La Disparition

24.11.45 — 14h00
Il avait disparu. Volatilisé, perdu, éclipsé. Elle ne le sentait plus, lourd et rassurant autour de son cou d’enfant. Comment ? pourquoi ? depuis combien de temps ?
« Il est très précieux, fais-y attention, Mahaud. » Elle se rappelait les mots de son père, alors que celui-ci lui tenait une petite boîte de bois sombre ouvragée. Elle se souvenait l’avoir pris, délicatement, comme on tient un oisillon tombé du nid et l’avoir observé sans bouger, n’osant même pas ouvrir le loquet malgré une curiosité croissante. La matière de l’écrin était sculptée subtilement, suivant les nœuds et rainures originelles, dans des formes géométriques complexes qui entouraient un nom, le sien. Joyce. « Ouvre-le ! » Le fermoir doré était doux sous ses doigts, et elle l’ouvrit en tremblant de curiosité. L’intérieur était couvert d’un velours riche et luisant de couleur lie-de-vin, mais ce n’était pas sur ce tissu que le regard de Mahaud était fixé, mais sur l’élégante fiole de verre, ou d’une matière semblable, qui contenait un liquide intriguant de la même couleur qu’un lever de soleil et aux semblables nuances. Ce qui semblait être une minuscule fiole était en fait le pendentif d’une chaîne aux fins maillons d’argent. Eustache le lui avait passé autour du cou avec tendresse avant de lui ébouriffer le crâne. Et elle l’avait égaré.
Du coin de ses yeux, un flot de larmes tentait de s’échapper, tandis que des sanglots montaient du long de sa poitrine. Elle regardait partout autour d’elle comme une démente, dans le couloir du deuxième étage. Bousculée par des élèves plus âgés qui se rendaient en cours, l’enfant, à quatre pattes, cherchait son bijou avec la force du désespoir. Avant de se rendre compte que ses gestes étaient vains. Elle ne le retrouverait pas, on le lui avait volé. Elle ne savait même pas depuis combien de temps elle ne l’avait plus autour du cou.
L’abîme de tristesse, mêlée à la culpabilité assaillait son esprit, corrompant ses pensées d’idées noires qui la hantaient. Au bord de la rupture, Mahaud ouvrit une porte, la première sur son chemin, et s’effondra, pleurant à chaudes larmes. Dans l’obscurité de ce qui semblait être un placard à balais, ses hoquets et spasmes humides de larmes et de morves résonnaient autour d’elle l’enfonçant de plus en plus dans un gouffre de tristesse.
Une petite voix, vicieuse et mielleuse, s’infiltrait, la harcelait, lui indiquait toutes ses fautes, se jetait sur chacun de ses tourments. Elle faisait honte à sa famille, ses notes étaient mauvaises, d’ailleurs sa mère ne lui envoyait plus de courrier, et c’était bien normal : sa nouvelle famille était bien meilleure. Sa tête, emplie de haine contre elle-même, pulsait, douloureuse. Elle s’allongea sur le sol, posant son front sur le mur, les cheveux collés à son visage, ses poings serrés sur ses paupières humides, ses membres tremblants sous l’assaut. Elle avait à la fois chaud et froid, elle avait à la fois mal et envie de se faire plus mal encore. Et toujours, dans sa tête, la petite voix sarcastique.
Soudain, l’ombre se fendit en un rayon lumineux, et à travers la porte ouverte, une silhouette apparue. Recroquevillée sur le sol encombré de seaux à la propreté douteuse, Mahaud fermait les yeux, priant pour qu’on la laisse dans son marasme.
Dernière modification par Mahaud Joyce le 11 mars 2021, 11:34, modifié 1 fois.
La Disparition
Robert était d'une humeur radieuse ce matin. Il venait de relire son passage préféré de son bouquin préféré. Tom Bombadil avait chassé toutes traces de nuages dans son cœur. Il se sentais comme entouré d'un halo de lumière solaire, chaude et réconfortante. Sa journée n'aurait pas pu mieux se dérouler. Il faisait de net progrès en magie. Rien d'extraordinaire mais son éventail de sortilèges s'étoffait de jour en jour. Pour couronner le tout, l'école elle même semblait en parfaite harmonie avec lui, les escaliers l'enmenaient exactement où il devait se rendre. Peeves n'avait pas montré le bout de son nez. Les tableaux étaient aujourd'hui singulièrement aimables et polis. Il lui avait même semblait qu'une armure lui avait offert un petit coup de visière. Alors qu'il poursuivait sa route sans but précis, simplement par plaisir de déambuler il s'exclamait ponctuellement:
Derry dol, gai dol et gai ho.
