Floraison sur des bouts d’papiers.
@Welmina MacMaulan
Cher journal,
Nous sommes un jour de printemps, enfin.
Le 20 Mars.
Enfin.
Enfin l’écriture des vulgaires paysages hivernaux allaient se transformer en de beaux paysages à coup de jolis arbres qui fleurissent ou du vent si frais mais tellement reposant.
Les cheveux volants au vent, le col de ta chemise qui glissait sur ton cou, à cause du vent. Du vent bien frais. Un vent printanier.
Et toi.
Et moi.
Et vous.
Portés par ce vent vers un coin magique de l’enceinte du château. Le lac, cette eau, cette libération.
Ce calme, ces écrits, ces recoins.
Tout.
À jamais.
J’espère
Il ne changera pas,
Mais en même temps, les pages de Ma Vie seront anciennes et une vraie antiquité.
Je montrerais ça à mes enfants, qui ne connaîtrons pas cette ambiance, cette fausse ambiance où tout le monde fait croire qu’ils vont bien.
Peut être que dans Leur monde, ça changera.
Posé sur un rocher au bord du Lac, carnet et plume à la main, le regard fixe vers l’horizon à noter ce que je voyais en essayant de dessiner, ce qui n’était pas ton fort.
J’aurais appelé ça..
Le paradis..
Mais maintenant j’appellerais ça..
Une chance.
C’était si beau, pas beaucoup pouvait voir ça. Seulement les élèves, et encore. Beaucoup préféraient s’apitoyer sur leurs sorts quand même pas horrible.
Mais je gère, je ne vais pas craquer pour Eux.
Concentre toi.
Si j’étais un méchant, tu m’appellerais Grimesdelwald ?
Deuxième année 45/46
Floraison sur des bouts d’papiers.

S’évaporer. Douceur. Printemps.
Le Parc a toujours était un endroit que j’aime. Le Lac, encore plus. Il me repose. Me berce. Me permet de m’oublier. Il m’apporte ce calme qui me manque si souvent. J’aime m’y trouver seule. Mais je sais que l’effet qu’il m’apporte est le même pour d’autres.
A peine sortie du cours de Vol, mes pas ont décidé de me guider jusqu’à cette mare infinie. Mon carnet, une plume et un crayon à la main. Je m’installe dans l’herbe fraîche, à quelques mètres de l’eau, lissant ma jupe d’une main. Le Temps est doux. Je me sens bien. Mes mains ouvrent mon carnet sur une page entièrement blanche. Puis prennent la plume. Et commencent à tracer.
Il n’est pas un confident. Ce carnet est une partie de mon Moi-même. Il n’est pas non plus un simple journal. Je me surprend parfois à le tutoyer, comme s’il était une personne extérieure. Mais plus j’écris, plus je sais. Qu’il n’est pas une personne extérieure. Il est moi.Cher journal,
Cher journal Il fait beau.
Relevant la tête, je remarque enfin. Un garçon. Je ne l’ai pas vu lorsque je suis arrivé. Pourtant, il semble être là depuis plus longtemps. On dirait qu’il fait presque parti du décor. A moitié humain, à moitié naturel.Cher journal Il fait beau. La première chose que je vois est mon carnet, ma plume glissant dessus. Autour de moi, je ressens la nature. Les arbres et les fleurs naissantes.
Pendant un instant, je l’observe. Assis sur un rocher, tout près du Lac, il semble loin et proche en même temps. D’ici, je ne le reconnaît pas mais je ne pense pas le connaître. Je vois qu’il écrit, aussi.
Le Lac t’berce, Toi, aussi ?
Ma plume replonge dans mon carnet, quittant l’inconnu des yeux.
Cher journal Il fait beau. La première chose que je vois est mon carnet, Ma plume glisse dessus. Autour de moi, je ressens la nature. Les arbres et les fleurs naissantes. Il y a q
J’hésite à parler du garçon. Il fait presque parti du décor. Comme s’il était une partie du rocher, sur lequel il est assis. Et je le vois aussi, je ressent sa présence. Mais sa présence ne m’est pas offerte, alors je n’ai pas le droit de parler de lui.
Troisième année RP.
happy to be a l i v e
Floraison sur des bouts d’papiers.
Pourquoi..
Ce calme berce l’Esprit, il se repose, il pense plus, il regarde simplement.
Profite d’avoir des pages remplies, fait moi profiter.
7 ans.
7 ans.
J’allais voir sept fois l’hiver, le printemps et l’automne ici, l’été était porté vers l’Angleterre.
