7 déc. 2020, 05:05
 Libre   +  Citizen of Glass
Sur un gros caillou. Entouré d’autre plus petits cailloux.
Aux abords indirects de la tombe d’Arseni Stoyanov.
7 Décembre de l’année deux mille quarante cinq.
3ème année de @Leta Blackbirds []



Ce RP est libre.
Ce RP ne fait actuellement partit d’aucune série de la vie de Leta. Il se contente d’être.
En fait, il est surtout dû à une soudaine envie de poser des mots sans qu’il n’y ait de but particulier à tout ceci.
Pas de EH, pas de IH, pas de bbcode inutile hormis le gras,... ce RP n’a pas d’artifice autre que ce qu’il est.
Alors, pour une fois, je laisse mes doigts vagabonder un peu sur la portée de cette partition blanche...

Le vide se fait lorsque le caillou plat touche une première fois l’eau. Puis il rebondit, encore et encore.
Un joli ricochet.
Un joli ricochet sur le lac.
Un joli ricochet sur le lac gelé.

Un caillou rond aurait fait la même chose.
Pas de prix, je n’ai rien gagné.

Je souffle doucement. Les gouttelettes se transforment en vapeur immédiatement et rejoignent l’atmosphère tranquillement. Puis disparaissent. Je trouve ça beau. Ça donne de la consistance à l’air. Pour que l’on se rappelle que lui aussi existe.
Moi aussi j’aimerai bien que l’on se rappelle que j’existe.
Que je ne suis pas que l’ombre de Papa. Suivant ses traces, avec les mêmes pensées. Je ne sais pas, ça a quelque chose de dérangeant. Comme si je ne pouvais pas penser par moi-même.

Je souffle à nouveau. On dirait un nuage. Un nuage boréal.
Je regarde autour de moi. Cette longue étendue glacée. Ces arbres enneigés. L’on se croirait dans le Nord. Un Nord froid, désertique. Un Nord sans personne pour dire si des ricochets sont jolis ou non. Qu’ils soient fait sur de l’eau liquide ou glacée. Un Nord vide.

Je tremble à nouveau.
Je souffle à nouveau.
En soit, rien de ce que je fais n’est nouveau. J’ai déjà tremblé dans ma vie, j’ai déjà soufflé dans ma vie. Rien n’est nouveau. J’ai déjà fais tant de choses, et le nombre de fois que j’ai respiré, ça ne se compte même plus sur les doigts des mains des gens du monde entier.
Pourtant, ce moment rend les choses uniques. Quelque chose d’onirique. Quelque chose, de symbolique. Comme si ce moment, cet endroit, cette température, ces couleurs,... Comme si tout ceci s’associait en une symbiose dans laquelle je ne joue que la malvenue. Intervenante inutile dont le seul rôle dans ce court-métrage est d’ajouter un peu de contraste à cette toile si parfaite.

Alors en effet, je souffle à nouveau. Et les gouttelettes évanescentes semblent jouer, elles s’estompent.
Je souris légèrement.
J’aimerai bien jouer moi aussi.
Mais moi j’ai froid. Et ce malgré mes gants. Malgré ma cape chaude pour l’hiver. Malgré cette capuche aux poils doux qui recouvre entièrement ma tête.
J’ai froid et je reste immobile. Contemplant ces nuages qui sortent de ma bouche abîmée.
Je reste immobile car le moment est sempiternel. Comme si j’avais réussi à appuyer sur pause. Chaque secondes se ressemblent. Tout est et reste à sa place. Et moi aussi. Alors même si je dois ressembler à une de ces créatures algides. Même si je dois m’éterniser, comme une pierre marmoréenne, dans cette position où je ne peux que croupir.

Le maelström de mon expiration se dissipe comme les autres à son tour.
Hormis ce mouvement de mon diaphragme, rien n’indique que le moment est cyclique. Il pourrait tout autant être suspendu. Immobilisé. Cristallisé en ce point précis. Pour que ce moment puisse s’inscrire dans mon esprit, devenir une remembrance étrange.