Les quelques élèves qui croisaient son chemin le regardèrent avec dédain, particulièrement un groupe de Serpentard qu'il avait dépassé à l'entrée des cachots.
Entre deux "Del, derry del!", le jeune Poufsouffle s'arrêta net devant une porte. Alors qu'il scrutant le panneau de bois, se demandant ce qui avait bien pu capter son attention si fugace cet après midi. La poignée tourna sur elle même toute seule et la porte s'entrebailla dans un grincement sonore. Convaincu que c'était un signe de l'école, il ouvrit à la volée la porte, à l'intérieur une jeune fille s'était installée, sûrement devait elle se reposer. Il s'écria joyeusement.
-Sonne un dinguedillon del ! Réveillez vous à présent ma joyeuse ami ! Oubliez les bruits nocturnes ! Sonne un dinguedillon del !
Derry dol, gai dol et gai ho.
Les quelques élèves qui croisaient son chemin le regardèrent avec dédain, particulièrement un groupe de Serpentard qu'il avait dépassé à l'entrée des cachots.
Entre deux "Del, derry del!", le jeune Poufsouffle s'arrêta net devant une porte. Alors qu'il scrutant le panneau de bois, se demandant ce qui avait bien pu capter son attention si fugace cet après midi. La poignée tourna sur elle même toute seule et la porte s'entrebailla dans un grincement sonore. Convaincu que c'était un signe de l'école, il ouvrit à la volée la porte, à l'intérieur une jeune fille s'était installée, sûrement devait elle se reposer. Il s'écria joyeusement.
-Sonne un dinguedillon del ! Réveillez vous à présent ma joyeuse ami ! Oubliez les bruits nocturnes ! Sonne un dinguedillon del !
Vive Robert le Grand.
La Disparition
a lueur était accompagnée d'une voix, chantante, heureuse, qui l'étreignait douloureusement. Elle se recroquevilla d'autant plus sur elle-même et sa peine, refusant de croiser le regard de la présence qui rayonnait de joie. Sans bouger, l’enfant retenait ses sanglots, sa respiration. Voulait-elle être trouvée ? Une larme brûlante sur ses joues rougies tomba comme ses sœurs le long de son cou, se faisant capturer par les mailles de son écharpe, la morve chatouillait ses lèvres et les cheveux collés à sa peau la faisaient se sentir sale, hideuse. La seule personne qu’elle voulait auprès d’elle était sa mère, la douceur de sa voix lorsqu’elle lui disait que tout irait bien, la fraîcheur de ses doigts lorsqu’ils écrasaient ses larmes, la tendresse de son étreinte lorsqu’elle l’entourait de ses bras…Mais à la place, Mahaud avait la déroutante invasion d’une voix qu’elle ne comprenait, ne reconnaissait et ne désirait pas. Malgré elle, elle tourna son visage vers l’intrus. Derrière l’humidité de ses cils, elle voyait un visage espiègle aux cheveux noirs. Elle se demandait comment l’étrange jeune homme la voyait. Elle devait ressembler à un petit être grisâtre, fuyant la lumière du soleil et se repaissant de sa torpeur. Un être affreux et chétif à des kilomètres de la figure qu’elle présentait chaque jour dans le château.Le tableau devait être cocasse pour quiconque d’extérieur, une personne qui aurait prit la peine de lire l’œuvre de Tolkien aurait vu ici une représentation déficiente de deux de ses personnages, Bombadil et Gollum réunit par on ne sait quel sortilège et coup du destin. Elle avait perdu son bien, son précieux bijou ; tandis que lui marchait joyeusement en chantant. Mais la ressemblance s’arrêtait certainement là. Et Mahaud n’avait encore aucune idée de ce qu’était l’anneau unique, la Comté et Sauron, cela viendra certainement plus tard…
« Quoi ? »
Un filet de voix brisée s’était échappé de la bouche de la Joyce. La curiosité avait pris le dessus sur sa peine et l’intrusion avait chassé les plus noirs nuages de son accablement. La fillette n’avait rien compris : dinguedillondel, ça ne voulait rien dire, ce garçon était dingue, justement. En reniflant, elle écrasa ses larmes contre la surface humide de son écharpe.
« Je ne dormais pas… bougonna t-elle avant de se rendre compte que cette intervention inopinée lui avait prit sa douleur. Peux-tu partir s’il te plaît ? » Et elle voulait la retrouver et se laisser porter par elle.
Vraiment désolée de ce retard @Robert Hoard.
J'espère que ça te convient tout de même (: