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14 févr. 2022, 11:55
 RPG +  Blue Dreams  PV E.O. 
J'ai beau tout tenter, mon regard est sans arrêt attiré par cet énorme nuage noir qui s'avance au-dessus de nos crânes. Je sais bien que le regarder fixement est inutile, que de toute manière il passera devant le soleil et que l'observer sans cligner des yeux ne le fera ni disparaître, ni changer de chemin. J'ai promis à l'Inconnue de rester pour affronter avec elle ce moment. Cependant, un obstacle de taille se dresse sur ma route : je suis terrifiée. Mon cœur bat comme un fou, prisonnier de ma cage thoracique, mon souffle se bloque quelque part dans mon corps et mes membres paralysés tremblent presque. J'ai peur et je me sens ridicule à craindre un grand nuage qui n'a même pas de contrôle sur sa propre vie. Il subit tout ce qui se glisse sur son chemin, du souffle inépuisable du vent aux gouttelettes d'eau qui se bousculent en son sein. Le nuage n'est qu'un de ces éléments de la nature qui naît un soir pour s'éteindre progressivement jusqu'à un autre soir. Toujours en mouvement, aucune conscience, aucune pensée, aucune émotion, rien que quelques gouttelettes empilées dans un épais amas noirâtre. Pourtant, j'en suis terrifiée.

Mon souffle, comme la marée, grimpe et descend, de mes lèvres entrouvertes au bas de mes poumons. Je ne parviens pas à calmer son rythme rapide, il me semble presque incontrôlable. Est-ce le manque de contrôle qui me fait peur ? Je ne maîtrise ni mon corps, ni ce nuage, ni la réaction de l'inconnue à mes côtés. Malgré ma Magie et tous les livres que j'ai déjà lus, je n'ai aucun pouvoir sur la situation. Je suis complétement inutile et tétanisée. Et si ce nuage de cendre apportait un rugissement d'orage ? Nous allons finir trempées, c'est certain. Peut-être même y aura-t-il des éclairs pour illuminer brutalement le ciel et concurrencer le soleil. Et je ne pourrai rien faire de plus que rester là, les membres crispés, tout ça parce que j'ai fait une promesse à une inconnue. Merlin, quelle idiotie ! Mais c'est désormais trop tard pour reculer. Je m'efforce de me persuader que ce qui arrive n'est qu'un vilain nuage sombre, mais mes efforts sont vains. Pour une fois, mes propres pensées ne semblent avoir aucune importance — elles aussi. J'aimerais tant pouvoir fermer les yeux et réaliser en les réouvrant que ce nuage ne se dirige pas vers nous ! Si seulement, par Circé, si seulement...

Mes doigts sont crispés sur ma cape. Pourquoi douterai-je de la brune à mes côtés ? Et, douter de quoi ? Peut-être du fait qu'elle puisse affronter cette colère grandissante du ciel avec moi ? *Oh*, je ne doute pas du tout de cela. En fait... *Merlin...*, c'est de moi que je doute. Après tout, je suis terrifiée. Et si je ne parvenais pas à rester ici jusqu'au bout ? Je passerai alors pour une lâche et une peureuse, alors que je ne le veux pas. Cependant, si c'est l'inconnue qui décide de s'en aller, cela me fera une bonne raison pour ne pas vivre cela. Et dire que c'est moi qui ai proposé cette idée insensée... Quelle idiote je fais parfois !

« J'doute pas de toi, affirmé-je, sûre de moi. C'est juste que... » J'inspire profondément, mais mon cœur et mon souffle n'en font qu'à leur tête. Est-ce qu'avouer mes faiblesses est une bonne idée ? Je fais demi-tour dans ma réflexion pour trouver d'autres paroles. « ... Je... J'ai... J'veux pas t'forcer ou que tu regrettes. » *Parce que moi j'regrette déjà.*

Je jette rapidement mon regard contre son visage. A-t-elle perçu ma peur dans ma voix ? Et si elle avait compris mes intentions derrière le brouillard de mes paroles ? Mal à l'aise, j'enserre mes jambes avec mes bras avant de poser ma tête sur mes genoux. *C'est qu'un gros nuage...* Tout va bien se passer ; n'est-ce pas ? J'inspire profondément pour me calmer. Juste un gros nuage noir, rien de bien menaçant...