Pour contraster ce joli tableau qui s’offre à moi, je ferme les yeux. Pas juste un clignement pour en chasser la poussière. Je ferme les yeux consciencieusement. Le noir m’assaillit en premier. Puis c’est le silence. Ponctué par les craquements du lac gelé et les sapins dont les branches trop lourdes ne peuvent retenir la neige. Les sons apparaissent comme par magie. Le vent souffle tout doucement. Il est paradoxal. À la fois austère par sa température. À la fois doux par sa présence réconfortante. J’ai toujours trouvé le vent étrange, sibyllin. Il nous entoure tout le temps mais l’on ne sait qu’il est là uniquement lorsqu’il nous est désagréable. Cela fait au moins un point commun avec moi. Le vent est aussi étrange en raison de son existence, qui en elle même ne se résume qu’à un oxymore. Le vent est l’alliance entre le chaud et le froid. Un aimant perpétuel. Deux amants conflictuels. Les choses belles sont faites pour être opposées. Ou bien pour être complémentaires.

Je rouvre mes yeux. Ce soliloque dure bien longtemps.
Mais il est beau. Je me replonge un moment dans mes songes.
Peut-être que cela fait du bien des fois de ne faire que penser. On en oublie le froid. On devient un de ces citoyens de verre, une splendide statue de Chionée, voué à l’entièreté de l’éternité.

Je souffle à nouveau.
La panache blanc se dissout dans la brise.
Il fait froid.
J’ouvre les yeux.
Le lac craque toujours harmonieusement.
Le blanc immaculé de ce paysage magnifique efface les contours des choses. Tout devient flou. Une myopie forcée tant par le temps que par le temps. Là où le froid et les secondes arrivent à se rejoindre une fois au moins. Un instant glacé.

Je retourne un moment en arrière pour me prouver que le monde tourne en rond. Où passé vient dire bonjour à futur. Ce n’est plus une droite, mais un point. Un point qui vient éclater notre temps à nous. Pour que plus rien n’ait de sens. Car de toute façon, si tout devait avoir un sens, le temps et le vent n’existeraient pas. Ça serait triste.

Lentement je laisse glisser mon esprit en arrière.

Le vide se fait lorsque le caillou plat touche une première fois l’eau. Puis il rebondit, encore et encore.
Un joli ricochet.
Un joli ricochet sur le lac.
Agnes Obel • (Albums)

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

8 déc. 2020, 17:34
 Libre   +  Citizen of Glass
Aujourd'hui, demain, ou hier, qu'est-ce que cela change ? Le froid s'est abattu sur le château depuis maintenant quelques semaines, voire quelques mois. Le froid. Lui qui nous ronge jusqu'au plus profond de nous même, qui change les murs de Poudlard, pourtant si épais, en une fine couche sûrement aussi isolante qu'une feuille de papier. Alors, autant sortir, et respirer le froid à plein poumons au lieu de tenter de s'en protéger. Le vent glacial rend malade, c'est vrai, mais il est présent partout lui aussi.
Comme le froid.
Comme l'ombre.
Comme la chaleur.
Comme la lumière, finalement.
Il suffit de savoir les entendre, les voir, les trouver, et ils seront visibles comme des lettres noires sur un fond blanc, tous aussi beaux qu'ils sont, à vouloir rivaliser avec le silence.

Mais, ton point de vue est différent, un voile recouvre et biaise ta vision du monde, la rendant plus sombre, plus cruelle.
Les mots blessent. Le froid attaque. L'ombre sème la panique. La chaleur étouffe. La lumière aveugle. Ils n'arrivent pas à la cheville du silence, si rare, si précieux, si difficile à conserver. C'est pour cela que le monde va mal. Si les gens se taisaient un peu, et profitaient juste de ce qu'ils ont, la vie serait meilleure.
Silence qu'un caillou vient de troubler. Un caillou sur le lac, un simple caillou rebondissant sur sa surface gelée.
Silence que tu étais venu chercher, malgré le froid que tu détestes tant, mais tout de même moins que les paroles, celles qui résonnent dans ta tête, celles que tu fuis de six heures du matin à dix heures le soir, celles des autres.
Et, tu n'es pas seule au bord du lac. Il y a quelqu'un d'autre, une fille, a qui le froid à l'air de ne pas déranger. Et puis, elle souffle. Tu n'as pas fais ça depuis que tu avais trois ans. Tes frères se moquaient trop de toi, ils s'amusaient à tout gâcher. Alors toi aussi, tu souffles, sachant que personne ne te jugeras. Pour savoir ce que cela lui procure, car tu ne t'en souviens plus. Cela donne un drôle de nuage.
Est-ce que c'est ça la magie d'un phénomène que l'on ne comprend pas et qui remplit nos yeux d'étoiles ? Pourquoi on ne l'apprend pas en cours ? Elle est aussi belle que les Sortilèges, ou la métamorphose... Bizarrement, cela ne te donne pas envie de savoir. Garder le mystère, pour mieux t'en émerveiller.
Pendant ce temps, le lac s'est brisé, l'eau et le caillou ont vaincu le froid. Un deuxième caillou vole, et l'eau chante. Peut-être pour fêter leur victoire, ou peut-être pas. Finalement, l'eau égal bien le silence. Et le chant de l'eau fait partir les paroles. L'eau marche mieux que le silence, elle est vraiment belle, alors que le silence, il n'entraîne que de la frustration. Celle de tendre la main pour pouvoir le saisir mais de le sentir glisser entre tes doigts, sans qu'ils puissent se refermer dessus.
Tu plonges la main dans l'eau. Glacée. Le froid ne l'a pas laissée indemne.

