6 sept. 2020, 18:44
The book pile doesn't stop from getting taller  PV 
Fin Août 2045


Assise sur le comptoir de la boutique de Maman, j'attends tranquillement qu'arrive l'heure de mon rendez-vous avec Lyn. On avait décidé, comme depuis quelques années déjà, de faire nos courses de rentrée ensemble. Rien d'extraordinaire évidemment, entrant en Cinquième année dans quelques jours on n'avait pas des masses de nouvelles fournitures à acheter. Pour ma part, ça se réduisait globalement à de l'encre, quelques fournitures à remplacer, peut-être quelques nouveaux vêtements (même si quasiment tous mes vêtements de l'année précédente m'allaient encore très bien vu que je n'avais pas pris plus de deux ou trois centimètres), et des livres. Beaucoup de livres. Dans la mesure du raisonnable évidemment, il faudrait quand même que ça rentre dans ma malle. J'ajouterais peut-être également un peu de nourriture pour Taun. Bien qu'elle chasse comme une grande la nuit, je préfère avoir de quoi la nourrir s'il se passe quoi que ce soit, c'est quand même plus prudent.

Mes jambes se balançant dans le vide, je surveille l'heure tout en passant mes mains dans les longs cheveux de Papa assis sur une chaise devant moi, occupé à observer Maman terminer un bouquet. A l'aide de mes doigts, je débarrasse rapidement ses cheveux des quelques nœuds qui s'y cachent, puis j'entame une tresse qui part du haut de son front. Sa coupe de cheveux ne me facilite pas vraiment le travail. Je ne saurais pas comment la qualifier, on ne peut même pas appeler ça un carré... Il a des cheveux longs sur le dessus du crâne et d'autres un peu moins longs sur les côtés. C'est super joli hein et ça lui va très bien, mais pour lui faire une tresse c'est complètement impossible. Du coup, je fais ce que j'appelle des "demi-tresses".

En quelques mouvements de doigts, je lui fais une petite tresse plaquée partant du haut du front. Lorsque je n'ai plus assez de cheveux pour continuer à l'avancer, j'attrape un élastique noir à mon poignet, puis attache la fin de la tresse en un petit chignon, laissant laissant les cheveux des côtés et de derrière détachés.


- Et voilà le travail !

Il se lève, s'approche du petit miroir en face de nous et s'observe en jouant exagérément des sourcils pendant quelques instants. Finalement, il se tourne vers moi et prononce son verdict. "Mouais c'est pas trop mal." Il m'adresse ensuite un clin d’œil rieur qui, je le sais, veut dire qu'il me remercie et qu'il est content. Il rejoint ensuite Maman qui chantonne en Français, les mains toujours dans son bouquet. Heureuse de les voir de bonne humeur, un grand sourire me fend le visage.

Après un nouveau coup d’œil à l'horloge, je me rends compte qu'il est l'heure que j'y aille si je ne veux pas être en retard. Je me laisse doucement glisser du comptoir jusqu'au sol.
"Je file, à tout à l'heure les amoureux !" Papa rigole et Maman me souffle un bisou. Je sors rapidement de la boutique de fleurs, referme la porte derrière moi, faisant retentir le carillon qui y est accroché, puis me dirige d'un bon pas vers le début de la Rue Principale du Chemin de Traverse pour retrouver Lyn et sa famille. Je sais que son frère rentre cette année à Poudlard, je me demande comment il se sent à l'idée d'acheter ses premières fournitures ainsi que sa baguette. J'imagine qu'il doit être excité, j'espère en tout cas. Je me souviens que j'avais trouvé ça magique à son âge. Même si je connaissais déjà le Chemin de Traverse assez bien, c'était complètement différent d'y être là parce que j'allais entrer à Poudlard.

Un peu de nostalgie au cœur en sachant que ce sont des moments que je ne revivrai pas, je m'avance rapidement vers la famille de mon amie que je viens de repérer dans la foule. Je salue rapidement son père et son frère qui, comme à son habitude me direz-vous, ne semble pas tenir en place, puis je dépose un bisou sur la joue de Lyn, heureuse de les revoir, elle et sa bonne humeur.

On décide de commencer par Fleury et Bott, puisqu'Esteban, Lyn et moi avons tous les trois des achats à y faire. Mon amie reste avec moi pendant que son frère et son père partent de leur côté pour trouver les bouquins dont le jeune garçon aura besoin. Etant déjà venue ici plusieurs fois cet été, je sais exactement où sont rangés les livres que nous devons acheter pour cette nouvelle année scolaire, alors je guide Lyn parmi les nombreux rayons. Nos bras se remplissent rapidement et on continue à vagabonder dans la boutique en papotant et en feuilletant quelques livres par-ci par-là.

Au bout de quelques dizaines de minutes, le père de Lyn nous retrouve, accompagné d'un Esteban enseveli sous une grosse pile de livres qui manque de s'écrouler à chaque mouvement. Autant vous dire qu'avec l'agitation du garçon, je me demande comment elle tient encore debout. C'est un miracle.
L'adulte nous indique qu'il a payé, qu'ils s'apprêtent à passer chez Ollivander et il demande à Lyn si elle souhaite les accompagner. Voyant qu'elle hésite puisque je suis là, je la rassure d'un sourire et lui fait signe d'y aller. Après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on se lie avec une baguette, c'est un moment très important dans la vie d'un sorcier et je ne voudrais pas qu'elle ne soit pas là pour son frère à ce moment là juste à cause de moi.


