait une lourde malle tout en agitant son autre bras tout en parlant, faisant joyeusement tinter ses bracelets.
— Tu sais, je me fiche complètement de la maison où tu vas. Tu peux bien te retrouver à Serpentard, entourée des pires sorciers qui soient, si tu t'y sens bien, c'est le principal. Vois-tu, je ne cantonne pas les gens à leur maison de Poudlard, et toi, tant que tu aimes la tienne, je serais fière de toi. Tu comprends ? Et puis, où que tu ailles, tu resteras m petite Meg chérie. Donc surtout ne t'inquiètes pas pour ça. Suis ton avenir, vas là où le Choixpeau te dira d'aller, n'essaie surtout pas de changer ton destin, et tout ira bien.
Meg hochait vaguement de la tête, ses yeux se perdant dans le brouillard. Elle sentait son regard s'humidifier au fur et à mesure que sa mère caquetait sur l'importance de ses choix, tandis que la tristesse éteignait la joie qu'elle avait ressenti juste avant, comme de l'eau éteignait un petit feu doux. Elle quittait définitivement sa vie d'avant, sa vie qu'elle adorait, cette vie qui était simplement rythmée par les histoires des personnages de fiction qu'elle lisait, cette vie qu'elle vivait avec sa mère et Pelote. Elle quittait pour un temps indéterminé sa chère petite maman, qui ne se rendait pas compte à quel point sa fille était triste, ainsi que son chat et seul ami. Elle quittait sa grand-mère, son appartement, sa chambre, Hillingdon, son enfance, comme on tourne une page qu'on a adoré d'un livre.
La jeune fille allait à Poudlard, et cela signifiait non seulement qu'elle devrait dire adieu à son enfance, mais aussi qu'elle devrait avoir plus de responsabilités. Il n'y aurait plus sa mère derrière elle pour lui dire de se laver les cheveux, de ranger sa chambre ou d'enlever une tâche de chocolat au coin de la bouche. Elle devrait se faire un planning pour ses devoirs toute seule, ranger son lit toute seule, cesser de passer sa vie à imaginer d'autres vies plus héroïques... et puis il faudrait qu'elle pense à se laver les cheveux toute seule. Mais la chose qui l'effrayait le plus dans la perspective de quitter sa mère et Hillingdon, c'était qu'elle devrait côtoyer des enfants de son âge, elle qui n'avait jamais eu de vrais amis et qui ne savait pas comment s'en faire. Comment réussirait-elle à les aborder sans paraître bizarre ? Et qu'est-ce qu'était une discussion avec un ami ?
Toutes ces questions tourbillonnaient dans la tête de Meg, lui donnant le tournis.
Sa mère s'arrêta juste devant l'entrée du train, alors que des élèves commençaient à y pénétrer en disant un dernier au revoir à leurs parents. Millicent fit se tourner sa fille, et posa ses mains sur ses épaules, plongeant son regard vert dans celui, presque identique, de Meg.
— Ma petite Meg... ça me fait drôle que tu partes. La maison va être très vide sans toi.
Margaret hocha la tête en sentant sa gorge se nouer. Elle aurait voulu dire milles choses à sa mère, mais le temps pressait.
— Moi aussi ça me fait bizarre. C'est bizarre de grandir. Tu vas me manquer, maman, beaucoup me manquer. Je sais pas ce que je vais faire sans toi.
— Tu vas faire beaucoup de choses, j'en suis sûre, souffla alors sa mère en la serrant contre elle. Seulement, sors ton petit museau de tes livres de temps en temps...
Elles éclatèrent de rire, et Meg surprit une larme perler au coin de l'oeil de sa mère. Elle sentit son coeur se serrer douloureusement dans sa poitrine, mais elle fit un effort pour sourire. Millicent enleva soudainement son collier pour lui passer autour du cou.
— Garde ça. Ça te permettra de m'avoir avec toi tout le temps, et puis les scarabées portent bonheur, il paraît. C'est ton père qui me l'avait offert...
— Merci, murmura Meg en contemplant le petit scarabée doré qui brillait à son cou. Tu feras encore un bisou à mamie et à Pelote de ma part.
Sa mère acquiesça, puis la poussa vers le train. Margaret attrapa la poignée de sa malle et monta les quelques marches qui menaient au couloir, sans se retourner. Elle ne voulait pas que sa mère voit les larmes qui roulaient sur ses joues. S'avançant d'un pas sûr, les épaules rentrées en avant, dans le couloir parmi la foule d'élèves criants et pénibles, elle jetait des coups d’œil par les hublots pour voir s'il restait un compartiment libre.
Et, en effet, il y en avait bien un où seule une fille blonde était installée sur l'une des deux banquettes. Margaret retint son souffle, effleura le pendentif doré et entra.
— Je peux m'installer ici ?
@Anastasia Lange
“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily
Prélude d'une grande aventure
Ca y était. Elle y était. Le premier jour de sa nouvelle vie. Le premier jour de la nouvelle aventure. Anya essuya ses larmes, vainement, son regard fixé vers l'endroit où elle avait aperçu sa famille pour la dernière fois.
