10 juil. 2020, 22:41
Je t'éviterais les douleurs solo ++ OS


À peine entrée dans le wagon plongé dans le silence j'observe tout comme principales occupations, en face un élève qui dort une carte de chocogrenouilles à la main - comment il peut dormir alors que le train n'a même démarré - et à côté de moi une fille, grande, impressionnante et qui n'en a rien à faire de moi. Pour ne pas penser à un sujet très, trop... compliqué je vais m'amuser à imaginer leur vie. Difficile pour le jeune garçon somnolent mais pour la fille bien plus âgée je m'y risque avec plaisir. Je dirais qu'elle est en quatrième année, à Gryffondor vu sa robe et qu'elle est assez studieuse ou alors elle est juste vide d'émotions. Peut-être qu'elle aussi craint un peu Poudlard, non c'est peu probable puisqu'elle vient depuis quatre ans. Ses cheveux noirs coiffés en deux longues nattes, des yeux marron dernière une paire de lunettes et un nez en trompette. La peau mate et bronzée, visage inexpressif et regard livide. Sur le moment on peut croire qu'elle était morte intérieurement mais l'instant d'après elle prit un livre et l’ouvrit à une page plutôt avancée. C'est alors que j'ai fini de me décrire cette fille, j'aime bien faire cela comme quand j'invente un personnage mais je ne me tente pas à lui inventer une histoire par peur de toucher juste avec mes phrases trop mélancoliques.

Il ne me reste qu'une autre occupation avant d'être réduite à l'ennui, même si je le repousse autant que je peux-je ne peux que l'affronter. Il me titille depuis longtemps, je l'ai déjà enduré mais en vain, la réponse n'était pas claire. C'est alors que les questions fusent à travers mon pauvre esprit.

Pourquoi je suis différente ?

Pourquoi c'est Moi et pas un autre, je quitte mes amis, ma famille pour la Magie ainsi que mon quotidien plutôt facile. Poudlard m'attend et je ne sais pas ce qu'il me réserve mais j'ai peur. Peur de souffrir. Différentes je n'en ai plus l'impression parmi ces robes noires et baguettes que nous portons tous mais c'est un mot trop vaste, et je crois que je prends beaucoup de place.

Pourquoi je n'ai pas le choix ?

À vrai dire on ne m'a pas posé la question, et si je refuse d'exploiter mes pouvoirs, que je ne voulais pas les développer et juste garder ma vie comme avant. Au fond je ne pense pas, curieuse comme je suis c'est impossible mais je suis terrifiée et personne n'est là pour me rassurer. Je vais regretter tout de même mes jours remplient d'envie, de joie et d'éclats de rires. Les retrouverai-je là-bas ? Encore une question sans réelle réponse ou tout simplement trop dure.

Pourquoi plus-tard me fait peur ?

C'est quelque chose de trop dur, je n'y arrive pas et je n'ai pas vraiment envie de chercher mais quelques éléments vagues pourraient me convenir jusqu'à la prochaine averse. L'inconnu n'est pas facile surtout quand il amène peur et sanglots. Plus-tard me font peur car je pense qu'il va être difficile comme les dernières semaines que j'ai passées avec un sourire forcé aux lèvres voir même plus.

Qu'est-ce qui me terrifie enfaîte ?

Moi et mes failles si nombreuses, la distance, le manque, la suite, et la solitude. Bien d'autres choses qui ne me viennent pas à l'esprit mais tout cela mélangé me fait vraiment peur car je sais aussi qu'à cause de ses raisons que les larmes vont couler.

Je réfléchis encore pendant une bonne demi-heure fixant le paysage flou à cause de la vitesse par la fenêtre. Jusqu'à ce que j'envoie valser mes interrogations douteuses pour juste essayer de profiter et de ne pas imaginer car il y aura peut-être des moments agréables voire même heureux... Je suis satisfaite de mes minimes (?) réflexion. Pendant le reste du voyage je tombe dans les bras de Morphée.




Le bruit des gens qui crient pour descendre et des nouveaux tout excités me réveille. Le temps reprend son cours dans ma tête et je dois sortir et éviter les reproches de mon frère ainsi qu'une petite engueulade publique. J'esquisse un léger sourire en me remémorant la scène où je suis partie en courant après un petit (?) coups de valise, je comprends donc que mon frère va vouloir me toucher deux mots. Alors je prends mes bagages et me file vers la sortie, plus que quelques pas et à moi l'air libre. Je descends les hautes marches du train et saute les deux dernières. Presque tout le monde est dehors. Presque.

Je t'éviterais les bonheurs ?



3° année Rp