13 juil. 2020, 20:08
Personne n'appartient à Personne  privé 
23 Juin
Couloirs


@Lena Smith
@Mattew Thomas


Elle marchait.
Vite, essoufflé, un peu.
En retard, assurément.
Elle avait un poing de côté à droite, ses ongles courts semblaient vouloir déchiqueter la paume de sa main pour la pousser à accélérer, ses cheveux voltigeaient dans l'air lourd et chaud de juillet.
C'était à ça qu'elle ressemblait?
Ça, une tornade sombre qui courait presque, de toute la force que ses jambes pouvaient lui fournir.
Son sac battait à sa hanche, renforçant Douleur, la forçant à accélérer, encore.

Des élèves interloqués se retournaient, la pointaient du doigt, chuchotaient.
Les murmures roulaient sous ses pieds, sonnaient comme une cloche funèbre à ses oreilles.
Elle les devinait, aussi discrets et fugaces qu'ils croyaient être.
*Idiots.*

Regardez-la, elle, la petite perdue.
Regardez-la, elle court, minuscule.
On cherche quelqu'un peut-être? Sa maman?
Elle est idiote de se presser comme ça.
Laissez tomber, vous ne voyez pas qu'elle est juste folle?
Ouais, folle. Tarée, même.
Tarée, idiote, stupide, lâche, anormale.


Elle avait envie de hurler.
De hurler qu'elle était pas comme ce qu'ils pensaient.
De hurler qu'elle était pas qu'une forme décharnée, un corbeau de malheur qui luttait contre le Temps.

Le Temps.
*J'le hais.*
Indomptable, immense, fascinant.
Les hommes avaient essayé de le mesurer, de le comprendre, de l'apprivoiser.
Et pourtant il s'écoulait, indifférent aux craintes des poussières qui s'agitaient autour de lui, le Maître.
Il accélérait les secondes, les bousculaient quand les autres demandent une de ses faveurs pour rester encore un peu en vie.
Il ralentit les minutes, les heures paraissent jour lorsque les autres s'ennuient et s'endorment, amorphes âmes dans d'évanescents corps.

Elle avait toujours trouvé que dompter Temps était une idée stupide.
*Stupide, idiote, complètement folle et à-côté de la réalité.*
Pourtant aujourd'hui, elle pestait contre lui, le haïssait de tout ses lambeaux d'organes lui servant de cœur.
Elle se détestait pour être partie aussi tard.
Elle se détestait pour avoir pris le temps d'aider une fille qui avait l'air perdue.
Comme toi.
Elle se détestait pour avoir oublié sa montre.

Elle frissonna.
Les montres lui faisaient peur.
Une surtout.
*Clac clac.*
Non. Pas elle. Pas Elle. Ça pouvait pas être...
*Clac clac.*
Une hallucination.
Le manque de sommeil.
*Clac clac.*
Elle devait trouver une explication rationnelle.
Elle avait mal à la tête.
Ses pas s'alourdissaient, le couloir devenait de plus en plus long au fur et à mesure qu'elle courait.
Son frère était venu la rechercher.

*Flash.*

Le poudlard express, sous la neige.
Elle assise, sur les marches.
Une forme se découpant dans la brume du train.
*Flash.*

Une voiture verte, roulant.
Des gouttes de pluies roulant sur ses joues.
*Flash.*

Une flamme, verte, étrange.
Ses parents, les Mots de son père.
*Flash.*

La montre, brillante, claquant dans les mains de son frère, tel un animal nerveux.
Le grondement sourd naissant de toutes les gorges.
Il s'amplifiait, devenait ouragan, dévastait tout sur son passage, brisant le reste de sa confiance, l'emportant avec les Vents.
*Fl...*











*Choc.*












Son corps buta contre celui d'une autre.
Une autre, jaune.

Ne cherchant pas à savoir le Qui du Comment, ne cherchant plus les questions mais les réponses, elle réussit à haleter des bribes de mots, pliée en deux.

"Il...Est...Qu...Quelle heure?"