Tu allais te lasser,
Toujours les mêmes mots,
Les mêmes choses,
Les mêmes subtilités,
Les mêmes dates,
Les mêmes histoires,
Et moi
Et toi
Tu es le plus important ici,
J’écris simplement, laisse ma trace et,
Tu gardes.
Inconsciemment, une larme part, pourquoi ?
L’esprit,
Il continue de penser.
J’avais 4 ans,
C’était en hiver, un vent bien froid.
Maman était là, seulement elle. Le vent nous avait porté en Ecosse, dans les montagnes semblables à celles devant nous. Nous étions là bas, sans Toi. On regardait les montagnes et elle me chantait une chanson, douce et calme, Elle hante encore mes nuits avec sa mélodie affreusement attachante.
Tout ce qu’Elle entreprenait me hante, la Chance avait frappée, j’étais jeune, je me souviens de pas grand chose. Mais ça, Ce paysage, ces montagnes, cette eau, cette ambiance, Tout.
Tout me hante.
À jamais.
Les paroles, les chansons,
les décors, les Voix, ma Maison,
mon nom, tout.
Faisant glisser ma larme sur
mon doigt, je la dégrafe de
ma peau.
Je tourne la tête après quelques minutes d’inattention. Pas loin de toi, un humain, une humain enfaîte. Une « petite » humaine. Que fait elle ici ? En étant porté, j’aurais pu jurer qu’elle n’était pas là.
Depuis quand ?
Depuis quand j’aurais pu..
Pu l’ajouter à Tes lignes ?
Assez longtemps pour avoir pleuré devant quelqu’un, devant une fille, devant quelqu’un qui a aussi un carnet à la main, Elle aussi elle t’as Toi. Écrit elle, dessine-t-Elle, pense-t-elle ?
Aucune idée, mais elle t’as donc, elle observe aussi. Je la fixe en souriant gentiment, les cheveux brouillants ma vue.
Je retourne ma tête vers Le plan.
-C’est beau n’est ce pas ?
Tu écris ?
Si j’étais un méchant, tu m’appellerais Grimesdelwald ?
Deuxième année 45/46
Floraison sur des bouts d’papiers.
Merveilleusement. Décrire. Amertume.
J’ai du mal à me replonger dans l’écriture. Mon Moi-même est troublé par la vue. Et tout ce qui l’entoure. Presque sans m’en rendre compte, je relis mes quelques mots. Je n’aime pas. Ça ne décrit pas. Comme je le veux. Ça ne me plaît pas.
Néanmoins, je ne barre pas. J’aime garder une trace de tout ce que j’écris, même quand ce n’est pas à la hauteur de mes attentes. Mais je ne continue pas pour autant le début du dernier mot ne restera qu’une lettre. Q. uelqu’un. Il y a quelqu’un.
Le garçon. Il m’observe, à son tour. Quelque chose en moi me souffle que quelque chose ne va pas. Il me sourit. Mais le cœur n’y est pas. Il pleure. Je lui souris en retour. Mais le cœur n’y est pas non plus. Je n’aime pas voir les gens pleurer.
J’essaie de distinguer qui est la personne sous les larmes. Je ne le connais pas, il doit être en première année pourtant il semble plus grand. Il n’a pas l’air d’être le genre à pleurer souvent devant les gens. Mais ce n’est qu’une apparence.
Il commence à parler. Naturellement. Affirmant que le paysage est beau. C’est vrai, c’est beau.
C’est ça, qui t’fais pleurer, Garçon ?
Visiblement, il a vu mon carnet. Me demande si j’écris. En général, je n’aime pas qu’on me voit écrire. C’est une sorte de jardin intime. Mais, là, c’est différent. Il doit savoir ce que sont la beauté du traçage de mot. Il connaît sûrement les émotions. Et la relation particulière qu’il existe entre les lettres et notre Nous-même.
« Beau, c’est simple comme mot. »
Simultanément, ma main trace quelques lettres, en accord avec mes paroles.
Merveilleux.
On pourrait mettre des milliers de mot sur ce Lac. Le décrire pendant des heures. Mais maintenant, mes émotions se résument à un mot. Merveilleux. Ce mot qui est dans ma tête. Et sous mes yeux. Tracé au beau milieu de ma page. Merveilleux.
« Oui, j’écris. Le Lac mérite d'être décrit. »
Je n’ose pas lui retourner la question, il était probablement venu ici dans le but d’être seul. Personne n’aime qu’on le voit pleurer. J’essayerai de me faire discrète. Peut-être de partir rapidement. Bizarrement, le lac perd parfois de sa merveille quand il y a trop de monde pour l’observer.
