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13 juin 2020, 11:21
Aurore  PV   + 
Lundi 20 février, 5h30.

Je me réveillai tout d'un coup. Mais pour une fois, je n'avais pas fait de cauchemar. J'étais juste. Réveillée. Il faisait encore nuit, mais pas cette nuit noire et profonde, celle qui glace le sang, non. C'était un noir doux qui voulait laisser sa place au jour. Alors je ne pouvais rester là, bien au chaud sous mes couvertures.

La nuit
M’appelle.


Je marchai, marchai encore plus vite. Il me fallait la rattraper, je devais la voir devenir rose. Il faisait froid, j’étais juste habillée d’une pauvre chemise de nuit mais j'avançais sans serrer les poings. J'avais peur d'arriver trop tard, j'étais terrorisée à l'idée que le jour se lève sans moi. Pourtant, je savais qu'il n'attendrait pas. Comme il n'attendrait pas les autres élèves de Poudlard.

Attends-moi
Juste une fois.


Qu'ils étaient bêtes ! Ils ne verraient pas les fleurs se couvrir de rosée, ils n'entendraient pas le premier oiseau se mettre à chanter. Ils dormaient à poings fermés, sans se soucier le moins du monde du spectacle qui les attendait là, dehors. Je grelottais à présent, pieds nus sur le sol de février. Mais moi, je verrais le soleil se lever. Et je serais la seule qui pourrait dire qu'elle avait vu le monde renaître ce jour-là.

La grande porte n'était pas fermée. Je me faufilai dans l'ouverture et courus de toutes mes forces, encore plus vite, le cœur en feu et les yeux grands ouverts, j'escaladai la colline éclairée par la lune à elle seule. Elle est forte, la lune. C'était grâce à elle que les hommes retrouvaient leur chemin lorsqu'ils étaient perdus. Dans la nuit. Mais aussi dans leur cœur.

Es-tu perdue,
Ella ?


Je me laissai enfin tomber, lentement, dans l'herbe gelée. Du haut de ma colline, je me sentis si petite. Le ciel me faisait face, et en contre-bas brillaient les éclats de l'eau, elle-même entourée d'une gigantesque forêt, imposante et mystérieuse.

Quels secrets
Essaie-t-elle
De cacher ?


Les montagnes encadraient fièrement mon ciel. Car il allait être à moi.

Juste
Pour un matin.


Je me demandais s'il me restait du temps. Je me demandais aussi pourquoi il n'avait pas neigé cette nuit-là. Était-ce le soleil qui en avait décidé ainsi ? Ou les nuages pensaient-ils par eux-mêmes ? Quoi qu'il en soit, il avait plu. Mes jambes reposaient sur l'herbe et s'imprégnaient par la même occasion de son eau. Comme une très, très grosse éponge.
Mais je savais trois choses cette nuit-là.

Les rires ne me suivaient plus.
J'étais absolument insignifiante.
Et surtout, quand viendrait l'aurore et que le lever de soleil embraserait le ciel, je serais là.

Et pour une fois, je me sentis importante.
Alors j'attendis.

@Unna Bright

Avatar réalisé par ~ en commun avec ~ l'incroyable Eugène Harlow. "Laissez passer les queen !"

14 juin 2020, 11:08
Aurore  PV   + 
Unna dormait d’un sommeil agité. Alors qu’elle gémissait et se débattait, elle se réveilla en sursaut et s’assit d’un coup dans son lit. Sa respiration était haletante et elle était en sueur. Elle avait fait un cauchemar. Un de ceux qu’elle faisait assez rarement, heureusement, car ils étaient affreux. Ils arrivaient sans prévenir, d’on ne sait où et restaient assez incompréhensibles pour la jeune fille. Elle n’avait pas encore résolu ce mystère mais comptait bien y parvenir un jour. Elle regarda son réveil, il était 5 heures. Tu as encore le temps de dormir Unna, rendors-toi. Mais le sort en avait apparemment décidé autrement. Le sommeil appartenait maintenant à d’autres contrées à milles lieux de la jeune aiglonne. Elle essaya bien un peu mais c’était peine perdue.