comme si on avait pris une bonne douche »* De l'eau nous dégoulinera des cheveux, nos vêtements seront trempés et nous colleront à la peau comme s'ils cherchaient à s'y fondre, nos mâchoires trembleront et nos dents s'entrechoqueront, et nous serons mouillées, dévorées par cette froide et mordante présence de l'eau, griffées par un vent carnassier qui tentera de nous faire mal, le corps douloureux et traumatisé pendant des jours à cause d'un nuage noir. En effet, ce sera comme une bonne douche, à quelques détails près. Mais mon cœur bat si vite ! Je ne veux pas de cette douche-là, elle m'inquiète bien trop.

« ... comme la peur. » Arrête de lire sur ma peau et dans ma voix, je t'en supplie... Je ne veux pas passer pour une gamine plus âgée qui n'a même pas le cran d'avouer ce qu'elle ressent, *même si c'est vrai*. Je veux juste passer ce moment au plus vite, cligner des yeux et découvrir que ce nuage sera parti.

Je ne réagis que par un simple hochement de tête, taisant mes pensées douloureuses.
Tout va bien se passer.

Autour de nous, les quelques élèves encore présents profitent du temps qui leur reste pour fuir. Quelles inconscientes nous faisons ! Étrangement, cela me fait un peu sourire. Que doivent penser les autres ? Ils doivent certainement nous prendre pour des folles. En temps normal, cela m'aurait gêné qu'on pense cela de moi, mais aujourd'hui, cela me fait presque rire. J'angoisse tellement à propos de ce nuage que je suis toute tendue, si tendue qu'un rien me donne envie de tout laisser exploser, que ce soit par les cris, les larmes, ou le rire.

Le rire... *Par Circé !* J'ai cru l'avoir imaginé, mais ce n'est pas le cas. La brune rit ! Le ciel se fait lourd et pesant, ses nuages semblables à d'épaisses fumées noirâtres s'élancent au-dessus de nos crânes, les grondements de Zeus retentissent en écho dans nos pensées, et cette inconnue rit comme si tout cela n'était qu'illusion ! Pourquoi ? Comment ? Je suis si touchée et surprise par cette réaction inattendue que j'en oublie pendant un instant ma peur grandissante. *Elle rit ! Merlin...!*

Elle aime mon prénom, et cela la fait rire ? Pourquoi les autres élèves peuvent-ils être si étranges ? Mon prénom est-il drôle ? Mais pourquoi le serait-il ? Je gesticule, mal à l'aise. Dois-je rire avec elle ? C'est complètement insensé... S'esclaffer en pleine tempête ! *Circé, par pitié, sors-moi de là, je t'en supplie.* Une grande vague de désespoir me monte à la tête, essayant de m'envahir. Ma gorge se noue et mes yeux me piquent. Est-ce parce qu'il pleut déjà ou parce que je suis complètement à bout ?
Et pour la énième fois depuis que l'inconnue et moi sommes assises côte à côte, je me demande ce que je fais ici. Être aussi forte que la Terre et le Ciel... Mais mon cœur est bien plus fragile que ces deux grandes beautés ! Moi, je ne suis qu'un simple amas de pensées désorganisées et de sentiments incontrôlables, comment pourrais-je me montrer aussi forte que Gaïa et Ouranos ?

*Deviner son prénom ?* Ah ! Merlin ! Je tremble, mais je dois deviner son prénom ! J'ai soudain comme une envie de pleurer de désespoir.

Je ferme les yeux. Après tout, peut-être essaye-t-elle seulement de me faire penser à autre chose ? Je ne crois pas que cela parte d'une mauvaise intention. Et puis, si elle essaye de m'aider, c'est certainement une bonne idée de la suivre dans ses idées étranges. Deviner son prénom... Comment s'y prendre, par Circé ? Par où commencer ? Et pourquoi ne veut-elle pas tout simplement me le dire ? Est-ce que le fait qu'elle a ri à un rapport avec son prénom et mon prénom ?
Un tremblement me parcourt une nouvelle fois le corps. Deviner un prénom alors qu'un nuage grondant s'étend au-dessus de nos corps, quelle merveille idée !