Plume d' @Leta Blackbirds , dis-moi si quelque chose ne va pas.
Dernière modification par Scary Limpson le 7 juil. 2021, 10:25, modifié 3 fois.

Septième année RP, puzzle sans cadre ⊱ fichefiche PRs

15 déc. 2020, 01:33
 Libre   +  Citizen of Glass

Apparat • Goodbye
𓏢
Le silence me frappe une fois de plus.
L’eau est immobile. Je contemple les quelques endroits craquelés. Je m’interroge sur les êtres de l’eau, sur la façon dont ils peuvent survivre sous le lac alors que ce dernier est complètement gelé. Chaque espèce doit avoir son moyen de survie adapté. Peut-être font-ils comme les ours, ils hibernent. Peut-être qu’au contraire ils sont plus actifs que jamais sous la plaque de glace qui les recouvre entièrement. Ou alors ils font autre chose. En réalité, je n’en sais rien. Et je ne pense pas trouver la bonne réponse là en quelques minutes.

Le vent sec et froid me frappe une fois de plus.
J’ai l’impression de me retrouver au centre d’une toundra drapée de son plus beau manteau blanc. Et, sans que je ne le veuille, mon esprit fait le lien avec la Russie. Puis Durmstrang. Et, comme avec les êtres de l’eau, je m’interroge. En quoi Durmstrang est différent de Poudlard. Et pour répondre à cette question j’ai encore moins d’éléments que pour répondre à ma question sur les êtres de l’eau. C’est à dire rien. Seule mon imagination pourra m’aider. Et pour l’instant cette dernière est plus occupée à contempler les reflets du lac qui m’aveuglent presque.

Je tourne la tête sur ma gauche. Toujours cette longue étendue glacée. Toujours ces arbres d’un blanc immaculé bordant la lisière du Lac. Toujours la même chose en boucle.
Le temps qui tourne et qui tourne encore.
Je suis piégée.
Dans cette boucle infinie.
Piégée à vivre le même moment tout le temps.

Je souffle.
Je tremble.
Je souffle.
Je tremble.
Je.
Je.

Souffle
Soufle
Soûle
Seule


Si une larme sortait de mon œil elle se glacerait sur ma joue froide.
Mais je n’ai pas de larme à donner à cette étendue pure.
C’est elle qui m’offre mon enfermement.
Enfermée seule dans l’instant magique.

Tremble
Trmeble
Tmerble
Merble
Merle


Un oiseau noir.
Un oiseau noir dans ce tableau blanc. Voué à disparaître, à s’estomper lorsque la nuit viendra englober le monde de sa cape sombre.
Immobile en plein jour.
Invisible la nuit.

Et le temps qui me laisse perdre pied.
Car je revis sans cesse ce même moment.
Tout est suspendu.
Belle aporie.
Plus le temps s’écoule plus il parait long or plus il est long plus il semble figé.
Donc plus le temps s’écoule plus il semble figé.
Ce qui est strictement impossible.
Hormis en cet instant.

Puis vient le bruissement qui coupe tout.
Je force mon ouïe à son paroxysme.
J’entends quelque chose de faible. Un vêtement ? Des pas dans la neige ?
Puis un très léger clapotis. Quelqu’un a touché l’eau. Folie. L’eau est belle à voir. Pas à ressentir.
Quelqu’un a craqué la pureté du Lac.
Quelqu’un a craqué la pureté du Temps.
Le voilà qui se remet en marche.
Mon cœur s’affole. Je ne bouge pas mais déjà mon corps entier commence à se réchauffer sous les pulsions incontrôlables de ma pompe à sang. Je ferme les yeux pour essayer de contrôler l’angoisse grandissante.
Quelqu’un a craqué la pureté du Temps.

