Un cœur aussi noir que la nuit

10 Mai 2045
Du haut de la tour d'astronomie

@Olive Greenwood


*Seule*
Anna observait calmement les étoiles. Ce spectacle était magnifique pour elle, la lune avait un effet apaisant. Elle essaya de se remémorer les constellations vues en cours, mais la seule dont elle se souvenait était La Grande Ourse.
Trop simple.
Evidemment, à force de ne plus suivre les cours, elle ne retenait plus rien, à son plus grand regret. Si seulement La Voix voulait bien partir quelques instants, la laissait apprendre ou se reposer devant le ciel étoilé.
*Jamais*
La jeune fille se retenait comme d'habitude.
Elle s'empêchait d'hurler sa douleur.
Elle s'empêchait de laisser les larmes couler.
Mais son regard restait fermé. Elle avait beau être calmée par la beauté du paysage, elle ne souriait pas. Même si elle le voulait, elle ne pourrait pas. Elle restait la marionnette de La Voix, et ne pouvait sourire qu'intérieurement.
De plus, La Voix ne voulait pas la lâcher, lui laisser un moment de calme et de silence dans sa tête. Elle parlait sans arrêt, lui crachait des insultes, des reproches.
Tais-toi.

La jeune Gryffone s'était allongée sur le sol, non loin du rebord de la tour. Elle voulait des sensations fortes, et était même prête à se mettre debout sur le rebord.
Mais pour l'instant, elle se contentait de rester par terre, à admirer le ciel noir.
Noir comme son cœur.
Finalement, elle commençait à comprendre pourquoi elle était si active la nuit. Certes, il y avait le fait que La Voix lui procurait des insomnies permanentes, mais il y avait autre chose.
La noirceur de la nuit. C'était ce qui lui correspondait.
Le noir, sa couleur préférée depuis début mai, était présent partout dans le ciel, dans l'espace.
Elle était à sa place.
Aussi noire que la nuit.
Avec les minuscules lueurs d'espoir restantes qui représentaient les étoiles.
Une lueur d'espoir, si petite qu'elle était imperceptible de l'extérieur.
Et un extérieur qui restait aussi fermé que la nuit.

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Un cœur aussi noir que la nuit
Elle n’arrivait pas à dormir, se retournait dans son lit depuis qu’elle s’était couchée et finalement, se leva. Attrapant son gilet, elle sorti du dortoir, descendit les escaliers en colimaçon jusqu’à la salle commune. La seule lumière provenait d’une fenêtre entrouverte, le ciel était dégagé et Olive s’accouda au rebord de pierre pour observer les étoiles.
Un léger courant d’air la fit frissonner, elle se souvint d’une nuit d’hiver ou elle avait été terrorisée, marchant seule dans les couloirs déserts en chaussettes, les escaliers auraient suffi à la faire fuir mais elle avait continué pour rejoindre Anna et ses chocogrenouilles. Anna qui était toujours souriante et bavarde.
Mais elle ne parlait plus, ne souriait plus. Olive n’avait perçu le changement qu’après plusieurs jours, que c’était-il passé ? Elle semblait s’éloigner de plus en plus et la jeune Gryffone avait peur qu’elle ne revienne jamais.
Il fallait qu’elle lui parle, si ça se trouve elle est juste fâchée se rassura la fillette.
Olive avait besoin de parler, crier au ciel tous ses problèmes pour les faire disparaître, mais impossible de le faire ici, on la prendrait pour une folle.
Expirant un grand coup, elle sortit de la salle commune en enjambant la bordure du cadre de la Grosse Dame. Quel meilleur endroit pour parler aux étoiles que la tour d’Astronomie ?
Fourrant ses mains dans les poches de son gilet, elle y sentit plusieurs emballages, elle en sorti un, c’était une chocogrenouille.

- C'est le destin ! elle sourit en remettant le trésor dans sa poche, sentit le reste avec sa main, il devait y en avoir trois ou quatre.