Libre à toi Plume de Lena de choisir si Alison est rentrée dans ta Protégée ou dans une autre.
Tu peux alors choisir la réaction de l'autre en question si elle n'est pas Lena.
En espérant que ce premier Pas vous va à tous deux.
Dernière modification par Alison Morrow le 27 juil. 2020, 12:57, modifié 2 fois.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

16 juil. 2020, 21:03
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Les autres élèves marchaient à ses côtés. Enfin, pas à côté d’Elle, mais aux alentours, dans le couloir.
Bruyants.
Leur chahut était pénible.
*Peuvent pas se taire un peu ?*
Apparement non.
Elle en avait marre. De tout ces Autres.

Serrant ses livres contre sa poitrine un peu plus forts, les jointures blanches, Elle pressa le pas. Pas au point de courir. Mais pour marcher un peu plus vite. Pour échapper aux Autres et retrouver le calme d’une salle de classe. Le Silence.
Elle n’eut pas le temps de faire quelques mètres.
Un corps percuta le sien.
Fort.
Un voile noir lui recouvra les yeux, cachants sa vu. Elle fut obligée de lâcher ses livres, qui s’éparpillèrent sur le sol.
Le souffle coupé.
L’Enfant tituba sur quelques pas, avant de s’immobiliser. Elle était toujours aveuglée.
Sonnée.
Mais elle ne ressentait que deux Sentiments.
*Douleur.*
Mais surtout *Colère*.

Qui avait osé ? Qui avait osé la bousculer ? Lui faire du mal ?
L’aveugler encore plus qu’elle ne l’était ?
Sans prendre la peine de ramasser ses bouquins, Elle se retourna.
Retrouvant peu à peu l’usage de la vue.
Quelques Étoiles dansaient encore de leur Valse majestueuse devant ses yeux, mais elle n’y prêta pas attention.

Seul importait la Présence devant Elle.
Alison.
Colère s’évapora d’un coup.
La Présence de la Jaune chassait tous les sentiments négatifs. Pour ne laisser la place qu’à la Joie et au Bonheur.

Alison était épuisée. Elle avait dû courir. Beaucoup.
Pour haleter ainsi en posant sa question.
D’ailleurs, elle avait bien raison de la dire.
L’Enfant ne le savait pas elle-même.
Ignorance était de retour.
´Fallait bien qu’elle réponde quand même.

-Euh... J’sais pas. Il doit être environ 11h ?

Elle en savait rien.
C’était dit au hasard.
Mais Elle avait pas eu beaucoup d’heures de cours, ce matin là.
Il devait être aux alentours de 11h alors. Ou alors c’était l’après midi ?
La Fille avait perdu toute notion du temps.

Regardant autour d’Elle, elle chercha une tête connue.
Personne.
Enfin, si.
Mattew.
Il était devant Elle.
*Pourquoi lui ?*
Parce que.

S’approchant timidement en tenant la main d’Alison, l’Enfant tapota l’épaule de son camarade pour qu’il se retourne.

@Mattew Thomas, je sais que tu ne verras pas ce Pas avant le 27 juillet (je crois ?). Mais si tu passes par ici avant, c’est à toi de répondre. Plume d’ @Alison Morrow, si l’envie t’en prends, tu peux répondre quand tu veux ^^

Cinquième année rp 2048-2049
« If you're the sickness, I suppose you can't also be the cure. » – Cardan Greenbriar
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25 juil. 2020, 14:18
Personne n'appartient à Personne  privé 
Elle s’y préparait.
Courbée toujours, les yeux rivés au sol, elle essaye de ne pas penser au torrent d’injure qui la recouvrira bientôt, à cette personne prête à vomir ses viscères d’insultes sur son corps déjà balloté par les vents de la course.
Son souffle se perd, elle n’essaye que trop vainement de le rattraper, alors qu’il s’enfuit, lâche, par sa bouche grande ouverte.
L’air rentre, sort, reste bloqué dehors, refuse de rentrer à nouveau dans ses poumons. Il la regarde crever, étouffée par trop d’air ou par pas assez.

Comme toujours lorsque ses pensées s’échappent depuis quelques temps, elle voit à nouveau se dessiner le cadavre de la femme, dans la grande salle, son corps de poupée magnifiquement déchiqueté, les sillons de Cramoisi, les yeux vides et la tête ballottante, l’immense et terrifiant tigre blanc qui achevait de la mordiller.

Une voix la sortir de sa torpeur.
Une seule Voix, la seule qui pouvait la réveiller de son cauchemar, la reconnecter au monde qui l’entourait, qui a elle seule la berçait et endormait ses craintes.

