Nous renaîtrons sous la lumière aurorale
20 JUIN 2045
TÔT DANS LA MATINÉE
Pour bien entrer dans la Danse, je vous conseille d'écouter ceci.
TÔT DANS LA MATINÉE
Pour bien entrer dans la Danse, je vous conseille d'écouter ceci.

Il était six heures lorsque la jeune fille était sortie de son sommeil. Pas intentionnellement bien sûr, mais elle ne connaissait pas la raison pour laquelle son corps avait voulu se réveiller si tôt. Elle n'avait pas beaucoup dormi, La Voix ne lui avait accordé que trois petites heures pour se reposer.
Pour profiter des couloirs déserts qui s'offraient à elle, la Rouge avait décidé de sortir pour arpenter le château malgré sa fatigue.
Elle savait très bien quel était ce jour si spécial, mais elle préférait ne pas y penser. Elle ne réalisait pas encore que cela faisait un an jour pour jour qu'elle avait reçu sa lettre pour Poudlard. Elle ne réalisait pas que cela faisait neuf mois qu'elle n'avait pas quitté ce château, et par conséquent qu'elle n'avait pas vu ses parents. Après tout, ils n'auraient sûrement pas aimé voir ce qu'elle était devenue.
Elle n'était plus la même personne, et c'était pour cela qu'elle ne souhaitait pas parler de son anniversaire. De toutes manières, qui viendrait le lui souhaitait ? Elle n'avait pas le souvenir d'en avoir beaucoup parlé autour d'elle, ou elle avait sûrement perdu ces personnes-là.
Pense pas à ces choses-là, tu vas passer une bonne journée.
Inspirer, puis expirer. Comme si cela pouvait faire disparaître la tristesse.
Anna était arrivée devant la salle de répétition sans même s'en rendre compte. La porte était légèrement entrebâillée, ce qui lui permit d'apercevoir le piano qui trônait sous la lumière matinale. Comme appelée par cette envie musicale, qu'elle n'avait pas ressentie depuis un long moment, elle se glissa à l'intérieur de la pièce pour venir rejoindre ce si belle instrument. La jeune fille était si pressée qu'elle en avait oublié de refermer complètement la porte.
Elle se plaça sur le tabouret, et posa ses doigts sur le clavier. Ce simple contact lui donna le sourire, quel plus beau cadeau d'anniversaire que de pouvoir jouer. Elle ne regrettait pas de s'être levée aussi tôt, cela lui permettait d'avoir la salle pour elle toute seule, et puis de profiter de la belle lumière aurorale qui venait se glisser dans la pièce par la fenêtre. Pour essayer de profiter au mieux de cette douceur matinale, la jeune fille se releva de sa place pour aller entrouvrir la fenêtre, de façon à ce que la légère brise estivale puisse venir lui caresser le visage. Elle prit une grande inspiration, comme pour renouveler son air, et repartit se positionner devant le piano, les doigts prêts à jouer.
Elle ferma les yeux, et s'imagina dehors. La fraîcheur sur sa joue l'aidait à bien visualiser, et ce fut d'ailleurs ce qui lui donna l'envie de jouer ce morceau qu'elle aimait tant à l'époque. Une mélodie si belle qu'elle pouvait emporter quiconque se décidait à l'écouter. Une mélodie qui faisait voyager, partir loin de ce monde.
Même si elle s'en souvenait par cœur, la Rouge se décida à rouvrir les yeux pour pouvoir observer ses doigts glisser sur le clavier. Elle reprit une grande inspiration, s'imagina ailleurs que dans l'enceinte de ce château, et commença à jouer les premières notes.
Doucement, en prenant son temps, puis elle les accentua, en modifiant les nuances à sa guise. Elle voulait montrer ses émotions avec cette musique, résumer en l'espace de quelques minutes tout ce qui s'était passé durant l'année. Un début calme, dans la légèreté, puis un grand changement, qui amena la colère, la tristesse. Une altération qui allait crescendo, puis devenait plus forte au fil du temps.