Elle se leva et alla s’assoir sur le rebord de la fenêtre. Steve s’invita encore une fois de ses pensées. Pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement l’oublier. Pourquoi fallait-t-il que ses beaux yeux verts viennent la hanter encore et encore. Avait-il décider de l’ignorer complètement après les beaux moments qu’ils avaient passé ensemble ? Elle n’arrivait pas à y croire. Était-il malade, était-il rentré chez lui, s’était-il fait kidnappé ? Unna, arrête de délirer maintenant, reprends-toi et arrête de penser à Steve puisque visiblement, il ne pense plus à toi.

Une idée lui traversa alors l’esprit. Pourquoi ne pas aller voir le lever du soleil, maintenant qu’elle était réveillée. Elle ne l’avait jamais vu ici à Poudlard. Et puis, la douce présence de la nature lui faisait toujours du bien.

Elle s’habilla chaudement en essayant de faire le moins de bruit possible, mis sa doudoune blanche et attrapa une couverture. Elle détestait avoir froid. Elle sortit discrètement du dortoir, descendit les nombreux étages qui la séparait de la terre ferme puis passa la grande porte qui n’était pas fermée, au grand soulagement de Unna. Il faisait encore nuit noire, la lune avait déjà disparue et la jeune fille avait un peu de mal à se repérer. Elle se souvint qu’il y avait une petite colline non loin de là qui serait parfaite pour observer le lever du soleil. Elle avança à pas lents dans sa direction. Une fois arrivée, elle commença son ascension en accélérant un peu la cadence, après tout il n’y avait aucun obstacle sur cette colline. Mais une fois arrivée en haut, elle remarqua qu’elle n’était pas seule, une jolie jeune fille avec de longs cheveux bruns était en train d’observer le ciel. Elle portait seulement une petite chemise de nuit. Unna frissonna pour elle. Elle ne savait pas si elle l’avait entendue arriver et elle préféra manifester sa présence à voix basse pour ne pas l’effrayer.

- Hey, j’ai l’impression qu’on a eu la même idée, tu n’arrivais plus à dormir toi non plus ? Je m’appelle Unna et toi ?

@Ella Davis ^^
Dernière modification par Unna Bright le 25 août 2020, 23:14, modifié 1 fois.

Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.
Troisième année RP - Fiche - Marraine - Réputation - Chocogrenouilles Couleur : #8000BF

16 juin 2020, 13:47
Aurore  PV   + 
Je me retournai brusquement, ma baguette pointée sur l’intru qui venait de me prendre par surprise. Puis, jetant un coup d’œil à celui-ci, je lâchai un soupir de soulagement et abaissai ma baguette. J’étais contrariée de ne pas être la seule à avoir eu cette idée, contrariée qu’elle me dérange bruyamment alors que j’observais un monde encore endormi, et je fronçai les sourcils. Je connaissais cette fille de visage -d’ailleurs nos prénoms étaient des échos en a et en quatre lettres vaguement semblables-, mais ne lui avais jamais adressé la parole.

Elle était blonde, sans aucun doute, mais je ne pouvais discerner la couleur de ses yeux dans la pénombre. Et cela m’importait peu, alors je me retournai vers l’étendue d’eau en contre-bas, bien plus intéressante. C’était le genre de spectacle qui te retournait l’estomac et te coupait le souffle. Mais quelques secondes après, assaillie par un sentiment de culpabilité, je me tournai à nouveau vers la fille et soufflai dans un murmure :

- Désolée. Moi c’est Ella. Et j’aime pas dormir.

J’ai peur
De dormir.


J’avais conscience de ne pas être avenante, loin de là, mais après tout elle faisait partie des inconnus. Et leurs sourires avaient été trop souvent faux. Leurs mots emplis d’une compassion trop dégoulinante. Mais ce fut en cet instant que je m’aperçus de quelque chose de très important.

- Je voulais voir le lever de soleil. Mais je… je crois que je suis venue beaucoup trop tôt, bafouillai-je confusément, les yeux rivés vers le ciel.