Pour peu elle en aurait crié son nom de soulagement.
Mais l’air s’enfuyait lâchement de sa bouche ouverte, l’empêchant d’articuler un mot.
Elle se redressa tout de même, rapidement, les mains sur les hanches.
Elle crut que Lena allait lui parler, lui sourire, la faire sourire.
Mais non.
La Jaune fixait autre chose.
Un autre corps. Une autre âme.
*Alors j‘l’intéresse plus ? J’ai l’droit qu’à ça, une réponse inutile sur l’heure ?

Si elle n’avait pas été aussi essoufflée elle aurait hurlé son mécontentement et cet autre chose qui lui bouffait le cœur, le rongeait sournoisement et dévorait jusqu’au moindre morceau d’autre sensation.

L’objet des Mots de Lena, la seule et unique personne pouvant accéder à son attention aujourd’hui était un garçon.
Elle vit la main de la jaune se posée sur l’épaule de l’autre.
Un feu étrange bouillait dans ses veines, faisant se crisper ses poings et luire ses yeux.
Ce sentiment, elle n’arrivait pas à mettre un nom dessus.
Elle voulait pas mettre un nom dessus.

T’as jamais mérité son attention. Tu t’attendais à quoi, idiote?
*J’sais pas moi ! Un son, un clin d’œil même m’aurait suffit !*

Et bercée de mornes illusions qui roulent et se rassemblent en invasions, tu songes à l’évasion de ces visions qui tournent en rond.


Elle lui en voulait.
A cette heure ci, précisément, alors qu’elle l’ignorait totalement *j’suis idiote aussi d’avoir oublié ma montre*, elle lui en voulait.
Sa réaction était injuste vis à vis d’elle.
Elle lui avait confié ce que Personne ne savait, elle avait cheminé à ses côtés dans les méandres de ses souvenirs, rassemblé sous ses yeux une collection de chimères, s’était laissée aller aux pires faiblesses, et au moindre croisement qui les réunissaient à nouveau, la Jaune se détournait ?
Elle fuyait ?
Elle l’ignorait ?
Elle se foutait de savoir si elle était contente de la voir, si elle voulait lui parler, si elle voulait la remercier, lui hurler dessus, la frapper ?
Tu n’as aucune raison de lui faire ça. Ingrate.
Elle détourna sa fureur vers l’autre débile que Lena avait interpellé.
Un poufsouffle lui aussi, première année, en retard.

*S’appelle comment déjà ?*

Mattew


Ce prénom lui fit serrer les dents.
Alors voila qui était le garçon. Le Jaune. Celui qu’elle ne connaissait pas il y avait trois secondes.
Mattew.
L’ancien petit ami de Lena.

Et sa conscience perfide, de rétorquer :
Pourquoi « ancien », Minuscule ?


@Lena Smith
@Mattew Thomas

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

3 août 2020, 18:30
Personne n'appartient à Personne  privé 
Les couloirs.
Des élèves, des discussions, du bruit.
*Pas moyen de se concentrer. De rester tranquille, au calme.
Parce que tu t'attendais à ce que ce soit calme ici ?
Bon, là n'est pas la question, inutile de s'énerver pour un rien*
Ces derniers temps, le jeune Poufsouffle était d'humeur morose, et pouvait passer de joie à tristesse, en passant par colère.
Ces changements d'humeur étaient en partie liés à sa relation avec Lena, qui était, très mauvaise, pour ainsi dire.
Il le savait, mais il refusait d'accepter la vérité.
*Elle t'aime pas.
En fait, est-ce qu'elle t'as déjà aimée ?

C'est vraiment le moment ?*
Il était à deux doigts d'exploser.
Mais il ne craquerait pas. Il ne fallait pas.

*Comment ?*

Lui même ne le savait pas.
C'était dans sa nature. D'être calme.
Mais c'était différent depuis ça. Depuis cette dispute.

*Stupide
Voilà ce que tu as été.
Elle ne te pardonnera jamais.
De toute façon tu es nul.
Qui es-tu ? Mattew Thomas, le garçon sans histoire qui croit qu'il va consoler tout le monde en un claquement de doigts. Celui qui se permet de traiter de folle sa petite amie. Et qui croit qu'elle va lui pardonner...


Stop.