Puis un silence, un moment d'arrêt qui montrait peut-être que tout était fini, tout aurait pu l'être. Mais non, la mélodie reprit et continua sa danse endiablée jusqu'à la fin.
Anna se sentait emportée, il n'y avait plus rien autour, c'était juste elle et le piano.
Lorsque la musique se termina, et qu'elle releva ses mains après avoir joué les derniers accords, elle sourit. Pas d'un de ses légers sourires habituels, non, un vrai sourire. Un sourire qui montrait tout le bonheur que lui avait procuré cette mélodie. Cela avait été cinq minutes de pure sérénité, de pure joie, et elle ne regrettait pour rien au monde le fait de s'être levée aussi tôt.
Puis dans un dernier souffle, d'une voix douce, elle ajouta à son morceau :
- Joyeux anniversaire Anna.
@Ella Davis à toi chère Plume, renaissons ensemble...
Dans l'équipe des FlashArdentes
Couleur RP : 674ea7
Nous renaîtrons sous la lumière aurorale
Ella profitait de la fraicheur matinale, qui ne tarderait pas à s’évaporer dans la matinée. Elle savoura le contact de la pierre glacée sous ses pieds nus. Elle ignorait pourquoi son corps l’avait forcée à se lever si tôt. Mais là-haut dans sa tour, elle s’était réveillée. Les yeux grands ouverts fixés sur la petite tache au plafond, juste au-dessus de son lit, elle avait guetté les respirations paisibles de ses camarades de dortoir. Elles dormaient toutes à poings fermés, et soudainement la petite fille s’était sentie envahie par la solitude. Seule et profondément vide. Ce gouffre froid en elle l’effrayait. Alors Ella était partie, à la recherche d’un indice, n’importe lequel, qui lui prouverait qu’elle était bien vivante.
Elle écouta le chant des oiseaux en traversant la cour, sentit le léger vent qui s’engouffrait dans ses cheveux et la fit frissonner dans sa chemise de nuit. Depuis toujours, Ella se levait aux aurores pour assister à la renaissance du monde; elles la lavaient de tous ces mots et sentiments de la veille et ainsi détachée du passé, lui donnaient la force d'affronter un nouveau jour. Mais ce matin-là elle ne sentait rien. Alors, aussi silencieuse que le château, Ella continua à marcher sans but précis.
A l’intérieur
D’une coquille
Vide.
Elle l’entendit. La mélodie, derrière la porte, au bout du couloir. Des notes fluides et discrètes, tout d’abord. Comme des gouttes de pluie sur un rocher, aussi tristes que légères. Puis le thème, envoûtant, boucle fermée, parsemé de petites taches de mélancolie. Le même encore et encore, éternellement différent. Et l’attente, plus grave, du pire, tapi dans l’ombre. La légère mélodie reprit, avant de se faire plus imposante. Dangereuse. Sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, Ella avait commencé à esquisser des pas de danse sur ces notes torturées mais libres comme l’air. Le calme avant la tempête, qui revenait à la charge dans toute sa noirceur. Subjuguée, la petite fille écouta les dernières notes s’éteindre, lentement. Innocentes et inconsolables. Fuyantes.
Un grand
Courant
D’air.
Quelques mots indistincts derrière la porte. Elle savait qu’elle n’aurait pas dû entrer à cet instant. Cette personne, aussi douée soit-elle, jouait sans doute tôt le matin pour ne pas être dérangée. Mais elle avait besoin de savoir. Besoin de savoir quel visage se cachait derrière cette mélodie qui l'avait transportée dans un autre monde, quelques minutes durant et qui pour la première fois depuis trop longtemps, lui avait redonné envie de tournoyer à travers l’espace. Alors elle entra.