Il ne devait même pas être encore six heures. Mais je pouvais attendre, ça n’était pas un problème. J’avais en fait

Tout
Mon
Temps.


J’avais sans aucun doute les lèvres violettes, les pieds bleus et les dents qui s’entrechoquaient. Néanmoins j’avais toujours eu besoin de prendre du temps pour moi seule avant de pouvoir faire face au monde à nouveau, voilà pourquoi je restais. J’espérais qu’elle comprendrait. Qu’elle escaladerait une autre colline. Des collines, il y en avait des milliers. Mais celle-là

Est
Unique.


Et j’avais conscience, tout au fond de moi, qu’elle méritait d’être partagée. Les gens étaient trop souvent égoïstes. Et c’était tout ce que je ne désirais pas devenir. Alors je lui proposai plus doucement :

- Tu peux t’asseoir, si tu veux.

On n’était pas obligées de remplir le silence. Mais le silence en cet instant était glacé, froid, gelé, il me rappelait que mes pieds étaient nus, ma gorge découverte et en feu. Si je ne parlais pas, j’allais

Mourir
De froid.


Mais je n’étais pas douée pour faire la conversation. Vraiment pas. Donc j’attendis. Peut-être Unna avait-elle quelque chose d’intéressant à dire. N’importe quoi qui puisse me réchauffer. Et me faire oublier

Les flocons
Blancs
Dans mon sang
Rouge.
Dernière modification par Ella Davis le 13 juil. 2020, 15:32, modifié 3 fois.

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28 juin 2020, 00:28
Aurore  PV   + 
La jeune fille parut surprise et pointa sa baguette sur Unna comme si c’était un intrus indésirable. Puis elle l’abaissa en voyant qu’il n’y avait aucun danger. Elle n’avait pas l’air enchantée que quelqu’un vienne perturber sa tranquillité, c’était le moins que l’on puisse dire. Elle se retourna vers le lac sans répondre. C’était comme si Unna avait reçu un coup de poing dans le ventre. Une sensation extrêmement désagréable l’envahit. Elle était très sensible et la moindre remarque désobligeante ou marque d’indifférence la faisait se sentir encore un peu plus insignifiante et inutile. Elle avait tellement besoin d’un peu d’empathie, surtout en ce moment. Mais apparemment, ce n’est pas ici qu’elle en trouverait. Elle s’apprêtait à rebrousser chemin et à trouver un autre endroit pour admirer le lever du soleil quand la petite brune se décida finalement à lui répondre :

- Désolée. Moi c’est Ella. Et j’aime pas dormir.

Unna se demanda comment on pouvait ne pas aimer dormir. Pour elle, c’était le seul moment où elle pouvait enfin relâcher toute la pression et s’oublier un peu.

Oublier.
Oublier la difficulté de vivre en ce monde.
Mourir à soi-même.
Se dissoudre.
Se perdre dans l’univers.


- Bonjour Ella, quel beau prénom ! Ne sois pas désolée, je me doute bien que si tu est ici c’est que tu voulais être seule.

- Je voulais voir le lever de soleil. Mais je… je crois que je suis venue beaucoup trop tôt.

- C’est vrai qu’il est très tôt mais il vaut mieux arriver bien avant pour voir tout le processus. Je suis sûre que le ciel va bientôt passer du noir au bleu foncé.

- Tu peux t’asseoir, si tu veux.

- Merci c’est gentil, mais n’hésite pas à me le dire si tu préfères que je te laisse tranquille. Tu sais, je ne pensais pas trouver quelqu’un ici. Mais j’en suis très heureuse, au fond je trouve que la beauté de la nature est encore plus magique quand on peut la partager avec quelqu’un.

Unna remarqua que la jeune fille était secouée de gros frissons et qu’elle était pieds nus. Quelle idée de sortir dans cette tenue ! Peut-être avait-elle fait un cauchemar elle aussi, pour sortir précipitamment sans prendre le temps de s’habiller.