Calme toi. Ne t'énerves pas.
Comme si c'était facile.
Tu ne devrais pas t'énerver. Être triste à la limite, mais pas plus que ça.
Et pourquoi donc ?
Ça ne devrait pas te mettre dans cet état là. C'est juste peut-être la fin de ton amour avec Lena
Juste ? Comme si j'allais m'en foutre.
Regarde ! Même ton comportement et ton attitude sont complètement différent !
Tu es passé d'heureux et joyeux à déprimé et énervé. Et tout le temps.

Là je commence vraiment à regretter. Regretter ce que je lui ait dit.
Si elle me pardonne, je serais vraiment le garçon le plus heureux du monde. (Et le plus chanceux aussi.)
Faut que j'me reprenne.
En plus la voilà.
Hein ? Quoi ?
Lena ?*

Le Poufsouffle fut très surpris. A tel point qu'il cru halluciner au début.
Mais il fut bien obligé d'admettre que c'était bien elle qui était agenouillée par terre, un peu plus loin dans le couloir.
Avec une autre fille, de Poufsouffle, elle aussi. Il l'avait déjà vue.
Par contre, son nom, il n'en n'avait aucune idée.
Il s'approcha, est-ce qu'il avait une chance d'être bien reçu ?
Pas sur, le regard que lui jetèrent les deux jeunes filles semblaient indiquer tout sauf de la joie en vue de son arrivée.
Lorsqu'il fut arrivé à leur hauteur, Lena posa sa main sur son épaule comme pour attirer son attention.

Ouf !

Elle ne paraissait pas si énervée que ça de le voir. Du moins c'est ce qu'il pensait.
Ne connaissant pas la jeune fille à ses côtés, il s'adressa tout d'abord à Lena :

-Oui ?

Puis il fit un bref signe de tête en guise de bonjour à la jeune Poufsouffle à côté de Lena.

@Alison Morrow
@Lena Smith
Dernière modification par Mattew Thomas le 26 oct. 2020, 19:17, modifié 1 fois.

Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB

6 août 2020, 12:01
Personne n'appartient à Personne  privé 
Bon. Bon bon bon. Mattew c’est retourné, lâchant un petit "Oui ?". Un "oui" trop joyeux. Trop heureux.
Maintenant elle doit répondre. Elle doit poser sa question.
*Veux pas*
Elle est obligée, pourtant. Sinon pourquoi poser sa main sur l’épaule du Jaune ?
*Oh non...*

Quoi ?

*Ma main...*

Bah enlève la idiote.

...
Et si elle le fait pas ?
*Autant mourir*

D’un coup sec, elle dégagea sa main. Pour resserrer son emprise sur celle d’Alison. Comme pour se donner du courage. Non, pour se donner du courage. Courage qui ne sert à rien. Après tout, elle sait très bien ce qu’elle va dire.

-Il est quelle heure ?

D’une voix sèche tient. Et *C’est très bien comme ça*.
Le regard froid, le visage ne laissant paraître aucune émotion. Inexpressif. Comme elle en a l’habitude maintenant. Avec lui, en tout cas.
Elle ne pouvait s’empêcher de taper rapidement sur le sol avec son pied.

Sois patiente, Lena.

Gnagnagna. C’est pas comme s’ils avaient toute la journée. Déjà que le cours allait bientôt commencer. Et que la salle n'était pas juste à côté. L'Horloge du Temps ne s'arrêterai jamais pour trois gamins en retard.
Elle est indifférente, l'Horloge. Elle s'en fout des autres, tant qu'Elle continue de tourner dans son "Tic tac" incessant.
Même si c'était la fin du monde, Elle continuerait de marcher. Sans cesse. Pour toujours.
Même si un Corps, le Corps était en train de mourir, Elle ferait rien. Laissant les Flèches Noires s'enfoncer dans la Dame de Sang, laissant les élèves et l'Infirmier impuissants. Laissant le Pourpre envahir la Grande Salle.

Indifférente à tout. Tuant le Monde sans s'en soucier.
Détruisant l'Enfant au fur et à mesure. Détruisant son monde à elle, Lui, ses parents. Ses amis.
Méchante.


***

Une Serpentard lui dit de s'éloigner. Elle, elle veut pas. Continuant de fixer la Dame Rouge et ses Flèches Noires. Les Flèches du Mal. Qui s'enfoncent au fur et à mesure. Sans que les Autres puissent y faire quelque chose. Et le Tigre Blanc, plus très blanc. Cramoisi est le Mot juste.
Sang.
Douleur.
Mort.
Souvenirs.

