RPG+ « Pourquoi tu es triste ? »

@Alison Morrow

21 Avril,
Couloir.


Calme.. Pourquoi ? Tout est bruyant ici, alors qu’ils sont triste, sauf toi, tu es neutre. Tu ne sera jamais triste, c’est pour les autres. Mensonge, tu es triste à l’intérieur de toi, tu as juste appris à ne pas le montrer depuis l’Événement. Ouais, on dirait un gros truc, c’est juste de la merde.. Normal, tu en ai à l’origine.. Tu es sacrément stupide Maxine, tu l’as toujours été, tu as toujours cru que tu étais une bonne fille, sage et respectée, tu es tout l’inverse.. Comment peux tu être aussi naïve ? Toujours à croire la première connerie qu’on te balance.. Ridicule. Tu te rappelles toutes les fois où t’es parents te faisaient croire qu’ils t’aimaient tellement fort qu’ils t’accepteraient qu’importe ton choix. C’étaient des conneries, ils s’en foutent de toi. Ils veulent juste.. une héritière ? Nan tu es sûrement une simple erreur, ils voulaient que des garçons.. Normal c’est eux qui portent le nom. Tu en comprenais pas ta mère, c’est une fille aussi, mais elle trouvait ça amusant de se rabaisser, en te montrant comme exemple, elle a une vie de rêve c’est sûr.. Elle s’est mariée avec un homme fortuné au grand nom, elle a eu des enfants, un bon boulot, tu ne vois pas comment une femme comme ça peut être mieux dans sa vie. Ah si, dominer le monde mais à part ça...

Tu es contrariée, tu étais juste concentrée sur ton déménagement, et tes parents, leurs choix et surtout, qu’à tu fais de mal ? Tout.. Arête d’être stupide, tu es la stupidité incarnée. Tu ne peux toi même t’aimer, comment les autres peuvent le faire ? Un seul événement a été super cette année.. Ouais c’est bientôt la fin d’année.. Une année bien catastrophique.. Tu as peur pour les six autres, le destin te pourrira autant la vie que la première.. Bonne blague, tu espérais qu’il soit indulgent avec toi.. Tu es vraiment stupide jusqu’à bout n’est ce pas ? Tu regardais les élèves passer. Tous étaient triste, tu ne comprenais pas. Pourquoi ils sont triste.. Ils doivent avoir une vie parfaite ceux là ! Marre des gens qui se plaignent alors qu’ils ont tout ce qui ce veulent, ou qui se plaignent d’être à Serpentard, encore pire. Ce sont les mêmes qui disent des rumeurs dans le dos des gens ! Ils étaient triste, mais tu en remarques une, plus triste que les autres, pourquoi ? Ne va pas la voir.. Elle va sûrement t’ignorer.. c’est plus fort que toi. Tu te met devant elle, lui attrapes la main, et la fait s’asseoir avec toi sur le banc.

Pourquoi tu pleures, toi ?
Dernière modification par Maxine Hargrove le 28 mai 2020, 18:14, modifié 2 fois.

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RPG+ « Pourquoi tu es triste ? »
Y avait des autres autour d'elles.
Des tas d'autres.
Mais pourtant, y avait Silence.
Silence avait aujourd'hui revêtu ses lourdes paupières rêveuses, son épais manteau de tristesse, qui froufroutait sur le sol en des plaintes intérieures déchirantes.

Elle s'en foutait bien des autres. Eux, ils connaissaient pas les ombres.
Elle...
Elle osait plus se retourner.
Elle les sentait plus qu'elle ne les voyait.
Les Ombres.

Et l'Autre surtout, au milieu de ces Ombres.
L'Autre avec ses yeux bleus d'acier, son rictus moqueur plaqué sur le visage, ses cheveux courts couleur flamme.
Elle la suivait. A chaque détour de couloir, elle sentait derrière elle sa respiration sur ses épaules frêles.
Elle voulait pas de l'Autre.
Mais elle partait pas. Elle partira plus jamais.

