Amitié soldée PV M.S

28 aout 2045


Un gobelin sur un rondin, se tricotait des bottes.

Un strangulot dans le lavabo, enfilait sa culotte.

J’ai vu dans les cieux un crabe feu, pinçant sa guitare.

Un elfe tout confus, sonner l’angélus au son de la fanfare.


Cette comptine va finir par me rendre folle. Assise à meme le sol à l’entrée de notre boutique familiale, je mâchouille un réglisse tout en contemplant le défilé de passants dans la rue commerçante. L’un des enfants, me fait face sur l’autre côté de la rue et chantonne à s’égosiller la voix. Voilà plus de dix minutes que son père est entré dans une échoppe tandis que celui-là chante la seule musique de son répertoire. Et quel goût. Je serre les dents, visualisant les possibilités de meurtres qui s’offrent à moi. Une idée retient mon attention et me voilà à jubiler, ma friandise entre les lèvres. Ricanant, je capte le regard interloqué d’un passant et me contente de le provoquer d’une moue agacée. Au même instant, une fillette me frôle pour entrer dans la boutique, sûrement une première année, plus jeune, je me serais certainement levée pour apporter mon aide. Plus maintenant. J’en ai marre.

En y repensant, avant mon entrée à Poudlard, j’adorerais me mêler parmi la foule au travers des milles et un visages. Autrement, je passais le plus clair de mon temps à aider la tenue de la boutique familiale durant la semaine approchant la rentrée. Il fut un temps où le Chemin de Traverse débordait de monde, les jeunes sorciers comme les diplômés ou encore les nés-moldus aux yeux qui pétillent. Aujourd’hui, la rue est bien plus calme, pour mon plus grand bonheur, cette ségrégation a bien des avantages, comme celui de ne plus à avoir servir les autres. Désormais, j’aspire à bien plus qu’encaisser les achats des autres, en particulier ceux des nés-moldu. Qu’ils restent entre eux.

Je soupire tout en posant ma tête bien trop lourde sur mon genou droit. La rentrée des classes approche, un supplice et délice à la fois. Je réalise pertinemment que celle-ci sera différente, pour la simple raison que j’ai bel et bien décidée de mettre un terme à mes amitiés impures. Il est temps d’agir comme une grande si je veux pouvoir prétendre en être une. Mon oncle Tobin me l’a bien fait comprendre cet été, les liens du sang avant tout.

Un cailloux roule sous mon pied, tandis que je penche la tête à la vue d’une tête aux cheveux presque blanc. Il n’est pas courant d’apercevoir une chevelure de glace, enfin à vrai dire je ne connais qu’une personne qui avait cette particularité. A cette pensée je pense automatiquement à quelqu’un d’autre, Rowan. Il fut un temps où je l’aurais considéré comme mon meilleur ami, mais aujourd’hui notre amitié est un lointain souvenir. Rowan a fait son entrée à Serpentard la même année que moi, nous étions liés depuis l’enfance et cette répartition était un signe du destin. Mais lors de notre deuxième année, celui-ci s’était éloigné, jusqu’à devenir aujourd’hui plus un vieil ami que celui pour qui je donnais tout. Un pincement au coeur me retourne l’estomac, et mes jambes viennent à trembler d’agacement. Imbécile de garçons, je ne les comprendrais donc jamais.

Mais alors que le bonhomme de neige entre dans une boutique avoisinante, prise comme d’une poussée d’adrénaline totalement imbécile, je me lance à sa suite. J’époussette un instant ma tenue, consciente de ne pas être à mon avantage tout en triturant un bref moment ma tresse, défaite, sertie d’un noeud. Trottinant à moitié, j’entre à sa suite dans la boutique sans prendre de réaliser où j’ai mit les pieds. Cependant la vieille odeur de moquette et de tissus se mélangeant au calme assourdissant digne de la bibliothèque de Poudlard ne laisse guère place au doute. C’est donc parmi les robes de sorciers de Madame Guipure que mon regard croise celui de Merlin Selket.

@Merlin Selket

Moond restera mon vilain bougre.

Amitié soldée PV M.S
J’étais en nage. L’air lourd de la fin août planait sur Londres, s’insinuant dans chaque demeure, chaque boutique, zappant la moindre parcelle de fraîcheur encore existante. J’avais abandonné mon blazer adoré pour ne garder qu’une chemise de popeline blanche mais même ainsi mes vêtements me collaient à la peau. Moi qui appréciais les moments passés en dehors du manoir, en cet instant je regrettais d’en avoir quitté les murs.

Mère devait se faire confectionner une nouvelle robe chez Mme Guipure et j’avais naïvement offert de l’accompagner. Je me retrouvais donc à presser le pas sous une chaleur accablante, priant de toute mes forces que la boutique de cette chère couturière m’offre enfin un refuge telle une oasis au milieu du désert.