Elle pleurait de tristesse parce qu'elle les quittait. Ded -grand-père en russe- et babushka -grand-mère en russe-. Et sa mère. Et papy Jake et Mamie 'Gail. Elle ne les avait jamais quitté. Jamais elle n'avait été loin des uns sans être proches des autres. Et là, elle les quittait tous, d'un seul coup et pour toujours. Non, pas pour toujours, seulement jusqu'à Noël. Mais "jusqu'à Noël" avait des allures d'éternité. Elle ne mangerait pas les bons petits plats de ses grands-parents, elle ne pourrait plus essayer d'esquiver le fléreur de ses parents en volant sur son balais trop petit. Adieu sa chambre et ses gadgets, qu'elle avait pourtant essayé d'emmener en cachette mais sa mère l'avait grillée et, de toute manière, sa valise était trop petite pour accueillir sa boite à musique, ses baguettes farceuses, son jeu d'échec magique -ou plutôt celui de son père qu'il lui avait laissé- de l'encre invisible, ses bavboules... et de multiples objets magiques pour s'amuser. Le pire était, cependant, sans doute, de plus avoir personne à qui se confier.
Elle pleurait de tristesse mais aussi de colère parce que son père n'était pas là non plus. Elle était au courant qu'il ne serait pas là. Tous les deux s'étaient dit au revoir, sans savoir quand ils se reverraient, trois mois auparavant. Anya avait pleuré toutes les larmes de son corps en le suppliant de venir avec elle, puis avait tenté de négocier pour qu'il vienne avant son départ pour Poudlard. Son père avait finit par dire à demi-mots qu'il essayerait de voir si c'était possible mais qu'il y avait peu de chance. Cela avait suffit pour qu'Anya prenne le portoloin, car elle avait bien comprit qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Mais même si on lui avait dit et répété qu'il ne serait pas là, elle était effondrée de son absence car jusqu'à la dernière minute, elle avait espéré qu'il arrive pour l'embrasser avant qu'elle monte dans le train.
Il ne restait cependant, plus de larmes capricieuses. Celles qui coulaient inutilement parce qu'elle avait espérer sottement ne pas avoir à partir ou que l'un d'eux ait soudainement la géniale idée de monter dans le train avec elle et de l'accompagner jusqu'à Poudlard. Mais aucun d'eux n’avaient émis cette suggestion et ses larmes avaient continuer de couler encore un moment, passant d'une étreinte à l'autre entre ses grands-parents qui l'embrassaient, lui caressaient les cheveux et lui murmuraient des mots de réconforts, lui permettant de deviner qui était qui par un parfum, la fermeté d'un geste et le ton d'une voix. Ded lui avait conseillé de ne pas se laisser marcher sur les pieds alors babushka lui avait dit de se faire plein d'amis. Mamie 'Gail lui avait recommandé de manger correctement et papy Jake lui avait rappelé sa promesse de lui offrir un balais si elle rentrait dans l'équipe de Quidditch de sa maison. Quant à sa mère, elle lui avait demandé de prendre soin d'elle et de bien travailler. Quant à la recommandation de son père, Anya la connaissait déjà, il la lui avait dit pendant son séjour à Moscou : ne pas fraterniser avec les moldus. Pourquoi lui avait-il demander de ne pas répéter ce conseil à ses grands-parents ou à sa mère ? Anya n'en savait rien, mais elle avait promis. Elle devait les éviter, mais ne pas être désagréable, être toujours cordiale avec tout le monde. Elle ne savait pas non plus pourquoi, mais son père avait eu l'air tellement grave, qu'Anya n'avait rien objecté, pour une fois. Elle supposait que ça avait un lien avec le ministère mais sans comprendre l'intérêt vu qu'elle allait à Poudlard.
Une dernière embrassade, un dernier mot, un dernier sourire puis un dernier geste et la dernière larme fut effacée. Les yeux rouges, elle était monté dans le train, prenant place dans un compartiment désert, laissant tomber sa valide entre les deux banquettes pour se précipiter à la fenêtre et dire au revoir de la main à ses grands-parents et sa mère rester sur le quai, ravalant les larmes qui menaçaient de reprendre leur sinistre chute sur ses joues. Au milieu d'inconnues, de cris, de gestes, Anya les suivit du regard aussi longtemps qu'elle le put avant de prendre conscience de l'extrême solitude dans laquelle elle se trouvait. Reniflant, elle avait hissé sa valise en hauteur, sur les filets et supports prévus à cet effet, puis elle s'était laissée aller contre la vitre, essuyant les larmes d'un geste rageur qui faisaient inopinément leurs apparitions.
Elle était assise depuis à peine deux minutes quand la porte du compartiment s'ouvrit. Anya s'y attendait. Vu le nombre d'élèves qui allaient à Poudlard, il était impossible d'un seul compartiment soit désert ou seulement occupé par une personne. Normalement, elle aurait dû être ravie. Après tout, n'était-ce pas une nouvelle aventure ? L'occasion de nouer avec quelqu'un. Mais elle sentait encore plus vivement l'absence de sa famille et ce désagréable sentiment de solitude lui étreignait le coeur. La voix de la jeune fille mêlait douceur, hésitation et politesse. Anya avait l'impression qu'elle était prête à partir si elle le lui demandait. Tournant la tête vers elle, ses yeux rouges, elle croisa le regard de sa future camarade qui semblait avoir pleurer elle aussi.