L'Autre, elle le savait, l'interpellait silencieusement.
A vrai dire, c'était ces suppliques silencieuses qui lui faisaient aussi mal. Des coups de couteaux enfoncés dans son dos, laissant des milliers de cicatrices invisibles.
Seul ceux le connaissant savent que le domaine de l'invisible contient les pires malheurs.
Ses cicatrices en faisaient partie.

"M? M écoute moi! T'en sais rien de ce qu'il se dit à la maison! Tu devrais leur écrire, à eux! M, tu m'entends?"

Elle voudrait accélérer. Mais ses mouvements sont ralentis par cette voix.
*La voix de l'Autre.*
Y a des larmes imperceptibles qui roulent sur ses joues.
Personne peut les voir.
La voix l'attire. Comme un chant merveilleux, il l'empêche de s'enfuir.
Elle ralentit presque jusqu'à s'arrêter.
Ses épaules tremblent.
L'Autre se rapproche.

L'Autre avec ses paroles douces,
L'Autre avec ses paroles qui frappent, qui rient et qui la poussent.
L'Autre avec ses Mots réconfortants.
L'Autre avec ses Mots brillants,
Comme des poignards.

Elle va s'arrêter. Elle le sait.
Son souffle s'est accéléré. Elle est tombée dans le piège, dans le piège de cette voix, cette voix chantante et basse, qui la caresse et la cogne, la berce et la blesse.

"M..."

Alors sa respiration s’apaise.
T'as plus peur.
Ses épaules se relâchent.
Abandonne pas maintenant!
Elle ferme presque les yeux.
Bats toi!
Une dernière larme de poussière tombe.
Bats-toi putain!
Non.

Puis y a une main.
Y a une main qui la tire de la mêlée des autres.
Y a une main qui l'arrache à l'Autre.
Y a une main qui l’agrippe comme pour lui dire de pas tout lâcher.
Y a une main à laquelle elle tente de se raccrocher.
Ongles qui s'enfoncent dans la chair.

Y a une main qui la force à s'asseoir.

Alors elle s'abandonne à cette main.
Elle se laisse guider.
Elle se laisse emporter hors de ce cauchemar.
Les larmes retenues dévalent ses joues pâles, les recouvrant de paillettes.
Sa poitrine qui hoquète.
Sa gorge qui se refuse à lâcher ses hurlements devant cette main.
Ses épaules qui frissonnent.
Ses cheveux collés à ses joues par la sueur et les larmes, puisqu'il fallait donner un nom à ces paillettes de ciel liquides.
La brutalité de quelque chose sous elle.
*Assise.*

Alors cette main elle prend la forme d'un visage.
Des yeux. Bleus. Un océan de curiosité dans lequel elle se noie.
Des cheveux. Blonds. Des fils de soleil qui lui brûlent les yeux.
Une bouche. Fine. D'où s'écoulent des paroles.

*Paroles?*

Pourquoi tu pleures, toi ?

Alors elle fait ce qu'elle sait faire le mieux quand on lui pose des questions.
Elle recule d'un bond.
Elle ne laisse pas les questions approcher. Ces questions noires qui veulent la bouffer.
Elle se mordille la lèvre inférieure, la déchiquetant.
Le sang commence à couler.
Les larmes se stoppent.

Sa voix claque. Agressive. Nerveuse.
Celle d'un animal traqué.
Traqué et blessé, blessé à mort.

"T'es qui toi encore? T'es qui pour m'demander?"