***

Le brouhaha des couloirs la ramène à la réalité. Sans s'en rendre compte, elle a serré de plus en plus fort la main d'Alison.
*Desserrer mes doigts*
Elle y arrive pas. Comme s'ils étaient bloqués.
*'Chier*
Mais peut-être que c'est mieux ainsi. Le contact de la main chaude de la Jaune la rassure. La calme, à cause du Souvenir.
Inspirer.
Expirer.
Inspirer.
Expirer.
Calme, douceur et cocon de chaleur.

Vie.

Les doigts se détendent, laissant le sang affluer de nouveau. Elle se mort la lèvre, anxieuse. Espérant ne pas avoir fait de mal à Alison.
Espérant ne pas avoir abandonné son visage inexpressif envers Mattew.
Elle espère de tout son Être qu'elle ne l'a pas fait. Sinon autant baisser les yeux. En signe de défaite.
Par Merlin, jamais elle ferait ça. Sinon il serait trop satisfait.
J'le ferait pas. J'le ferait pas j'le ferait pas j'le ferait pas.*

*Alors arrête de penser et attend.

Cinquième année rp 2048-2049
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Membre de la RASA.

8 août 2020, 17:52
Personne n'appartient à Personne  privé 
Ils se parlaient.
Ils s'échangeaient de stupides banalités, se répondant uniquement par des questions, ne formulant aucune réponse, aucune certitude.

Ils en ont le droit. Ils ont le droit de se parler, de s'apprécier. Ils. Ont. Le. Droit.
Alors pourquoi son estomac se retournait désagréablement en elle?
Pourquoi son ventre se tordait, ses muscles se crispaient, son cœur s'accélérait en un galop incontrôlable, sa gorge se nouait en une pelote de fils semblant à jamais emmêlés, ses poumons se vidaient trop vite, se remplissaient pas assez, ses yeux étaient fixés sur leurs têtes respectives refusant de se détacher de cette vision?
Eux, si proches.

Et cette litanie, cette crécerelle incessante qui avait posé des Mots sur le rythme saccadé de ses pensées.
Elle tournoyait, lentement, s'emballant comme son cœur, grisée par tant de vitesse, murmurant toujours plus les mêmes mots, les reliant, les faisant devenir indissociable, la coupant de tout autre évènement.
*Ilsontledroit ilsontledroit ilsontledroit ilsontledroit.

Cela en devenait presque insupportable.
Elle ne voulait pas de Leurs regards.
Elle ne voulait pas de Leurs questions.
Elle ne voulait pas de Leurs gestes.
Elle ne voulait pas de Leurs sourires.
Elle ne voulait pas.

Puis la main de Lena attereit dans la sienne.
Inconsciemment, cela la fit se détendre.
Cette main était dans la sienne.
Pas dans celle de Mattew.
Elle se fichait pas mal que celle de Lena broie la sienne.
Qu'elle lui casse les os si ça lui chantait.
Qu'elle l'écrabouille contre sa chair, ça ne la gênait pas.
La douleur qu'elle ressentait lui procurait une joie pétillante, qu'elle peinait à contenir et dont les prémices faisaient se soulever les coins de ses lèvres en de petits sourires aussi brefs que francs.
On aurait pu croire qu'elle se moquait.
On aurait pu croire voir des millions de choses dans leurs mains entrelacés.
Et elle s'en fichait.
C'était merveilleux.

Elle n'avait pas besoin de regarder la Jaune.
Elle ne fixait plus que le visage de l'autre, sans s'occuper de celui de son Soleil, sans voir ce qu'elle ressentait.
Il n'y avait plus qu'elle.
Et Lui.

Le sourire naquit définitivement sur sa bouche abîmée.
Un mauvais sourire.
Crâne, en demi-lune, moqueur.
Et ses yeux verts étincelaient de joie, aussi mauvaise que le sourire.

Mais elle s'en fichait.
C'était Elle ou Lui.
Et pour le moment... C'était Elle.

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

21 oct. 2020, 19:38
Personne n'appartient à Personne  privé 
On sentait de la tension dans l'air et cela rendait le jeune Poufsouffle mal à l'aise.
Celui-ci ayant été surpris par le fait que Lena l'accueille plutôt bien, se disait que c'était bien trop beau pour être vrai.
La jeune fille retira sa main d'un geste brusque et rapide.
Et il sentait le regard pesant de l'autre.