Le sentiment de solitude s'envola. Elle avait le sentiment de partager le même chagrin qu'elle et elle se sentit solidaire de sa peine. Elle n'était pas seule. Alors, au lieu de prétendre que les places étaient occupées, Anya opina de la tête.
- Oui, vas-y, je t'en prie. Tu veux que je t'aide à mettre ta valise en hauteur ?
Sans attendre sa réponse, Anastasia s'était déjà levée pour l'aider. Si sa camarade ressentait un quart de la solitude qui l'avait saisit, elle se devait au moins de faire cela. Entre pleureuses, elles devaient se soutenir. Après tout, c'était réellement une nouvelle aventure. Elle n'avait pas ses grands-parents à qui parler, mais elle aurait d'autres gens. Et pourquoi pas celle qui venait de rentrer dans sa cabine ? Courageusement, Anya lui sourit, décidant d'oublier ses yeux rouges et sa peine. Elle était plus forte que ça.
Elle pleurait de tristesse parce qu'elle les quittait. Ded -grand-père en russe- et babushka -grand-mère en russe-. Et sa mère. Et papy Jake et Mamie 'Gail. Elle ne les avait jamais quitté. Jamais elle n'avait été loin des uns sans être proches des autres. Et là, elle les quittait tous, d'un seul coup et pour toujours. Non, pas pour toujours, seulement jusqu'à Noël. Mais "jusqu'à Noël" avait des allures d'éternité. Elle ne mangerait pas les bons petits plats de ses grands-parents, elle ne pourrait plus essayer d'esquiver le fléreur de ses parents en volant sur son balais trop petit. Adieu sa chambre et ses gadgets, qu'elle avait pourtant essayé d'emmener en cachette mais sa mère l'avait grillée et, de toute manière, sa valise était trop petite pour accueillir sa boite à musique, ses baguettes farceuses, son jeu d'échec magique -ou plutôt celui de son père qu'il lui avait laissé- de l'encre invisible, ses bavboules... et de multiples objets magiques pour s'amuser. Le pire était, cependant, sans doute, de plus avoir personne à qui se confier.
Elle pleurait de tristesse mais aussi de colère parce que son père n'était pas là non plus. Elle était au courant qu'il ne serait pas là. Tous les deux s'étaient dit au revoir, sans savoir quand ils se reverraient, trois mois auparavant. Anya avait pleuré toutes les larmes de son corps en le suppliant de venir avec elle, puis avait tenté de négocier pour qu'il vienne avant son départ pour Poudlard. Son père avait finit par dire à demi-mots qu'il essayerait de voir si c'était possible mais qu'il y avait peu de chance. Cela avait suffit pour qu'Anya prenne le portoloin, car elle avait bien comprit qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Mais même si on lui avait dit et répété qu'il ne serait pas là, elle était effondrée de son absence car jusqu'à la dernière minute, elle avait espéré qu'il arrive pour l'embrasser avant qu'elle monte dans le train.
Il ne restait cependant, plus de larmes capricieuses. Celles qui coulaient inutilement parce qu'elle avait espérer sottement ne pas avoir à partir ou que l'un d'eux ait soudainement la géniale idée de monter dans le train avec elle et de l'accompagner jusqu'à Poudlard. Mais aucun d'eux n’avaient émis cette suggestion et ses larmes avaient continuer de couler encore un moment, passant d'une étreinte à l'autre entre ses grands-parents qui l'embrassaient, lui caressaient les cheveux et lui murmuraient des mots de réconforts, lui permettant de deviner qui était qui par un parfum, la fermeté d'un geste et le ton d'une voix. Ded lui avait conseillé de ne pas se laisser marcher sur les pieds alors babushka lui avait dit de se faire plein d'amis. Mamie 'Gail lui avait recommandé de manger correctement et papy Jake lui avait rappelé sa promesse de lui offrir un balais si elle rentrait dans l'équipe de Quidditch de sa maison. Quant à sa mère, elle lui avait demandé de prendre soin d'elle et de bien travailler. Quant à la recommandation de son père, Anya la connaissait déjà, il la lui avait dit pendant son séjour à Moscou : ne pas fraterniser avec les moldus. Pourquoi lui avait-il demander de ne pas répéter ce conseil à ses grands-parents ou à sa mère ? Anya n'en savait rien, mais elle avait promis. Elle devait les éviter, mais ne pas être désagréable, être toujours cordiale avec tout le monde. Elle ne savait pas non plus pourquoi, mais son père avait eu l'air tellement grave, qu'Anya n'avait rien objecté, pour une fois. Elle supposait que ça avait un lien avec le ministère mais sans comprendre l'intérêt vu qu'elle allait à Poudlard.
