Mystère Ailé +

Matinée du cinq janvier 2046
Avec @Julie Herman


La volière. C'était haut, c'était grand, c'était loin. A quelques milliers de marches - elle l'aurait juré - de la salle commune des Gryffons. Et pourtant, elle s'y dirigeait courageusement, à petits pas pour ménager sa cheville qui lui faisait souffrir le martyre depuis l'escalier dérobé du quatrième étage.
Si elle n'avait pas eu une lettre à envoyer à sa mère - "Bonne année maman, oui, tout va bien, ne t'inquiètes pas, je t'embrasse" - elle aurait sans l'ombre d'un doute abandonné sa dangereuse ascension pour rallier la bibliothèque et avancer ses recherches pour la professeure de Sortilèges.
Mais c'était sa mère chérie, et lui donner des nouvelles après l'avoir laissé seule pour les fêtes était la moindre des choses.

***
La respiration lourdement hachée, Felicia aperçut un carré de lumière qui s'ouvrait au-dessus d'elle. Enfin arrivée. Essayant de remplir ses poumons écrasés par le travail fourni avec l'air glacial qui régnait en haut du château, tout en évitant de penser au chemin qu'elle devrait parcourir au retour, la fillette observa l'espace autour d'elle.
L'endroit, perché à quelque distance de la tour d'Astronomie, offrait une vue magnifique sur la pelouse enneigée du parc, les eaux agitées du Lac Noir, et les cimes dénudées de la Forêt.
La pièce vide, ouverte aux quatre vents, laissait les rafales s'engouffrer sous son pull, fouetter la peau rougie de ses joues. Si la montée ne lui avait pas volé son souffle, elle aurait convenu sans hésiter que c'était un beau lieu, au calme à peine troublé par les incessantes allées et venues des oiseaux.
Concentrant son attention sur les hiboux posés sur leurs nichoirs, l'enfant repéra un grand duc blanc, majestueusement perché sur une branche. Elle l'appela doucement, elle espérait qu'il daigne la rejoindre, porter son message.

Viens, mon beau. Viens !

Après quelques hésitations, il s'envola dans un grand bruissement d'ailes pour venir trouver l'avant bras de la fillette — trouant par la même occasion le tissu noir de sa cape —, ses serres acérées cherchèrent prise.
Surprise par ce revirement d'attitude, la Rouge vacilla sous le poids du rapace puis s'empressa de nouer une ficelle à sa patte, chose malaisée puisqu'elle ne possédait plus qu'une main de libre. Après avoir attaché le lacet à l'enveloppe qu'elle avait apportée, elle murmura à son protégé :

Vas à Londres, chez Helena Luke.

Le hibou parut lui obéir ; il mordilla affectueusement l'oreille de sa maîtresse provisoire, pris son envol et disparut par la large ouverture vers l'extérieur.
Felicia le suivit du regard un instant, admirant le mouvement régulier de ses ailes contre la tourmente. Elle eut à peine le temps de s'y attarder. Un événement tout à fait étrange se produisit.
Une grosse boule de poils noire avait fait irruption dans la volière, paraissant venue de nulle part. Felicia s'en approcha aussitôt, curieuse de deviner son origine.
Après une inspection approfondie, elle devina qu'il s'agissait d'une petite chouette hulotte, qui semblait porter un papier.

Papier pour elle, apparemment. Sinon, le volatile n'aurait sûrement pas plongé sur elle brusquement, la forçant à baisser la tête pour se protéger.

*Quelle bestiole bizarre*

Dans son amour pour les animaux, la fillette tenta, malgré la profonde antipathie qu'elle inspirait à l'oiseau, de l'attraper pour la câliner.
Elle avait à peine réussi à tendre une main apaisante, que sa tentative d'apprivoisement tourna court, brisée par un bruit de pas résonnant sur la pierre.

Qui venait ?

Dis moi si quelque chose ne va pas :cute:
Dernière modification par Felicia Luke le 18 juin 2021, 18:29, modifié 2 fois.

évanaissance

Mystère Ailé +
Julie n'avait rien à faire. Ses devoirs ? déjà fait. Et en fait elle n'avait rien d'autre à faire. Ha, si : elle avait aussi discuter avec des amis. Ils avaient parlé de... Julie ne se souvenait que vaguement de pop corn et de tarte aux pommes. Et bien, quelle discussion ça devait être ! Alors la rouquine était allée trainer dans le Parc... Maintenant, elle s'attaquait à la Volière. Elle monta les marches, et eut l'impression qu'il y en avait des milliards. Elle les compta. Vers la moitié du chemin, elle arriva à 1233. Bon, et bien elle ne savait plus compter... Alors elle abandonna ce projet idiot qu'était de compter les marches de la volière. Quelle utilité, après tout ? Mmmh... Aucune. Elle s'arrêta un instant, puisqu'elle ressentait une douleur aigu à ses jambes. Vivement qu'elle se remette au sport... Elle continua de monter les marches. Quant soudain elle eut un violent point de côté. Décidément... Elle respira en appuyant sur sa hanche. Elle avait la capacité sportive de son arrière-grand-mère.