- Mais, tu dois être frigorifiée dans cette tenue ! J’ai apportée une couverture, on peut la partager si tu veux.

Unna n’attendit pas la réponse, elle s’assit près de Ella, tellement près qu’elle la touchait presque, et couvrit leurs quatre épaules de sa grosse couverture violette, puis la ramena devant elle. Les deux jeunes filles étaient entièrement couvertes, seules leurs têtes dépassaient. Étrangement, Unna se sentait bien à côté d’Ella, comme si elle se connaissaient depuis longtemps, comme s’il elle n’avait pas besoin de combler le silence. Elles restèrent sans rien dire un moment. Unna admira la vue et fut saisie par sa beauté. Le ciel commençait bien à changer imperceptiblement de teinte.

- Pourquoi est-ce que tu n’aimes pas dormir ?

Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.
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3 juil. 2020, 12:06
Aurore  PV   + 
Elle complimenta mon prénom, et je souris imperceptiblement à sa remarque. Cette fille n’avait pas l’air rancunière, ni même agacée. Elle était douce, et l’auréole apaisante qui émanait d’elle me rassura. Elle n’était pas comme eux. Je le sentais. Elle était même plutôt comme moi. Hypersensible. Je le sentais sans pouvoir expliquer pourquoi. A son allure. A son regard.

- Toi, t’es qui ?

Après avoir écouté sa réponse, je levai les yeux vers le ciel obscur ; elle disait vrai, bientôt le ciel se teinterait de ce bleu marine si profond. Ma couleur préférée. Elle était sombre, obscure, mystérieuse, puissante, mais gardait cette sensibilité délicate que dégageait le bleu.

C’est
Moi.


Elle évoqua ma présence ici et m’étonna ; elle ne semblait pas contrariée. N’aimait-elle pas la solitude ? Ce silence qui laissait place aux piaillements incessants et insupportables ? Ce sentiment de liberté et de plénitude qui s’insinuait brutalement sous la peau ?

- Sûrement. J'imagine que ça dépend avec qui, je lui répondis en baissant les yeux.

Bien sûr, que je pensais à eux. A tous ces gens qui avaient piétiné mon cœur. Sans aucun remord. Puis, me rendant compte que ma réponse pouvait être interprétée autrement, j’ajoutai d’une voix plus douce :

- Hum *raclement de gorge*, je suis heureuse aussi de la partager avec toi.

Je ne savais pas si j’étais sincère. Après tout, parler avec des inconnus était bien le pire des calvaires pour une fille comme moi. Et ils me disaient de

M’ouvrir
Pour une fois.


Alors j’inspirai avec sérénité, sans même claquer des dents. Et décidai que ce matin, je serais sincère. Généreuse. Souriante. Rien que pour toi, lever d’soleil. Ce fut alors que la fille sortit de nulle part cette couverture. Elle avait amené une couverture. Je clignais des yeux, trois fois. Comment pouvait-on être aussi prévoyant ? Je décidais de tout sur un coup de tête, sans jamais penser aux conséquences. Les humains étaient drôlement constitués. Et tous différents.

En bien
Ou
En mal.


Emmitouflée dans la grosse couette violette qu’elle avait déployée autour de nous, je murmurai un merci inaudible, transie de froid. Nous restâmes plongées dans le silence quelques minutes. Puis sa voix vint le briser. Pourquoi. Une question. Je fronçai les sourcils. J’avais peut-être voulu être honnête, il y avait des limites à ne pas franchir. Des confessions, je n’en faisais pratiquement jamais. Et encore, avec des personnes en qui j’avais placé ma totale confiance. Au fil des mois. Voire des années. Les confidences n’étaient pas une bonne chose. Je l’avais appris à mes dépends. Sinon, tout aurait été différent.

- Oh, pour rien. Je veux dire, il y a pleins de choses à faire quand on ne dort pas, non ? m’exclamai-je avec un enthousiasme forcé.

Je m’en voulais d’être aussi méfiante. Mais c’était pas ma faute. J’espérais juste qu’Unna serait patiente.
Dernière modification par Ella Davis le 18 juil. 2020, 11:14, modifié 1 fois.