Une dernière embrassade, un dernier mot, un dernier sourire puis un dernier geste et la dernière larme fut effacée. Les yeux rouges, elle était monté dans le train, prenant place dans un compartiment désert, laissant tomber sa valide entre les deux banquettes pour se précipiter à la fenêtre et dire au revoir de la main à ses grands-parents et sa mère rester sur le quai, ravalant les larmes qui menaçaient de reprendre leur sinistre chute sur ses joues. Au milieu d'inconnues, de cris, de gestes, Anya les suivit du regard aussi longtemps qu'elle le put avant de prendre conscience de l'extrême solitude dans laquelle elle se trouvait. Reniflant, elle avait hissé sa valise en hauteur, sur les filets et supports prévus à cet effet, puis elle s'était laissée aller contre la vitre, essuyant les larmes d'un geste rageur qui faisaient inopinément leurs apparitions.
Elle était assise depuis à peine deux minutes quand la porte du compartiment s'ouvrit. Anya s'y attendait. Vu le nombre d'élèves qui allaient à Poudlard, il était impossible d'un seul compartiment soit désert ou seulement occupé par une personne. Normalement, elle aurait dû être ravie. Après tout, n'était-ce pas une nouvelle aventure ? L'occasion de nouer avec quelqu'un. Mais elle sentait encore plus vivement l'absence de sa famille et ce désagréable sentiment de solitude lui étreignait le coeur. La voix de la jeune fille mêlait douceur, hésitation et politesse. Anya avait l'impression qu'elle était prête à partir si elle le lui demandait. Tournant la tête vers elle, ses yeux rouges, elle croisa le regard de sa future camarade qui semblait avoir pleurer elle aussi.
Le sentiment de solitude s'envola. Elle avait le sentiment de partager le même chagrin qu'elle et elle se sentit solidaire de sa peine. Elle n'était pas seule. Alors, au lieu de prétendre que les places étaient occupées, Anya opina de la tête.
- Oui, vas-y, je t'en prie. Tu veux que je t'aide à mettre ta valise en hauteur ?
Sans attendre sa réponse, Anastasia s'était déjà levée pour l'aider. Si sa camarade ressentait un quart de la solitude qui l'avait saisit, elle se devait au moins de faire cela. Entre pleureuses, elles devaient se soutenir. Après tout, c'était réellement une nouvelle aventure. Elle n'avait pas ses grands-parents à qui parler, mais elle aurait d'autres gens. Et pourquoi pas celle qui venait de rentrer dans sa cabine ? Courageusement, Anya lui sourit, décidant d'oublier ses yeux rouges et sa peine. Elle était plus forte que ça.
Il faut viser la lune, car même en cas d'échec, j’atterrirais dans les étoiles - Oscar Wilde
Prélude d'une grande aventure
La fille qui occupait déjà le compartiment était blonde, dotée d'yeux bleus qui semblaient avoir pleurer. Ils étaient rouge et encore humide, comme si elle s'était arrêté de pleurer quelques secondes avant l'arrivée de Meg. Cette dernière se mordit la langue, embêtée d'avoir ainsi interrompu une séance de larmes. Peut-être que cette fille voulait être toute seule ? Margaret passa une main gênée sur ses propres yeux, encore eux aussi humides des larmes qu'elle avait versé quelques instants auparavant. Apparemment, elle n'était pas la seule à être triste de quitter ses parents, sa maison pour aller à Poudlard, un endroit inconnu où elle ne connaissait personne hormis elle-même. Cela réchauffa un peu le cœur larmoyant de la jeune fille, même si la culpabilité d'arriver alors que l'autre fille pleurait l'embêtait.
Mais, à sa grande surprise et sa grande joie, la blonde se leva pour la rejoindre et lui dit même :
— Oui, vas-y, je t'en prie. Tu veux que je t'aide à mettre ta valise en hauteur ?
Margaret lui adressa un sourire rayonnant, ne s'attendant pas à autant de gentillesse dès le début. Et si... et si tout le monde était comme ça ? Et si elle pouvait se faire vraiment des amis rapidement ? C'était possible, la jeune fille en avait la certitude, mais il ne fallait pas qu'elle gâche tout...
— Oh, je veux bien, merci. Elle est un peu lourde, je crois que j'ai pris trop d'affaires !
Elle éclata d'un petit rire nerveux, tandis qu'elle traînait avec l'aide de la fille sa grosse malle remplie de tout un tas d'objets et de vêtements qu'elle n'avait pas pris le temps de plier correctement - si sa grand-mère le savait, songea tristement Meg, elle l'aurait grondé avec son petit sourire complice comme elle aimait le faire. Bandant ses muscles, elle souleva lentement la valise pour la déposer sur le filet à bagages, à côté de celle, plus petite, de sa camarade de compartiment. Heureusement que celle-ci était là, parce qu'elle serait pas parvenue à soulever tant de kilos !
— Merci, souffla-t-elle quand la tâche fut terminée.
Meg s'avachit sur l'une des deux banquettes, celle en face de la fille, et regarda alors la fenêtre par laquelle on voyait une bonne partie du quai. Le train n'était pas encore parti, et la jeune fille pouvait encore apercevoir la tenue flamboyante et la choucroute imposante qui dépassait d'entre les têtes des autres sorciers. Elle croisa le regard vert émeraude de sa mère, le temps qu'elle fasse un dernier coucou enjoué. Elle se retint de pleurer en songeant qu'elle allait à Poudlard, dans la meilleure école de sorcellerie, et que la fille blonde ne voulait pas subir les pleurs d'une inconnue. Et puis... elle reverrait sa petite maman dans quelques mois, à Noël, ce n'était pas si long.