- Je vais encore jeter un œil à quelques livres, je vous rejoins après.

Je regarde la petite famille s'éloigner, puis je tourne les talons et me dirige, sans grande surprise, vers la section Botanique de la boutique. Une fois arrivée, mon regard parcourt les tranches des ouvrages déposés là, cherchant un titre qui pourrait me tenter. J'en repère rapidement un sur l'étagère du haut, qui semble indiquer que son livre parle de toutes les nouvelles plantes magiques et non magiques découvertes ces dernières années. *Il me le faut absolument.* Ravie de ma découverte, je dépose ma pile de livres sur le sol puis me hausse rapidement sur la pointe des pieds, la main tendue vers ce nouveau livre. Et... C'est trop haut pour moi. J'ai beau faire ce que je veux, mon petit mètre quarante-huit ne me permet que de toucher le bois de l'étagère sur laquelle repose l'objet de mon désir. *Merde.* Je redescends, puis me mets à chercher des yeux un escabeau. Je sais qu'il y en a quelques uns dans la boutique, justement pour les cas comme le mien.

Au moment où j'en repère un, non loin de moi, au bout de l'allée, je vois du coin de l’œil une main inconnue se hisser dans les airs, et s'emparer d'un livre. Je me retourne vers le possesseur de cette main, vois le livre qu'il vient d'attraper et je sens la déception m'envahir.
Evidemment, c'est pile celui que je voulais.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

19 sept. 2020, 23:02
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Vous savez quoi ? Malgré toutes les journées que j'ai déjà passées à circuler dans le Chemin de Traverse, ça fait bizarre de, pour une fois, devoir entrer dans toutes les boutiques, même celles auxquelles je n'ai jamais jeté un regard. Même les boutiques vers lesquelles j'avais peut-être daigné tourner mes yeux, mais sans m'y attarder plus de cinq secondes (je sais pas s'il y a des gens qui passent vraiment plus de cinq secondes à regarder un chaudron dans une vitrine de toute façon, c'est pas comme si ça constituait le summum du fun ou que c'était rempli avec une potion d'Intérêt Particulièrement Intéressant).

Malheureusement, il n'y a pas de crème glacée dans la liste des fournitures. Ça m'empêchera pas de passer chez Florian Fortarôme quand on aura tout acheté. C'est une tradition, l'été. Si je suis sur le Chemin de Traverse, Papa m'achète une glace. Et puis en plus, entre finir la journée par une glace à la myrtille ou par l'achat d'une balance en cuivre, y a pas photo, y a l'un des deux qui laisse un meilleur souvenir (spoiler alert : c'est pas la balance).
Traînant un peu des pieds derrière mon père (Maman nous rejoint plus tard dans la journée, elle a du travail), je grimace à la vue de la liste de fournitures. Elle est pas gigantesque, mais l'idée de devoir transporter tout ça chez moi puis jusqu'à la gare puis jusqu'à Poudlard... sérieusement, depuis que j'ai reçu la lettre, je reste bloqué sur le chaudron. Le truc est tellement énorme, je pourrais mettre ma petite sœur dedans si j'en avais une. Et on attend de nous qu'on cache ça aux moldus ? (J'ai pas compris pourquoi il faut toujours rester discrets maintenant qu'ils sont au courant de la magie, mais c'est pas le sujet, j'en ai rien à faire d'eux, le problème c'est mon chaudron).

Pour l'instant j'ai encore les mains assez libres pour les avoir dans mes poches pendant que je donne un coup de pied dans un caillou en soupirant très fort avec mon visage le plus grognon possible (en vrai c'est juste parce que c'est comme ça qu'ils sont dessinés les gens quand ils ronchonnent, dans les faits c'est très dur de faire tout ça en même temps sans se concentrer), mais quand j'aurai une pile de bouquins sur les bras (ou un chaudron), ça sera une autre paire de manches.
Bien entendu (je dis ça comme si c'était évident mais ça a été décidé au hasard), on a commencé par acheter le rapeltout ― comme ça on risque pas de l'oublier (ça serait drôle d'oublier le seul truc qui m'aurait prévenu que je l'avais oublié) ― et maintenant, on va entrer chez Fleury et Bott dans trois, deux, un,

< • o • >

Nous y voilà donc, la plus grande boutique de livres du Chemin de Traverse. C'est beau, d'accord, c'est grand et même peut-être un petit peu impressionnant, je vous l'accorde, mais je préfère quand même la librairie plus étriquée où travaille Papa.
Je vais pas faire le moldu paumé stupide qui cherche rayon par rayon où peuvent bien être ces satanés manuels : c'est assez évident que soit ils sont tous regroupés à un même endroit, soit il me suffit de suivre les petits groupes de clients qui sont clairement des élèves et quelques parents. Le tout c'est pas d'être le meilleur chercheur, c'est d'être le plus lucide.
Et déjà, les pas très lucides, on les repère facilement : jamais les vendeurs ne mettront des livres de première (ou deuxième ou troisième, pour ce que ça importe) année tout en haut des étagères donc ça sert à rien de se mettre sur la pointe des pieds pour regarder si par hasard Les grandes découvertes magiques n'y est pas. Au fait, une des grandes découvertes moldues, c'est l'escabeau, petit tips comme ça.