Le chemin de traverse n’était guère plus peuplé que la dernière fois que j’y avais mis les pieds, quatre jours auparavant, et malgré le soleil estival il n’y avait que quelques enfants qui jouaient et chantaient dans la rue. Sans doute, cela était-il dû au contexte actuel et aux lois discriminantes qui limitait désormais l’accès du lieu aux familles moldues, chose qui du haut de mes onze ans échappait complètement à ma compréhension.

A ma grande déception, il n’y avait qu’un mirage suffoquant derrière la porte vitrée de la boutique de Mme Guipure. Mère se dirigea aussitôt vers la tenante des lieux qui l’accueilli avec son habituel sourire chaleureux.

- Oh Mrs Selket quel plaisir de vous voir. Votre robe est presque terminée et il ne reste que quelques ajustements à faire.

- Bonjour Darerca. Ravie de vous revoir également. Merlin, si tu veux bien m’attendre quelques minutes, je n’en ai pas pour longtemps.

Après m’avoir adressé un sourire, Mère disparut au fond de la boutique en direction des cabines d’essayage, me laissant seul au milieu des étoffes colorés. Je m’apprêtais à me diriger vers la partie de la boutique consacré aux enfants lorsque qu’au détour d’un rayonnage je croisai un regard qui ne m’étais pas inconnu. L’éclat émeraude, dissimulé sous quelques mèches rousses, me fixait avec une intensité qui me mis mal à l’aise.

- Charlotte. Je ne m’attendais pas à te trouver ici.

La jeune fille dont le short en jean dévoilai les jambes élancées, se tenait là, les mains sur les hanches, une moue boudeuse accroché au visage.


@Charlotte Lewis

Merlin Selket, Première Année, Serpentard

Amitié soldée PV M.S
Prise de panique à l'idée d'une éventuelle rencontre imprévue, je me glisse discrètement de par derrière les mannequins aux grandes capes hivernales molletonnées de la collection à venir. L'été n'a pas encore touché à sa fin que l'hiver s'approche déjà sournoisement de nos chaumières, accompagné de son éternel ami froid et sa compagne pluie, misère. Heureusement, son acolyte qu'est la neige m'apporte un peu de réconfort, qu'il me tarde de jouer de la poudreuse et retrouver le paysage immaculé entourant le château. Sortie de ma rêverie je me prends maladroitement les pieds sans l'une de ces longues capes d'un rouge carmin qui n'est pas sans rappeler l'horrible uniforme de ces maudits lions. Décidément ils sont partout ceux là. Malhabile, le mannequin glissant je le ramène sur son équilibre, d'avantage paniquée à l'idée de me faire prendre que celle de casser quelque chose.

Dissimulée, j'observe tout en silence le bref échange du garçon aux cheveux blancs et de sa mère avec la gérante de la boutique, une voisine bien étrange. La matriarche, une grande femme à la chevelure brune, débordant de la même beauté que dans mes souvenirs admiratifs d'enfant, s'éloigne avec grâce pour me laisser seule avec le bonhomme de neige. Il en reste imperturbable, sa chevelure blanche si particulière qui lui avait valu ce surnom et sa peau d'ivoire contrastant avec ce regard bleu qui pétille que je connais si bien. Malgré leurs différences, j'y retrouve la même lueur que celle de son grand-frère, Rowan, pourtant bien trop lointaine dans mes souvenirs, bien trop absente dans ma vie... Aucuns doutes possibles, il s'agit bien évidemment de Merlin, Merlin Selket.

Lorsque celui-ci m'interpelle contre tout attente, je me fige instant, crispée, les yeux fermés et les points serrés. Peut être qu'il ne m'a pas vraiment vu, après tout je peux sûrement faire comme si... je suis ridicule. Ouvrant un oeil, je constate ma débilité face à mon cadet qui semble toujours me voir et décide de prendre sur moi, il n'est pas Rowan.. D'un pas sur le côté, je me décale, révélant pleinement ma présence et m'avance, gênée, en direction du blond de mon enfance.

"Et bien mes parents habitent toujours dans les parages donc ce n'est pas rare que je vadrouille... Et toi comment vas tu, Merlin ? Tu as bien grandit, tu fais pratiquement ma taille maintenant, enfin remarque je n'ai jamais été très grande., je bredouille, "Tu accompagnes ta mère ?"

@Merlin Selket te remerciant pour ta patience
Dernière modification par Charlotte Lewis le 8 déc. 2020, 20:31, modifié 1 fois.

Moond restera mon vilain bougre.

