Snowfield
Privé avec @Siobhán Benedict
Le 25 novembre 2045
Un matin neigeux, glacial
Le 25 novembre 2045
Un matin neigeux, glacial
***
La neige tourbillonnait devant ses yeux, le monde tournait autour d'elle. Depuis les marches du château, l'enfant observait l'univers blanc. Les gros flocons se déposaient sur le sol avec légèreté, comme des plumes. Elle descendit l'escalier pour les rejoindre, ces étoiles nacrées. La roche dure et sèche sous ses pieds, les larmes du ciel, délicates sur son corps; l'hiver se tenait à ses côtés. Et elle ne put se retenir de renverser sa tête en arrière, rien que pour sentir l'eau glacée, pure sur sa langue gelée. Le bonheur tombé du ciel.
*Tellement beau*
Elle s'éloigna de quelques pas des hauts murs de pierre, ses bottes s'enfonçant dans le tapis neigeux. L'air sentait vraiment Noël. Les fêtes approchaient, et leurs douceurs illuminaient déjà son esprit. Elle était sortie pour respirer enfin, au delà de la chaleur des feux de cheminée. Et pour réfléchir. Tandis que le vent lui cinglait la peau, lui rougissait les joues et que le froid s'infiltrait par les infimes espaces de chair dénués de laine, elle pensait aux soirées d'hiver, avant. La dernière remontait à quelques années.
Avec papa, et maman.
Enfin. Le monde s'étendait devant elle, les champs de neige étincelant jusqu'au Lac. Alors autant vivre plutôt qu'étouffer sous les souvenirs, trop beaux pour être vrais, non ?
Les flocons s’épaississaient, lui obturant la vue, transformant sa vision colorée des choses en un blizzard infini. Elle crut se perdre quelques instants dans la tempête, à dix enjambées du chemin mais dans le blanc absolu. Le vent hurlait dans ses oreilles, soufflant pour apporter le vide dans sa tête.
Elle ferma ses yeux, s'oublia. Et retrouva ses pensées en même temps que le soleil. Il perçait les nuages, là haut. Brillant et aveuglant, il changea le parc en un miroir lumineux.
Féa se baissa alors pour goûter la sensation de brûlure sur ses doigts déjà engourdis. Elle ramassa une poignée de ce cristal pour en former une jolie boule bien formée. Pourquoi, au juste ? Elle ne le savait pas.
Elle entendit un bruit sourd derrière elle, signe que la grande porte se voyait ouverte pour laisser le passage à quelqu'un. Ou quelqu'une ?
Elle ne se retourna pas pour vérifier, préférant ajouter à son occupation un petit tas blanc supplémentaire.
En espérant que ceci te convienne
Dernière modification par Felicia Luke le 12 déc. 2020, 19:04, modifié 1 fois.
évanaissance
Snowfield
Christmas Morning - Alexandre Desplat
Siobhán avait troqué son habituel bermuda contre un pantalon de velours enfilé par-dessus ses collants de laine, ses petits pieds s'étaient réfugiés au chaud dans une paire de chaussettes épaisses et elle portait sous son ciré vert forêt un col roulé, un pull et seule son écharpe rouge et or osait pointer son nez hors de là. C'est avec tout ce sérieux équipement et un bonnet de marin enfoncé sur ses fragiles oreilles qu'elle passait la porte du château avec les yeux pétillants de joie et d'excitation pour aller voir les quelques racines apparentes de l'arbre géant recouvertes d'une très mince couche de neige, et où peut-être auraient pu s'éveiller les perce-neige, du moins c'était son souhait.
Elle basculait avec soin d'un pied sur l'autre en forçant un rythme paisible mais régulier, reposant sur la couche de neige blanche encore fine ses bottines pointure 43 qu'un coup d'œil l'aube avait préféré aux chaussures en toile quand encore à l'horizon le soleil peinait à sculpter le jour. Elle maintenait sa posture droite et fermement ancrée, si bien que le blizzard qui l'enveloppait ne pouvait que plisser ses yeux et la faire tanguer faiblement.
Elle chantonnait pour se réchauffer et se distraire, mais pas assez fort pour être entendue à travers le vent. Et même si la tempête ne lui bloquait pas complètement la vue, elle gardait les yeux rivés sur ses pieds, ne relevant la tête qu'à intervalles irréguliers pour observer deux secondes les sapins se pavanant fièrement dans le parc au milieu des buissons dénudés.
Elle avait remarqué du coin de l'œil une petite silhouette courageuse se détacher du château elle aussi et rejoindre l'étendue de neige, mais avant d'avancer vers qui que ce soit elle avait décidé de savourer en priorité l'éphémère portion de neige qu'elle venait de prélever délicatement dans le manteau et qu'elle tenait maintenant entre ses deux mains gantées de cuir. D'un coup de menton, elle abaissa son écharpe, puis tira la langue pour attraper une cuillérée de flocons, grimaça à cause du froid et gloussa pour elle-même. Son nez et ses joues rougissaient avec le froid et la raison lui aurait dit de remettre bien correctement son écharpe, ce qu'elle ne fit pas derechef. En relevant la tête pour prendre une seconde bouchée, elle observa que la silhouette ne bougeait plus et s'affairait à quelque chose qui nécessitait de bouger les bras.
Curieuse, elle laissa retomber son petit tas de neige et après s'être soigneusement recouverte, s'avança jusqu'à la petite personne et marmonna sans réfléchir, à moitié dans son écharpe :
- C'est quand même un beau cadeau toute cette neige en novembre, ça annonce du bon pour les fêtes.
*mots soulignés et en gras pour la CdC - Mission n°1, session de décembre 2020
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Rendez le repos dominical
Snowfield
A qui appartenait donc cette voix légère, presque fluette, étouffée sans doute par une lourde écharpe ? Elle avait parlé des fêtes, et de la neige. En tout cas, c'était ce que Féa avait compris de ces quelques phrases marmonnées dans un souffle. A croire que cette quelqu'une, d'après le timbre légèrement aigu qui perçait derrière ses mots, avait lu dans ses pensées. Ou s'était simplement penchée sur le thème le plus discuté à cette période ci de l'année.
