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16 nov. 2020, 22:18
 privé  To skies that we once knew
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

Aussitôt qu'Eugène eut prononcé ses mots, Edmund avait ouvert les yeux et s'était redressé, à l'écoute. Il leva ensuite ses mains tout en secouant sa tête et Eugène en fut rassuré. Il ne voulait pas s'imposer, c'était bien une chose qu'il détestait. Pour appuyer ses faits et gestes, son camarade rajouta qu'il préférait écouter, ne sachant pas jouer. Apprendre un instrument n'était pas une chose aisé, Eugène était le mieux placé pour l'approuver ! Bien qu'il avait les bases et qu'il se débrouillait, il était bien loin du niveau de sa mère ou d'un autre pianiste.

Edmund montra le piano de sa main en prenant la parole :

— Je t'en prie, tu peux y aller.

Eugène opina seulement du chef et se tourna en direction de l'instrument. Il tape quelques touches, en quête d'une inspiration, toujours incertain sur ce qu'il devait jouer. Au fil de sa réflexion, la mélodie trouva un rythme qui lui était familier et il ne lui en fallut pas plus pour jouer Prelude In C Major de Bach.

Eugène connaissait cette composition à la note prête. Elle était douce et mélancolie à la fois, rappelant des temps plus doux ou grandir n'était pas une source d'angoisse constante. Mais avant tout chose, Eugène avait commencé le piano avec cette partition et, depuis, il jouait régulièrement Prelude In C Major. Alors, sans aucune surprise, il était bien plus à l'aise, aussi bien dans sa posture que dans sa façon de jouer. C'était fluide, aucune hésitation à chaque touche. Il savait parfaitement où appuyer et dans quel rythme.

Les deux minutes passèrent vite et le silence tomba sans la moindre forme de pression. Eugène ferma les yeux, appréciant ce calme ambiant. Loin du chaos du monde et du château grouillant de vie. Et, Seigneur, c'était un tel délice. Un court instant, Eugène s'était même attendu à ce que sa mère vient le voir avec une tasse de thé et quelques gâteaux.

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"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

4 déc. 2020, 17:46
 privé  To skies that we once knew
@Eugène Harlow


Le musicien hocha de la tête et se plaça face au piano, des doigts caressant les touches de l'instrument. D'une simple pression, il fit résonner une note, puis une autre, et une autre encore. L'air ailleurs, il pressait les touches sans réelle cohérence, laissant des accords arythmiques se propager dans la salle de répétition. La douce cacophonie se logea dans les oreilles d'Edmund qui en crispa le visage, peu amateur de ce genre de chaos acoustique. Était-il absolument indispensable pour Eugène de s'adonner à ce genre de pratique pour choisir ce qu'il comptait jouer ? Décider avant de commencer à jouer ne pouvait tout de même pas être si compliqué...

Au bonheur du garçon, une mélodie entreprit de se dessiner peu à peu sous les abords indomptés, jusqu'à ce que l'ordre ne remplaçât tout à fait le désordre. Bien qu'il sût connaître ce morceau, Edmund ne parvenait pas à donner de nom à la partition, mais cela lui importait peu. Il aurait le temps plus tard de chercher. En l'instant, il se contentait de savourer l'harmonie des notes qui s'échappaient de leur prison de cordes. Les yeux fermés, il se laissa emporter.

Contrairement au morceau précédent, le rythme était franc, les nuances appuyées, les notes se succédaient sans hésitation, malgré les quelques fautes qui venaient se glisser ici et là. Sans doute plus à l'aise que quelques minutes plus tôt, Eugène lui aussi semblait plus franc. Sa musique semblait plus... lui. Edmund n'aurait su dire ce qui exactement faisait cela, mais il ressentait les intentions de son camarade, son ressenti, transparaître à travers le voile que tissait le piano, comme une silhouette apparaissant au clair de lune, présente mais diffuse. Un peu de joie mêlé à de la tristesse, et quelque chose encore pour lequel l'enfant n'avait pas de mot — mais une fois encore, les mots importaient peu. Les arpèges se succédaient, tranquilles. Ils lui rappelaient ces instants, assis dans le petit canapé avec son père, écoutant de la musique sur la vieille enceinte du salon. Il se représentait son père, les yeux fermés, l'arrière de la tête posé sur le haut du dossier, les mains jointes sur le ventre, tandis que Bach s'invitait chez eux le temps de quelques partitions. La lumière jouait avec la poussière en suspension, myriade de petits points immobiles qui s'enfuyaient au moindre mouvement, aussi fugaces que des souvenirs perdus. Les seules différences étaient les quelques fautes qui parsemaient la mélodie, et la mélancolie qui teintait par moments de bleu les notes. Prelude in C Major de Bach. C'était cela le nom de la partition. Une succession d'arpèges à l'aspect simple, et pourtant plus touchante que bien des morceaux infiniment plus complexes.