*L'autre.
T'es même pas fichu de lui donner un nom.

La connait pas.
Qu'est ce qu'elle me veut bon sang ?! Ça devient flippant à la fin ! Elle pourrait pas au moins dire quelques chose.

Pas même un mot. Elle ne disait rien. Elle regardait juste.
*Juste.Et cela suffisait à faire monter la tension du jeune Poufsouffle.
Calme toi, détends-toi, cool...
Impossible.
Elle m'aime pas.

Qu'est ce que tu en sais ?
Suffit de voir le regard qu'elle pose sur moi. Et dire que ça fait à peine trois minutes qu'on ce connait.

-Il est quelle heure ?

Le ton est sec. Le Poufsouffle sursaute et se retourne vers la jeune blonde.
Le rêve est terminée, place à la réalité. Finit la possibilité de la réconciliation magique.
*Comme si j'y avais cru.
Tout est possible, tu le sais. Tu es juste borné et tu ne veux rien faire pour que ça s'arrange.
J'ai autre chose à faire pour l'instant !

Mattew était plus agité et plus tendu que jamais. Ça ne lui était encore jamais arrivé. Jusque là. Tout avait été facile pour lui. Son enfance heureuse. Sa scolarité sans problèmes...
Il consulta sa montre qui indiquait...

Onze heures.

Court.
Rapide.
Efficace ?
Non.
Borné... Le mot flottait dans son esprit. Sa réponse était dure. Il en avait conscience. Mais peu lui importait. Et juste après il regretterait.
Non. Je ne regrette pas. Elle est comme ça avec moi, très bien. Alors je fait pareil. Et on s'arrêtera là. Au stade de connaissances.
Tu es déjà allé plus loin.
Oui, et c'était avant.
Avant. Quand il vivait sans complexes, sans problèmes...
En-est-il sur ?

@Alison Morrow
@Lena Smith

Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB

18 nov. 2020, 19:24
Personne n'appartient à Personne  privé 
Un sourire narquois se dessina sur ses lèvres quand Mattew sursauta. Il s'attendait sûrement à une phrase douce, pleine de gentillesse.
Il s'attendait sûrement à ce qu'elle l'aime encore, lui saute dans les bras, heureuse.
Il s'attendait sûrement à ce que tout redevienne paillettes et licornes.
Mais il avait entièrement faux. Au contraire, elle le détestait de plus en plus. Et elle se délectait de sa naïveté, comme si tout pouvait s'arranger d'un claquement de doigts.

Sa haine, sa colère, sa jalousie grandissaient de minutes en minutes, de secondes en secondes. Elle supportait de moins en moins de le voir, lui, toujours souriant, heureux.
Merlin, elle aurait tant aimé le frapper pour le ramener à la réalité !
Tout n'était pas rose bonbon.
Tout était noir.
Flèches, Sang, Corps.
Était-il là, à ce moment là ? Sûrement pas. Sinon, il n'aurait pas été si joyeux. La peur se serait lue sur son visage comme dans un livre ouvert.
Tu perds tes moyens. Contrôle toi.
Elle n'avait pas besoin de se contrôler. Non, pour une fois, elle voulait que la Tempête explose, détruisant tout sur son passage.
Elle voulait que tout se vide, une bonne fois pour toute.
Mais encore une fois, l'Orage resta à l'intérieur. Le Monstre resta enfouit dans ses entrailles. Ce n'était peut-être pas le moment, au milieu du couloir, près d'Alison et du Jaune, près de quelques Autres en retard.

*Retard ? Et merde*
Elle avait oublié ce détail. Si elle parlait au Poufsouffle, c'était juste car il était son dernier secours. Elles étaient, non, ils étaient en retard. Les cours allaient commencer.
La cloche allait sonner.
Les punitions allaient tomber.
Elle cligna des yeux plusieurs fois, revenant à la réalité. Il fallait y aller. Il fallait y aller, il fallait y aller, il fallait y-