Bon j'avoue j'ai un peu pitié d'elle (pas que je sois plus grand, en me rapprochant un peu je constate que je suis bien plus petit en fait, mais au moins je m'embête pas à chercher à dix mètres du sol (je constate aussi, en voyant son visage, qu'elle a l'air un peu plus vieille que juste première ou deuxième année)) ― et d'ailleurs je crois que mon père aussi parce qu'il s'approche et prend le bouquin qu'elle atteint même pas du bout des doigts. Le tout sans effort, et avec le sourire s'il vous plaît.
Ce serait drôle s'il l'avait pris pour lui mais non, c'est bien à la fille qu'il le tend.

― C'est celui-ci que vous voulez ?
Allez hop et maintenant on continue les courses.
Haha à qui je fais croire ça moi.

(Il jette un coup d’œil à la couverture). ― Hmm, botanique, une discipline passionnante, n'est-ce pas ?
Oh seigneur.

Te saluto, moritura.

Beware of the bunny. #824484
« Va revoir les roses. »

20 sept. 2020, 23:48
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La main qui vient de saisir l'objet de ma convoitise appartient à un homme d'âge moyen, derrière lequel se tient discrètement un garçon aux mains fourrées dans les poches. Ce dernier n'est pas beaucoup plus petit que moi mais il me semble plus jeune de quelques années. Je lui en donnerais une dizaine environ, comme Esteban. Cependant, contrairement au frère de Lyn qui était complètement surexcité, sa tête me dit il n'a pas l'air ravi d'être là.
Mon regard se tourne vers celui que je suppose être son père lorsqu'il se tourne dans ma direction, et -à ma grande surprise- me tend en souriant l'ouvrage qu'il vient d'attraper.


- C'est celui-ci que vous voulez ?

Stupéfaite, je reste quelques instants les bras ballants, sans rien dire. Au moment où je l'avais aperçu s'emparer du livre, je m'étais résignée au fait qu'il me faudrait aller déranger le personnel de la boutique -qui avait pourtant plein d'autres choses à faire en ces temps de pré-rentrée- pour savoir si, par le plus grand des hasards, ils n'auraient pas un deuxième exemplaire en stock. Jamais je n'aurais imaginé qu'il aurait la gentillesse de l'attraper pour moi alors qu'il ne me connait absolument pas.

Mentalement, je souffle un bon coup, sentant ma déception s'en aller en laissant place au soulagement. Il ne voulait pas prendre le livre, juste me le donner. Etrangement, un sentiment indescriptible de bien-être me prend le cœur. Quand je vois des gens faire ce genre d'actions par pure gentillesse, je reprends un peu confiance en l'être humain, et ça me fait du bien.

Mon soulagement se répercute sur mes lèvres, qui dessinent un léger sourire en même temps que je m'approche des deux inconnus. Je m'arrête à une distance respectable d'eux, tandis que mon "sauveur" se met à observer la jolie couverture de l'ouvrage.


- Hmm, botanique, une discipline passionnante, n'est-ce pas ?

Mon sourire s'agrandit, comme toujours lorsqu'on me parle de Botanique. Ses mots sont parfaitement justes, pour moi c'est devenu une véritable passion au fil du temps. Ma chambre emplie de plantes diverses et variées en témoigne.
Je croise mes mains derrière mon dos et en me balançant très légèrement sur mes talons -signe que je ne suis pas si à l'aise que ce que je peux laisser paraître-, je réponds malgré tout avec un enthousiasme difficilement dissimulé à l'adulte qui se tient devant moi.


- Oui c'est celui-là, merci beaucoup de l'avoir attrapé. J'allais me débrouiller avec l'escabeau J'indique d'un mouvement de tête celui que j'avais repéré derrière moi. mais c'est très gentil de votre part.

Je fais une courte pause, le temps de reprendre mon souffle. Quand je suis stressée, j'ai tendance à oublier que pour parler il faut respirer, ce qui donne lieu à des fins de phrases parfois plus murmurées que prononcées par manque d'air. Ce serait quand même bête de prendre mon courage à deux mains pour parler à un inconnu et qu'au final celui-ci n'entende pas ce que je lui réponds.

- Et je suis d'accord avec vous, c'est vraiment passionnant.

Heureuse d'être arrivée au bout de ce que je souhaitais dire sans incident notable autre que mes joues qui, comme d'habitude, se sont mises à flamber, je quitte l'adulte des yeux pour les diriger vers le jeune garçon qui n'a pas bougé d'un poil. Lorsque je croise son regard, j'ai le sentiment qu'il n'est pas particulièrement heureux que son père se soit arrêté pour me donner un coup de main puis pour me parler. Je me sens un peu désolée pour lui, je sais que je déteste quand l'un de mes parents commence à parler à un parfait inconnu comme si c'était normal.

C'est quand même assez drôle de voir comment les adultes ont facilement tendance à papoter avec n'importe qui dans la rue, alors qu'ils nous rabâchent de ne pas parler aux inconnus.
*Et en même temps ils nous disent de nous faire des amis à l'école* Quel paradoxe.