L'ultime accord se posa dans salle de répétition avec la douceur d'une plume, sans briser la scène fragile qui se déroulait sous les paupières d'Edmund, et le silence reprit peu à peu sa juste place. Le souvenir s'estompa et fuit dans les recoins de sa mémoire, où il resterait certainement jusqu'à la prochaine écoute de ce morceau, insaisissable. Edmund garda malgré tout les yeux fermés, goûtant encore un peu les fragrances éphémères de ce souvenir. Il savait que dès qu'il les rouvrirait, il serait dans la salle de répétition, à plusieurs centaines de kilomètres de chez lui, dans un environnement étrange qu'il n'avait toujours pas tout à fait apprivoisé. Il voulait rester dans l'illusion. L'artifice. Le déni.

Avec un soupir de résignation, le Poufsouffle finit par rouvrit les yeux pour découvrir Eugène dans la même posture que celle qu'il arborait quelques secondes auparavant. Ne désirant pas le sortir de sa propre illusion, il demeura immobile sur sa chaise, observant son camarade. Il semblait paisible, heureux même. Maintenant qu'il avait le loisir d'observer sans être vu, Edmund dénota que quelque chose semblait être différent chez le musicien. Ce n'était pas un jeu de lumière, non, Edmund avait été assis à la même place depuis le début et le soleil avait peu bougé. Ce n'était pas non plus la droiture de sa posture : Eugène s'était déjà redressé un peu plus tôt et cela ne lui avait pas donné cette impression de changement. Mais alors qu'était-ce... Il avait beau chercher, il ne parvenait pas à mettre de mot sur ce qui provoquait cette sensation de changement. Oh, et puis qu'est-ce que ça change, que j'ai un mot pour ça ou non ?

Alors que le garçon s'apprêtait à détourner le regard, Eugène ouvrit les yeux et se tourna vers lui. Edmund rougit fortement sur le coup, honteux d'avoir été surpris à dévisager son camarade de façon aussi ostentatoire, ce qui était de plus extrêmement impoli. Il se retourna vers la fenêtre, très gêné et s'absorba dans la contemplation du ciel extérieur. Après une petite de seconde, il se demanda si Eugène ne souhaitait pas qu'il fît un commentaire sur le morceau — c'était sans doute ce qui serait attendu d'un spectateur non ?

- C'était très sympa, énonça-t-il hâtivement.

Très sympa ? Vraiment Edmund ? Tu peux pas faire mieux que ça ?

Le garçon prit une petite inspiration et continua :

- Il y avait de petites erreurs, mais c'était... touchant.

Il garda les yeux rivés sur la fenêtre, le visage encore échauffé.

couleur : #7f6000
Inspecteur Munmun, théoricien en chef des Bôs Debilus
Cofondateur de la PTC
Poufsouffle Vult !

22 déc. 2020, 15:52
 privé  To skies that we once knew
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Avril 2045
Feat @Edmund Long

Eugène revenait lentement à lui, délaissant à contrecœur ses souvenirs. Néanmoins, l'instant présent n'en restait pas moins doux. Le silence qui s'ensuivit était agréable, tout comme la présence à ses côtés. Edmund rougit et tout naturellement, Eugène fit de même en lui offrant un timide sourire. Tandis qu'Edmund se tourna vers la fenêtre, Eugène posa ses yeux sur les touches noires et blanches du piano. Il aimait cet instrument, que dis-je, la musique dans son entièreté. Il était heureux d'apprendre à maîtriser cet art et il avait hâte de pouvoir jouer des morceaux complexe. Et tant qu'à rêver, pourquoi ne pourrait-il pas composer lui-même ?

— C'était très sympa.

Arraché de sa rêverie, Eugène porta son attention sur Edmund qui, contrairement à lui, préférait étudier le ciel. Le garçon inspira et ajouta :

— Il y avait de petites erreurs, mais c'était... touchant.

À ses mots, un léger rire secoua les épaules de l'irlandais. Edmund semblait tout aussi maladroit que lui socialement.

— Merci, répondit-il avec sincérité, j'ai encore beaucoup de travail à faire pour avoir un bon niveau, mais je ne compte pas être découragé pour autant.

Le garçon opina du chef pour appuyer son propos. Il était clairement déterminé dans cette voie, et même apprendre un nouvel instrument une fois qu'il aura maîtrisé le piano et l'Orgue. De vous à moi, il aimait beaucoup la Harpe. Il zieuta sa montre, pensif.