*11 heures*
Ces deux Mots résonnaient dans sa tête, dans un écho infini.
11 heures 11 heures 11 heures 11 heures 11 heures... Voilà que la tornade recommençait. Elle tourna la tête vers Alison, lui jetant un regard interrogateur. Elle voulait l'emmener avec elle pour aller dans la salle de classe. Elle ne voulait pas être pressée plus longtemps.
Tu peux au moins le... Remercier ?
*Dans tes rêves*
Allez... Souviens-toi de ce que t'a appris Maman. "Même si tu n'apprécies pas ton interlocuteur, reste polie avec lui".
Elle soupira, et marmonna :

« Merci. »

Peut-être qu'il ne l'avait pas entendu *Pas grave*
Elle lâcha la main de sa Lune et tira sur sa manche, la regardant avec des yeux suppliants, qui ne voulaient rien dire d'autre que "Viens on s'en va, j'veux pas être plus en retard. Viens on s'en va, j'le supporte pas".
Il fallait juste que la Jaune voit son appel silencieux. Elle, au moins, n'était pas aussi aveugle que Mattew et les Autres.
C'était la seule à pouvoir la comprendre.

Retard-retard... :sweatingbullets:

Cinquième année rp 2048-2049
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Membre de la RASA.

15 déc. 2020, 21:23
Personne n'appartient à Personne  privé 
La Jalousie est le pire des Poisons.
______________________________


La réponse la glaça sur place.
D’accord, pour le moment elle avait son soleil de son côté.
D’accord, pour le moment elle l’emportait sur Matthew.
D’accord, elles étaient en retard.

C’était la première fois que ça lui arrivait et elle n’aimait pas ça du tout.
Son cœur se mit à accélérer dans sa poitrine.
*C’est d’sa faute... S’il avait pas été là, on se s’rait pas arrêtées pour parler et on aurait jamais été en retard... C’est d’sa faute !*

Ses yeux se voilèrent de rouge et ses poings se crispèrent.
Sa faute.
Le ne se rendit même pas compte que ses ongles courts s’enfonçaient de plus en plus dans sa peau, que ses jointures devenaient blanches et que les plus dangereux des nuages s’amoncelaient dans son corps.
Son cœur n’envoyait plus du sang à chacun de ses organes, mais de la lave en fusion
Brûlante.
Destructrice.

Elle n’avait pas envie d’être punie.
Elle n’avait pas envie de rester là à écouter le garçon bafouiller et essayer de récupérer un peu de l’attention de Lena.
*T’y a pas l’droit ! C’est MON attention !*

On le lui avait déjà dit, quand elle se mettait réellement en colère, des paillettes gris foncé dansaient dans ses yeux.
*Ben là ils doivent être noirs mes yeux. *
Elle se fichait pas mal d’effrayer le gars.
D’ailleurs, c’était exactement ce qu’elle allait faire.

Fouillant dans sa mémoire, elle chercha ce dont elle se souvenait de Matthew.
Vie parfaite.
Scolarité parfaite.
Petite amie parfaite.
Cette dernière information fut pire qu’un coup de poing dans le ventre.
Mais au final, ce qu’elle avait voulu oublier s’était imposé à elle dans toute sa splendeur. Il avait été plus proche de Lena qu’elle ne pourrait jamais l’être. Ils avaient partagé des rires et des sourires de connivence, s’étaient certainement déjà embrassés *dégueu*, avaient roucoulés comme des idiots à qui mieux mieux, et encore elle en passait certainement des plus belles.

Et comment s’étaient ils séparés ?
Elle avait presque envie de se dire que Lena avait enfin ouvert les yeux et s’était débarrassée de ce fardeau.
C’était mignon de se bécoter à chaque détour de couloir, mais ça consistait en une perte de temps incroyable. On devait marcher sans cesse sur des œufs en verre qui se brisaient pour un oui ou un non, on était entravé par les « je t’aime », dépouillé de son âme par les soi-disant sentiments qui faisaient fondre votre cœur en larmes.
*L’amour ça sert à rien. Ça blesse et ça pique, alors pourquoi tout le monde trouve ça archi-important de trouver le grand amour de sa vie ? C’est parce que vous croyez pas en la douleur ? Il vous faut des épines de glace que vous vous enfoncez dans le cœur pour la comprendre ? Ouais, c’est l’défaut d’la douleur. Tant qu’on l’a pas ressentie, on sait pas qu’elle existe. Et après, on regrette de la connaître. Vous faites pitié avec vos jérémiades et plaintes stupides.*

Elle s’approcha de Matthew, l’entraîna à l’écart de Lena, avec ou sans son consentement, elle s’en moquait.
Et son P'tit Soleil l’appelait, son P’tit Soleil, elle lui demandait de revenir.
Son cœur se réchauffa immédiatement, mais pas assez pour la détourner de son but.
*J’te l’promets, j’arrive. Et après on va en cours. Ensembles.*
Elle lui lança un coup d’œil pour transmettre tout ce qu'elle ne pouvait dire pour le moment.