@Maxine Hargrove
L'Autre est le souvenir de la sœur jumelle morte d'Alison. Tu ne peux pas entendre ses paroles.
Maxine n'entend que les phrases de couleur jaune.
Dernière modification par Alison Morrow le 1 juin 2020, 19:37, modifié 2 fois.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

RPG+ « Pourquoi tu es triste ? »
Colère ça se voit. Elle s’énerve. Tu l’as dérange Maxine. Comme Maman quand tu rentrais à la maison après avoir fait une bêtise. Elle tengeulait, elle criait. Tu n’avais pourtant rien fait. Oui, souviens toi, une après midi comme les autres, parsemée d’ennui, de tracasse et de colère contre ces personnes qui s’apparentent à être tes parents. Censée t’aimer. Apparemment non. Tu étais rentré à la maison. Tu avais joué dehors, il y avait un grand ciel bleu. Sans nuage, de grande chaleur d’été. Tu étais en short. Tu t’étais baignée dans la marre avec les grenouilles. C’étaient tellement drôle. Mais quand tu es rentrée, au lieu d’un sourire, un regard de dégoût, elle te traitait de garce. Elle disait que tu étais une fille. Que tu n’as pas à te baigner dans de la boue ou de jouer avec des grenouilles. Que les garçons peuvent..

Peuvent.
Pourquoi ils peuvent et pas..
Moi.

Fille stupide, tu te prends pour un garçon.
Écoute ta mère non, tu es une fille..


Mais tu veux savoir, qu’est ce qu’il l’a tracasse tant ? Les larmes aux yeux elle te parle, mal, qu’as tu fais. Tu lui a parlé. Tu n’aimes pas quand on te parle Maxine, pourquoi tu lui parles à elle ? Tu ne sais même pas qui c’est. Autant c’est une née moldue. Autant c’est une pro moldue, autant cest une conne. Autant c’est ton reflet, comme ce soir la, en haut de la Tour, tu vidais toute eau, toute larme que contenait mon corps, déjà à sec de sentiment, lâchant toute prise. Comme ci tu avais fais tellement de sport, que tu ne pouvais marcher, c’est la même chose, simplement que là c’était à cause des mots, de simple mots sortis de la bouche d’une imbécile. Tu vas la faire payer. Tu vas la déchirer, déchirer son cœur. Je n’avais rien demandé, je veux vivre une vie peinarde, comme un garçon.

Mais pourquoi ?

Pourquoi avoir la honte de pleurer en public ? Devant tout le monde. Soit c’est pas grave, soit elle cherche de l’attention, soit.. elle est stupide. Tu ne penses pas, malgré le fait qu’elle ne réponde pas sympathiquement, elle n’a pas l’air bête. Elle a une bonne tête, comme ci tu avais un sixième sens pour trouver les bonne personnes, et après tu oses dire que les autres sont stupides Maxine.. Tu l’es plus qu’eux tous réunis.

Encore
Encore


Encore. Cette fille l’a déjà vécu, ou dit elle ça par réflexe. Demander, tu ne demande pas, tu veux.. savoir.. savoir ce qu’elle traverse. Elle aussi. Elle aussi elle vit de la merde alors..

-Raconte moi l’histoire de ces larmes.

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-Raconte moi l’histoire de ces larmes.

Vraiment?
Dressée à-côté de ce banc, elle a pas envie de parler.
Pas envie de raconter.
Elle la connaît pas, la fille en face d'elle.
Elle a pas envie de la connaître.

Son cœur bat plus fort tandis que ses mains accrochent le tissu fin de sa jupe.
Ça se voit non qu'elle a pas envie de parler?
Visiblement pas assez pour la fille, qui semble vraiment attendre sa réponse.

Elle arrivait pas à déterminer qui elle avait en face d'elle.
Du noir, du noir, encore du noir.
Voilà comment est habillée la fille.