Une fois que la douleur fut passé, elle reprit sa route. Elle fit attention à respirer correctement pour éviter d'avoir à nouveau un point de côté. Enfin, elle arriva au bout de l'escalier. OUF ! Un carré de lumière avait apparu au dessus de sa tête. Il lui en avait fallu du temps ! Quand elle était partie, le soleil était à l'horizon. Maintenant, il avait dépassé les montagnes environnantes et ne tardait à monter tout haut dans le ciel. Quand elle arriva, elle vit des dizaines et des dizaines de chouettes et de hiboux magnifiques qui volaient et criaient. Et il y avait également des centaines et des centaines de fientes d'oiseau au sol. Dégouté, elle les évita et rejoint l'autre côté de la pièce. Soudain, un hiboux décoiffé et enragé fonça sur elle comme si elle était une proie à dévorer et il la mordit violemment partout. Elle essaya de se débattre mais il était lourd et costaud. Au bout d'une minute environ, elle réussit à de débarrasser du volatile fou. Avant de pouvoir dire quoi que ce soit, le gros hiboux lâcha une fiente énorme et puante par terre. Julie s'écarta juste à temps pour l'éviter. Avant d'avoir pu dire un seul mot ni une seule insulte à l'oiseau, elle remarqua qu'il avait attacher avec de la ficelle à ses pattes un petit parchemin. Elle lui demanda :

- C'est pour moi ?

Elle mit quelques secondes à se rendre compte qu'elle avait parlé à un hiboux, et en plus un hiboux qui l'avait attaqué et avait manqué de lui faire caca dessus.
Cependant, le volatile se tourna vers elle et ne fit plus un geste. Précautionneusement, elle défit la ficelle. Mais le hiboux commença à gigoter dans tout les sens. La rousse tapa du pied sur le sol. L'oiseau se tourna à nouveau vers elle et elle essaya de prendre -difficilement- la parchemin.


@Felicia Luke dis moi si ça va pas. :cute: Le bruit sur la pierre que tu as entendu, c'est quand Julie a tapé du pied sur le sol, ça te vas ? :)
Dernière modification par Julie Herman le 27 janv. 2021, 13:33, modifié 2 fois.

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Cris de colère et de dépit, pas précipités sur le sol. Puis le silence, à peine troublé par le furieux claquement d'ailes de l'étrange chouette.

***
Une fois la trêve annoncée, Felicia se retourna vers la porte. Curieuse d'apprendre la cause de ce chahut désorganisé.
Ses yeux s'écarquillèrent imperceptiblement lorsqu'elle reconnut Julie, sa camarade de Maison. Les deux Rouges s'étaient rencontrées cette année, et la fillette se plaisait à discuter avec elle.

Celle-ci paraissait également avoir eu des déboires avec l'une des bêtes volantes, au vu de son air dépité. Cependant, ses problèmes semblaient pour l'instant mis de côté — suffisamment en tout cas pour qu'elle se concentre sur la missive reçue.

Oubliant de saluer sa camarade, l'enfant revint vivement à la réalité. Sa propre bestiole lui mordillait l'oreille, cherchant sans doute à attirer son attention.
La paix était rompue, et elle eut toutes les peines du monde à convaincre cet *oiseau de malheur* de détacher ses serres de son cuir chevelu.
Seule une poignée de secondes s'égrena entre l'instant où elle parvint enfin à s'éloigner du volatile, et celui où elle prit conscience qu'un bout de papier était accroché à l'une de ses pattes.
Était ce pour elle ?
Cela expliquerait l'insistance de la hulotte.

Remettant les questions à plus tard, et mue — encore une fois — par son insatiable soif de connaissance, la fille au manteau Rouge s'empressa de détacher l'objet de son convoyeur, délaçant le lacet avec précaution.
Alors, avant même qu'elle n'ait eu le temps de remercier la chouette au plumage ébouriffé de jais, celle-ci s'échappa de ses mains tendues, s'envolant vers ailleurs, se fondant dans la masse de ses congénères.