J'inspire profondément et relève doucement ma tête pour la pencher en arrière. Une goutte d'eau s'écrase sur ma joue. Qu'est-ce que je risque, en essayant de deviner son prénom ? Me tromper ? Me faire penser à autre chose ? Chasser un peu ma peur ? Oublier pendant quelques réflexions le monstre qui ét(r)eint l'Astre du Jour ? Sourire ? Rire ? Si ce sont les risques, alors j'accepte de les prendre, surtout s'ils peuvent m'éloigner un peu de mes pensées débordantes et pleines de peur.

« Toi aussi tu t'appelles Alyona, c'est ça ? »
Un rugissement provenant de l'Azur désormais terne pétrifie mon corps. Illusion ou réalité ?


Un pa... quoi ? :ninja:
Aly me fait sourire à paniquer de la sorte à cause d'un nuage. (Je n'ose compter combien de fois Merlin et Circé se sont glissé.e.s dans ses pensées...)

#466962Étudiante à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques — spécialité botanique
présence partielle

06 janv. 2023, 18:07
 RPG +  Blue Dreams  PV E.O. 
L'excitation monte en moi en même temps que la peur. Elles se renforcent, se donnant de l'énergie mutuellement. Elles me paraissent se trouver si loin l'une de l'autre et pourtant si proches. Comment l'excitation peut être mêlée à une si grande peur, s'amplifiant un peu plus à chaque instant ? Mon esprit est attiré loin de cette angoisse, essayant d'y échapper. J'ai comme l'impression de courir dans ce Ciel d'un gris qui en devient terrifiant, courir le plus vite et le plus loin que je peux pour échapper aux sentiments qui se bousculent dans mon cœur et aux pensées qui se confondent en une cohue dans ma tête. A certains moments, je pense l'avoir semée, à coups de rires et de semblants de divertissement. Quand j'arrête d'observer l'avancée du Tas-de-Cendres, quand je m'attèle à lire la rousse — Alyona ; que cela me fait bizarre de rencontrer une personne au nom si proche du mien —, quand je ne me concentre que sur cette drôle de coïncidence qui nous unit, quand j'oublie le froid qui glace peu à peu mes os, quand je fais fi de ces gouttes qui ruissèlent à présent sur ma peau. J'y parviens. Et puis, elle me rattrape. Tout à coup, je me rappelle de tout : l'environnement dans lequel je me trouve, cette menace, ce Déluge duquel on ne sait comment l'on va ressortir, de cette Inconnue si étrange mais que, pour une raison trouble, je ne peux m'empêcher de vouloir protéger et accompagner, qu'importe les conséquences. Je tente de dédramatiser mais en réalité, cette « douche » ressemble plutôt à un Orage, un vrai, et je le sais.

Un sourire de plus se dessine sur mon visage. *Alyona... Non, raté, mais tu y es presque.* Je me demande ce qu'elle comprend de mes sourires. Je me demande ce qu'elle pense de moi. Pense-t-elle que l'Orage ne me fait pas peur ? Ou pense-t-elle, du moins, que je suis assez forte pour l'affronter sans montrer aucun signe de crainte ? Et si je donnais l'impression d'avoir déjà vécu ce genre de situations ? Je risque de la décevoir à cause de réactions que je ne contrôle pas. Je n'ai pas envie de mentir si elle me pose des questions sur ce que je ressens. Certes, je préfère dissimuler mon appréhension, ma peur jusqu'à l'oublier moi-même, mais je ne peux me résoudre à lui dire, droit dans les yeux, que, non, je ne crains ne rien. A tout moment, il est possible que je parte en courant, en pleurs. Que je renonce, que je regrette. Je ne peux affirmer le contraire. Cet Orage nous réserve des choses et je ne sais pas à quoi m'attendre ; voilà ce qui me fait peur. Et si elle me demande des conseils ? Que lui répondrai-je ? Je ne sais rien, rien de ce putain de Déluge qui nous fait frissonner, à l'unisson. Rien de ce Tas-de-Cendres qui obscurcit notre beau Ciel. Rien de ce monde qui ne fait que tourner autour de nous. Parfois, toutes mes certitudes se déchirent en lambeaux.

Je prends conscience qu'Elle est toujours là, à côté de moi. Je prends conscience que même si j'ai un peu peur, je ne suis pas seule. Qu'on est deux à affronter cela. Trois si l'on prend en compte le Ciel. Mon attention se redirige vers elle, reconnaissante de l'avoir à mes côtés, en ce moment.