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7 juil. 2020, 19:44
Aurore  PV   + 
Unna s'en voulut d'avoir rompu ce beau silence, cet instant de contemplation figé dans le temps. Sa curiosité et sa spontanéité avaient parlé pour elle. Mais elle se rassura intérieurement en se disant qu'il y en aurait d'autres, après tout le soleil était encore loin d'être levé.

La réponse de Ella ne la convainquit pas. Elle sentait bien que ce n'était pas vraiment la raison qui la poussait à ne pas dormir. En même temps, elle comprenait bien que la jeune fille ne souhaite pas se confier à une inconnue. Cela peut être dangereux de révéler ses secrets et ses faiblesses à n'importe qui. Unna aurait sans doute fait pareil, plutôt par peur qu'on la juge que par peur que ça se retourne contre elle. Unna avait en général plutôt confiance en la bonté qu’elle savait cachée en chacun, et qu'elle cherchait toujours, même avec les personnes les moins agréables. Le sort avait été plutôt clément avec elle jusqu’à maintenant. Elle avait eu la chance d’avoir une enfance heureuse, entourée de personne qui l’aimaient et la protégeaient. Peut-être qu’elle était aussi un peu naïve mais son optimisme était presque à toute épreuve. Malgré cela, sa bonne humeur l’avait un peu quittée ces derniers mois. Elle détestait plus que tout se sentir seule et délaissée.

Elle décida malgré tout de répondre comme si elle ne se doutait de rien, pour ne pas froisser Ella. Elle ne voulait surtout pas l’obliger à se confier. Elle l’avait déjà acceptée auprès d’elle, contre toute attente, et c’était déjà un beau geste, comme une main tendue.
- Oui c'est sûr. Tu as de la chance de ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil. Moi je suis une vraie marmotte, ça me laisse moins de temps pour faire tout ce que j'aurais envie d'entreprendre dans une journée. C'est très rare que je me lève tôt comme ça. Pour tout te dire, j'ai fait un cauchemar et je n'arrivais plus à me rendormir. Les cauchemars peuvent parfois sembler plus réels que la réalité. Mais crois-moi, j’étais bien contente de me réveiller ! dis Unna avec son enthousiasme habituel.

Puis elle se rendit compte qu’elle avait encore trop parlé. Elle rougit légèrement. Ses joues se réchauffèrent mais elle se dit que ça ne se verrait pas dans cette demi-nuit. Elle pensa qu’il fallait vraiment qu’elle arrête de déranger sa camarade qui était simplement venue admirer le lever du soleil en silence, pensant être seule.

Elle se tut et observa avec admiration les variations de couleurs de la voûte céleste. Quelle magie ! La beauté de la nature avait le don de l’apaiser. Elle respira calmement, sentant ne faire qu'un avec les éléments.

Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.
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18 juil. 2020, 11:58
Aurore  PV   + 
J’écoutai avec patience. J’aimais peut-être le silence, la voix d’Unna n’était pas de celles qui voulaient à tout prix être écoutées, tout le temps, celles qui avaient besoin d’attention et qui ne pouvaient pas s’empêcher d’ouvrir la bouche. Pas de celles que le silence mettait mal à l’aise. Non, Unna parlait, tout simplement. Avec l’innocence d’une petite fille de onze ans. Douze, peut-être. En entendant ses paroles, je haussai les épaules. Elle n'aurait pas considéré cela comme une chance si elle avait su ce qui m’empêchait de trouver le sommeil. Et pourquoi m’endormir me terrorisait. Parce que c'était le seul moment où ils pouvaient à nouveau me rendre visite. Et m'atteindre.

Petit à petit, le froid me quittait et je repris même possession de mes orteils, chose assez agréable. Mais soudain, elle se tut. Je me sentis donc dans l’obligation de répondre. Ou peut-être avais-je envie de répondre. Car sa voix ne jugeait pas. Ne calculait pas. Tout compte fait, elle était la spontanéité même. Alors j’ouvris la bouche. Une fois. La refermai. Une fois. Puis l’ouvris.

