L'Espoir n'est pas vain
Theodora Rosenfeld - PNJ validé
10 février 2044
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« Il n'y a de peur que pour les incapables. »
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Sa chère Elfie avait intégré Poudlard cinq mois auparavant, malgré le contexte actuel compliqué. Theodora, qui avait espéré durant des années que l'engeance de son unique fille hérite de la Magie, avait vu son souhait s'exaucer, soulageant son inquiétude quant à la pérennité de la lignée Fitzpatrick. Son ultime but s'était accompli.
La réception de la lettre d'admission de sa petite-fille aînée marquait la fin de ses soixante-sept années de rude combat. Theodora avait aspiré à un avenir meilleur pour le monde de la sorcellerie, et pour sa fille, qui n'avait malheureusement aucun pouvoir. Bienveillante, altruiste mais sage, Theodora, malgré le temps qui parchemine désormais sa peau, avait été une soldate de la paix, au service de la Magie. Elle avait relativisé la cruauté des Moldus, afin d'être impartiale dans ses choix. Elle avait tenté de faire bouger les choses; changer l'Homme. Mais Theodora, au-delà de l'utopie du monde parfait, était consciente de la réalité. Horrible. Cette même conscience l'avait souvent stoppée lorsqu'elle s'apprêtait à faire une chose terrible. Mais parfois, la conscience s'était tue et avait laissé Theodora faire ce qu'elle jugeait nécessaire. Theodora avait tué. Deux fois. Aveuglée par la colère. Aveuglée par son désir brûlant de bien faire.
En 1990, durant la guerre qui avait opposé Lord Voldemort aux partisans de feu Harry Potter, la jeune femme qu'elle était alors avait longuement hésité sur le choix du parti à prendre. Alderick, son premier époux, avait très vite rejoint les rangs du Mage Noir. Mais Theodora, alors que ses mains étaient tâchées de sang, avait fini par suivre la conscience de son profond intérieur malgré tout. Tuer, c'était mal. Et Theodora ne s'était jamais remise d'avoir pris deux vies. Elle n'était pas de ces gens qui tuaient pour la satisfaction des intérêts personnels.
Ainsi, voir son avenir éclairé de la douce lumière de la facilité, allégeait encore un peu les remords qu'elle gardait enfoui au cœur de son esprit. Theodora était libre.
L'index tapotant l'accoudoir depuis une bonne demi-heure s'arrêta en l'air. Theodora, le cœur gros, ouvrit les paupières. Elle observa le canapé en cuir, vide, puis regarda le plafond en ravalant ses larmes. Elle avait remué ses plus grands secrets, croyant avoir la force de les affronter. Mais non. Le passé lui avait laissé des blessures, à peine cicatrisées, qu'elle avait rouvertes par naïveté.
« -Leah ! s'exclama-t-elle en fixant la porte de la cuisine.
Une petite elfe, habillée d'une chemise parfaitement blanche, passa sa grosse tête dans l'encadrement. Ses yeux globuleux brillaient de respect.
-Ma maîtresse désire-t-elle un thé ? s'enquit la créature en s'approchant timidement.
Theodora secoua la tête.
-Apporte-moi ce vieux disque de Chopin, s'il te plaît. Et je t'autoriserai à aller rendre visite aux voisins.
Leah parut fort surprise, mais s'empressa de s'exécuter.
-Leah est honorée madame, de la confiance que vous lui accordez, dit la petite elfe en tendant l'album à la sorcière, dans sa main biscornue. Merci mille fois. »
Leah quitta la pièce en courant, trop heureuse pour se soucier de la politesse. Enfin seule, la grand-mère d'Elfie se leva. Son vieux tourne-disque moldu se trouvait au bout de la pièce, sur une table basse en chêne. Elle marcha lentement jusqu'à lui, les jambes engourdies par une heure de réflexions. Theodora inspira, puis plaça l'objet sur le plateau. D'un coup de baguette, le bras se posa sur les lignes et la musique retentit.
Theodora tourbillonna, se laissant aller aux sanglots. Un pied devant, un pied derrière, elle valsait avec le vide. Ses bras enlaçait l'imaginaire. Elle se revoyait aux côtés d'Edward, durant les bals; soulevant Isabella pour la faire tourner encore et encore et entendre son rire d'enfant à nouveau. Non. Son passé faisait partie d'elle, et il l'avait aidé à construire son futur. Elle ne pouvait l'effacer. Accepter, y faire face. Et c'était tout. La musique battait à ses tympans. Son cœur s'était calé sur le rythme de la Nocturne. Elle tournait, tournait, se sentait libre...
Quelqu'un frappa à la porte d'entrée. Prise dans leur élan, les jambes de la sorcière s'emmêlèrent et se dérobèrent sous elle. Elle atterrit sur le tapis poussiéreux, les yeux embués par des larmes salées, telle une enfant perdue.
« -Lea... Ah fichtre ! Qui est là ? cria-t-elle, à moitié furieuse. Accio ! Le disque émis un drôle de bruit, puis s'éleva dans les airs avant que Theodora ne l'attrape d'un geste brusque.
D'un pas lourd, les points serrés, Theodora ouvrit la porte.
Quatrième année rp à la rentrée 2047-2048
Membre des Crocheers de Serpentard
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