Dans mon esprit naît ce que je redoute. Je serre mes paupières entre elles cette fois-ci. Fort.
Pas ça. Pas ça. Pas ça. Il faut que je garde le contrôle. Que je ne me retrouve pas convulsée au sol.
Alors je puise dans tout ce que j’ai. Dans le peu qu’il me reste. Dans le froid ambiant. Dans la beauté du spectacle...
Dans le Temps pour qu’il puisse me ramener en arrière comme avant.
Mais ça c’est pas possible.

Une larme sort de mon œil et elle se glace sur ma joue froide.
J’ai des larme à donner à cette étendue pure.
À elle qui m’offre mon enfermement.

Quelqu’un a craqué la pureté du Temps...
Dark soundtracks • (Deezer Soundtracks Editor)

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

22 déc. 2020, 18:01
 Libre   +  Citizen of Glass
C'est simple, tu as eu tort. Tort de penser que l'eau t'accueillerait à bras ouvert, alors qu'elle n'avais rien demander. Laisse la vivre en paix. Elle le mérite, alors que toi non.
Tu sors la main de l'eau, et t'assois dans l'herbe, recouverte d'un froid manteau blanc.
Retour à la case départ.
Tu songes à partir. L'instant était plus beau avant. Tu n'as pas trouvé ce que tu cherchais, tu reviendras peut-être, mais pas tout de suite.
Pourtant, une chose te retient encore au bord du lac, qui t'empêche de mettre les voiles en direction du château. Peut-être parce que ce n'est pas encore fini. Peut-être parce qu'il te reste quelque chose à faire. A voir. A sentir.
Cela ressemblerait à quoi si tu partais avant d'avoir trouvé quelque chose ? La fuite face aux éléments ? Oui, c'est indéniable, ils sont plus forts, mais l'équilibre n'est pas impossible.
*N'était*
Cherche ce qui a changé...
*Le Silence. Je l'ai brisé. Il était beau. Il est partit*
Le Silence est difficile à acquérir. le seul moyen de l'avoir, c'est de se taire, et de ne pas bouger.
Observe. Observe l'image presque parfaite qui s'offre à tes yeux, et regarde comme le monde peut être beau. Oui, le paysage est presque parfait. Pas à cause du corbeau qui y passe. Pas à cause de l'autre fille, elle a rien fait et elle a eu raison. Un peu à cause de toi, la tâche rouge au milieu des fleurs blanches, qui se permet de venir et de détruire ce qui avait été construit.

Avant.
Il y avait.
Un reflet immaculé de la perfection.
Avant. Avant que tu sois là.
C'était mieux.


*Le mieux n'est-il pas l'ennemi du bien ?*

Façon de voir les choses, point de vue que tu désapprouve même. Mais dans un sens, ce sera mieux que rien. Limiter les dégâts. Rester. Immobile. Comme des statues encrées dans leurs racines, au plus profond de la terre. Là où même le néant ne peut aller.
C'est peut-être la meilleure solution. Qui reste cependant temporaire. Il y a des préfets la nuit, et des professeurs qui vérifient que tout le monde est bien rentré.
*Sauf si...*
Sauf si rien, tu n'as pas de capes d'invisibilité il me semble. Et pour aller la chercher, il faudrait partir, encore et toujours.
*Sauf si il n'y a pas de fin*
Phrase sans sens, ni signification. C'est bien beau la poésie, mais ce n'est pas très concret. Sauf si... on y croit bien sûr.

Message subliminal ?


*Le sens n'a pas de sens. Le sens ne respecte pas ce qu'il est censé être. Alors les autres choses ne le respectent pas*

J'y pense... oui le sens n'a aucun sens. La preuve c'est la chance et le hasard. Les pures coïncidences.
En fait, si le sens n'existe pas, il n'y a pas besoin de preuves pour l'affirmer. C'est paradoxal. La preuve par la non-preuve. Nouveau concept qui a du mal à passer. je croyais bien te connaître, je croyais que tu pensais que le destin, la chance, et le hasard n'existaient pas. Cela aussi s'en est ? Un ensemble de hasard et de circonstances qui forment une alchimie capable de te faire changer sur un coup de tête ?
Dans ce cas, oui, il se peut bien que rien n'ait de sens.

Alors, laisse-toi voguer au gré de tes pensées, tant que tu reste immobile. Est-ce cela l'ingrédient miracle ?

Septième année RP, puzzle sans cadre ⊱ fichefiche PRs