Elle sentait toujours une présence derrière elle, signe qu'on attendait peut être une réponse de sa part. Décidée à vérifier si ses déductions étaient justes, et si parler des frimas à ce personnage mystère était une bonne idée, la fille agenouillée délaissa l'éphémère tas de neige immaculée pour se retourner.
La petite silhouette se découpant sur le blanc du monde semblait intégralement verte, couverte et recouverte d'épaisseurs innombrables de laine, de cuir et de chaleur. De courtes mèches s'échappaient d'un joli bonnet de marine, et Féa crut au premier abord s'être trompée; c'était un garçon, pas une fille. Son corps long et élancé paraissait approuver ce point, mais elle ne s'en préoccupa pas plus longtemps.
Tout est relatif, de toute manière...
L'innocente enfant fut très vite et davantage attirée par la tenue pétillante de couleurs, excentrique et remarquable de l'inconnue, et décida que cette raison, ajoutée à l'écharpe de rouge et d'or se balançant dans le vent, était suffisante pour entamer une conversation avec l'autre.
Cependant, ses genoux encore enfoncés dans la poudreuse, trempés et glacés jusqu'aux os, lui rappelèrent qu'elle avait eu une idée, avant d'être dérangée. Une drôle de pensée qui avait traversé son esprit.
C'était étrange, elle avait pourtant vu des dizaines de fois des sculptures naître dans la neige grâce à de petites mains rougies par le froid, mais n'avait jamais eu envie de le faire elle-même, de construire une chose dans ce doux cristal.
Aujourd'hui pourtant, elle se sentait d'humeur joyeuse, prête à tout. Alors elle s'exclama, les doigts encore enfoncés dans la neige.
-Tu m'aides à faire un bonhomme ? Enfin, si t'as pas trop froid. Ce serait marrant quand même, non ?
Marrant. *En voilà une expression* Mais il y avait ces quelques instants où se laisser emporter dans ces joies enfantines était plus qu'une belle idée, alors elle repoussa ses cheveux voilant sa figure pour admirer le paysage de conifères et d'étendues d'eau.
Elle sentait toujours une présence derrière elle, signe qu'on attendait peut être une réponse de sa part. Décidée à vérifier si ses déductions étaient justes, et si parler des frimas à ce personnage mystère était une bonne idée, la fille agenouillée délaissa l'éphémère tas de neige immaculée pour se retourner.
La petite silhouette se découpant sur le blanc du monde semblait intégralement verte, couverte et recouverte d'épaisseurs innombrables de laine, de cuir et de chaleur. De courtes mèches s'échappaient d'un joli bonnet de marine, et Féa crut au premier abord s'être trompée; c'était un garçon, pas une fille. Son corps long et élancé paraissait approuver ce point, mais elle ne s'en préoccupa pas plus longtemps.
Tout est relatif, de toute manière...
L'innocente enfant fut très vite et davantage attirée par la tenue pétillante de couleurs, excentrique et remarquable de l'inconnue, et décida que cette raison, ajoutée à l'écharpe de rouge et d'or se balançant dans le vent, était suffisante pour entamer une conversation avec l'autre.
Cependant, ses genoux encore enfoncés dans la poudreuse, trempés et glacés jusqu'aux os, lui rappelèrent qu'elle avait eu une idée, avant d'être dérangée. Une drôle de pensée qui avait traversé son esprit.
C'était étrange, elle avait pourtant vu des dizaines de fois des sculptures naître dans la neige grâce à de petites mains rougies par le froid, mais n'avait jamais eu envie de le faire elle-même, de construire une chose dans ce doux cristal.
Aujourd'hui pourtant, elle se sentait d'humeur joyeuse, prête à tout. Alors elle s'exclama, les doigts encore enfoncés dans la neige.
-Tu m'aides à faire un bonhomme ? Enfin, si t'as pas trop froid. Ce serait marrant quand même, non ?
Marrant. *En voilà une expression* Mais il y avait ces quelques instants où se laisser emporter dans ces joies enfantines était plus qu'une belle idée, alors elle repoussa ses cheveux voilant sa figure pour admirer le paysage de conifères et d'étendues d'eau.
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La petite portion de son écharpe en contact avec sa bouche s'humidifiait à mesure qu'elle expirait, elle se résolut donc à la caler sous son menton avant qu'elle finisse trempée. De plus, cela lui permettrait de parler plus distinctement, ce qui se faisait plus que nécessaire à l'instant présent puisque les rafales engloutissaient ses marmonnements.
- Très volontiers, ça fait longtemps que je n'en ai pas fait.
Le dernier en date remontait à un an ou plus. En observant que la petite dame aux genoux poudrés de flocons ne semblait pas porter quoi que ce soit qui la protège du froid et l'humidité de la neige à cet endroit, Siobhán réalisa qu'elle non plus n'était pas équipée proprement, alors elle extirpa sa baguette de la poche droite de son ciré et d'un modeste Impervius, rendit son propre pantalon étanche.
Alors qu'elle s'apprêtait à s'asseoir en face de sa camarade, elle leva le menton et lui proposa son aide, baguette toujours en main.
- Tu veux que j'en fasse un sur ton pantalon aussi ? Ça le rendrait imperméable.
Elle ne pouvait ni s'installer en tailleur, ni à genoux, donc elle se plaça face à la petite dame sans attendre sa réponse, une jambe à moitié pliée de chaque côté du futur bonhomme de neige. Si elle répondait par l'affirmative, Siobhán lancerait le sort en étant assise, tant pis. En même temps, elle remua ses méninges pour essayer de se souvenir des dernières fois où elle l'avait fait mais elle abandonna tôt et revint vite sur le chemin que prenait la discussion à peine entamée.
Elle n'était pas une experte des bonhommes de neige mais se souvenait distinctement des derniers qu'elle avait pu faire, en compagnie d'Alois, face à la mer dans les champs de Cloughton Newlands.
- Bon alors, comment est-ce que tu veux faire ? Plusieurs grosses boules de neige, ou un grand cône sur lequel on poserait juste une tête ronde ? Tu fais souvent des bonhommes de neige ? A Noël peut-être ?
- Très volontiers, ça fait longtemps que je n'en ai pas fait.