Se détournant de la fenêtre alors que le train commençait à avancer lentement, elle adressa un nouveau sourire à la blonde en lui demandant avec douceur :
— Toi aussi, t'es triste de quitter tes parents ?
Meg poussa un soupir et se laissa tomber au fond de la banquette.
Mais, à sa grande surprise et sa grande joie, la blonde se leva pour la rejoindre et lui dit même :
— Oui, vas-y, je t'en prie. Tu veux que je t'aide à mettre ta valise en hauteur ?
Margaret lui adressa un sourire rayonnant, ne s'attendant pas à autant de gentillesse dès le début. Et si... et si tout le monde était comme ça ? Et si elle pouvait se faire vraiment des amis rapidement ? C'était possible, la jeune fille en avait la certitude, mais il ne fallait pas qu'elle gâche tout...
— Oh, je veux bien, merci. Elle est un peu lourde, je crois que j'ai pris trop d'affaires !
Elle éclata d'un petit rire nerveux, tandis qu'elle traînait avec l'aide de la fille sa grosse malle remplie de tout un tas d'objets et de vêtements qu'elle n'avait pas pris le temps de plier correctement - si sa grand-mère le savait, songea tristement Meg, elle l'aurait grondé avec son petit sourire complice comme elle aimait le faire. Bandant ses muscles, elle souleva lentement la valise pour la déposer sur le filet à bagages, à côté de celle, plus petite, de sa camarade de compartiment. Heureusement que celle-ci était là, parce qu'elle serait pas parvenue à soulever tant de kilos !
— Merci, souffla-t-elle quand la tâche fut terminée.
Meg s'avachit sur l'une des deux banquettes, celle en face de la fille, et regarda alors la fenêtre par laquelle on voyait une bonne partie du quai. Le train n'était pas encore parti, et la jeune fille pouvait encore apercevoir la tenue flamboyante et la choucroute imposante qui dépassait d'entre les têtes des autres sorciers. Elle croisa le regard vert émeraude de sa mère, le temps qu'elle fasse un dernier coucou enjoué. Elle se retint de pleurer en songeant qu'elle allait à Poudlard, dans la meilleure école de sorcellerie, et que la fille blonde ne voulait pas subir les pleurs d'une inconnue. Et puis... elle reverrait sa petite maman dans quelques mois, à Noël, ce n'était pas si long.
Se détournant de la fenêtre alors que le train commençait à avancer lentement, elle adressa un nouveau sourire à la blonde en lui demandant avec douceur :
— Toi aussi, t'es triste de quitter tes parents ?
Meg poussa un soupir et se laissa tomber au fond de la banquette.
“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily
Prélude d'une grande aventure
Le sourire que lui renvoya sa nouvelle camarade encouragea Anastasia dans ses nouvelles résolutions. Elle avait bien fait de prendre sur elle ! Ni une ni deux, la Lange se glissa aux côtés de sa future camarade pour l'aider à porter sa valise. Une valise particulièrement lourde qui nécessita de s'aider de ses genoux, avant de réussir à la soulever au niveau du torse puis au-dessus de la tête. Le fait d'être à deux leur évita que la valise les déséquilibre et que tout tombe, mais Anya n'en fut pas moins soulagée quand la valise se retrouva bien rangée sur le filet à bagages. Soufflant un bon coup, elle se laissa tomber sur son siège tandis que la jeune fille s'asseyait en face. Souriante, elle lâcha :
- Oui, il y a peut-être un peu trop d'affaires haha !
Son regard se fondit de nouveau dans la foule des sorciers sur le quai alors que le train se mettait brusquement en marche avant qu'un doux roulis fassent défiler lentement les visages d'inconnus devant les vitres. Malgré ses recherches visuelles, Anya ne voyait plus personne de familier sur le quai. Plus de ded, plus de babushka, plus de mamie 'Gail, plus de papy Jake, plus de maman et toujours pas de papa. Interrompue dans ses vaines fouilles, Anastasia reporta son attention sur sa compagne de compartiment. Etait-elle triste ? Le mot était faible. Mais la fillette haussa les épaules, un sourire forcé sur les lèvres. Elle était incapable de faire mieux car elle avait encore l'impression qu'elle allait de nouveau fondre en larmes. Consciente de son aspect pathétique, elle tenta de prendre sur elle pour répondre à la question :
-Oui...
Anya détourna les yeux vers les visages qui défilaient devant leurs fenêtres. Silhouettes succédaient aux silhouettes, de moins en moins discernables jusqu'à la grande rupture où la foule laissa place au néant et à la solitude. Ca y est, ils étaient partis.
Assise sur sa banquette, Anya gardait le regard obstinément sur la fenêtre. Ses yeux lui piquaient.
- Oui, il y a peut-être un peu trop d'affaires haha !