Je ne veux pas être ce monde qui dérègle la beauté dans les yeux des autres.
Troisième année RP.
happy to be a l i v e
Floraison sur des bouts d’papiers.
C’est simple.
Qu’est ce qui est simple.
L’interprétation du mot ?
Ou son sens ?
Ou ce paysage vu sous différentes formes.
Dans tous les cas, cette fille avait raison, tout est léger, tout est simple.
Que faire maintenant, je ne pouvais pas plus écrire avec l’esprit tranquille.
Elle.
Elle avait raison,
Mais ses mots me troublaient.
Pourquoi c’est simple ?
Que rajouter pour que ce soit.. juste ?
Juste, qu’est ce qui est juste ? Le mot dans tes pensées qui y résonne, mais à l’oral, il veut dire autre chose. L’interprétation des autres, le sens d’écouter, tout ça varie, alors que tes pensées ne changeront jamais.
Ou presque.
Regarde Maman Elle, elle disait m’aimer, aimer papa, aimer la vie.
Mensonge.
Elle m’aimait pas, n’aimait pas papa, n’aimait pas sa vie.
Si je changeais ? Moi non, je suis un garçon, je suis au dessus de ça. Un garçon passe au dessus de ça, c’est papa qui me l’a dit.
Il a dit un garçon comme moi.
Mais je suis banal, je suis comme les autres, alors je peux parler au nom de tous les garçons normaux.
Jamais, je parlerais au nom des gens bêtes, tous les garçons sont bêtes, sauf toi. La différence nous paraît bête, c’est normal, alors y croire est encore plus bête..
-Chaque pas le mérite. Tu ne crois pas ?
Si j’étais un méchant, tu m’appellerais Grimesdelwald ?
Deuxième année 45/46
Floraison sur des bouts d’papiers.
Infini. Être. Imprécisions.
La tête baissée sur le mot que j’ai tracer, je réfléchis. Merveilleux. C’est comme beau. En plus fort. Frôle l’irréel. Et dépasse la joliesse. Ce paysage ne semble pas magique. Peut-être un peu isolé. Réel. Magnifiquement réel.
Ma main aimerait tracer ce nouveau mot à côté du premier. Réel. Mais s’arrête, lorsque le garçon me répond.
Juste. Il pense qu’il faut rajouter des choses. Il doit avoir raison. Si par juste, il entend vrai. Précis. Il faudrait rajouter beaucoup de choses. Abréger une histoire, n’est pas vraiment la raconter. C’est comme dessiner sans détails. Comme parler d’une personne uniquement par sa réputation. C’est faux. Ce n’est pas. Juste.
Néanmoins, je ne sais pas quoi rajouter pour parler du Lac. Non, c’est faux. Je sais mais je ne saurais pas les dire. Je pourrais les écrire. Il comprendrai ça. L’attention. L’affection. Qu’il porte à son carnet sont notables. Visibles. Il connaît l’écriture. Il doit savoir que parfois, c’est plus fort que les mots.
Si je lui explique, il comprendra. Je le sens.
« Je... pourrait pas l’exprimer. Pas par la parole. »
Comme pour finir ma phrase, le stylo que je tiens dans ma main se pose sur mon carnet. Une sorte de signe que je parle de. L’écriture.
Si ça ne tenais qu’à moi, je ne parlerais plus. Et décrirait le Lac. Le garçon m’a donné une belle idée. J’aimerais l’approfondir maintenant. Mais le Temps semble être au langage et non à l’écriture.
Pourquoi on écrit pas plutôt ?
Il continue. Parlant cette fois du mérite. Tout mérite d’être décrit. Il a raison, bien sûr. Tout mérite d’être vu. Observé. Chacun doit faire attention à chaque chose. Chaque Sois-même doit avoir une part d’admiration et d’attention à chaque instant.
Mon attention actuelle est offerte. Au Lac. A mon carnet. Au garçon. Et à son carnet. Plus je les regarde, plus j’ai envie de continuer à écrire. De les décrire. D’offrir mon attention.
« Si. Si, bien sûr. Je pense... que c’est pour ça que j’écris. »
Il est vrai que je ne réfléchis pas souvent aux raisons qui fond que j’écris. En parler avec quelqu’un qui le fait aussi, me fait du bien. Ça m’arrive parfois d’écrire mes ressentis qu’apporte l’écriture. Comme une mise en abyme.
J’écris que j’écris.
Ces mots se forment, lorsque mes yeux quittent le garçon. C’est ça. J’écris que j’écris. Et étonnement, ça me fait plus de bien d’écrire l’écriture que d'en parler.