Le dernier en date remontait à un an ou plus. En observant que la petite dame aux genoux poudrés de flocons ne semblait pas porter quoi que ce soit qui la protège du froid et l'humidité de la neige à cet endroit, Siobhán réalisa qu'elle non plus n'était pas équipée proprement, alors elle extirpa sa baguette de la poche droite de son ciré et d'un modeste Impervius, rendit son propre pantalon étanche.
Alors qu'elle s'apprêtait à s'asseoir en face de sa camarade, elle leva le menton et lui proposa son aide, baguette toujours en main.
- Tu veux que j'en fasse un sur ton pantalon aussi ? Ça le rendrait imperméable.
Elle ne pouvait ni s'installer en tailleur, ni à genoux, donc elle se plaça face à la petite dame sans attendre sa réponse, une jambe à moitié pliée de chaque côté du futur bonhomme de neige. Si elle répondait par l'affirmative, Siobhán lancerait le sort en étant assise, tant pis. En même temps, elle remua ses méninges pour essayer de se souvenir des dernières fois où elle l'avait fait mais elle abandonna tôt et revint vite sur le chemin que prenait la discussion à peine entamée.
Elle n'était pas une experte des bonhommes de neige mais se souvenait distinctement des derniers qu'elle avait pu faire, en compagnie d'Alois, face à la mer dans les champs de Cloughton Newlands.
- Bon alors, comment est-ce que tu veux faire ? Plusieurs grosses boules de neige, ou un grand cône sur lequel on poserait juste une tête ronde ? Tu fais souvent des bonhommes de neige ? A Noël peut-être ?
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Rendez le repos dominical
Snowfield
Fea, bien que ne ressentant que peu le froid car elle avait été habituée à ces hivers interminables du nord de l’Écosse, commençait toutefois à succomber aux frissons qui la parcouraient depuis quelques minutes. Un Impervius paraissait une bonne idée en ce temps de pluie et de glace, c'est pourquoi elle approuva d'un signe de tête la question bien inspirée qui venait de naitre de la bouche tout juste dégagée de cette jolie personne. Son nom était encore une donnée manquante, d'ailleurs.
Elle paraissait pourtant d'accord pour entamer la construction d'un bonhomme et, tombant accroupie face à l'enfant gelée, l'ensevelit sous ce qui lui parut un petit déluge de questions.
Non, Fea ne savait pas comment sculpter la neige puisqu'elle n'avait jamais eu l'occasion d'apprendre. Elle fronça légèrement ses sourcils givrés, avant de répondre d'un air pensif.
- Je sais pas, j'en ai jamais fait. Pourtant, y'avait de grands champs de neige, pas loin de la maison. Mais pour Noël, je préférais souvent écouter papa me raconter des histoires près du feu, il avait un don pour ça. Et puis, maman nous préparait du chocolat chaud, trop bon.
S'arrêtant à la fin de sa réponse, elle se sentit étrangement ravie. Elle n'avait pas l'habitude de parler d'elle-même, comme ça, d'un coup, en quelques mots.
*C'est pas intéressant de dévoiler son passé, même une partie infime et insignifiante, lorsqu'on le connait déjà et qu'on aime pas trop s'en rappeler. Mais faut bien le vider un peu, ce sac de souvenirs. Des fois.*
L'allure avenante de cette inconnue lui semblait un beau nid où cacher sa mémoire. Elle se sentait confiante et rassurée, petit point de jais, tranquille dans la violente agitation de la tempête immaculée.
Se rappelant de ses interrogations, elle demanda avec curiosité :
- Comment tu t'appelles, au fait ?
Elle ajouta rapidement, dans un souffle de fumée blanche :
- Et puis, pour le bonhomme, on pourrait peut être faire d'abord de grosses boules rondes pour son corps, puis une plus petite pour la tête ?
Elle n'était pas certaine de sa proposition mais, considérant le problème avec sérieux, elle pencha la tête sur le côté en attente d'un avis extérieur.
Elle paraissait pourtant d'accord pour entamer la construction d'un bonhomme et, tombant accroupie face à l'enfant gelée, l'ensevelit sous ce qui lui parut un petit déluge de questions.
Non, Fea ne savait pas comment sculpter la neige puisqu'elle n'avait jamais eu l'occasion d'apprendre. Elle fronça légèrement ses sourcils givrés, avant de répondre d'un air pensif.
- Je sais pas, j'en ai jamais fait. Pourtant, y'avait de grands champs de neige, pas loin de la maison. Mais pour Noël, je préférais souvent écouter papa me raconter des histoires près du feu, il avait un don pour ça. Et puis, maman nous préparait du chocolat chaud, trop bon.
S'arrêtant à la fin de sa réponse, elle se sentit étrangement ravie. Elle n'avait pas l'habitude de parler d'elle-même, comme ça, d'un coup, en quelques mots.
*C'est pas intéressant de dévoiler son passé, même une partie infime et insignifiante, lorsqu'on le connait déjà et qu'on aime pas trop s'en rappeler. Mais faut bien le vider un peu, ce sac de souvenirs. Des fois.*
L'allure avenante de cette inconnue lui semblait un beau nid où cacher sa mémoire. Elle se sentait confiante et rassurée, petit point de jais, tranquille dans la violente agitation de la tempête immaculée.
Se rappelant de ses interrogations, elle demanda avec curiosité :
- Comment tu t'appelles, au fait ?
Elle ajouta rapidement, dans un souffle de fumée blanche :
- Et puis, pour le bonhomme, on pourrait peut être faire d'abord de grosses boules rondes pour son corps, puis une plus petite pour la tête ?
Elle n'était pas certaine de sa proposition mais, considérant le problème avec sérieux, elle pencha la tête sur le côté en attente d'un avis extérieur.
Dernière modification par Felicia Luke le 25 mars 2021, 09:16, modifié 2 fois.
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Sitôt que sa camarade eut donné son accord, elle pointa sa baguette sur la paire de jambes et y lança le même sort qu'elle avait utilisé pour imperméabiliser son propre pantalon, forçant les flocons qui s'y étaient agrippés à rejoindre leurs petits copains dans l'épais manteau blanc. Elle éprouva une certaine satisfaction à réussir deux fois de suite l'enchantement qui lui avait donné du fil à retordre pour être correctement maîtrisé.