Une seconde
Et dernière
Fois.


- T’as raison… Les cauchemars... Ils sont souvent beaucoup trop réels. Ce qui est bien, quand on ne dort pas, c’est qu’on ne peut pas en faire, murmurai-je avec un sourire. Mais sinon, ça va ?

Je ne savais pas pourquoi j’avais posé cette question idiote. Avec un intérêt sincère, pourtant. Pas le genre de question que l’on posait en plein milieu d’une conversation. Mais les cauchemars, j’en faisais beaucoup. Et si j’avais appris une chose, c’est qu’on allait tout sauf bien en se réveillant de l’un d’entre eux. Alors au lieu de m’apitoyer sur moi-même, j’essayais tant bien que mal d’aider les autres. Ceux qui étaient gentils, au fond. Ceux qui avaient

Un cœur
Arc-en-ciel.


Je plantai mon regard dans celui du ciel. Et j’eus l’impression qu’il me soufflait : « Envole-toi. » Doucement, il s’éclaircissait, le bleu d’encre laissant place à un bleu plus pur, plus doux. Les étoiles, elles, disparaîtraient bientôt. Mais comme je l’avais appris en Astronomie, l’Etoile du berger serait la dernière à quitter le ciel ce matin-là. Ou plutôt serait-elle la dernière visible par les humains. Ceux qui ne dormaient pas. Ceux qui préféraient rêver éveillés. Car il n’était pas possible que nous ne soyons que deux petites filles à être debout. Il y avait forcément d’autres enfants, seuls ou à plusieurs, qui admiraient la beauté de ce monde endormi en cet instant précis.

J’avais toujours aimé ce jeu. « Combien de personnes dans le monde sont en train de se brosser les dents en même temps que moi ? Combien écoutent ma musique préférée, maintenant, tout de suite ? » Je les imaginais dans leur cuisine, je dessinais leur vie et ils vivaient.

Dans
Ma tête.


J’avais arrêté de jouer. Mais ce matin-là me donnait envie de tout recommencer. Car un mot flottait dans le ciel. Espoir.

Je m'excuse de cet énorme retard... :/

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26 août 2020, 00:03
Aurore  PV   + 
- T’as raison… Les cauchemars... Ils sont souvent beaucoup trop réels. Ce qui est bien, quand on ne dort pas, c’est qu’on ne peut pas en faire.

Ella parlait comme quelqu’un qui aurait déjà vécu tout ça, comme si elle voyait exactement ce que la jeune aiglonne voulait dire. Unna avait sa réponse : si Ella ne dormait pas, c’était sans doute pour éviter de faire des cauchemars. De quoi pouvaient bien être faits ces songes qu’elle cherchait à fuir à tout prix ? Est-ce qu’ils étaient aussi incompréhensibles que ceux d’Unna ou bien étaient-ce des souvenirs désagréables ? Unna essaya de s’imaginer l’enfance de Ella. Elle se dit, sans vraiment savoir pourquoi, qu’elle n’avait pas dû être aussi facile que la sienne et qu’elle avait sans doute de bonnes raisons de se réveiller en pleine nuit. Unna avait envie d’en savoir plus sur Ella, elle avait l’étrange impression qu’elles étaient connectées d’une manière ou d’une autre, qu’elles étaient pareilles, faites de la même matière, comme des jumelles, d’ailleurs leurs prénoms sonnaient vraiment à l’unisson. Allez Unna, arrête de divaguer, tu ne sais rien d’elle après tout.

- Mais sinon, ça va ?

Est-ce que ça allait ? On ne pouvait pas vraiment dire ça, non. Unna, qui était en général d’un optimisme sans faille, se laissait un peu aller à la mélancolie ces derniers mois. Elle s’en voulait d’être si triste, et pour un garçon en plus ! Jamais Unna ne se serait attendue à tomber amoureuse durant sa première année à Poudlard. Tombée amoureuse ? Mais je ne suis pas tombée amoureuse.