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17 oct. 2020, 23:36
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Et en plus, il faut qu'on tombe sur quelqu'un qui ne fait pas juste "oui oui" de la tête, comme à peu près beaucoup d'enfants quand un adulte leur adresse la parole avec une attaque aussi frontale ― n'est-ce pas naturel de chercher à éviter la conversation, si passionnante fût-elle, quand c'est avec un parfait inconnu ? Bon, je peux concevoir que certains sujets méritent l'effort.
Moi, par exemple... si la personne en face répond à suffisamment de critères sur mon échelle de potentiel d'amabilité, une échelle complètement fumeuse mais pas moins exigeante, je peux consentir à m'engager dans un processus d'échange à condition que le sujet réponde à mon autre échelle, celle du potentiel d'intérêt. Autant vous dire, je fais pas souvent ami-ami avec des inconnus. Alors avec des adultes ? Définitivement pas.

Au moins, point positif pour elle si elle est pas traumatisée par la gênance de mon paternel. Il balaie ses remerciements avec un sourire et un petit mouvement de tête façon "ce n'est rien, allons, hohoho", et franchement, je sais pas ce qui est pire entre le geste et la parole imaginée.
Je ricane intérieurement à l'évocation de l'escabeau, parce que c'est exactement ce que je lui ai conseillé en pensée et wow, quelle complicité j'ai avec moi-même, pas besoin d'être deux pour s'amuser hein.
Par contre la fille c'est une mitraillette. Ça, c'est encore l'une de toutes ces expressions moldues auxquelles je comprends rien mais Anton il comprend tout et ses expressions déteignent sur moi (mais pas sa compréhension). Mais en gros, elle a parlé à peine cinq secondes, et ben, c'était rapide.

Et ― zut, quand j'entends "passionnant", je le sais, ça va durer des heures. Pourquoi il faut que mon père soit un virtuose de la sociabilité ? Je voulais juste prendre mes bouquins et me barrer. (En vrai je voulais juste partir regarder les différents titres dans mon coin mais ce serait malpoli de partir là tout de suite.)
Au moment où nos regards se croisent, je détourne les yeux rapidement. Et immédiatement après, je regrette, qu'est-ce que je fais, je suis pas timide, mais c'est un réflexe, et puis c'est ça ou je roule des yeux et c'est pas forcément bien reçu. Enfin de toute façon je m'en fiche, puis du coup comme j'ai détourné le regard il faut que je remontre l'ascendant que j'exerce sur ma confidence (il manque plus que le mot virilité dans cette phrase et c'est parfait), donc je refais contact.

Information numéro un, elle a les yeux bleus ; information numéro deux, je vais probablement oublier l'information numéro un dès que j'aurai détourné le regard. Je connais toujours pas la couleur des yeux de Sydney, vert ou marron je saurais pas dire, et pourtant c'est pas faute de l'avoir regardé.
Cette fois-ci je lui balance mon roulement des yeux parfaitement maîtrisé, parfaitement synchronisé avec le moment où mon père reprend la parole (et de toute façon j'ai rien contre elle, allez pas croire que je l'agresse avec mon regard, je vous rappelle que je suis censé compatir à sa douleur même si franchement elle a l'air de souffrir moins que moi).
― Je suppose donc que vous en avez fait l'une de vos matières de prédilection ― dans quelle filière, si je puis me permettre ? Si vous êtes bien élève à Poudlard, évidemment.

Vu sa taille, je serais surpris qu'elle soit adulte. Ce qui laisse pas beaucoup de possibilités, vu que seuls les sorciers se baladent au Chemin de Traverse. Et elle a clairement pas en-dessous de dix ans non plus. Sinon pour le coup c'est une géante et elle parle beaucoup trop bien.
Je peux pas m'empêcher de faire un commentaire, à mi-chemin entre un grommellement et un propos intelligible.
― Ça se voit qu'elle est élève à Poudlard Papa, de toute façon la librairie en est remplie, d'élèves de Poudlard.

Je vais pas dire que je ne cherche jamais l'attention. Mais là, c'est une de ces rares fois où j'en ai besoin, parce que peut-être si mon père se souvient qu'on est là pour moi pour mes fournitures pour ma rentrée, il abrégera.

Beware of the bunny. #824484
« Va revoir les roses. »

19 oct. 2020, 00:08
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A peine ai-je eu le temps d'apercevoir ses pupilles que déjà le jeune garçon détourne les yeux, fuyant mon regard. Je sens qu'il a envie que son père abrège la discussion et qu'ils s'en aillent, tout son corps me l'indique aussi clairement que s'il avait parlé pour l'exprimer. Cependant, l'adulte, lui, ne semble pas ressentir le même besoin pressant de cesser notre discussion. Je le vois à son sourire bienveillant et sa posture qui ne ressemble pas à celle de quelqu'un sur le départ. Je me sens désolée pour le garçon, et en même temps je sais que je ne vais pas mettre délibérément fin à notre dialogue, par peur de paraître impolie. Je vais juste croiser les doigts pour que ça ne s'éternise pas, pour lui, mais aussi pour moi accessoirement. Je me sentirai plus à l'aise quand j'aurais retrouvé Lyn et sa bonne humeur.

Quelques instants après avoir détourné le regard, le garçon replonge ses yeux dans les miens, un air légèrement déterminé sur le visage que je ne suis pas certaine de savoir comment interpréter. Je le sens qui m'observe un bref moment, puis je le vois rouler exagérément des yeux, pile au moment où son père reprend la parole. Je lui offre un petit sourire désolé, qui ne changera certainement rien à son affaire. Aucune idée de pourquoi je le fais du coup. Peut-être pour lui montrer mon soutien, même si je ne suis pas certaine qu'il en ait grand chose à faire. En réalité, je suis même quasi sûre qu'il s'en fiche. Tant pis, il en fera ce qu'il veut.