Siobhán était calme et lucide, la tempête qui faisait d'ordinaire rage en elle semblait s'être échappée par une oreille et enfuie par une porte entrouverte pour venir se défouler à l'extérieur, laissant la jeune Gryffonne visiblement apaisée.
Elle voyait sa vis-à-vis réfléchir et en profita pour contempler ce qui s'offrait à elle, tournant tantôt la tête de droite à gauche pour observer les sapins enneigés et chercher les quelques brins d'herbe pas encore étouffés, tantôt rappelant à ses yeux le visage fin et les cheveux ébènes de sa nouvelle associée aux airs léonins. Elle était certaine de l'avoir déjà croisée, sûrement dans la grande salle, peut-être même dans les dortoirs de Gryffondor.
Puis vint la réponse : visiblement, on ne fêtait pas Noël de la même manière chez elle que chez le voisin ou la dame d'en face.
- Il te racontait quelles histoires ? C'est dommage, tu rates quelque chose. Moi j'aime bien être dehors, et quand il y a de la neige je suis contente, pas besoin de faire des bonhommes de neige pour m'en réjouir à vrai dire.
Un soupir suffisait à lancer le moulin à paroles qu'était Siobhán, pensez-donc que le blizzard allait la faire tourner pour une éternité.
- Par chez moi on n'aime pas trop les histoires, je crois que Noël, et puis les fêtes en général c'est surtout les seuls jours où on est obligés d'être tous de bonne humeur et se faire des cadeaux parce qu'il y a toute la famille réunie à la maison : mes deux parents et leurs amoureux respectifs, et puis les enfants, mon frère, mon grand-père et les parents de l'amoureux de ma mère. La maison est toujours pleine de joie.
Elle s'interrompit pour retrouver le sujet d'origine mais fut retardée par la contemplation de l'eau vaporeuse qui se faufilait hors de la bouche de l'autre à chaque fois qu'elle soufflait, alors elle ne put s'empêcher d'expirer bruyamment à son tour avant de se concentrer à nouveau.
- Et on fait des bonhommes quand il y a assez de neige.
Tout en parlant, ses mains gantées trifouillaient machinalement la neige et elle regroupait inconsciemment les flocons en un petit tas au niveau de ses genoux. D'aucuns l'auraient dite rêveuse mais ce qui se tramait dans les méandres de son crâne était tout sauf des élucubrations puisqu'en se remémorant les petits hommes de neige qu'elle et Alois faisaient vivre dans le jardin, elle songeait aussi aux faits suivants : d'abord elle n'avait pas revu ce dernier depuis plus d'un an dans la mesure où après considération de la situation, son père n'avait pas jugé sûr de la renvoyer au milieu des moldus, ensuite cela impliquait aussi qu'elle n'avait pas non plus revu sa mère, quoique celle-ci lui manquât moins qu'Alois, et enfin elle n'avait pas non plus revu son chien, ni pu récupérer à Cloughton toutes les petites babioles dont elle voulait se doter pour cette année scolaire. Ce bilan de l'année 2045 n'était pas ravissant.
Bien sûr, ces pensées d'arrière-plan furent l'affaire de quelques secondes et un instant plus tard elle revenait à ses moutons glacés et lançait, enthousiaste :
- Je m'appelle Siobhán, toi je t'ai déjà vue quelque part mais je ne connais pas ton prénom, éclaire-moi donc. Enfin bref, oui plusieurs boules de différentes tailles, c'est une option, je ne sais pas si c'est la plus simple mais on peut essayer.
Et derechef elle donna à coups de paume une forme un peu plus digne au petit tas qu'elle avait déjà formé, matérialisant déjà une petite partie du souhait de sa camarade : le bonhomme de neige.
Siobhán était calme et lucide, la tempête qui faisait d'ordinaire rage en elle semblait s'être échappée par une oreille et enfuie par une porte entrouverte pour venir se défouler à l'extérieur, laissant la jeune Gryffonne visiblement apaisée.
Elle voyait sa vis-à-vis réfléchir et en profita pour contempler ce qui s'offrait à elle, tournant tantôt la tête de droite à gauche pour observer les sapins enneigés et chercher les quelques brins d'herbe pas encore étouffés, tantôt rappelant à ses yeux le visage fin et les cheveux ébènes de sa nouvelle associée aux airs léonins. Elle était certaine de l'avoir déjà croisée, sûrement dans la grande salle, peut-être même dans les dortoirs de Gryffondor.
Puis vint la réponse : visiblement, on ne fêtait pas Noël de la même manière chez elle que chez le voisin ou la dame d'en face.
- Il te racontait quelles histoires ? C'est dommage, tu rates quelque chose. Moi j'aime bien être dehors, et quand il y a de la neige je suis contente, pas besoin de faire des bonhommes de neige pour m'en réjouir à vrai dire.
Un soupir suffisait à lancer le moulin à paroles qu'était Siobhán, pensez-donc que le blizzard allait la faire tourner pour une éternité.
- Par chez moi on n'aime pas trop les histoires, je crois que Noël, et puis les fêtes en général c'est surtout les seuls jours où on est obligés d'être tous de bonne humeur et se faire des cadeaux parce qu'il y a toute la famille réunie à la maison : mes deux parents et leurs amoureux respectifs, et puis les enfants, mon frère, mon grand-père et les parents de l'amoureux de ma mère. La maison est toujours pleine de joie.
Elle s'interrompit pour retrouver le sujet d'origine mais fut retardée par la contemplation de l'eau vaporeuse qui se faufilait hors de la bouche de l'autre à chaque fois qu'elle soufflait, alors elle ne put s'empêcher d'expirer bruyamment à son tour avant de se concentrer à nouveau.
- Et on fait des bonhommes quand il y a assez de neige.