Tomber amoureuse.
Tomber.
Se blesser.
Souffrir.


Unna essaya de se convaincre tant bien que mal qu’elle n’était pas tombée amoureuse de Steve. Quoi qu’il en soit, elle ne pouvait pas nier qu’il lui manquait. Pendant deux mois, ils avaient vraiment passé beaucoup de temps ensemble. Unna s’était vraiment habituée à sa présence et à leur complicité naissante. Le pire était d’être dans l’incertitude. Jamais il ne lui avait dit qu’il ne voulait plus la voir, jamais ils ne s’étaient disputés pour quoi que ce soit. Il avait tout simplement disparu. Il s’était évanouit dans la nature.

Évanouit.
Évaporé.
Volatilisé.
Dissous.
Dans le néant.


Unna se rendit compte qu'il s'était écoulé un temps assez long depuis que Ella lui avait posé sa question. Elle se décida alors à ouvrir la bouche :
- Pour être honnête, ça ne va pas très bien en ce moment. Tu sais, je ne veux pas t’embêter avec mes histoires, mais pour le dire simplement, quelqu’un me manque.

Un seul être vous manques est tout est dépeuplé.

Cette expression qu'elle trouvait tellement clichée lui revint en mémoire. Sa mère se plaisait souvent à la clamer en riant. Elle correspondait bien à la situation. Ce n’était pourtant pas si terrible, ce qui lui arrivait. Mais c’était ce qu’elle ressentait.

Un cœur dévasté.
Tel un désert sur une planète inhabitée.


@Ella Davis, à mon tour d'être désolée pour cet énorme retard :/

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1 oct. 2020, 22:02
Aurore  PV   + 
Quelqu’un manquait à Unna. Et elle ne pouvait savoir à quel point je la comprenais. Peut-être ce quelqu’un ne nous manquait-il pas de la même façon; mais dans tous les cas, ça faisait si mal. Je me réveillais chaque matin, le ventre noué, en me rendant compte que mon frère ne serait pas dans la cuisine en train de manger ses céréales. Qu'il ne ferait pas d'énièmes taches sur son pyjama neuf. Que papa ne râlerait pas en posant une main sur sa nuque. Dans la journée, quand je me concentrais sur autre chose, le nœud se desserrait. Mais tout recommençait, le soir,

Lorsque les étoiles
Sont silencieuses.


Le pire était sans aucun doute le jour où quelqu’un nous manquait, mais que l'on n’avait aucune idée de si c’était réciproque. S’attacher, alors que dans la vie tout était si fragile. En regardant autour de moi, je remarquais que chaque lien invisible était fin comme le fil d’une toile d’araignée. C’était aussi pour cela que la vie était si jolie. Ne pas savoir de quoi demain sera fait, même en ayant conscience que tout recommencerait comme avant.

En un peu
Plus dur.


- Tu ne m’embêtes pas, je répliquai dans un murmure. Ce quelqu’un… il te manque parce qu’il est loin ?

Parce qu’il n’est plus là ? Parce qu’il t’a laissée tomber ? Tant de suppositions. Papa m’avait toujours accusée de trop réfléchir. « Prend la vie comme elle vient ». Je le regardais, perdue. Avais-je seulement le choix ? Je n’avais jamais voulu tout prévoir. J’aimais juste me poser des questions, beaucoup de questions.

Peut-être
Trop ?


A mon goût, on ne pouvait jamais assez s’en poser. Essayer de trouver ses propres réponses. Un jour, la maitresse m’avait demandé d’arrêter, car je perturbais le cours. Tu es hors-sujet, Ella. Était-ce moi, le hors-sujet? De toute façon personne ne pouvait lire dans mes pensées. Là-bas, j'avais le droit de m’imaginer un monde plus beau. Un monde où j’avais des amis. Un monde dans lequel les gens se souriaient dans la rue, dansaient sous la pluie et regardaient les levers de soleil.

