O children, lift up your voice
Z'avez pas vu Soria? - Octobre 2045
Bon, je crois que je me suis perdu. Je suis pourtant sûr d'avoir bien suivit les indications de ma sœur, celles de la fois où qu'elle m'a montré le chemin jusqu'à la salle commune de sa maison. Après les escaliers, il y avait deux "par-ici" et un "par-là". Je crois que je me suis trompé au deuxième "par-ici", ou alors il fallait tourner à droite après le "par-là"?
« Soria Warren, t'es vraiment nulle comme guide. »
Quelques personnes se retournent pendant que je fais demi-tour. Je ne me suis pas rendu compte que je parlais à voix haute. Encore heureux que ce n'est pas arrivé quand je fouillais la bibliothèque. J'aime lire, mais le silence là-bas est oppressant. Et cette manie que tout le monde a, à rendre cette pièce ennuyeuse. Non pardon, le bon mot était silencieuse. Mais c'est la même chose au fond.
Je tourne dans un autre couloir. Je ne suis jamais venu ici, je ne reconnais pas les tableaux présents. Super, je vais être obligé de demander mon chemin. J'ai presque envie d'abandonner et de retourner dans la salle commune de ma maison. Elle au moins elle n'est pas perdue dans un dédale de couloirs.
Mais non, j'ai vraiment besoin de trouver ma sœur. Je veux qu'elle m'apprenne son coup spécial aux échecs, celui contre lequel même Papa n'arrive à gagner. Mona commence à devenir trop forte à ce jeu, et même si je veux bien perdre pour lui faire plaisir, je préférerais que ce soit parce que je le fais exprès. Et puis si ça peut m'aider à battre facilement tous les autres, ce ne serait que du bonus.
Je vois une fille qui à l'air d'être dans la même maison que ma sœur, et qui repart à contre sens.. Elle, elle devrait savoir comment aller dans leur salle commune, enfin normalement.
« Eh! Eh s’il te plait! »
Je vois qu’à l’autre bout du couloir d’autres personnes se sont retournées à mon appel mais je les ignore. Je me concentre sur la fille que j’ai arrêtée. Elle n’a pas l’air ravie-ravie mais qu’importe. J’en ai pas pour très longtemps.
« Bonjour! Est-ce que tu peux me dire où ce trouve la salle commune de Serdaigle? »
Sur le visage en face de moi, les sourcils se froncent et la propriétaire fait un geste de la main. Je le connais bien ce geste, il signifie "parle moins fort" que les parents de Papa accompagnent souvent d'un "mal élevé". La fille ouvre la bouche, mais c'est comme si aucun son n'en sortait. Un instant je commence à avoir peur, mes doigts tremblent alors je les cache dans mes poches. Un bruit de foule me parvint de loin, me rassurant. Même si elle est défaillante mon ouïe est toujours là.
Et puis l'Autre me regarde avec insistance. Est-ce qu'elle attends une réponse? Qu'est-ce qu'elle a dit? Ses lèvres bougent à nouveau, elle insiste. J'entends à peine sa voix, je ne comprends pas les mots. Et ça m'énerve.
« J'veux juste savoir où se trouve la salle commune de Serdaigle.» Je demande à nouveau.
Elle me toise comme si j'étais stupide. Je déteste ça. Personne n'a le droit de me toiser comme ça. Je lui lance le regard le plus noir possible. Et puis finalement elle abandonne. Elle parle encore trop bas pour que je comprenne, mais accompagne ses mots d'un geste de la main qui veut dire qu'elle laisse tomber, puis elle part. Bien, dans ce face à face c'est moi qui ai gagné.
Je souris en la regardant partir, avant de comprendre un truc. Retour au point de départ. Debout au milieu du couloir je fais un tour sur moi-même, essayant de chercher l'aide d'une autre personne. Une personne qui saura parler normalement.
Je suis toujours perdu.
Merci Ernest pour ce magnifique avatar !
O children, lift up your voice

Octobre 2045
@Matthew Warren
Eugène aimait apprendre et il aimait tout particulièrement les cours d'Histoires dans sa globalité (comprendre ici Moldue et Sorcière), mais il était bien heureux de quitter la salle de classe. Seigneur, sa tête lui faisait un mal de chien depuis deux bonnes heures, que suivre et participer avait été un calvaire. Il était soulagé à l'idée de retourner dans son dortoir, être au calme et se permettre une courte sieste. Mais avant cela, il avait une envie présente à soulager !
L'enfant se détachait du groupe et prit une direction opposé, à la recherche des toilettes. Par chance, Eugène n'eut guère besoin d'aller bien loin. Une fois la petite commission faite, il put repartir tranquillement, ignorant tant bien que mal la douleur lancinante. Les escaliers n'étaient pas bien loin, il avait seulement deux ou trois couloirs à passer... s'il ne se perdait pas, ce qui était le cas. Étonnant ?
Eugène dévisageait le portrait. C'était la troisième fois qu'il passait devant la femme qui brossait ses cheveux. Cette dernière avait un sourire amusé et un regard bienveillant. Depuis le temps qu'elle décorait ce couloir, elle était sûrement habituée à voir des élèves perdues ! Embarrassé, Eugène demanda d'une petite :
— Excusez-moi... quel est le chemin pour se rendre aux escaliers ?
— Tu dois continuer tout droit et tourner deux fois à gauche, puis une fois à droite, indiqua-t-elle.
C'était si simple qu'Eugène se sentit bête.
— Merci beaucoup !
— Au plaisir.
Il se hâta, pressé de retrouver son lit. Sur le chemin, il croisa un groupe d'élève dont le brouhaha était insupportable. Dans tout ce bruit, une voix se dégageait, étrangement bien plus sonore.
— J'veux juste savoir où se trouve la salle commune de Serdaigle.
Eugène s'arrêta et après un coup d'œil autour de lui, il trouva la source de la voix. Un garçon s'adressait à une Serdaigle qui, de prime abord, semblait agacé. Eugène n'était pas assez prêt pour suivre toute la conversation, mais il comprit que cette dernière avait pris fin : la Serdaigle s'en alla après un mouvement de main, laissant son interlocuteur seul. Eugène hésita, devait-il l'aborder et lui demander si tout allait bien ? Mais s'il dérangeait plus qu'autre chose ? Et il avait réellement envie de s'enrouler dans ses draps...
Sûrement trop bon pour ce monde, Eugène s'approcha du garçon. Il ne pouvait pas se résoudre à le laisser dans le pétrin. Le couloir maintenant vide, sa canne raisonnée entre les murs. Arrivant sur sa gauche, Eugène le salua de sa main à mi-chemin, histoire d'attirer son attention. Quand il fut à porté de voix, il demanda :
— Tu es perdu ?

"Dramaqueen à ses heures perdues avec Ella Davis"
4e année RP | Je parle en gras
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