Felicia ramassa le mot tombé au sol. Une simple feuille de parchemin pliée en quatre. Nulle enveloppe, nulle inscription concernant un possible destinataire. Juste une page vierge que la fillette ouvrit sans scrupules, intriguée par cette étrange mise en scène.
Aussitôt, sa surprise augmenta d'un cran. Le message se révélait à ses yeux ébahis. Abîmé par son voyage, déchiré de toutes parts, tâché de suie ou de cendres, parsemé de tâches graisseuses, loin d'être parfaitement lisible.
Pourtant, l'enfant ne pris que quelques minutes pour déchiffrer le tout. Le temps s'écoula bien davatange avant qu'elle ne réalise ce qu'elle lisait.
Une lettre sans queue ni tête. Des mots agencés dans un ordre indéfini, des expressions dépourvues de sens. Gouffre mêlant le n'importe quoi et l'étrange, formant presque un nouveau langage.
Elle sombrait dans une abîmé de perplexité.
Chaussettes et bicyclette, ma chère !
Je viens vous colporter des informations importantes :
Mon chat m'a dévoré
Je ne vis que brûlé dans son cœur,
Je souffre, tu es ma sœur
Sauve moi
Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça ?!
Tu pourrais aller en prison, ou avaler des moutons
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je dois noyer le puits de ce meurtrier sanguinaire

Je suis un inconnu que vous connaissez pourtant.
Cela était si loin de l'habituelle simplicité qui noyait sa vie qu'elle mourait de l'envie, du besoin de comprendre.

Ces lettres désordonnées...

Était ce un code ?
Et ce drôle d'oiseau...
Une mauvaise farce ?
Et aucun nom sur la feuille...
Une erreur ?

En quête de réponses, elle s'approcha de Julie. Peut-être en saurait elle plus, peut-être découvraient elles quelque chose à deux ?

«Salut, lança elle avec un léger sourire dans la voix. Qu'est-ce que tu fais là ? J'ai l'impression que t'as des problèmes avec les hiboux, toi aussi ! Je me trompe ?»

Elle attendait sans patience aucune, pressée d'écouter ce que son amie aurait à lui dire. La hâte la brûlait, celle d'avoir une réponse, de nouvelles informations et, qui sait, un élément de résolution ?

@Julie Herman, mille excuses pour ce retard, j'essaierai de répondre plus vite par la suite :sweatingbullets: :cute:

évanaissance

Mystère Ailé +
Le gros hibou, quoi qu'il se soit calmé, paraissait boudé alors c'était compliqué de prendre le parchemin. En plus, le nœud était un de ces nœuds très compliqué à défaire. Le genre de nœud que font les mamans pour les lacets. Sa maman, sa famille, sa sœur. Pourquoi faut-il toujours que tout la ramène à sa sœur morte il y a quelques jours ?


Je n'y pense, pas, c'est bon, n'y pense pas, Julie, n'y pense pas ! Pense juste à défaire ce satané nœud !

Elle se parlait souvent, comme ça, dans sa tête. Ça l'aide à tenir. Il y eut des bruits de pas derrière elle. Elle retourna rapidement. Felicia ! Une amie de Gryffondor. Ouf ! Julie avait déjà parlé avec cette fille. Une fille sympa, agréable. Elles n'eurent cependant pas le temps de se dire "Salut ! " car la rouquine devait défaire le nœud, et la brunette se faisait mordre l'oreille par une chouette qui portait, elle aussi, un parchemin à sa patte.

- Salut. Qu'est-ce que tu fais là ? J'ai l'impression que t'as des problèmes avec les hiboux, toi aussi ! Je me trompe ?
- Salut ! Par la barbe de merlin, au que non tu ne te trompes pas ! Après m'avoir chié d'ssus, voilà qu'il veut pas me donner mon courrier ! Comme s'il avait été mordu par un coléoptère vénéneux Mexicain ou tout c'que tu veux, dit-elle d'un ton grave.

Julie adressa un sourire à la Rouge avant de se remettre à l’œuvre. Apparemment, Fea avait eu son parchemin.

- Arrête de te tourner, satané hibou ! Espèce de Verracrasse, susurra et insulta Julie entre ses dents.

Et, au bout d'une bonne minute, le nœud se défit et elle récupéra la parchemin. Elle le déplia, et, pour quoi avait-elle faillit avoir une fiente sur la tête, pour quoi avait-elle galérer à défaire un noeud qui lui avait détruit les doigts ?! Pour une lettre sans queue ni tête dont les phrases n'avaient tout bonnement aucunes significations.
Chaussettes et bicyclette, ma chère !
Je viens vous colporter des informations importantes :
Mon chat m'a dévoré
Je ne vis que brûlé dans son cœur,
Je souffre, tu es ma sœur
Sauve moi
Qu'est-ce que tu as à me regarder comme ça ?!
Tu pourrais aller en prison, ou avaler des moutons
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je dois noyer le puits de ce meurtrier sanguinaire

Je suis un inconnu que vous connaissez pourtant.