— Pardonne-moi, je vais devoir te faire fausse route.
Il attrapa sa canne et se leva dans la foulée.
— L'heure passe et j'ai encore des devoirs à rendre.
Eugène hésita le temps d'un instant, avant de présenter sa main.
— J'espère te revoir, ce fut un plaisir !

Et je m'en vais ici, cher plume d'Edmund, merci pour cette danse ! Si tu le souhaite, tu peux faire partir Eugène dans ton poste :)

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"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
3e année RP | Je parle en gras

24 févr. 2021, 08:49
 privé  To skies that we once knew
Eugène remercia Edmund avant de reconnaître qu'il avait encore beaucoup de travail à fournir. Le jeune sang-mêlé acquiesça timidement de la tête, soucieux qu'opiner du chef avec trop de véhémence vexât son camarade ou qu'une absence de réaction pût paraître impolie — sans remarquer une seule seconde que ne pas regarder une personne qui lui adressait la parole l'était bien plus. Ce serait un acte dont il se préoccuperait plus tard de s'inquiéter vainement.
Il perçut du coin de l'œil un léger mouvement alors qu'Eugène se remit à parler.

— Pardonne-moi, je vais devoir te faire fausse route.

Edmund se retourna vers le jeune garçon qui attrapait sa canne tout en se levant. Il se demandait bien pourquoi un enfant avait besoin d'une canne... il devait souffrir d'une maladie touchant à sa motricité. Encore assis sur sa chaise, le châtain se demanda s'il devrait lui proposer de l'aide pour descendre les escaliers : ça ne devait pas être très facile pour quelqu'un ayant des problèmes aux jambes. Cependant, une fois de plus, il n'osa trop rien dire.

Eugène s'immobilisa un instant — pour se stabiliser peut-être ? — avant de tendre sa main droite en direction du Poufsouffle.

— J'espère te revoir, ce fut un plaisir !

Peu habitué à ce qu'on lui manifestât ce genre de sympathie, Edmund cligna des yeux en deux rapides successions avant de se lever mécaniquement et de prendre par réflexe la main qui lui était tendue pour la serrer. Ni trop fort, pour ne pas paraître hystérique, ni trop mou, pour ne pas passer pour quelqu'un d'apathique. Juste assez tonique pour sembler sûr de soi et digne de confiance. La poigne d'Eugène était elle aussi très bien contrôlée, ce qu'Edmund apprécia sans vraiment le dénoter consciemment : pour l'heure il était plutôt concentré sur le fait d'intégrer les paroles qui lui avaient été prononcées. Heureusement, son éducation reprit le dessus et une réponse automatique franchit ses lèvres avant qu'il ne risquât l'incident diplomatique.

« C'était un plaisir pour moi aussi Eugène. Peut-être à une prochaine fois. »

Celui-ci eut un dernier sourire avant de lui tourner le dos et de quitter la salle. Pour quelqu'un qui marchait avec une canne, il se déplaçait avec une certaine aisance, et fut hors de vue bien avant qu'Edmund eût eu le temps de comprendre ce qui venait de se passer.

Même une fois son camarade parti, le garçon demeura debout, perdu dans ses pensées. Quiconque passant par là se serait très certainement demandé ce qu'il faisait là, figé sur ses deux pieds, le regard pensif, quand il y avait tout une ribambelle de chaises derrière lui sur lesquelles il pourrait s'asseoir.

Cette rencontre s'était étonnamment bien passée. Ce n'était bien entendu pas la première fois qu'il rencontrait une personne qui lui manifestât de la sympathie, mais l'événement était tout de même suffisamment rare pour qu'il en fût surpris. La plupart de ses interactions étaient dans le cadre du travail donc il n'avait guère eu d'opportunités d'entamer une conversation amicale avec d'autres élèves. Bien qu'il eût peu parlé avec Eugène ce jour-là, il avait cependant la conviction intime qu'il s'était passé quelque chose de très important dans cette salle. Il ne savait pas pourquoi, mais il le ressentait.

Edmund balaya d'un revers de la main cette pensée ridicule. Qu'était-il à présent, un voyant ? N'importe quoi...

Mais en quittant la salle, tournant ostensiblement le dos à la salle de bal, il espérait tout de même recroiser un de ces jours le garçon à la canne. Il n'avait jamais ressenti si intrinsèquement le besoin d'être l'ami de quelqu'un d'autre.

@Eugène Harlow voilà, avec 50 ans de retard j'achève enfin ce rp. Ce fut un véritable plaisir de faire ce RP avec toi !
S'il y a quelque chose que tu veux modifier ou rajouter aux actions d'Eugène hiboute-moi !

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