Elle plaqua ses mains contre les épaules de Matthew, l’acculant au mur.
Pas de possibilité de fuite.

« Elle t’a larguée ou c’est toi ? J’te jure, tu l’as faite souffrir je te tue. »

Ces Mots avaient été dit avec une froideur implacable.
Souvent, le calme faisait bien plus d’effet que l’explosion de l’orage.
Même si tout l’intérêt du calme était l’explosion qui s’ensuivait.

A quand la télépathie entre Lena et Alison ? :lol:

Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.

1 févr. 2021, 19:51
Personne n'appartient à Personne  privé 
La tension était palpable et il n'aimait pas ça.
En attente d'une éventuelle réponse de la part de Lena, il réfléchit un temps pour tenter d'expliquer l'étrange sensation qui montait également en lui.
*Une minute. Qu'est ce que je viens de dire exactement ?
Onze Heures.
Non.
Si.
Onze Heures ?
Exact.
J'suis en retard...
A cause d'elles.
Pourquoi tu t'es arrêté ici idiot ?!*


Il arrêta de songer en entendant un soupir et il se retourna, assez tendu, la colère montant progressivement en lui.

- Merci.

*Pas sincère.
Comme si elle voulait vraiment me remercier.
Alors pourquoi elle se tue à le faire.
Les gens sont bêtes, parfois.

Erreur, monsieur, cela s'appelle la politesse.
J'suis en retard de toute façon, ça sert à quoi de penser à ça ?
Bah alors bouge je sais pas moi, pourquoi tu reste planté là aussi ?
J'sais pas.*


Il tourna son attention vers Alison.

*Et puis c'est qui elle ?
En plus elle me fiche la trouille à me regarder comme ça !*


Le jeune garçon commença alors à balbutier quelques phrases :

- Bon... C'est que... Je... Bon sang, c'est quoi cette discussion ?!

Il n'y comprenait plus rien, il était à la fois surpris, énervé, terrifié aussi par Alison et son regard meurtrier. Mais il n'eut pas le temps de continuer à parler, Alison l'attrapa d'une main ferme et l'entraina quelques pas plus loin avant de le plaquer au mur avec une violence impressionnante.

- Qu'est ce que..., eut-il à peine eu le temps de prononcer avant de se retrouver bloqué par deux bras qui lui broyaient les épaules sous leur pression.
Alors elle parla. D'un voix froide à glacer le sang.

- Elle t’a larguée ou c’est toi ? J’te jure, tu l’as faite souffrir je te tue.

Mattew chercha vainement un échappatoire à la situation à laquelle il était confronté.
Aucune issue, d'autant plus qu'en vue de ses épaules endolories et de la peur qui montait en lui, il n'était plus en position de faire quoi que ce soit.
Il poussa un petit cri, mélange de douleur et de peur. Il voulut s'énerver, la repousser, il en fut incapable. (Trop tard.)

- Arrête ! Tu me fais mal !

Elle ne fit rien. Il comprit qu'elle attendait la réponse à sa question. Alors il répondit.

- Je... C'est... Un peu les deux en fait... C'est... compliqué. Maintenant arrête...

Sa voix avait faibli au cours de sa phrase. Il avait besoin d'air. D'espace.

*Elle est folle ! Comment peut-on être ami avec pareil diable ?!
J'ai mal...*


Son cerveau était surchargé par le flot d'émotions qui l'envahissait. Tristesse, peur, colère...
Des souvenirs aussi. Douloureux parfois. Lena et lui, leur histoire, puis la dispute et cette haine qui les avait séparés.
Ses paupières s'alourdirent, ses genoux fléchirent, puis ce fut le vide. Plus rien.

@Alison Morrow @Lena Smith
Désolé pour ce retard... :unsure:

Poufsouffle ‒ 7ème année RP (Prom 44-45) #5b5b00
Chef-adjoint de la Confrérie Vampiriste du CB