- Je suppose donc que vous en avez fait l'une de vos matières de prédilection ― dans quelle filière, si je puis me permettre ? Si vous êtes bien élève à Poudlard, évidemment.

Mon regard se redirige vers l'adulte se tenant en face de moi. *Bien supposé monsieur.* En même temps, vu mon expression lorsqu'il a lancé le sujet de la Botanique, je pense qu'il n'y a pas besoin d'être Sherlock Holmes pour comprendre que j'ai évidemment conservé cette matière dans mon cursus scolaire. J'aurais vraiment été dégoûtée qu'aucune filière contenant de la Botanique ne me convienne. Est-ce que j'aurais préféré une filière moins adaptée pour moi mais avec ma matière favorite, ou une sans elle mais plus proche de ce que j'aime en général ? Rude question. Heureuse de ne pas avoir eu à y répondre.

Au moment où j'ouvre la bouche pour répondre à l'inconnu, son supposé fils me devance.


- Ça se voit qu'elle est élève à Poudlard Papa, de toute façon la librairie en est remplie, d'élèves de Poudlard.

*Définitivement son fils du coup* Ce dernier, bien loin de la bonhomie de son père, a parlé en ronchonnant et marmonnant dans la barbe qu'il n'a pas, certainement pour manifester à l'adulte son mécontentement d'être coincé ici. Surprise par son intervention, je referme la bouche et reste silencieuse quelques instants, ne sachant pas trop quoi faire. Je finis par me décider à briser le silence que le garçon a installé par sa remarque glaciale.

- Je suis bien élève à Poudlard, Petit sourire à l'attention du fils et oui j'ai conservé la Botanique en Troisième année en choisissant de m'inscrire en filière Sciences.

Ma voix me semble plus posée que lors de ma dernière prise de parole. Sûrement grâce au fait que j'avais déjà formé la phrase dans ma tête avant de parler. Mais je préfère me dire que je suis un peu plus à l'aise. *C'est pas complètement faux en même temps* La gentillesse de l'homme qui se tient devant moi me gagne doucement, et je sens que je suis moins tendue qu'il y a quelques minutes. Un quasi miracle.

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19 oct. 2020, 11:35
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La fille me sourit, je suis presque déçu qu'elle ait pas interprété mon regard comme une agression finalement parce que là j'ai juste le sentiment de lui faire pitié. Mais ― je vais pas non plus mentir, j'ai aussi envie de râler contre moi-même pour être insatisfait alors que mon geste a eu l'effet escompté (à savoir, ne pas être vu comme une attaque mais un semblant de complicité). Vous voyez, le point crucial quand on râle beaucoup, c'est de faire le tri dans sa tête et de virer les plaintes contradictoires, et seulement ensuite s'énerver de manière cohérente. Sinon on perd toute crédibilité.

Mon père me fait juste un petit sourire (qu'est-ce qu'ils ont tous, je les fais rire ou quoi.) après ma remarque, mais n'a pas le temps de a- me réprimander pour avoir coupé leur dialogue ou b- me féliciter pour avoir pris la parole. Je roulerais bien des yeux encore une fois mais ça commencerait à devenir lourd, je donnerais l'impression de faire un malaise avec tous ces tourbillons.

Moi, je vais pas sourire, j'ai aucune raison de le faire. Même s'ils semblent décidés à me bombarder avec les leurs. Surtout à cause de ça en fait. J'ai l'impression d'être traité comme un enfant dont on est content qu'il parle même s'il est à côté de la plaque. Alors que je suis parfaitement sur la plaque, mais tout le monde s'en fiche.
Elle aussi elle s'en fiche, elle fait des jolies phrases tournées correctement alors qu'elle pourrait juste dire "Oui ― stop ― oui botanique ― stop ― sciences ― stop." et hop vous vous rendez pas compte du temps économisé. Puis au moins ça, ça m'aurait fait rire. De toute façon je sais que je peux compter que sur moi pour que la situation soit plaisante.

Mon père fait comme si de rien n'était, il pose juste sa main sur mon épaule vite fait (je déteste à quel point il arrive à exprimer tellement de choses avec juste des gestes) (mais j'aime bien le côté économie de parole) (j'aimerais bien que moi aussi les gens me comprennent sans que je parle, genre pas la peine de m'appeler trois fois, si je lève pas les yeux c'est que le problème vient de toi, pas que je suis sourd). En une fraction de seconde j'ai fait un pas de côté pour m'en dégager, mais il s'en fiche, il laisse juste retomber sa main de façon parfaitement mesurée.

― Sciences ? Ça doit être bien pour être Médicomage ça, c'est pour toi Kane ! Elle était en filière Sciences aussi Joan non ?

Ça se voit qu'il connaît encore moins bien les filières que moi. Déjà, c'était pas là à son époque, ni à celle de Maman, alors forcément il peut pas savoir que la meilleure filière pour faire Médicomage c'est Sport et Soins. C'est Isaac qui m'a un peu tout expliqué donc je sais déjà que c'est ce que je vais faire, j'ai prévu ça depuis longtemps. Mais je vais laisser passer, parce que sa question me fait juste encore plus grincer des dents.

― Non. Elle a fait Pratique et Ouverture, c'est pas du tout pareil, je sais plus trop ce que c'est. J'essaie d'être un peu plus clair cette fois et d'avoir l'air moins exaspéré ― un ton plat c'est parfait, mais franchement, c'est dur de rester entièrement calme.