Elle eut beau réfléchir, elle ne se souvenait pas l'avoir vue à Poufsouffle.
*Pourquoi j'm'intéresse à elle? Elle l'mérite pas.*
Pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de la détailler. Les cheveux courts blonds semblaient se mouvoir sous le soleil. La peau claire, tachetée de lumière. Une toute petite cicatrice, minuscule, qui retint son attention.
Pour être aussi petite, c'était quoi?
Un ongle?
*J'dois pas m'occuper d'ses problèmes. J'en ai d'jà assez seule.*

Elle défia l'autre, toujours assise sur son banc comme une idiote.
Elle devait soit être débile pour venir lui parler, soit complètement naïve pour penser qu'elle allait tout déballer, ses problèmes, ses angoisses, ses peurs, sa vie à ses pieds.
Elle préférait tout garder pour elle, comme depuis qu'elle était petite, ne pas parler pour ne pas forcer les autres à répondre, ne pas parler pour écouter et apprendre.
Le Silence l'avait sauvée de dire bien des idioties.
*Devrait apprendre à l'connaître.*

Puis y a un garçon qui semblait pas aussi abattu que les autres, qui fendait la masse des corps, presque rieur, les yeux brillants, les cheveux en bataille.
Il s'approchait d'elles, la blonde et la brune, il avait envie de parler, ça se lisait sur son visage.
Elle avait juste envie de lui coller sa main dans la figure s'il osait encore s'approcher.
Pourtant, il sembla éviter l'avertissement silencieux, et avança encore.

"Charmant tableau, hein? Tu sais qui elle est?"
Dit-il en pointant la blonde de sa main.
Elle souffla avec impatience, forçant ses yeux à ne pas le fixer pour lui faire comprendre qu'il n'a pas sa place ici.
Soit il était aussi débile que l'autre, soit il avait besoin d'une sérieuse paire de claques pour lui remettre les idées en place.

"Ah, tu connais pas. Bah, c'est la très détestée Maxine Hargrove."

Oui, Maxine Hargrove.
Bien sûr qu'elle avait entendu parler de la blonde, qui reniait sa maison, les gryffons, *qui osait faire ça?* au profit de celle des verts.

"Ta gueule!" hurla-t-elle sur le garçon, qui parut surpris et décida de s'en aller en lançant un dernier petit "complètement folle elle".

Elle se retourna vers la "rouge", maintenant qu'elle pouvait l'identifier.
Ses yeux étaient chargés de dégout, mais elle se garda bien de le montrer.
La Colère prit le dessus sur le dégout, et elle toisa la blonde.
Pourtant, elle avait l'impression de ne pas la regarder réellement, comme si tout était noyé de brume et l'empêchait de croiser le regard bleu de la rouge.
Elle osait pas.

Elle avait l'impression d'avoir posé une question trop personnelle, et de ne pas pouvoir faire marche arrière.
Pour se donner une contenance, elle essuya de sa manche trop grande ses joues encore humides et son nez rouge.

"Maxine, hein..."

Le prénom glissait de manière assez agréable sur sa langue, avec une pointe songeuse, sans mépris, du moins volontaire.
Dardant de nouveau ses yeux émeraude sur la cicatrice de la blonde, elle plia et déplia ses doigts comme pour les réveiller et les libérer des picotements qui les parcouraient.
Elle avait serré trop fort ses poings, et ses phalanges étaient devenues blanches.

"T'as pas assez d'problèmes toute seule? Faut qu'tu t'rajoutes ceux des autres?"

Elle était en colère.
Elle n'avait pas lieu d'être, Colère.

Calme-toi, Enfant.
*Elle sait rien. Elle connaît rien. Elle sait pas. Elle peut pas.*
Aucun de ces Mots ne devraient être dans ta bouche.
*Peut-être bien.*

Inspirant d'un coup pour se calmer, elle se tourna vers le couloir, vers cette masse morne et triste d'élèves.

"Apprends déjà l'histoire de tes Larmes, Maxine."

Sur ces paroles blessantes, elle tourna résolument les talons et s'enfonça dans un recoin de couloir, prête à s'enfuir loin de cette autre, cette Rouge étrange, qui ne mesurait pas sa chance.
Elle n'avait déjà que trop perdu son temps.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.