Ciel Dansant PV Charlie Rengan

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Le froid. Mordant mes doigts. Celui de l’hiver, celui que je haïssais dans ma solitude de cet univers. Univers de grâce plongé dans la glace. La glace ce miroir bleuté, qui par ses reflets, fait du monde un ciel artificiel, superficiel. Les nuages denses cachant cette Voie Lactée, offrant un spectacle dansant dans l’abondance. Abondance d’un monde blanc couvert de cette aura d’argent, cette neige montant toujours plus haut comme le ferait un manège ou un château. Tombant du ciel, ces flocons sont, la pluie cristallisée pour se déposer sur un sol damné, damné sous cette épaisse couche de coton. Coton que l’on écrase sous des pas lourds révélant le reste des feuillages. Ceux de l’automne passé qui auparavant s’est déposé. Au travers du verre de la fenêtre j’observais ce ciel, ce spectacle dansant de ces nuages naissant. Fenêtre qui a chaque respiration se troublait de cette buée, buée insupportable cachant mon spectacle.

Le mouvement d’un corps dans l’espace, dans un silence qui s’efface. S’efface au monde, monde de vibration qui fait face de par ses ondes. Ondes que l’on ressent mais jamais que l’on entend. Mon corps dans ce mouvement artificiel, créé par le ciel. Ce serpent rampant en zigzag à cause de ce sac qui fait des vagues. La lourdeur, créant ce que l’on appelle un baroudeur. Lourdeur de ces fumigènes entassés pour être lancé. Lancé dans ce ciel si impersonnel, si gris que l’on croirait en une énorme souris. Diable qu’il était lourd ce sac. Cette structure par-dessus les bombes de couleur qui créeront une rupture. Rupture dans l’espace et dans le temps, s’élançant depuis ce bois qui servira de place.

Libérée de ce fardeau qu’il fallait porter. Allongée dans cette neige qui venait de tomber. J’admirais, admirais ce ciel grisonnant et tournant au rythme des courants. Ces nuages magnifique et maussade à la fois, pacifique, il avait une note de pacifisme. A les regarder je pouvais sans hésiter dire qu’ils étaient là pour nous divertir. Solitude… en grande partie formée par ce fanatisme envers quelque chose qui ne parlait pas aux autres. Je Haïssais les autres. J’en avait plus peur. Je n’avais pas besoin des autres depuis qu’elle s’était barrée. Elle m’avait aidée, tellement aidée. Il me restait ma baguette pour former un duo étoilé. Les étoiles, diable elles me manquaient.

Sortant celle qui m’accompagnait depuis maintenant quelques années. Je l’admirais, admirais ce verre finement serti sur le bois de pin. Cette douce baguette si belle, si majestueuse, vertueuse. Le temps voilà quelque chose d’aussi beau que l’espace. Si relatif, si audacieux, si maladif. Le temps était beau mais terriblement dangereux, il suffisait de s’en rendre compte pour enfin ouvrir les yeux. Il suffit de manquer de temps pour se faire piéger, ou de trop en avoir pour se faire bouffer. Bouffer par l’ennuie. Ennuie que l’on combat en attendant la nuit. Tous les jours l’ennuie te tue et toute les nuit il te ressuscite. Une torture en boucle comme ces longs trajets de voiture.

Je me décidais enfin à sortir de ce sac, la structure qui me permettrait de combattre l’ennuie, celui que l’on essuie d’un revers de main tandis que l’on se croit plus malin. Posant sur les montants, les fumigènes je préparais ma danse avec le ciel. Les couleurs éclatantes feraient danser les nuages de mille feux. Feu celui d’une artificière totalement fière. Six lancé raté avant de pouvoir enfin admirer. Admirer ce ciel d’une couleur rouge sang, au rythme des onde de choc que l’on est sensé entendre. Dix-huit fumigènes plus tard les nuages était sans gêne, ils se trémoussaient dans cette danse frivole, celle que l’on vole. J’avais volé une danse comme l’on vole un baiser, danse ce n’était pas la première fois que je la volais, mais mon objectif était trop éloigné. Je voulais danser, toujours plus avec le ciel au point de danser avec les étoiles pour qu’elle se dévoilent. Alors j’ajoutais, j’ajoutais des étincelles pour remplacer celle, cacher par ce ciel. Encore du rouge. Je n’arrivais même plus à me rappeler combien de fumigène j’avais lancé. Mais je m’en contentais.

L’infinie, cette démesure non quantifiable. Cette fable. L’infinie prend toute sorte de forme, il se transforme, alors pourquoi cet uniforme ? Une rangée de portes parfaitement alignée. Certaine fermées, d’autres ouvertes, c’est la découverte. Toute étiquetées, enfin presque, car dans cette immensité. Notre pauvre sémantique ne peut pas toute les apposer. Des portes donc, étiqueté d’un rien, à en rendre fou les historiens. Ces portes particulières, on n’en comprend pas tous le sens, mais notre esprit interprète les naissances. Naissance de lien entre ces portes. Pas entre nos propres portes non, cela serait si triste… Mais parmi l’infinité de porte en face des nôtres. Je vous ai dit que parfois une porte pouvait être entrouverte ? Cela dit, ceci n’est point vrai dans la symétrie. Une porte ouverte d’un côté peu se retrouver fermer de l’autre rive, et. On se retrouve avec des liens flottants, mal définie mais qui dans l’infinie se perdent. Enfin se perdent, cela dépend. Si la porte en face s’entrouvre alors la naissance du lien prend forme. Sans réellement le savoir. Certain lien, des cordes ou des fils sont plus ou moins robuste. Alors que certain arrivent à se rompre, d’autre naisse où se reconstitue. Ces liens spirituels pour certain, charnel pour d’autre. Ces fils créant la fine mélodie d’une vie. Parfois c’est la cacophonie, et parfois dans cet infinie. C’est l’harmonie. Harmonie d’une vie faite d’une mélodie, grâce à ces fils tissés entre les portes étiquetée d’un rien, ou alors d’un amant, d’un ami, ou simplement tout autre mot dont notre pauvre sémantique nous permet d’inscrire. Permanent ou éphémère. C’est la force du lien qui maintient par exagération ce que nous appellerons ici, une relation. Ma porte vers le ciel était grande ouverte tandis que le ciel il fallait lui arracher. Arraché ce verrou pour ouvrir des portes, ses portes. L’espace d’un instant sentir cette relation, a sens unique et pourtant.

Je l’étais enfin dans ces terres brulées, brulées, embrasées par ces pas de danse sous celui ou on avait bâti résidence.



CR Always <3