Presque... Change la première lettre de ton prénom par un "E" et supprime le "O", je lui laisse le temps de visualiser le nouveau mot formé, mon prénom. Ça y est, t'as dev- ...

Un grondement intense me fait sursauter, coupant si brutalement mes mots. Il a réussi à m'avoir, cet idiot... Relaxant mes muscles qui se sont précipitamment tendus, je me promets de ne plus me faire piéger par les Grondements du Ciel, pas une fois de plus aujourd'hui.

A cet instant précis, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais j'ai envie de prendre cette étrange Alyona dans mes bras pour affronter cette épreuve que l'on s'inflige le plus proche l'une de l'autre, nous réchauffant à la chaleur qu'émettent nos deux cœurs affolés.


Tu le sais déjà, mais je suis vraiment, vraiment désolée pour cette attente. "Le Temps, on l'écrase", pas vrai ?
J'apprécie toujours autant écrire Ely dans cette situation, qui semble les atteindre assez fortement toutes les deux, tout de même (alors que ce n'est qu'un orage) !

#426b80 // sixième année
grandiose

06 mars 2023, 23:14
 RPG +  Blue Dreams  PV E.O. 
Je suis terrifiée. Chaque membre de mon corps commence à trembler. Pantin secoué par ses pensées. *Il est là, il est là, il est là !* Mais je peux lui résister, n'est-ce pas ? Je suis forte, plus forte que lui. Amas noirâtre, tu ne me fais pas peur. Tu n'es rien. Et moi, je suis un rocher, une colline, une montagne. Jamais tu ne m'ébranleras davantage. *Son eau cherchera à m'étouffer et à se glisser contre ma peau !* Jamais tu ne me feras fuir, jamais tu ne me feras renoncer. Passager, voilà ce que tu es. Moi, je suis droite et solide, enracinée dans mes certitudes. Tu n'écraseras pas ma résolution. *Il va rugir si fort que son cri résonnera dans mon crâne !* Jamais tu ne me feras céder. Oui, j'ai peur. Oui, j'aimerais fuir. Oui, je ne me sens pas bien. Cependant, je n'abandonnerai pas. Je suis forte. Plus forte que tu ne le penses, plus forte que je ne le crois. C'est ma mère qui m'a appris à l'être, et pour elle je le serai toujours. *Sa noirceur va recouvrir le ciel et chasser le soleil, ce sera comme si nous étions englouties par le Lac Noir !* Jamais tu ne parviendras à me noyer sous l'angoisse. Pourquoi m'inquiéter ? Penses-tu que mes sentiments vaincront ma raison ? Que ma peur effacera ma fierté ? Que mes pensées repousseront mes certitudes ? Je fais face aux tempêtes, je me dresse face aux orages, parce qu'ils ont plus à craindre de moi que moi d'eux. Vois comme je suis forte ! Tu me fais trembler mais je ne bouge pas davantage. Tu me fais peur mais mon visage reste de marbre. Tu fais naître des pensées d'angoisse dans mon crâne mais je les repousse bien loin. Nuage noir, amas noirâtre, monstre du ciel, rugissement de Zeus : je suis plus forte que toi.

J'ouvre les yeux, le monde est terne, le ciel est noir. Pourtant, je sais que les couleurs n'ont pas disparu. La Bleue à mes côtés a caché les siennes au fond d'elle pour les protéger, et moi aussi. Il faut toujours cacher ses couleurs quand le ciel devient noir, il pourrait les ternir avec son ombre.

Ma respiration affolée se calme doucement. Mon bateau de pensées est secoué de toute part, mais je le sais désormais solide. L'angoisse me serre le ventre comme si un trou noir s'y cachait, mais mon visage demeure de marbre. J'ai enfoui mes pensées tremblantes dans mon corps immobile. Je les sens voyager dans chacun de mes organes. Mes mains se serrent, mon cœur bat vite, mes muscles se contractent, mon ventre se noue ; mais mon crâne est vide, calme, apaisé. Il peut venir maintenant, ce monstre du ciel ; je l'attends. Il me fait peur, mais je suis prête. Qu'il vienne donc ! Qu'il s'approche un peu ! Je suis solide, je suis forte, et mes couleurs sont à l'abri. J'ai dessiné une armure autour de mon corps, une armure de croyance, de confiance, d'orgueil.