― Ah... ― il retourne la tête vers la fille avec un air désolé, je sais pas s'il est désolé pour moi ou pour lui ― J'avoue que je ne suis pas encore tout à fait au point sur les études à Poudlard, ça a beaucoup changé depuis ma propre scolarité... !

Par pitié. Ne lui demande pas des explications détaillées sur chaque filière. Déjà elle aura pas grand chose à nous apprendre à part sur la sienne et ensuite ça peut largement attendre d'être rentré pour demander à Anton et Isaac.
Si ça se trouve mon père fait exprès de se tromper pour allonger la discussion. Ce serait vraiment tordu mais, quoi, plus rien ne m'étonne.

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1 nov. 2020, 23:18
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L'adulte ne semble pas froissé par la mauvaise humeur de son fils, et pose seulement la main sur son épaule, dans un geste qui me semble empreint de complicité. Malgré la gentillesse se dégageant de son mouvement, le jeune garçon ne semble pas l'apprécier et s'éloigne de son père pour casser leur contact. J'ai un peu de peine pour l'homme se tenant devant moi, à sa place j'aurais été blessée par le geste du blondinet. Lui, pourtant, ne semble pas vexé, et continue la discussion comme si de rien n'était. Peut-être est-ce une situation habituelle pour eux ? Je n'en sais rien, et je ne tiens pas à les juger sans les connaître, ce serait nul de ma part. Malgré tout, ma compassion pour le jeune garçon s'est un peu amoindrie, et je m'efforce d'être plus attentive à ce que dit son père, pour compenser.

- Sciences ? Ça doit être bien pour être Médicomage ça, c'est pour toi Kane ! Elle était en filière Sciences aussi Joan non ?

Je note dans un coin de ma tête que le garçon s'appelle Kane, et qu'il a visiblement envie de devenir Médicomage. *C'est un joli métier, il a bien raison. Je conseille juste un poil plus de sourire avant de commencer à exercer* Parce qu'un médecin qui fait la tête, c'est bof. Après, il est jeune, il lui reste encore plein de choses à apprendre à Poudlard et sur le monde magique de manière plus générale, et il a tout le temps de changer d'avis, se découvrir de nouveaux centres d'intérêts et partir dans tout autre chose que la médecine.
Et si jamais il garde la même envie, je lui conseille de ne pas écouter ce que vient de dire son père. Parce que "Sciences" on pourrait presque croire que c'est bien pour devenir Médicomage, mais nope. A la rigueur Magizoologiste, mais pas sûr qu'on vous laisse exercer à Sainte Mangouste avec ce diplôme. Vous pourrez toujours tenter de négocier que les sorciers sont des créatures magiques parmi d'autres, mais je pense que ça ne passera pas. Vaut mieux choisir la bonne filière dès le début.

Je ne peux cependant pas reprocher à l'homme de ne pas y comprendre grand chose pour le moment : Maman était un peu perdue elle aussi quand j'ai dû faire mon choix et ne savait pas trop quoi me conseiller, puisque les filières n'existaient pas quand elle étudiait à Poudlard. Heureusement, je n'ai pas eu à hésiter trop longtemps avant de me décider.

Kane confirme que son père n'est pas très au courant des filières quand il le corrige -d'un ton moins agacé- sur la filière d'une certaine "Joan". Je suppose qu'il doit s'agir d'une cousine ou quelque chose du genre, puis que j'élimine la possibilité "sœur de Kane" en supposant que si Joan était la fille de l'adulte, il aurait su en quelle filière elle était. Du moins je pense.


- Non. Elle a fait Pratique et Ouverture, c'est pas du tout pareil, je sais plus trop ce que c'est.

*Ah non c'est pas pareil en effet* Pratique et Ouverture, ou la filière dans laquelle je n'aurais jamais pu aller. Plein de Défense Contre les Forces du Mal, Métamorphose et Sortilèges, sans une seule heure de Botanique ou Potions ? Impossible pour moi.
L'adulte se tourne vers son fils, et semble désolé de s'être mélangé les pinceaux. Il avoue ensuite ne pas être au top encore sur les filières, puisque, comme je le sais, ça a bien changé depuis qu'il y a étudié. Je le rassure d'un sourire.


- Ne vous inquiétez pas, ça viendra. Ma mère aussi était un peu perdue au début.

Pendant quelques secondes, j'hésite à expliquer au garçon ce en quoi consiste la filière Pratique et Ouverture, puis je me dis que ça ne l'intéresse pas forcément et qu'il verra ça l'année prochaine tranquillement. Alors je me tais.

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11 mars 2021, 22:35
The book pile doesn't stop from getting taller  PV 
Mon père laisse un air soulagé s'afficher sur son visage quand la fille le rassure sur son ignorance. Ça fait mal à voir, je suis sûr qu'il n'a pas besoin d'être rassuré mais qu'il veut juste lui montrer qu'il accorde une valeur à ce qu'elle dit. Il émet un petit rire et ça sonne tellement contrôlé, tellement faux, et en même temps ça lui ressemble tellement que chez lui ça fait vrai-
― Je suppose que quand ce sera au tour de ce jeune homme de choisir sa filière, je deviendrai un expert sur le sujet !