Tout en parlant, ses mains gantées trifouillaient machinalement la neige et elle regroupait inconsciemment les flocons en un petit tas au niveau de ses genoux. D'aucuns l'auraient dite rêveuse mais ce qui se tramait dans les méandres de son crâne était tout sauf des élucubrations puisqu'en se remémorant les petits hommes de neige qu'elle et Alois faisaient vivre dans le jardin, elle songeait aussi aux faits suivants : d'abord elle n'avait pas revu ce dernier depuis plus d'un an dans la mesure où après considération de la situation, son père n'avait pas jugé sûr de la renvoyer au milieu des moldus, ensuite cela impliquait aussi qu'elle n'avait pas non plus revu sa mère, quoique celle-ci lui manquât moins qu'Alois, et enfin elle n'avait pas non plus revu son chien, ni pu récupérer à Cloughton toutes les petites babioles dont elle voulait se doter pour cette année scolaire. Ce bilan de l'année 2045 n'était pas ravissant.
Bien sûr, ces pensées d'arrière-plan furent l'affaire de quelques secondes et un instant plus tard elle revenait à ses moutons glacés et lançait, enthousiaste :
- Je m'appelle Siobhán, toi je t'ai déjà vue quelque part mais je ne connais pas ton prénom, éclaire-moi donc. Enfin bref, oui plusieurs boules de différentes tailles, c'est une option, je ne sais pas si c'est la plus simple mais on peut essayer.
Et derechef elle donna à coups de paume une forme un peu plus digne au petit tas qu'elle avait déjà formé, matérialisant déjà une petite partie du souhait de sa camarade : le bonhomme de neige.
Dernière modification par Siobhán Benedict le 29 déc. 2020, 19:52, modifié 1 fois.
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Rendez le repos dominical
Snowfield
La chaleur ne tarda pas à se faire ressentir sitôt que cette demoiselle Siobhán, comme elle avait dit se prénommer, eut lancé un sortilège d'Imperméabilité. Son pantalon noir, encore léger pour la saison, se raidit rapidement sous l'effet apaisant de ce léger coup de baguette.
Observant sa partenaire jouant de ses mains gantées pour former une boule de neige, Fea prit le temps de la dévisager un peu plus que ce qu'elle n'avait fait jusqu'ici. En quelques coups d'œil discrets, elle se fit une jolie idée de cette enfant. Elle avait l'air sérieuse, plongée dans ses réflexions puis en émergeant en peu de temps, juste assez pour qu'une vision aguerrie s'y attarde.
Une apparence rêveuse s'attardait pourtant sur ses traits, et la petite Gryffone s'y trompa presque un instant, sans pouvoir se retenir de s'attacher à cette nouvelle coéquipière.
*Drôle de rencontre, tout de même*
Elle ne s'était pas attendue à trouver cette fille sur ce chemin enneigé, à cette heure si matinale que le soleil peinait à percer, derrière l'horizon. Elle en était contente, finalement. Cette rencontre imprévue semblait devoir se prolonger, et aussitôt cette pensée eut elle traversé son esprit qu'elle choisit la position la plus confortable pour elle, à genoux dans la poudreuse. Le seul froid qu'elle ressentait ne s'infiltrait plus sous ses vêtements, mais collait agréablement à la peau dénudée de ses doigts et de son visage.
Une fois bien installée, elle reprit lentement le fil de la conversation, rassemblant des flocons pour les ajouter au tas naissant.
- Mon père est Moldu, alors il me racontait des contes de reines et de magiciens, des classiques connus par tous les enfants. Mais il rajoutait toujours une multitude de petits détails qui donnait vie à l'histoire... Comme on a pas vraiment de famille proche, à part Grand-Mère mais elle était toujours en voyage donc on la voyait pas vraiment, on passait les fêtes tous les trois, sans célébrations spéciales. Je restais souvent avec mes parents, mais je me rappelle de batailles de boules de neiges avec mes voisins... Ça finissait toujours en course poursuite, avec moi dans le rôle de la poursuivie !..
La douce fillette conclut avec un sourire tendre et nostalgique, pour ces journées magiques passées et à demi oubliées, envolées parmis tant d'autres.
Se rappelant qu'elle aussi se devait de donner son prénom, elle s'empressa de dire :
- Et j'm'appelle Felicia. Enfin, je préfère Fea.
Enfin, elle se releva pour regarder l'allure des bases de glace posées sur le sol blanc. Ce qui deviendrait un corps était déjà bien ancré à la terre, semblant résister aux rafales qui bousculaient qui ne s'accrochait pas avec force pour ne pas basculer.
Observant sa partenaire jouant de ses mains gantées pour former une boule de neige, Fea prit le temps de la dévisager un peu plus que ce qu'elle n'avait fait jusqu'ici. En quelques coups d'œil discrets, elle se fit une jolie idée de cette enfant. Elle avait l'air sérieuse, plongée dans ses réflexions puis en émergeant en peu de temps, juste assez pour qu'une vision aguerrie s'y attarde.
Une apparence rêveuse s'attardait pourtant sur ses traits, et la petite Gryffone s'y trompa presque un instant, sans pouvoir se retenir de s'attacher à cette nouvelle coéquipière.
*Drôle de rencontre, tout de même*
Elle ne s'était pas attendue à trouver cette fille sur ce chemin enneigé, à cette heure si matinale que le soleil peinait à percer, derrière l'horizon. Elle en était contente, finalement. Cette rencontre imprévue semblait devoir se prolonger, et aussitôt cette pensée eut elle traversé son esprit qu'elle choisit la position la plus confortable pour elle, à genoux dans la poudreuse. Le seul froid qu'elle ressentait ne s'infiltrait plus sous ses vêtements, mais collait agréablement à la peau dénudée de ses doigts et de son visage.
Une fois bien installée, elle reprit lentement le fil de la conversation, rassemblant des flocons pour les ajouter au tas naissant.
- Mon père est Moldu, alors il me racontait des contes de reines et de magiciens, des classiques connus par tous les enfants. Mais il rajoutait toujours une multitude de petits détails qui donnait vie à l'histoire... Comme on a pas vraiment de famille proche, à part Grand-Mère mais elle était toujours en voyage donc on la voyait pas vraiment, on passait les fêtes tous les trois, sans célébrations spéciales. Je restais souvent avec mes parents, mais je me rappelle de batailles de boules de neiges avec mes voisins... Ça finissait toujours en course poursuite, avec moi dans le rôle de la poursuivie !..
La douce fillette conclut avec un sourire tendre et nostalgique, pour ces journées magiques passées et à demi oubliées, envolées parmis tant d'autres.