Mais mon armure a les contours tremblants. Parce que je reste terrifiée. Cela suffira-t-il ? Une armure tremblante peut-elle résister face à ce qui s'annonce ? Merlin, que je suis idiote ! C'est en doutant que je la laisse s'effriter et trembler davantage. Mais je suis forte, je ne peux pas douter. Je suis forte, je suis solide. Nous sommes fortes, nous sommes solides. Comme des roseaux, nous plierons mais jamais ne céderons.

*Nous...* Pensée qui flotte. « Elyna...? » Mot dévoré par le rugissement du ciel.

*Merlin !* Je sursaute avec la Bleue. A-t-elle peur comme j'ai peur ? *J'n'ai pas peur !* Mais par Circé, il est là maintenant, et on ne peut plus reculer ! Et mon corps est si fragile, regardez comme je tremble ! Comment résister face aux orages, face aux tempêtes, face à la colère du ciel ? Comment se tenir droite ? Comment contenir la peur, les pensées gluantes d'angoisse, les frémissements et les et si qui se multiplient ? Tout déborde, tout prend de l'importance. Mes inquiétudes s'échappent de là où je les avais enfermées. Ma crainte fait pression sur mes organes, main pleine de force et incontrôlable. Et mon cœur bat un peu plus vite. Mais mes yeux restent grands ouverts, comme s'ils ne pouvaient se détacher de ce qui leur fait face.

Que se passera-t-il si le vent nous frappe de plein fouet, si l'orage hurle au creux de nos oreilles, si la pluie se glisse contre notre épiderme ? Regretterons-nous ? Finirons-nous assez trempées pour courir vers le château, terrifiées, bouffées par l'humidité, nos larmes se confondant avec celles du ciel ? Je n'ai jamais affronté d'orage, moi. Je n'ai jamais défié le ciel. Je ne me suis jamais dressée face aux tempêtes. J'ai les pensées dans l'Azur, mais je suis incapable de laisser couler les nuages sur mon front comme il le fait. Je me crois forte, mais je suis fragile. Quand la pluie vient, je me cache ; quand les nuages noirs s'annoncent, je me protège ; quand le vent souffle et hurle, je me soustraits à son regard. Comment faire face à ces nouveaux obstacles ? Ai-je fait preuve d'inconscience lorsque j'ai choisi de rester ?

Un nouveau grondement retentit. Mes yeux se ferment. Je clos mes paupières aussi fort que je le peux, comme si cela pouvait m'aider à échapper à cette vision d'horreur. *Il va faire mal !* Et ce nous qui résonne, qui résonne, qui résonne. J'ai été assez stupide pour entraîner une autre personne dans mon acte inconscient.

Ma main attrape brusquement celle de l'autre Bleue, Elyna. L'angoisse me noue le ventre et déforme mon visage. Et je ne sais même pas pourquoi j'agis, et je ne comprends pas mon action, et je me sens idiote à laisser mon inquiétude remonter. Mais c'est le seul moyen que je trouve pour distraire mes pensées, pour me concentrer sur autre chose. J'ai sa paume chaude contre la mienne alors que le ciel commence à pleurer sur mes joues.

Dis, petite Bleue au rire perçant les nuages, tu ne lâcheras pas ma main, n'est-ce pas ? Tu ne m'abandonneras pas là, tu auras peur avec moi, tu trembleras comme moi, tu garderas les yeux ouverts pour moi, tu partageras mon angoisse ; n'est-ce pas ? Ne pars pas ! Pas encore, pas tout de suite. Je suis entourée d'un monde terne et noir et d'un ciel plein de larmes. Tu ne lâcheras pas ma main, n'est-ce pas ?

J'ai peur, je me croyais forte, mais je ne suis qu'une feuille qui s'envole à la moindre bourrasque.


Merveilleux anniversaire à toi et à ta gamine, chère Plume<3 !
Oui, je suis en retard, mais c'est fait exprès pour que tu puisses sourire jusqu'à la fin de ta journée !

#466962Étudiante à l'Institut de Médicomagie et des Sciences Magiques — spécialité botanique
présence partielle