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14 nov. 2020, 18:47
 Solo++  Remuer le couteau dans la plaie

Jeudi 20 Juillet 2045, Matin
Londres, Appartement familial, Chambre de Julie puis Salon



Tes yeux glissent sur le papier.
Patiemment ils analysent chaque mots.
Doucement tes doigts tournent les pages.

- Julie ! Tu peux venir s'il te plait ?

La voix de ta grand-mère te parviens du salon.
Tu relèves la tête de ton roman.
Ton regard s'envole par la fenêtre.
Il s'en va se poser sur les arbres du parc.
Tu entends quelques oiseaux chanter derrière la bruit des voitures.
Le soleil brille dehors.
Ses doux rayons parcours le parquet de ta chambre.
La journée s'annonce belle.

Sans trop te presser, tu déposes ton marque-page entre les pages de ton livre avant de le fermer.
Puis, tu glisses doucement tes pieds nus sur le sol.
Et tu te lèves.
Tu jettes un rapide coup d’œil dans le miroir de ta chambre.
Tes cheveux ondulent sur tes épaules.
Mais, tu ne t'attardes pas longtemps sur ton reflet.
A la place, tu appuies sur la poignet de la porte et tu pousses le battant.
Tu changes d'environnement, passant de ta chambre au couloir.
En quelques pas, tu te retrouves dans le séjour.
Ta mère est en train de commencer à préparer le repas du midi dans la cuisine.
Quant à ta grand-mère et ton père, ils sont tout deux assis dans la canapé.
Mère et fils.
Tu marches jusqu'à eux et tu t'installes sur la pouf que ton père te désigne.
Que veulent-ils ?
Tu ne sais pas alors tu attends patiemment que l'un d'eux prenne la parole.
Et c'est ton père qui rompe le silence.

- Depuis... depuis que ton grand-père est partis, mamie a eu beaucoup de mal à rester seule...

*Bien sûr, la journée était belle et il faut que...*
Les larmes pointent à la commissure de tes yeux.
Elles menacent de tomber à chaque instants.
Tu ne dis rien pourtant.
A la place, tu préfères continuer d'écouter ce qu'ils ont à dire.
Il est certain qu'il y a une suite à ça, c'est obligé.

- Et donc, il a été décidé qu'elle emménage ici... Comme garder la maison d’Écosse est une responsabilité en plus et que l'entretenir va être difficile pour pas qu'elle tombe dans l'abandon, il y a quelques mois elle a été mise en vente...

Plus ton père parle et plus la vérité ce dessine face à toi.
Pourtant, tu souhaites la refouler le plus loin possible.
Ce qu'il s'apprête à dire tu ne veux pas l'entendre.
Que ta grand-mère vienne vivre chez vous aucun problème mais pas la maison.

- Il y a eu quelques visites mais rien de concluant...

Entendre ces mots te soulage.
Mais c'est de très courte durée.

- Sauf une. On pensait qu'elle allait aboutir à rien comme les autres sauf que le monsieur intéressé nous a recontacté hier car il aimerait bien la revisiter. Lui et sa femme ont eu un vrai coup de cœur.

C'en est trop.
*Comment ais-je put espérer un instant que tout le monde s'en désintéresse ?*
Tu aurais même préférais qu'elle devienne une de ces maisons abandonnées.
Tout sauf ça.
La Colère grandit en toi.
Elle enfle dans ton Âme.
Tu ne peux pas rester deux minutes de plus sans qu'Elle explose.

D'un seul coup tu te lèves sans prévenir.
Tu files à toute vitesse jusqu'à ta chambre.
Tu claques la porte d'un coup sec.
D'une main automatique tu commences à enlever ton pantalon.
Très vite tu le remplaces par un leggings.
Puis, tu lasses à toute vitesse tes lacés.
C'est impossible de rester une minute de plus ici.
Avec Eux.
Ils te sont presque devenus des étrangers.
*Ils m'ont trahis*

- Julie...

Ta grand-mère veut te retenir.
Mais tu t'en fiches de sa voix alarmante.
Elle n'avait qu'à ne pas vendre la maison.
A ne pas te trahir.
Ne pas le trahir.

Ni une, ni deux que tu te retrouves dans le couloirs de l'immeuble.
Tu te jettes à toute vitesse dans les escaliers, dévalant les marches à la va vite.
A quoi bon attendre l’ascenseur ?
Tout ce que tu as besoin pour la moment, c'est de l'air.