Après quelques minutes de marche sur la pointe de ses pieds nus - décidément, les chaussures n’étaient pas pour elle - Olive arriva à l’escalier devant la tour, celui-ci heureusement immobile, et se dépêcha de le monter.
L’atmosphère n’était pas du tout la même qu'à sa sortie en plein hiver, on y voyait mieux et elle n’était pas aussi terrifiée d’être seule dans les couloirs.
Elle allait arriver en haut lorsque le couvre-feu lui revint en tête, écarquillant les yeux, elle lança un regard derrière elle, vérifiant que personne ne l’attende dans l’ombre, bien sûr, le couloir était vide. Quelque peu rassurée, la fillette arriva en haut de la tour, Il n’y avait pas de vent, l’air était calme, presque immobile.
Alors qu’elle s'avançait vers le rebord, elle aperçu une silhouette allongée sur le sol.
Sa première pensée fut que quelqu’un était mort, avec les événements actuels, elle se dit que tout était possible. Mais si il y avait vraiment un mort, qu’est ce qu’il foutait là ?
Alors que plusieurs scénarios défilaient dans sa tête elle vit le corps bouger, la poitrine se soulever au rythme d’une respiration.
Pas mort. conclut-elle en sentent la panique redescendre.
Elle avait parlé trop tôt, les sorties en pleine nuit étaient toujours aussi terrifiantes.

- Olive, tu vas arrêter les livres avec des meurtres avant de te coucher. se chuchota-t-elle en avançant vers l’élève étendu au sol.

Elle s’arrêta en apercevant son visage.

- Je... tu... Anna ? bafouilla la fillette en reculant. Elle ne s’était pas préparée à la voir ici.

@Anna Brown

Troisième Année RP - Fuseau horaire EST (-6h)
Plume, écaille et poil sont sur un pipaillon... Mici et Moustique tombent à l'eau ?






























yo




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Un cœur aussi noir que la nuit
Des pas.
Des pas qui s'avançaient peu à peu vers elle.
Pourquoi doit-on toujours me déranger ?
Anna ne releva pas la tête, elle ne voulait voir personne et rester seule avec la nuit.
Une phrase bafouillée vînt briser le silence. Et cette même phrase contenait son nom.
Une personne me connaissant ?
Malgré les envies contradictoires de La Voix, la jeune fille releva son dos du sol glacé pour découvrir son interlocuteur, ou plutôt interlocutrice car la voix semblait aiguë.
La curiosité était trop forte, et elle se retourna et fixa droit dans les yeux la jeune fille face à elle.
Elle était debout, pieds nus, et semblait surprise de voir Anna par terre à cette heure-là dans la tour d'astronomie.
La jeune fille la connaissait bien, avant son changement brutale, elles parlaient souvent ensemble, et avaient même organisé une petite soirée dans les toilettes abandonnées.
Olive.
Anna s'était éloignée de tout le monde, et Olive n'avait pas fait d'exception. Elle savait que la gryffone était gentille, avait bon fond, mais est-ce que La Voix la laisserait entrer ?
*Non*
C'était mon amie.
Et c'était encore reparti pour une négociation avec La Voix, qui ne céderait sûrement pas. Alors Anna allait devoir puiser de la force au plus profond d'elle-même pour réussir à la battre, et à reprendre le Contrôle.

En espérant sa réussite dans ce combat permanent, Anna planta ses yeux azurs dans ceux d'Olive. Le regard pouvait parfois remplacer la parole, tant d'émotions pouvaient s'y lire. Il suffisait de regarder au plus profond des yeux d'une personne pour y déceler ses sentiments.
Ceux de la jeune fille devait peut-être révéler la tristesse, la souffrance, l'envie de parler sans vraiment réussir à le faire.
Elle bascula son regard vers le sol, indiquant indirectement à son "amie" qu'elle pouvait s'asseoir à côté d'elle. Peut-être que sa présence lui donnerait de la force.
Voyait-elle la douleur ?
Anna se rallongea et contempla de nouveau les étoiles. Le spectacle était magnifique, il ne donnait pas envie d'en louper une miette.
Pour la jeune fille, le silence n'était pas pesant, elle s'y était habituée.
Mais il l'était peut-être pour Olive, alors elle essaya de nouveau de prendre la parole, de se contrôler et d'arrêter d'être le pantin de La Voix.
Pourquoi ?
Elle inspira, puis expira doucement pour se concentrer, canaliser le peu d'énergie qu'elle avait pour remonter à la surface.
Les insomnies n'aidaient pas à trouver cette énergie, mais malgré son cœur noirci, elle arrivait de temps en temps à y retrouver une lueur d'espoir qui lui donnait la force.
*Tu n'as pas la force, tu es faible*
Inspire, expire. Tu peux y arriver.
Elle écarta La Voix, fit le vide malgré ses désapprobations.

- Je... Salut Olive.

Elle ne savait quoi dire, par quoi commencer. Un "salut" était déjà un bon début, même s'il avait peu d'intérêt.
Mais elle parlait si peu, c'était si exceptionnel, que cela était amplement suffisant.

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