La première chose qui la frappa fut le soleil qui se levait derrière les fenêtres. Il baignait la salle dans une douce lumière qui laissait entrevoir ces petites poussières dont on ne se rappelle l’existence qu’à de rares occasions. Dans cette pièce immense, comme endormi depuis une éternité, trônait le piano. Et derrière celui-ci, un visage qu’elle ne pouvait pas avoir oublié, malgré le mois qui venait de s’écouler. Anna, l’une de ses meilleures amies à Poudlard, qui avait toujours été présente pour parler ou faire des bêtises. Mais c’était avant. Avant qu’elles ne se laissent tomber lâchement, dans un bruit de verre brisé. Avant que leur amitié ne soit plus qu'un lointain souvenir. Ella n’osait plus bouger, confrontée à toutes les horreurs qu’elles s’étaient dites et écrites, emportées par la haine.
Deux étrangères, voilà ce qu’elles étaient devenues.
Je m'excuse du retard, Part'ner... en espérant tout de même que ce début te plaise
Elle écouta le chant des oiseaux en traversant la cour, sentit le léger vent qui s’engouffrait dans ses cheveux et la fit frissonner dans sa chemise de nuit. Depuis toujours, Ella se levait aux aurores pour assister à la renaissance du monde; elles la lavaient de tous ces mots et sentiments de la veille et ainsi détachée du passé, lui donnaient la force d'affronter un nouveau jour. Mais ce matin-là elle ne sentait rien. Alors, aussi silencieuse que le château, Ella continua à marcher sans but précis.
A l’intérieur
D’une coquille
Vide.
Elle l’entendit. La mélodie, derrière la porte, au bout du couloir. Des notes fluides et discrètes, tout d’abord. Comme des gouttes de pluie sur un rocher, aussi tristes que légères. Puis le thème, envoûtant, boucle fermée, parsemé de petites taches de mélancolie. Le même encore et encore, éternellement différent. Et l’attente, plus grave, du pire, tapi dans l’ombre. La légère mélodie reprit, avant de se faire plus imposante. Dangereuse. Sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte, Ella avait commencé à esquisser des pas de danse sur ces notes torturées mais libres comme l’air. Le calme avant la tempête, qui revenait à la charge dans toute sa noirceur. Subjuguée, la petite fille écouta les dernières notes s’éteindre, lentement. Innocentes et inconsolables. Fuyantes.
Un grand
Courant
D’air.
Quelques mots indistincts derrière la porte. Elle savait qu’elle n’aurait pas dû entrer à cet instant. Cette personne, aussi douée soit-elle, jouait sans doute tôt le matin pour ne pas être dérangée. Mais elle avait besoin de savoir. Besoin de savoir quel visage se cachait derrière cette mélodie qui l'avait transportée dans un autre monde, quelques minutes durant et qui pour la première fois depuis trop longtemps, lui avait redonné envie de tournoyer à travers l’espace. Alors elle entra.
La première chose qui la frappa fut le soleil qui se levait derrière les fenêtres. Il baignait la salle dans une douce lumière qui laissait entrevoir ces petites poussières dont on ne se rappelle l’existence qu’à de rares occasions. Dans cette pièce immense, comme endormi depuis une éternité, trônait le piano. Et derrière celui-ci, un visage qu’elle ne pouvait pas avoir oublié, malgré le mois qui venait de s’écouler. Anna, l’une de ses meilleures amies à Poudlard, qui avait toujours été présente pour parler ou faire des bêtises. Mais c’était avant. Avant qu’elles ne se laissent tomber lâchement, dans un bruit de verre brisé. Avant que leur amitié ne soit plus qu'un lointain souvenir. Ella n’osait plus bouger, confrontée à toutes les horreurs qu’elles s’étaient dites et écrites, emportées par la haine.
Deux étrangères, voilà ce qu’elles étaient devenues.
Je m'excuse du retard, Part'ner... en espérant tout de même que ce début te plaise
| Avatar réalisé par ~ en commun avec ~ l'incroyable Eugène Harlow. "Laissez passer les queen !" |