Je me demandais si Unna s’était déjà sentie décalée. A côté de la plaque. Inutile. Mais pour l’instant, elle était triste. Personne ne méritait d’être triste. Tu es naïve. J’allais avoir douze ans. Je devais grandir. Dans un monde moins beau, peut-être. Mais un monde dans lequel je n’arrêterais pas de chercher à atteindre les étoiles.

C’est beau
D’être naïve.


Pas ignorante. Heureuse, pour quelques instants, de n’avoir à se soucier de rien. Je regardais au loin, par-delà les montagnes, des rêves pleins la tête.

- Quand va-t-il se lever, à ton avis ? chuchotai-je, impatiente.

Retrouver
Son âme
D’enfant.


Encore une fois, je m'excuse de ce retard, @Unna Bright :/

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22 nov. 2020, 01:27
Aurore  PV   + 
La question d’Ella résonna dans sa tête. Est-ce qu’il était loin ? Unna n’en avait vraiment aucune idée. Avait-il quitté Poudlard ? C’était une possibilité. Elle ne l’avait pas revu depuis le retour des vacances de Noël et pourtant ils avaient en général des cours en commun. Peut-être aussi qu’il faisait tout pour l’éviter. Et si c’était le cas, il était vraiment très doué à ce petit jeu. Unna se demandait comment il avait fait pour disparaître d’un coup, sans laisser de traces, alors qu’ils passaient presque tout leur temps libre ensemble il y a encore quelque mois. Évidement, la jeune aiglonne était bien trop fière pour tenter de trouver des réponses, de le chercher ou encore d’interroger ses camarades de Serpentard. S’il ne lui donnait pas de nouvelles, c’est qu’il ne voulait plus la voir, un point c’est tout. Unna ne savait plus où donner de la tête, entre tristesse et colère. Elle ne voulait plus penser à lui, elle ne voulait plus souffrir, elle aurait presque préféré que rien ne ce soit jamais passé entre eux.

Presque…

Parce qu’au fond, c’était vraiment beau ce qui lui restait de cette histoire.

Beau mais douloureux…


Elle ne voulait pas effacer ces images magiques de son esprit. Elle préférait les garder, quitte à souffrir encore.

Elle n’avait jamais parlé de son histoire avec Steve à personne. Mais Ella semblait si sensible et empathique que Unna eut envie de lui raconter un peu, de déposer un peu de sa souffrance dans cette demi-nuit, dans cette aurore bienfaitrice.

- Pour tout te dire, Ella, je ne sais pas s’il est loin. Je ne sais pas du tout où il est. Il a simplement disparu, il s’est évaporé. Il s’appelle Steve, je l’ai rencontré ici à Poudlard. On était vraiment de très bons amis et même un peu plus, dit-elle en rougissant légèrement. On passait tout notre temps ensemble. Mais quand je suis revenue après les vacances de Noël, je ne l’ai plus revu et il ne m’a donné aucune explication.
Puis elle ajouta, sans trop savoir pourquoi :
- J'ai l'impression que tu comprends, que toi aussi quelqu'un te manque. Je me trompe ?

- Quand va-t-il se lever, à ton avis ?

Unna recentra son attention sur le paysage. Le bleu foncé commençait justement à s’éclaircir.

- Ça y est, il se lève ! s’exclama Unna avec enthousiasme en montrant la ligne d’horizon.

Cela allait bien plus vite que précédemment. Le ciel devint bleu clair et des volutes roses-orangées apparurent dans le ciel. On ne voyait pas encore le soleil en lui-même car il était caché par les arbres de la forêt. Le ciel était plutôt dégagé mais on pouvait voir de petits nuages blancs qui se mouvaient lentement. Ils semblaient s’accrocher aux couleurs de ce lever de soleil. C’était donc cela, que l’on appelait le point du jour.

Unna était complètement fascinée par la pureté de ce spectacle. Elle ne pouvait plus détourner son regard de ces si belles lumières.

@Ella Davis, excuse-moi à nouveau pour cet énorme retard :/

Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière.
Troisième année RP - Fiche - Marraine - Réputation - Chocogrenouilles Couleur : #8000BF