Son regard se fondit de nouveau dans la foule des sorciers sur le quai alors que le train se mettait brusquement en marche avant qu'un doux roulis fassent défiler lentement les visages d'inconnus devant les vitres. Malgré ses recherches visuelles, Anya ne voyait plus personne de familier sur le quai. Plus de ded, plus de babushka, plus de mamie 'Gail, plus de papy Jake, plus de maman et toujours pas de papa. Interrompue dans ses vaines fouilles, Anastasia reporta son attention sur sa compagne de compartiment. Etait-elle triste ? Le mot était faible. Mais la fillette haussa les épaules, un sourire forcé sur les lèvres. Elle était incapable de faire mieux car elle avait encore l'impression qu'elle allait de nouveau fondre en larmes. Consciente de son aspect pathétique, elle tenta de prendre sur elle pour répondre à la question :
-Oui...
Anya détourna les yeux vers les visages qui défilaient devant leurs fenêtres. Silhouettes succédaient aux silhouettes, de moins en moins discernables jusqu'à la grande rupture où la foule laissa place au néant et à la solitude. Ca y est, ils étaient partis.
Assise sur sa banquette, Anya gardait le regard obstinément sur la fenêtre. Ses yeux lui piquaient.
Il faut viser la lune, car même en cas d'échec, j’atterrirais dans les étoiles - Oscar Wilde
Prélude d'une grande aventure
Margaret sut immédiatement qu'elle n'aurait jamais dut lui poser cette question idiote. Bien entendu que cette fille était morte de tristesse de quitter ses parents, tout comme elle ! Alors pourquoi devait-elle toujours tout gâcher ? La brunette poussa un nouveau soupir à fendre l'âme. C'était à cause de son manque d'expérience en matière de relations humaines qu'elle faisait des gaffes pareilles. Si elle avait su, elle aurait parlé à la blonde du temps qu'il faisait, de Poudlard, de chocogrenouilles, de vêtements, de livres, de tout un tas de sujets plus appropriés et moins triste que celui qu'elle venait d'aborder. Et pourtant elle avait mis les deux pieds dans le plat. Tout ceci commençait très mal.
Sa mère lui avait conseillé, ce matin-même, d'être naturelle, gentille et polie pour se faire des amis. Mais à cause de la tension que la jeune fille ressentait dans tout son corps et de la tristesse logée dans sa poitrine qui l'étouffait, c'était difficile pour elle d'être naturelle et gentille. Sa mère, devant ce renoncement, l'aurait réprimandée et lui aurait sortit son habituel "sois plus sûre de toi, Meg, fais-toi confiance par Merlin !" qu'elle disait chaque fois que sa fille exprimait une hésitation ou un doute sur elle-même. Comme défense, Meg songea que la fille non plus ne semblait pas vouloir sourire ni même parler.
— Désolée... marmonna-t-elle. Moi aussi ce départ me perturbe beaucoup.
Margaret se mit à inspecter le compartiment dans lequel elles se trouvaient, à la fois par curiosité car elle n'était pas souvent monté dans un train magique - jamais, même - mais aussi pour éviter de croiser le regard de la blonde et que celle-ci aperçoive les larmes qui pendaient à ses cils. La petite pièce était simple ; il y avait les deux banquettes cramoisies un peu râpées où étaient respectivement assises les deux petites filles, le filet à bagages au-dessus de la fenêtre, qui donnait sur la ville d'où sortait le train. Rien d'autre ne la meublait, et le tour du compartiment fut bien trop vite terminé. Le regard de Meg s'attarda quelques secondes sur le visage de la blonde. Celle-ci semblait si malheureuse, si triste, que la jeune fille voulait l'aider.
Car la seule façon pour Meg d'oublier sa propre tristesse et son propre déchirement, c'était de s'occuper des problèmes des autres. Alors c'est ce qu'elle allait faire.
— Tu sais... je sais pas comment tu t'appelles, mais je suis sûre qu'on peut bien s'entendre. Tu es triste de quitter ta famille, et moi c'est pareil. Et je pense qu'en se divertissant comme on peut, et en se parlant, on peut devenir amie et oublier notre tristesse. Parce qu'on va quand même à Poudlard et, même si je préfèrerais rester chez moi avec ma maman, c'est cool quand même. Tu ne crois pas ?
Elle ne savait pas si sa mère approuverait cette tirade assez franche, mal dite et un peu maladroite, mais c'est tout ce qui lui passait par la tête et elle avait été naturelle, gentille et polie. C'était le principal.
Sa mère lui avait conseillé, ce matin-même, d'être naturelle, gentille et polie pour se faire des amis. Mais à cause de la tension que la jeune fille ressentait dans tout son corps et de la tristesse logée dans sa poitrine qui l'étouffait, c'était difficile pour elle d'être naturelle et gentille. Sa mère, devant ce renoncement, l'aurait réprimandée et lui aurait sortit son habituel "sois plus sûre de toi, Meg, fais-toi confiance par Merlin !" qu'elle disait chaque fois que sa fille exprimait une hésitation ou un doute sur elle-même. Comme défense, Meg songea que la fille non plus ne semblait pas vouloir sourire ni même parler.
— Désolée... marmonna-t-elle. Moi aussi ce départ me perturbe beaucoup.