Amitié soldée PV M.S
La jeune fille était visiblement aussi à l'aise qu'un poisson hors de l'eau. Elle se balançait d'une jambe sur l'autre, entrelaçait nerveusement ses doigts et plus elle parlait, plus ses joues rougissaient. Satisfait de l'effet que sa simple question produisait sur l'adolescente, Merlin savoura l'instant comme une confiserie qui s'était refusée à lui depuis trop longtemps. Et évidement, il décida de la pousser un peu plus dans ses retranchements :

- Je vais bien Charlotte. Enfin, je suis un peu étonné que tu te souvienne de moi vu que tu n'avais d'yeux que pour mon cher frère. Bon, j'imagine que tu garde gravé dans ta mémoire la liste de tous les tours que vous m'avez joué toi et Rowan, cela vous amusait tant. Tu ne peux pas savoir le bien que cela me fait de plus le voir aussi souvent maintenant qu'il est à Poudlard.

Le ton, faussement calme, du plus jeune trahissait l'excitation que produisait sur lui l'opportunité de satisfaire une vengeance tant attendue. Aussi ridicule et dérisoire qu'elle était, elle fit un bien fou au jeune homme dont le visage s'était paré d'un sourire carnassier alors qu'il continuait de cracher son venin à la face d'une Charlotte désabusée.

- J'ai grandi effectivement. Il parait que tous les humains y soient contraints. Enfin, tes capacités d'observations m'étonneront toujours...

La flamme de la victoire étincelait dans le regard du jeune homme alors qu'il se remémorait toutes les abjectes farces qu'il avait dû subir enfant : les gâteaux surprises fourrés au poivre ou au piment, les moqueries notamment sur son physique et sa chevelure albâtre , les moments passés à devoir se cacher d'eux pour espérer avoir enfin la paix et l'insurmontable sentiment de solitude et d'injustice qui l'envahissait lorsqu'il constatait la popularité de Rowan, entouré de sa bande d'amis alors que lui demeurait seul. Trois années s'étaient écoulées depuis et pourtant il se souvenait de tout.

@Charlotte Lewis, en espérant que ce RP te plaise autant qu'à moi

Merlin Selket, Première Année, Serpentard

Amitié soldée PV M.S
La réplique piquante de Merlin me surprend autant qu’elle me vexe, touchée dans mon égo, celui-ci a décidément bien grandi. Bien loin du garçon effacé de qui je m’amusais à terroriser au côté de son frère... cet imbécile qui ne comprends rien au cœur des filles. Et il est loin d’être le seul, je me surprends à penser. Pourtant malgré ce ton acerbe qui me fait face, une certaine satisfaction m’octroie un sourire, comme une sorte de fierté, sur le bonhomme de neige que je considérais, plus petite, comme un frère. Il a beau être mon benjamin, il n’en reste pas moins fier, assuré et surtout provocateur. Suffirait plus qu’il soit un brin farceur et la relève serait assurée, mais dans son regard brille une toute autre flamme que celle des troubles fêtes que je ne connais que trop bien.

Parmi ce qui pourrait sembler être du dédain ou ce côté snob, je crois ressentir ce même besoin de faire ses preuves. D’une certaine manière, bien que j’ai toujours préférée la compagnie de son aîné, Merlin n’est autre que mon miroir. Ayant tout deux grandis dans une famille prestigieuse aux idées arrêtées, dans l’ombre d’un grand frère ambitieux, doué mais écrasant. Prenant toute la lumière et les espoirs, il n’est pas facile de briller lorsque sa famille a déjà son héros. Ça je ne le sais que trop bien...

La bouche entre ouverte, cherchant les mots ne sachant comment parler le temps d’un instant, je vois au loin la tête préoccupée de ma mère contempler d’en face la chaussée. Mince, je lui avais promis de ne pas disparaître. Les temps sont étranges en ce moment, je ne sais pas ce qui se trame mais un tremblement de terre se prépare. Il vaut mieux que personne ne se trouve dans les parages lorsque celui-ci ci grondera. Sans perdre une minute je repars en direction de la sortie de la boutique dans laquelle je m’étais faufilée avant de m’attarder contre l’embrasure de la porte. Ma main gauche pianotant sur le bois de celle-ci, un peu usée, marquée par le temps, par la vie. D’un sourire attendri je me tourne vers Merlin, resté pantois dans l’attente d’une réponse de ma part.

-  Je suis désolée pour tout Merlin tu sais..., après tout nous étions que des enfants. La vie se vengera sur moi en temps voulu, je le sais, elle n’épargne personne, et puis après tout je me retrouve toute seule, c’est peut-être que je ne mérite pas mieux.. Prends soin de toi Merlin, et puis on se sera peut-être amené à se recroiser. Seul le destin nous le dira.

Fin du RP pour moi, merci à toi Merlin

Moond restera mon vilain bougre.