Se rappelant qu'elle aussi se devait de donner son prénom, elle s'empressa de dire :
- Et j'm'appelle Felicia. Enfin, je préfère Fea.
Enfin, elle se releva pour regarder l'allure des bases de glace posées sur le sol blanc. Ce qui deviendrait un corps était déjà bien ancré à la terre, semblant résister aux rafales qui bousculaient qui ne s'accrochait pas avec force pour ne pas basculer.
Dernière modification par Felicia Luke le 15 déc. 2020, 08:21, modifié 1 fois.
évanaissance
Snowfield
Avec un haussement de sourcils et un petit sourire - qu'en dire de plus ? - elle céda :
- C'est pas mal aussi pour fêter Noël, mais ça doit être triste de ne pas voir ses grands-parents, non ? Puis faussement moqueuse : ah oui, tu perdais ? Pffft quelle naze. Moi en tout cas je gagne toujours à ce jeu là.
Siobhán fouillait activement sa mémoire déplorable, remuant inconsciemment les lèvres, et cherchant le peu dont elle se souvenait des célébrations moldues autour des fêtes. Il y avait une histoire de bonhomme rouge, une grand-mère ou un oncle, et elle se souvenait que Nola et Alois croyaient tous deux dur comme fer que c'était lui ou elle qui leur apportait les cadeaux qu'ils découvraient sous le sapin au matin du 25 décembre de chaque année.
Mildred n'avait jamais cru bon d'entretenir cette croyance moldue chez ses propres enfants, même s'ils en avaient fait le souhait, ainsi Siobhán et Octave, s'ils n'assistaient pas à la livraison des paquets dans la nuit du 24 au 25, étaient néanmoins conscients de la supercherie et ont soigneusement conservé le secret jusqu'à ce qu'Alois ait fini d'y croire. Plus jeune, Siobhán avait
Elle trouva le prénom Fealicia étrange mais n'en dit pas un mot, s'attardant plutôt sur la mention du géniteur moldu. Cela signifiait-il que Fealicia croyait à la grand-mère-noël elle aussi ? En forçant ses souvenirs, elle composa une autre interrogation l'air très sûr d'elle et de ses mots :
- Et du coup tu as demandé quoi au type-barbu-de-Noël ?
Puis elle dédia à nouveau son attention à la boule de neige qu'elle avait déjà presque achevée, du diamètre équivalent à la longueur d'une chaussure pointure 39.
Alors qu'elle s'apprêtait à soulever un membre achevé du futur bonhomme, elle trouva ses joues déjà trop refroidies par le fouet des flocons entraînés par le vent, elle s'interrompit donc frotter ses gants l'un contre l'autre pour les débarrasser de la fine poudre blanche qui les recouvrait et frotta, pinça et claqua les joues rougies par le froid, ce qui leur donna une belle teinte cramoisie mais eut le mérite de les désengourdir ne serait-ce que temporairement et de faire pétiller d'amusements et de joie ses prunelles noisette.
Ceci fait, elle se remit à l'ouvrage et lissa proprement la sphère approximative, puis énonça :
- C'est un bout du corps, la boule qu'on va mettre au milieu.
*mots soulignés et en gras pour la CdC - Mission n°1, session de décembre 2020
- C'est pas mal aussi pour fêter Noël, mais ça doit être triste de ne pas voir ses grands-parents, non ? Puis faussement moqueuse : ah oui, tu perdais ? Pffft quelle naze. Moi en tout cas je gagne toujours à ce jeu là.
Siobhán fouillait activement sa mémoire déplorable, remuant inconsciemment les lèvres, et cherchant le peu dont elle se souvenait des célébrations moldues autour des fêtes. Il y avait une histoire de bonhomme rouge, une grand-mère ou un oncle, et elle se souvenait que Nola et Alois croyaient tous deux dur comme fer que c'était lui ou elle qui leur apportait les cadeaux qu'ils découvraient sous le sapin au matin du 25 décembre de chaque année.
Mildred n'avait jamais cru bon d'entretenir cette croyance moldue chez ses propres enfants, même s'ils en avaient fait le souhait, ainsi Siobhán et Octave, s'ils n'assistaient pas à la livraison des paquets dans la nuit du 24 au 25, étaient néanmoins conscients de la supercherie et ont soigneusement conservé le secret jusqu'à ce qu'Alois ait fini d'y croire. Plus jeune, Siobhán avait
Elle trouva le prénom Fealicia étrange mais n'en dit pas un mot, s'attardant plutôt sur la mention du géniteur moldu. Cela signifiait-il que Fealicia croyait à la grand-mère-noël elle aussi ? En forçant ses souvenirs, elle composa une autre interrogation l'air très sûr d'elle et de ses mots :
- Et du coup tu as demandé quoi au type-barbu-de-Noël ?
Puis elle dédia à nouveau son attention à la boule de neige qu'elle avait déjà presque achevée, du diamètre équivalent à la longueur d'une chaussure pointure 39.
Alors qu'elle s'apprêtait à soulever un membre achevé du futur bonhomme, elle trouva ses joues déjà trop refroidies par le fouet des flocons entraînés par le vent, elle s'interrompit donc frotter ses gants l'un contre l'autre pour les débarrasser de la fine poudre blanche qui les recouvrait et frotta, pinça et claqua les joues rougies par le froid, ce qui leur donna une belle teinte cramoisie mais eut le mérite de les désengourdir ne serait-ce que temporairement et de faire pétiller d'amusements et de joie ses prunelles noisette.
Ceci fait, elle se remit à l'ouvrage et lissa proprement la sphère approximative, puis énonça :
- C'est un bout du corps, la boule qu'on va mettre au milieu.
*mots soulignés et en gras pour la CdC - Mission n°1, session de décembre 2020
alt+0225 || #5A0D0D || 5e année RP
Rendez le repos dominical
Snowfield
A la première annonce de sa voisine, la fillette ne put s'empêcher de plisser légèrement les yeux, non pas pour se protéger du vent mais bien pour juger si elle devait prendre ombrage de cette remarque sur son niveau de course. Se hâtant de détromper l'autre dans ses conclusions faussement tirées, Felicia répondit :
"Je ne sais pas... Je ne connais pas mes grands-parents paternels, alors je ne peux pas dire si je suis triste ou non.