Troisième année RP.
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Floraison sur des bouts d’papiers.
Elle à raison.
Tracer ses sentiments est bien plus puissant que la parole.
Cette dernière sera Oubliée, Ignorée, alors que si on la Forme, on pourra la garder.
Pourquoi laisse Sa Trace si celle ci disparaîtra dans les Enfers des Autres qui écrivent ; l’Oublie.
Comment décrire ça a l’oral.
Par écrit, tu dessines ton ressentis.
«
»
C’est abstrait.
Comme ton ressentis.
Ressentis en tout. En Lui, en La Vie, en Elle, en Tout.
Les traits ne signifient rien, tu peux facilement inventer Ton monde.
De Mauvais traits comme de Bons. Et c’est à Toi de choisir, et pas le Destin d’une plume.
Je me tourne avec de lents mouvements. Ils sont lents, certes, mais précis et significatifs.
Lent comme la Vie.
Lent comme la plume contre ton parchemin.
Lent comme les pensées des Autres.
-Tout ce monde indescriptible est si.. abstrait. Dessinons, écrivons abstraitement. Non ?
L’Abstrait est si Flou.
C’est pour ça que tout ça correspond à la Vie et à l’environnement qui nous entoure.
Si seulement on pouvait s’envoler dans ce monde.
Non.
Si seulement on pouvait s’envoler de l’autre côté de la page.
La page du lendemain ? Celle qu’on a pas encore écrite. Celle qui est libre a construire.
Que se passera-t-il ?
C’est cette adrénaline qui donne l’espoir d’une vie.
-Tu n’aimerais pas t’envoler de l’autre côté ?
Si j’étais un méchant, tu m’appellerais Grimesdelwald ?
Deuxième année 45/46
Floraison sur des bouts d’papiers.
Abstrait. Privé. Page.
Je me situe dans un mode entre l'écriture. Et la parole. Et j'y ai rencontré ce Garçon. Je ne sais pas s'il vient de là-bas, ou si comme moi c'est juste un lieu de. Voyage. Pour s'évaporer. Et rencontrer des gens. Cela ne m'arrive pas souvent d'y trouver d'autres personnes. Ou, en général, lorsque j'en vois. C'est moi qui m'en vais. Mais maintenant je sais que ce n'est pas uniquement mon monde. Et s'il accepte de le partager avec moi, je ne vois pas de raison de ne pas lui rendre la pareille.
Le Garçon écrit quelque chose sur son carnet. Non, il trace quelque chose. Je suis bien trop loin de lui pour voir quoi et je n'ose pas bouger. Même si le monde est partagé, la distanciation permet le respect de la vie privée. Et j'ai put en avoir un aperçu mais je ne connais pas la relation exacte du garçon et de son carnet. Ce serait un manque de respect de lui demander ce qu'il écrit. Après tout, il ne me l'a pas demandé, à moi.
Abstrait. Un mot de plus qu'on pourrait rajouter pour décrire l'écriture. Et il convient parfaitement, tellement on pourrait en ajouter. On aura beau essayer de décrire le monde. Il restera abstrait. Et si rempli. Si flou. Qu'on ne pourra jamais entièrement le décrire. Ou juste. Abstraitement.
C'est ça qu'tu veux dire, Garçon ?
Mais cela ne nous empêche pas décrire quand même. Au contraire, il m'y invite. La parole n'est pas un bon moyen de décrire un monde abstrait. Mais dans cet autre monde. Celui entre la parole et l'écriture. Celui des Mots. Tout est possible. Je le pense.
« C'est la meilleure des façons de le faire. Je ne sais pas si on peut décrire, autrement. »
Ma plume, toujours posée sur le papier, ne demande qu'à. Tracer. Mais mon Moi-même écoute le Garçon parler. Dans le monde-à-moitié, l'écriture et la parole sont de même quantité. Il ne faudrait pas négliger l'une pour l'autre.
M'envoler. Passer de l'autre côté. De la page. Nous y sommes presque, finalement. Pas entièrement. Dans le monde de la parole. Ni entièrement dans le monde de l'écriture. L'autre côté, comme il dit.
J'ai déjà du mal à me faire au monde-à-moitié, je m'y habitue. Mais l'autre côté doit être trop loin. Trop différent.
« Oh, si... Mais j'aurais peur de ne pas savoir revenir. Et toi ? »
Ma plume reste stagnante. A peine à la frontière extérieure du monde-à-moitié, je ne suis pas prête à passer de l'autre côté. Celui de la page.
Troisième année RP.
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