Margaret se mit à inspecter le compartiment dans lequel elles se trouvaient, à la fois par curiosité car elle n'était pas souvent monté dans un train magique - jamais, même - mais aussi pour éviter de croiser le regard de la blonde et que celle-ci aperçoive les larmes qui pendaient à ses cils. La petite pièce était simple ; il y avait les deux banquettes cramoisies un peu râpées où étaient respectivement assises les deux petites filles, le filet à bagages au-dessus de la fenêtre, qui donnait sur la ville d'où sortait le train. Rien d'autre ne la meublait, et le tour du compartiment fut bien trop vite terminé. Le regard de Meg s'attarda quelques secondes sur le visage de la blonde. Celle-ci semblait si malheureuse, si triste, que la jeune fille voulait l'aider.
Car la seule façon pour Meg d'oublier sa propre tristesse et son propre déchirement, c'était de s'occuper des problèmes des autres. Alors c'est ce qu'elle allait faire.
— Tu sais... je sais pas comment tu t'appelles, mais je suis sûre qu'on peut bien s'entendre. Tu es triste de quitter ta famille, et moi c'est pareil. Et je pense qu'en se divertissant comme on peut, et en se parlant, on peut devenir amie et oublier notre tristesse. Parce qu'on va quand même à Poudlard et, même si je préfèrerais rester chez moi avec ma maman, c'est cool quand même. Tu ne crois pas ?
Elle ne savait pas si sa mère approuverait cette tirade assez franche, mal dite et un peu maladroite, mais c'est tout ce qui lui passait par la tête et elle avait été naturelle, gentille et polie. C'était le principal.
“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily
Prélude d'une grande aventure
Sa camarade était désolée, mais pas autant qu'Anya qui ne cessait de combattre ses larmes. Elle valait mieux que ça tout de même ! Elle n'allait pas lui donner une image pathétique alors qu'elle venait à peine de partir pour Poudlard. A elle aussi le départ pour Poudlard lui avait fait du mal, elle devait tenir à sa famille comme Anya à la sienne. Pas rancunière, la Lange se contenta de hausser les épaules. Elle n'en voulait pas à sa camarade, seulement à elle-même de ne pas réussir à ravaler ses larmes. D'un geste qui se voulait discret, elle appuya sur l'arrête de son nez comme pour anéantir le point de départ de ses larmes qui se faisaient menaçantes. Il lui fallait juste quelques minutes pour oublier qu'elle ne verrait plus sa mère, ni aucun de ses grands-parents pendant trois mois. Pour oublier que n'importe où, où elle posait son regard, l'absence de ses proches lui serraient le coeur. Déglutissant, et retirant la main de son nez alors que ses larmes refluaient, pour regarder la jeune fille qui essayait de lui parler de nouveau. A ses premiers mots, Anya se sentit contrite. Il était vrai qu'elle avait oubliée la politesse la plus élémentaire : se présenter. En l'écoutant dérouler sa tirade, Anya observa plus attentivement son interlocutrice. Elle ne semblait pas très sûre d'elle, mais elle avait l'air profondément sincère. Touchée, Anastasia lui sourit. Un sourire légèrement forcée, légèrement sincère, un peu triste et un peu rassuré.
- C'est vrai que ça va être une sacrée aventure Poudlard. C'est juste que j'aurais aimé la vivre avec ma famille. Ca va pas être facile sans eux... Je m'appelle Anastasia, au fait. Anastasia Lange. Et toi ?
Malgré sa tristesse, Anya était d'accord avec les propos de sa camarade. Chacune dans sa tristesse, elles ne feraient que pleurer indéfiniment et ça n'avait pas le moindre intérêt. A deux, elles pourraient se changer les idées et apprendre à se connaitre, ce qui était quand même nettement plus séduisant comme programme !
- C'est vrai que ça va être une sacrée aventure Poudlard. C'est juste que j'aurais aimé la vivre avec ma famille. Ca va pas être facile sans eux... Je m'appelle Anastasia, au fait. Anastasia Lange. Et toi ?
Malgré sa tristesse, Anya était d'accord avec les propos de sa camarade. Chacune dans sa tristesse, elles ne feraient que pleurer indéfiniment et ça n'avait pas le moindre intérêt. A deux, elles pourraient se changer les idées et apprendre à se connaitre, ce qui était quand même nettement plus séduisant comme programme !
Il faut viser la lune, car même en cas d'échec, j’atterrirais dans les étoiles - Oscar Wilde
Prélude d'une grande aventure
Meg sentit son corps se tendre, attendant la réponse de la blonde. Elle espérait ne pas avoir fait de faux pas, de gaffes ou de choses qui attristeraient davantage sa camarade. Et surtout, elle voulait que celle-ci cache ces yeux rouges et malheureux qui donnaient à la brunette une envie encore plus forte de pleurer - à la fois pour elle, mais aussi pour l'autre fille qui lui faisait de la peine. Et surtout, que l'autre ne pleure pas ! Sinon elle-même serait incapable de retenir ses larmes.