Il se tourne vers moi, tout sourire, et je sens dans son regard l'injonction cachée. Fais un effort, parle un peu. Et je l'entends, sa voix, dans ma tête. C'est pas moi qui serai à Poudlard avec tes futurs camarades. Et il sait parfaitement que j'ai pas envie. J'ai Darius, j'ai les cousins, j'ai même un ami moldu. Enfin j'ai appris un peu tard qu'il me considérait comme un ami mais depuis je suis bien obligé de me dire que c'est mon ami. J'ai pas besoin d'une... rando croisée dans un endroit random. C'est pas comme s'il y a le moindre risque qu'on soit camarades de dortoirs.
Je fais comme si j'avais aucune idée de ce dont il parle, et je lui retourne un petit sourire, parce que si je peux pas répondre à son message caché je peux au moins répondre à son message apparent. Ça lui suffira.
Son sourire s'élargit et j'ai presque envie de rire parce qu'il sait que je n'en ai rien à faire, que mon visage n'a rien d'avenant, et que je suis juste en train de jouer au benêt. Je crois que ça le fait rire aussi quand je suis comme ça, parce qu'au moins quand je joue le benêt je ressemble pas à un bigorneau en hibernation. Il y a un minimum d'interaction.

Sauf que ce moment de trois secondes est brisé plus vite encore quand il se retourne vers l'autre individu en tapant une fois ses mains.
― De toute évidence Poudlard est une époque trop lointaine pour moi, je vais laisser la jeune génération parler de tout ça ! Plaît-il ? T'en fais pas Kane j'ai la liste avec moi, je m'occupe des manuels ! Et il se tire, non sans un "Très bonne journée à vous" en regardant la presque inconnue. Je ? Pardon ? Non seulement c'est le summum de l'impolitesse de se barrer comme ça mais c'est surtout le summum de ma mise en bière. Pas que j'aie peur d'elle ou peur de sociabiliser mais. J'ai juste pas envie. Et ça ne peut devenir que gênant.
Sauf que mon père a la fâcheuse tendance de s'arrêter pour discuter avec n'importe qui, et si son intention c'est de me forcer à rencontrer des gens jusqu'à ce qu'on finisse les courses je vais être vidé. Mais si je fais l'effort avec une personne... Qui sait, il pourrait m'épargner quelques interactions. Je lui lance un dernier regard avant qu'il disparaisse dans les rayons, et il me fait un clin d’œil. Je lève un sourcil, pas du tout impressionné. Sérieusement ?

Je me retourne vers elle dans l'instant qui suit. Allez Kane, c'est le moment de briller.
― Uh.
Je détourne le regard. Je la regarde à nouveau. Je regarde dans la direction qu'a pris mon père mais je le vois déjà plus donc je la regarde à nouveau. Je pense pendant une fraction de seconde à regarder mes pieds mais ce serait ridicule. Soudainement je me rends compte que c'est beaucoup plus facile d'avoir l'air assuré avec les gens qu'on connaît ou qui ont à peu près notre âge, voire qui sont moldus. Pas avec des élèves sorciers inconnus qui ont toutes les raisons de se sentir au-dessus. J'ai simplement rien à mettre dans la balance à part mon air effronté.

Je la quitte pas des yeux, mais je retourne à un ton marmonné.
― C'est gênant.
Je sais pas si je fais plus référence à ce qu'il vient de se passer avec mon père ou bien ce qu'il est en train de se passer, mais eh- c'est vrai dans tous les cas, clairement.

Beware of the bunny. #824484
« Va revoir les roses. »

14 avr. 2021, 23:41
The book pile doesn't stop from getting taller  PV 
Les traits de l'homme dessinent un air soulagé après mes paroles, et il rit même un court instant avant d'ajouter que lorsque ce sera au tour de son fils de devoir faire son choix, il deviendra un "expert". Je hoche la tête légèrement à ces mots, et lui renvoie un petit sourire, même si au fond de moi je doute du fait qu'il en devienne jamais réellement un. Comme mes parents, il sera certainement renseigné sur les filières entre lesquelles le jeune garçon hésitera, mais il n'apprendra certainement jamais à connaître les autres. Quel en serait l'intérêt après tout ? C'est pas comme s'il allait lui-même retourner à Poudlard.

L'adulte se tourne ensuite vers le blondinet à ses côtés, qui semble toujours aussi peu ravi d'être coincé là, au milieu d'une discussion qui a tout sauf l'air de le passionner. En même temps, il a encore du temps devant lui avant de devoir entendre parler de filières, il faudrait déjà qu'il commence par faire sa première rentrée, ce serait un bon début.
Après un échange de sourires entre le père et le fils, le premier se tourne de nouveau vers moi, et lorsqu'il tape dans ses mains, je suis persuadée qu'il va trouver je ne sais quelle formulation pour me dire qu'il a été ravi de parler avec moi mais que maintenant ils ont des choses à faire et vont devoir s'en aller.


- De toute évidence Poudlard est une époque trop lointaine pour moi, je vais laisser la jeune génération parler de tout ça !

*Ah* J'étais pas tombée si loin. Effectivement, il s'en va. Mais il me laisse avec son fils. J'en connais un qui doit être ravi de la situation.

- T'en fais pas Kane j'ai la liste avec moi, je m'occupe des manuels !

*Oh je suis certaine que c'était sa principale source d'inquiétude* Je plains un peu le dénommé Kane, j'aurais détesté que Papa me fasse un truc du genre.
L'homme me salue, et je lui réponds d'un
"Bonne journée également" accompagné d'un poli hochement de tête, avant de tourner mon regard vers le blondinet qui observe fixement son père s'éloigner, d'un air dépité.