Et puis, j'ai dit que je me faisais poursuivre... Pas attraper !"
Ce qui était tout à fait vrai. Elle était rapide et agile depuis longtemps, chose parfaite pour elle qui préférait fuir, évitant ainsi toujours la confrontation directe. Et ce n'était pas qu'en matière de jeux d'enfants.
Pourtant, elle ressentit un faible pincement au cœur - un coup dévastateur dans ce que l'on appelle "fierté" -, suite à ces mots et ces pensées.
L'enfant n'eut pas le temps de s'attarder davantage sur la question, puisqu'une autre interrogation, nettement plus intrigante, venait de naitre sur les lèvres de sa compagne.
Le type-barbu-de-Noël ?
Ce nom évoquait bien quelque chose à Féa, mais elle eut peine à comprendre quoi, l'air sûr de l'autre ne l'aidant pas vraiment. Elle plongea dans une intense réflexion, cherchant à extirper ses vagues souvenirs de sa mémoire.
C'était une tradition... Un gros bonhomme avec des rennes et une voiture volante, non ? Il apportait des cadeaux à Will, Neil et à tous ceux qui étaient restés là-bas.
Felicia ne le connaissait pas bien, puisque ses origines étaient pour moitié espagnoles.
Sa mère lui avait appris que c'étaient les Rois Mages *los Reyes Magos* qui lui offraient des présents, et son père n'y avait rien trouvé à redire. Et puis, c'était le six janvier pour elle. L’Épiphanie.
Évidemment, elle avait deviné depuis longtemps que toutes ces histoires n'étaient que des contes, des rêves - ou des mensonges - racontés au petits pour... avoir la sensation de leur offrir quelque chose de beau, une illusion poétique ? Ou pour que l'on oublie le sens réel de cette célébration ?
*J'sais pas.*
Elle ne demandait plus de cadeaux.
Elle préférait les surprises.
C'est donc d'une mine un peu étonnée qu'elle entreprit d'expliquer tout ceci à la demoiselle qui, malgré son air assuré, ne devait pas être très au courant de ces mœurs moldus étant donné le nom qu'elle avait utilisé pour désigner ce "Père-Noël".
"Hmm... En fait chez moi, c'est pas de lui que viennent les cadeaux. D'ailleurs, ce truc c'est totalement idiot : un grand-père obèse qui arrive par la cheminée et qui fait le tour du monde en une nuit ? Nan, pas possible.
Mes parents m'avaient fait croire que c'étaient les Rois Mages qui venaient. Ce sont, disons un équivalent espagnol - un peu plus crédible, je trouve. Et je recevais les cadeaux en janvier.
Mais pour répondre à ta question, maintenant je n'en commande plus, par manque d'envie je suppose."
Finissant ce commentaire en haussant les épaules, la fillette se rappela soudainement de leur projet de construction. Elle ramena vivement son regard sur l'amas de neige déposé à ses pieds, se dépêchant de lisser correctement la surface disparate, afin d'y déposer ensuite la boule préparée par Siobhán.
Elle espérait toutefois que sa réponse avait été claire, car ses amis d'enfance n'y avaient strictement rien compris, eux.
Excuse moi, je crains de n'avoir cassé le rythme qu'on s'était imposé
"Je ne sais pas... Je ne connais pas mes grands-parents paternels, alors je ne peux pas dire si je suis triste ou non.
Et puis, j'ai dit que je me faisais poursuivre... Pas attraper !"
Ce qui était tout à fait vrai. Elle était rapide et agile depuis longtemps, chose parfaite pour elle qui préférait fuir, évitant ainsi toujours la confrontation directe. Et ce n'était pas qu'en matière de jeux d'enfants.
Pourtant, elle ressentit un faible pincement au cœur - un coup dévastateur dans ce que l'on appelle "fierté" -, suite à ces mots et ces pensées.
L'enfant n'eut pas le temps de s'attarder davantage sur la question, puisqu'une autre interrogation, nettement plus intrigante, venait de naitre sur les lèvres de sa compagne.
Le type-barbu-de-Noël ?
Ce nom évoquait bien quelque chose à Féa, mais elle eut peine à comprendre quoi, l'air sûr de l'autre ne l'aidant pas vraiment. Elle plongea dans une intense réflexion, cherchant à extirper ses vagues souvenirs de sa mémoire.
C'était une tradition... Un gros bonhomme avec des rennes et une voiture volante, non ? Il apportait des cadeaux à Will, Neil et à tous ceux qui étaient restés là-bas.
Felicia ne le connaissait pas bien, puisque ses origines étaient pour moitié espagnoles.
Sa mère lui avait appris que c'étaient les Rois Mages *los Reyes Magos* qui lui offraient des présents, et son père n'y avait rien trouvé à redire. Et puis, c'était le six janvier pour elle. L’Épiphanie.
Évidemment, elle avait deviné depuis longtemps que toutes ces histoires n'étaient que des contes, des rêves - ou des mensonges - racontés au petits pour... avoir la sensation de leur offrir quelque chose de beau, une illusion poétique ? Ou pour que l'on oublie le sens réel de cette célébration ?
*J'sais pas.*
Elle ne demandait plus de cadeaux.
Elle préférait les surprises.
C'est donc d'une mine un peu étonnée qu'elle entreprit d'expliquer tout ceci à la demoiselle qui, malgré son air assuré, ne devait pas être très au courant de ces mœurs moldus étant donné le nom qu'elle avait utilisé pour désigner ce "Père-Noël".
"Hmm... En fait chez moi, c'est pas de lui que viennent les cadeaux. D'ailleurs, ce truc c'est totalement idiot : un grand-père obèse qui arrive par la cheminée et qui fait le tour du monde en une nuit ? Nan, pas possible.
Mes parents m'avaient fait croire que c'étaient les Rois Mages qui venaient. Ce sont, disons un équivalent espagnol - un peu plus crédible, je trouve. Et je recevais les cadeaux en janvier.
Mais pour répondre à ta question, maintenant je n'en commande plus, par manque d'envie je suppose."