Au bout d'un instant qui lui sembla une éternité, la blonde finit par lui sourire et lui dire :
— C'est vrai que ça va être une sacrée aventure Poudlard. C'est juste que j'aurais aimé la vivre avec ma famille. Ca va pas être facile sans eux... Je m'appelle Anastasia, au fait. Anastasia Lange. Et toi ?
Margaret esquissa un sourire mi-fier mi-compatissant. Sa première mission était validée et, malgré la tristesse qu'elle ressentait depuis que ses pieds avaient quittés le quai, elle s'en sentait heureuse. Elle avait réussi à faire sourire et parler sa camarade, à lancer une discussion avec une fille de son âge sans enchaîner les maladresses. Le plus dur était fait, mais il restait beaucoup de choses sur lesquelles Meg doutait : serait-elle capable de continuer à discuter ou se renfermerait-elle sur elle-même comme elle le craignait ? Ne ferait-elle pas une bourde qui les ferait éclater en sanglots, elle ou sa camarade ? Incertaine, la jeune fille ne laissa pourtant rien paraître et répondit :
— Je suis d'accord avec toi. Si tu veux savoir, je suis tellement pas débrouillarde que j'ai peur d'oublier de me laver les cheveux. Ma mère va être obligée de m'envoyer un hibou tous les jours...
Elle soupira, consternée. Les anecdotes capillaires de Margaret ne devaient probablement pas intéresser la blonde, Anastasia, et ce n'était pas en parlant de Millicent qu'elle arriverait à l'oublier. Mais c'était plus fort qu'elle : ses pensées revenaient sans cesse à sa mère, encore et toujours, et sa tristesse l'envahissait dès qu'elle revoyait le splendide sourire de celle-ci. Oh oui, elle lui manquerait énormément. N'étant ni débrouillarde ni courageuse, elle avait toujours eu besoin de son aide. Alors, malgré ses onze ans tout neufs, serait-elle capable de s'occuper toute seule ? Ne serait-elle pas laissée à l'abandon comme une gamine irresponsable ? C'était cela aussi qui l'inquiétait énormément.
— Enchantée de faire ta connaissance, Anastasia. Moi c'est Meg. Enfin je m'appelle Margaret Hunter, mais je préfère qu'on m'appelle Meg.
La dernière fois qu'elle s'était présentée avec son surnom à quelqu'un de son âge, ça n'avait pas posé de problèmes. Cette fois-ci non plus, elle espérait.
— Et même si je suis triste, je suis aussi contente d'aller à Poudlard, murmura-t-elle d'une voix songeuse. Il paraît que ce sont les meilleures années de la vie.
Au bout d'un instant qui lui sembla une éternité, la blonde finit par lui sourire et lui dire :
— C'est vrai que ça va être une sacrée aventure Poudlard. C'est juste que j'aurais aimé la vivre avec ma famille. Ca va pas être facile sans eux... Je m'appelle Anastasia, au fait. Anastasia Lange. Et toi ?
Margaret esquissa un sourire mi-fier mi-compatissant. Sa première mission était validée et, malgré la tristesse qu'elle ressentait depuis que ses pieds avaient quittés le quai, elle s'en sentait heureuse. Elle avait réussi à faire sourire et parler sa camarade, à lancer une discussion avec une fille de son âge sans enchaîner les maladresses. Le plus dur était fait, mais il restait beaucoup de choses sur lesquelles Meg doutait : serait-elle capable de continuer à discuter ou se renfermerait-elle sur elle-même comme elle le craignait ? Ne ferait-elle pas une bourde qui les ferait éclater en sanglots, elle ou sa camarade ? Incertaine, la jeune fille ne laissa pourtant rien paraître et répondit :
— Je suis d'accord avec toi. Si tu veux savoir, je suis tellement pas débrouillarde que j'ai peur d'oublier de me laver les cheveux. Ma mère va être obligée de m'envoyer un hibou tous les jours...
Elle soupira, consternée. Les anecdotes capillaires de Margaret ne devaient probablement pas intéresser la blonde, Anastasia, et ce n'était pas en parlant de Millicent qu'elle arriverait à l'oublier. Mais c'était plus fort qu'elle : ses pensées revenaient sans cesse à sa mère, encore et toujours, et sa tristesse l'envahissait dès qu'elle revoyait le splendide sourire de celle-ci. Oh oui, elle lui manquerait énormément. N'étant ni débrouillarde ni courageuse, elle avait toujours eu besoin de son aide. Alors, malgré ses onze ans tout neufs, serait-elle capable de s'occuper toute seule ? Ne serait-elle pas laissée à l'abandon comme une gamine irresponsable ? C'était cela aussi qui l'inquiétait énormément.
— Enchantée de faire ta connaissance, Anastasia. Moi c'est Meg. Enfin je m'appelle Margaret Hunter, mais je préfère qu'on m'appelle Meg.
La dernière fois qu'elle s'était présentée avec son surnom à quelqu'un de son âge, ça n'avait pas posé de problèmes. Cette fois-ci non plus, elle espérait.
— Et même si je suis triste, je suis aussi contente d'aller à Poudlard, murmura-t-elle d'une voix songeuse. Il paraît que ce sont les meilleures années de la vie.
“She read about people she could never be and adventures she would never have”
Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin #PouffyFamily