- Uh.

*Tu l'as dit* Il se tourne vers moi, me regarde un très court instant, puis dirige à nouveau ses yeux vers l'endroit où son père a disparu. Je sens que ça va être long, j'ai aucune idée de quoi lui dire, absolument aucun sujet de conversation ne me vient à l'esprit. Non pas que ça change beaucoup de d'habitude, mais là c'est gênant. On ne va pas rester là quatre heures, debout l'un à côté de l'autre sans même l'avoir choisi et sans dire un mot, parce que ça va être long.
Il me regarde de nouveau.


- C'est gênant.

Ses paroles en écho parfait à mes pensées me font lâcher un léger rire du nez et un sourire amusé. J'aurais pas osé le dire à voix haute, mais ça m'amuse qu'il pense la même chose et ne soit pas gêné de me le faire savoir.
Je replace une mèche folle de mes cheveux derrière mon oreille, me sentant bizarrement un peu plus à l'aise et en confiance après son commentaire franc.


- Je ne te le fais pas dire.

Je jette un coup d'œil dans la direction dans laquelle son père est parti, puis reconcentre mon attention sur lui. Il me fait un peu de peine, coincé là par son paternel avec une parfaite inconnue incapable de tenir une conversation correcte. Il n'est vraiment pas bien tombé.
Je suis certaine que plein d'autres élèves auraient su quoi lui raconter pour le dérider et passer un bon moment, mais personnellement j'en suis incapable. J'ai aucune idée de ce que je pourrais raconter à un enfant de onze ans. Ou même à n'importe qui, j'ai jamais l'impression d'avoir un truc intéressant à dire de manière générale.


- Si jamais tu veux y aller tu peux, je comprendrai.

J'ajoute un petit sourire à mes paroles pour lui faire comprendre que c'est pas que je le chasse, mais que je sais que je ne suis pas forcément la plus amusante des compagnies et donc que s'il préfère s'en aller discrètement, je ne le prendrai pas mal. Il sera certainement plus heureux à faire ses premières courses pour Poudlard avec son père plutôt que rester ici à rien faire avec moi.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

19 juil. 2021, 23:15
The book pile doesn't stop from getting taller  PV 
Au moins ça la fait rire, c'est que je suis pas encore une allégorie de la misère pour elle. Ou alors si, et elle est juste cruelle et dénuée d'humanité. Ce que j'ai dit a beau un peu alléger l'ambiance, ça ne cesse pas d'être vrai dans les secondes qui suivent : la gêne plane. C'est pas parce qu'on est conscient de quelque chose qu'on peut le régler directement, eh. Dans le cas présent ça peut même être marrant de voir qui craque en premier sous le coup de l'embarras. Mmh, je suppose que c'est un peu moi vu que j'ai attiré en premier l'attention dessus.

Réfléchir à ça a fait dériver un peu mon regard, plus concentré sur quoi que ce soit, et quand je retourne mon attention à l'inconnue (même si je connais déjà plus sur elle que sur n'importe lequel de mes prochains camarades de classe, donc plus si inconnue que ça, je connais juste pas son nom), c'est pour qu'elle me propose de m'en aller. Je suis si ennuyeux que ça ? Tiens donc, quel dommage. Je fais un sourire en coin avant de me souvenir qu'elle peut pas entendre mes pensées. Oh, tant pis hein.

Je pense quelques instants à comment je peux répondre sans avoir l'air de lui dire de rester, mais je sais que ça va à moitié avoir l'air de ça. Je grince des dents et mets les mains dans les poches avant de m'exprimer avec précaution.
― Bah... si toi, tu veux y aller, tu peux. Moi, mon père sera juste en train de parler avec quelqu'un d'autre et me forcer à faire connaissance. Je mime des guillemets autour de "faire connaissance" tout en roulant des yeux. Je crois que depuis ces quelques minutes ça se voit que je suis pas un grand fan de ses pratiques paternelles.

Honnêtement, je suis plutôt bien tombé avec elle, j'aurais pu tomber sur quelqu'un qui ne s'arrête pas de parler et insiste pour me suivre. J'essaie de pas trop penser au fait que c'est exactement comme ça que j'ai rencontré Sydney ― c'était pas pareil.
D'ailleurs, je lui dis exactement ça. Enfin presque exactement.
― Au moins avec toi c'est plutôt cool, ― je détourne le regard une demi-seconde, avant de parler précipitamment avant qu'elle pense que c'est elle qui est cool ― j'ai pas trop besoin de parler.

Je veux pas non plus que ça sonne trop comme une imploration à rester, merci bien. J'ajoute hâtivement, à moitié entre les dents parce que je viens de dire explicitement que je voulais pas parler :
― Si tu dois partir j'irai juste bouquiner dans un coin hein.
J'ajoute pas que je fais ça tout le temps parce que des fois qu'elle trouve ça pathétique (ce qui n'est pas le cas merci bien) elle pourrait penser que je trouve ça pathétique aussi et urgh ce serait encore pire.

J'enlève mes mains des poches et les laisse balancer le long de mon corps parce que je sais pas vraiment quoi en faire. Puis je croise les bras en faisant mine de regarder autour de moi s'il y a des ouvrages que je pourrais lire, mais... on est dans la section Botanique, donc je recentre vite mon regard sur elle.

Beware of the bunny. #824484
« Va revoir les roses. »