Finissant ce commentaire en haussant les épaules, la fillette se rappela soudainement de leur projet de construction. Elle ramena vivement son regard sur l'amas de neige déposé à ses pieds, se dépêchant de lisser correctement la surface disparate, afin d'y déposer ensuite la boule préparée par Siobhán.
Elle espérait toutefois que sa réponse avait été claire, car ses amis d'enfance n'y avaient strictement rien compris, eux.
Excuse moi, je crains de n'avoir cassé le rythme qu'on s'était imposé
évanaissance
Snowfield
Siobhán n'avait pas honte de ses conclusions hâtives, mais que la fille la reprenne picota son ego là où il ne fallait pas. Sans attendre, elle répondit du tac-au-tac :
- D'accord. Moi mes grands-parents paternels ne parlent pas anglais, et moi je ne parle pas allemand alors même si ils sont déjà venus, j'leur ai jamais vraiment parlé, sauf quand mon père fait le traducteur.
Elle avait conservait avec le plus grand soin le souvenir de son dixième anniversaire, souvent elle se le rappelait de force pour éviter qu'il s'estompe avec le temps car c'était là sa plus récente rencontre avec les parents Benedict. Au moment exact elle n'avait pas articulé un mot directement à leur intention, mais les avait serrés dans ses bras, et dans ce mouvement le petit porte-clef de sa grand-mère avait capté son regard : avec les photos de ses cousins, les enfants de son oncle Theophilius, une photo d'elle et Octave bambins, souriant à pleine dents dans un champ de Cloughton Newlands. Plus tard, elle avait envoyé une série de lettres, peut-être une chaque année, dans un allemand de dictionnaire et constellé de fautes, mais c'était tout.
La réponse de la petite Felicia sonnait dans sa bouche comme une évidence, ce dont Siobhán s'indigna : elle avait voulu être gentille, ne pas la brusquer, et c'est ainsi qu'on la remerciait ? Peut-être que c'était une née-moldue, et qu'elle croyait à toutes ces bizarreries de leur monde.
- Bien sûr que c'est incohérent et débile, j'ai juste dit ça parce que moi je croyais que t'y croyais !
Puis après reconsidération, penaude :
- Désolée je réagis trop vite, c'est pas cool, chez moi il fallait qu'on garde le secret.
D'une grande inspiration elle remplit ses poumons de l'air glacé et se remit la tâche : amener à elle de grandes brassées de neige, faire un tas, tapoter, sculpter le dessous à la tranche de la main et hop, vite faite une petite boule de neige supplémentaire, le tout en reprenant le fil de la discussion, un sourire semi-artificiel collé sur la figure :
- J'y ai jamais vraiment pensé. Je sais pas, chez ma mère et mon beau-père c'est normal de demander des cadeaux parce que la fille et le fils de mon beau-père le font, mais moi et mon frère... Ça doit être un truc de moldu, c'est vrai que chez mon père on ne le fait pas trop, enfin on offre mais on ne demande pas. Mais j'aime bien Noël.
Ceci dit, elle nicha la boule toute prête au creux de son bras et après s'être levée, la déposa sur le dessus de celle que ladite Felicia venait de placer.
- Et voilà ! Plus qu'à lui trouver un nez, des yeux et une bouche. Peut-être des bras aussi, et des boutons ! On peut aller chercher des bâtons pour les bras, une pomme de pin pour le nez et des cailloux pour le reste, ça te dit ?
Vraiment désolée pour le retard, je suis prête à reprendre sur les chapeaux de roue !
- D'accord. Moi mes grands-parents paternels ne parlent pas anglais, et moi je ne parle pas allemand alors même si ils sont déjà venus, j'leur ai jamais vraiment parlé, sauf quand mon père fait le traducteur.
Elle avait conservait avec le plus grand soin le souvenir de son dixième anniversaire, souvent elle se le rappelait de force pour éviter qu'il s'estompe avec le temps car c'était là sa plus récente rencontre avec les parents Benedict. Au moment exact elle n'avait pas articulé un mot directement à leur intention, mais les avait serrés dans ses bras, et dans ce mouvement le petit porte-clef de sa grand-mère avait capté son regard : avec les photos de ses cousins, les enfants de son oncle Theophilius, une photo d'elle et Octave bambins, souriant à pleine dents dans un champ de Cloughton Newlands. Plus tard, elle avait envoyé une série de lettres, peut-être une chaque année, dans un allemand de dictionnaire et constellé de fautes, mais c'était tout.
La réponse de la petite Felicia sonnait dans sa bouche comme une évidence, ce dont Siobhán s'indigna : elle avait voulu être gentille, ne pas la brusquer, et c'est ainsi qu'on la remerciait ? Peut-être que c'était une née-moldue, et qu'elle croyait à toutes ces bizarreries de leur monde.
- Bien sûr que c'est incohérent et débile, j'ai juste dit ça parce que moi je croyais que t'y croyais !
Puis après reconsidération, penaude :
- Désolée je réagis trop vite, c'est pas cool, chez moi il fallait qu'on garde le secret.
D'une grande inspiration elle remplit ses poumons de l'air glacé et se remit la tâche : amener à elle de grandes brassées de neige, faire un tas, tapoter, sculpter le dessous à la tranche de la main et hop, vite faite une petite boule de neige supplémentaire, le tout en reprenant le fil de la discussion, un sourire semi-artificiel collé sur la figure :
- J'y ai jamais vraiment pensé. Je sais pas, chez ma mère et mon beau-père c'est normal de demander des cadeaux parce que la fille et le fils de mon beau-père le font, mais moi et mon frère... Ça doit être un truc de moldu, c'est vrai que chez mon père on ne le fait pas trop, enfin on offre mais on ne demande pas. Mais j'aime bien Noël.
Ceci dit, elle nicha la boule toute prête au creux de son bras et après s'être levée, la déposa sur le dessus de celle que ladite Felicia venait de placer.
- Et voilà ! Plus qu'à lui trouver un nez, des yeux et une bouche. Peut-être des bras aussi, et des boutons ! On peut aller chercher des bâtons pour les bras, une pomme de pin pour le nez et des cailloux pour le reste, ça te dit ?
Vraiment désolée pour le retard, je suis prête à reprendre sur les chapeaux de roue !
alt+0225 || #5A0D0D || 5e année RP
Rendez le repos dominical