Jacob et la maison des mystères
juin 2044, semaine avant les examens de 3è année
[font=Arial Narrow]fin de l'arc scolaire 2044-2045[/font]
Reducio
Examens finaux par année in-RP de Jacob :

Je n'appréciais pas la "salle d'études". Son nom bien trop long laissait entendre toute ma lassitude. Mais les poings accrochés contre les rebords en bois de la table comme au bord d'un balai, je me contenais. La latitude du vol du matin avait laissé place à l'attitude sérieuse de l'après-midi, regard rivé vers mon croquis, à mémoriser les dates d'histoire de la magie puis les gestuelles des sortilèges réussis, petit à petit. Mes deux yeux concentrés sur ce parchemin qui semblait aussi plié par l'effort que moi, je m'acharnais, encore, encore et encore sur ce duo à retenir : les chiffres et les gestes.
Je fixais sur le parchemin une maison avec autant de portes que celles où volait Arsène Lupin. Non, où il s'acharnait. Faisait des efforts. Effort rimait avec Gryffondor, mon esprit revint à la maison que j'avais dessinée. Je ne devais pas me laisser distraire. Même par le gentleman cambrioleur. Je reposais mes deux yeux sur les dizaines de portes, encore. Sur chaque porte, j'avais dessiné un "cadenas à code" et un "cadenas à clé". Ces instruments de protection anti-sorcière devaient devenir des protections anti-notes horribles. Pour cela, à chaque porte, un choix : "Code secret ou hiéroglyphe ?".
J'avançais des yeux vers la première porte. *Hiéroglyphe*, levais le petit papier collé au dessin du cadenas à clé : "Herbivicus". Une feuille ! Je dessinais le bon geste, une feuille, sur mon deuxième parchemin, avec la précision de dessin d'une serrure telle que l'aurait vu Arsène Lupin. Et hop, une croix sur le petit papier sur mes genoux. La serrure en forme de feuille était passée. Je voulais que le petit papier sur mes genoux ressemble à une immense grille de morpion en fin de journée, rempli de croix, de réussites. Avec suffisamment de croix pour y croire. Mon regard se concentra vers l'étage. Une nouvelle porte. *Code secret* : je soulevai le papier sous le cadenas à code : "La date de la fondation de Durmstrang". Un instant d'hésitation.
Mes yeux faisaient les cent pas dans cette maison, passant avec difficulté les petites portes. Sans doute que mes notes s'étaient au début autant perdues que mes pas mais à force de m'exercer, elles allaient grimper comme on monte l'escalier de Gryffondor. Elles allaient s'EnvOler comme des notes de vol.
Tant que toutes les portes de cette maison des énigmes ne seraient pas à ma portée pour les épreuves, je ne volerai plus. Le soleil rayonnait ce matin dehors, mais mes parents attendaient de mes notes tout autant. Et je voulais apporter au sablier des Rouge et Or.
Des notes, certaines volaient sans difficulté, les notes de ma voix à la chorale ou les pépiements des oiseaux qui se posaient dans le stade au printemps alors que je m'entraînais. Mais celles de mon bulletin étaient moins légères que ceux-ci - c'était plutôt ma mémoire qui était légère. La vieille odeur du parchemin sous le nez, j'inspirais de toutes mes forces l'air studieux de la salle, le cerveau occupé dans la maison aux portes résistantes.
Je baissai à nouveau la tête et le craquement de l'écriture se fit entendre sur mon parchemin. Un titre était apparu : "Maison des mystères".