3ème année
#PouffyFamily - Membre de la RASA

27 oct. 2021, 16:49
 Solo++  Remuer le couteau dans la plaie


Jeudi 20 Juillet 2045, Aux alentours de midi
Londres, Appartement familial, Séjour



A VENIR LORSQUE CET ÉCRIT SERA FINIT POUR CAUSE DE COHÉRENCE

3ème année
#PouffyFamily - Membre de la RASA

27 oct. 2021, 16:50
 Solo++  Remuer le couteau dans la plaie


Vendredi 21 Juillet 2045, Fin d'après-midi
Londres, Parc en face de chez Julie


Tes pieds avancent automatiquement dans les hautes herbes.
Tu aimes bien ce lieu, car même si de nombreux promeneurs déambulent dans les allées ou enfants jouent dans les airs de jeux, il n'y a jamais trop de monde.
Et puis tu aimes enfouir tes pieds nues dans la pelouse laissée sauvage par endroit.
Le parc, il représente beaucoup pour toi.
Quand tu es née, il était là.
Quand tu as grandi, il était là.
Avec tes amis, il était là.
En famille, il était là.
Dans les moments les plus joyeux, il était là.
Dans les plus tristes, il était là aussi.
Que tu sois accompagnée ou seule, il était là.
Tu y as vécu tant de choses.
C'était - et c'est - ton petit espace de verdure au milieu de la ville.
Ta bulle d'oxygène.
Tous ces moments où tu regrettais de ne pas habiter à la campagne, tu relativisais d'avoir un si agréable espace de verdure à proximité.
*Mais rien ne vaut la maison de papi et mamie...*
Ton cœur se sert à cette pensée.

Au fond de toi, les émotions se mélangent.
Tristesse, nostalgie et colère.
Un mélange qui ravage ton énergie et te pousse à bout.
Depuis qu'il n'est plus, tu ne peux t'empêcher de sentir une part de toi en moins.
Parfois, tu trouverais peut-être ça ridicule de ressentir tant de souffrance à l'égard d'une personne.
Mais personne ne sait, pas même tes parents ou ta grand-mère, le lien si fort qui vous unissait et qui vous unit toujours, lui et toi.
Peut-être est-ce même ça qui te fait le plus souffrir. Il était un mari pour elle, un père pour lui. Mais personne ne semble comprendre la place qu'il avait pour toi. Personne ne semble vraiment s'en soucier.
Ils étaient là, tous les trois pour se soutenir quand toi tu étais seule à Poudlard.
Si tu as accepté qu'il soit mort, ce n'est pas grâce à eux.
*Mais qu'il soit mort ne signifie pas qu'il n'est jamais existé !*
Alors l'idée qu'ils fassent disparaitre les dernières traces de son existence en vendant la maison dans laquelle tu as presque tous les souvenirs avec lui, ça te semble inadmissible.

Dans une partie de toi, peut-être voudrais-tu accepter qu'ils aient besoin de passer à autre chose.
Mais ce qui te met le plus en colère et te fait sentir le plus trahis, c'est qu'ils n'aient pas pensé à toi.
Tu les aimes mais tu ne peux t'empêcher de leur en vouloir.
Ils auraient dû t'en parler.
Peut-être ont-ils voulu bien faire mais c'est raté.

Les larmes dévalent tes joues à toute vitesse.
Tu en as marre de te battre.
Tu es épuisée.
Tes émotions te vident plus de ton énergie que n'importe quelle activité physique.
Elles, elles ne te laissent pas une minute de repos.
Enfin si, tu te croyais avancer dans une phase plus calme du deuil alors qu'il a fallut d'une discussion pour tout chambouler.
Comme quoi, de simple mots peuvent détruire.
Écrits ou oraux, ce sont des mots qui t'ont appris sa mort puis la décision de vendre.
Mais tu ne peux t'empêcher de te dire que ce sont aussi les mots qui t'ont permis de lui dire au revoir du haut de la tour d'Astronomie, face aux étoiles.

Par a-coups, semblant presque désarticulé, tu tombes alors dans les hautes herbes.
Tu n'as plus de force et voudrais mettre sur pause tes émotions et tes pensées.
Il y a eut trop de *Peut-être* pour remplacer les *Pourquoi* et ce n'est pas vraiment mieux.
Tu en as marre.
Marre d'essayer mais de ne pas réussir.
De tenter et de te battre.
De faire des pas en avant pour finalement reculer.
*Quand est-ce que j'arriverais à aller mieux ?*
Tu ne sais plus, alors, perdue avec toi-même, tes yeux plonges dans les feuillages verts pour se glisser jusqu'au large ciel bleu.
Le vent glisse sur ta peau et parcours les brins d'herbes qui entourent ton corps devenu frêle.
Cette beauté te parait dérisoire face aux sentiments qui t'accablent.

3ème année
#PouffyFamily - Membre de la RASA