Dégoutée et enragée, Julie relisait la lettre à la recherche d'une certaine signification. Elle murmurait, sidérée :
- Mon chat m'a dévoré.... Avaler des moutons... Puits... Connaissez pourtant...

Aucune relecture ne réussissait à donner un sens à la lettre, l'auteur était simplement toqué du chaudron.

@Felicia Luke dis-moi si y'a un problèmes. :cute: Bye bye ! <3

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Elle avait beau essayer de comprendre, elle ne comprenait pas. Les questions ayant retrouvé leur place légitime dans sa tête une fois la missive entièrement lue et relue, se pressaient, toujours plus insistantes, dans un insupportable désordre. Qui l'avait écrite ? Ce mystérieux inconnu était-il fou ? Ou avait-il sciemment agi ? Le connaissait-elle réellement ? De quoi parlait-il ? A quoi cela rimait-il d'inventer des bizarreries sans nom pour les envoyer ainsi, sans explications ?
C'est à peine si elle entendit la réponse de Julie à travers le brouillard de ses pensées.
De banales formules d'usages, ponctuées par les plaintes de la demoiselle envers ce "satané hibou !", et chacune replongea dans son courrier.

Pourtant, quelque chose chiffonnait la fillette.
Ne venait-elle pas d'entendre dans la bouche de sa camarade les mots qu'elle relisait, encore et encore, sans davantage y trouver de sens ? Ces paroles chuchotées...

"Mon chat m'a dévoré.... Avaler des moutons... Puits... Connaissez pourtant... "

Ça ne pouvait être une banale coïncidence. Sans plus attendre, et sous le coup de son intransigeante impulsivité, Felicia se rapprocha à grands pas de la rousse. Elle hésita un instant à lui parler directement, mais elle choisit de lui demander :

"Tu permets que je lise ? Parce que..."

Oubliant de conclure sa phrase - très claire dans son esprit -, elle se pencha par-dessus l'épaule de la Rouge, curieuse d'en savoir plus.
Aussitôt qu'elle eût survolé le parchemin du regard, elle vit qu'elle ne s'était pas trompée. Ce n'était pas une lettre personnelle ou secrète que son amie tenait entre ses mains, mais bien le même message qu'elle avait reçu. Pile en même temps.
Elles étaient seules dans la volière, aussi l'enfant ne prit pas la peine de baisser d'un ton lorsqu'elle s'adressa, plus empressée cette fois-ci, à Julie :

"J'ai reçu la même lettre y'a deux minutes... T'y captes quelque chose, toi ?", lui demanda-t-elle en désignant d'un mouvement de tête son propre papier.

Cela devenait vraiment étrange. Et les points d'interrogation étaient à présent si nombreux qu'elle aurait pu en faire des spirales. Les deux mots leurs étaient-ils destinés depuis le début , ou n'était-ce que le hasard qu'ils se soient retrouvés à cet endroit ? Comment se faisait-il qu'elles les aient reçus au même moment ? Qui était donc l'extravagant personnage qui pouvait faire cela ?
Elle avait beau essayer de lire un mot, ou une lettre sur deux, elle n'y découvrit aucun code secret qui se serait soudainement dévoilé. Ce qui était dommage, au fond... Elle aurait presque pu partir à la recherche d'indices avec Julie, afin de déchiffrer d'intrigantes énigmes ; son côté rêveur l'empêchait d'abandonner cette idée.
Peut-être était-ce un fou qui avait écrit cela, mais elle n'y croyait pas non plus. Difficile en effet d'être fou alors que l'on envoie dans le même temps deux hiboux porter deux messages identiques à deux personnes différentes, dans un château isolé et caché à la vue de tous.
Ne restait plus que l'option de la blague. A moins que la rouquine n'aie un nouvel élément à apporter à l'affaire, c'était le plus probable, mais aussi - et surtout - le plus décevant. Quel intérêt à organiser une farce ainsi sans éparpiller d'explications révélatrices ?

@Julie Herman désolééééée pour le retard :cute:

évanaissance

Mystère Ailé +
De qui cela pouvait bien venir ? D'un taré ? Oui mais plus précisement ? Un taré qui a un chat ?
Cette lettre intriguait grandement Julie, qui voulait à tout prix savoir de qui il s'agissait, pourquoi cette personne lui avait envoyé cette lettre sans queue ni tête, et puis pourquoi l'expéditeur avait choisi un hibou aussi odieux ! Puis elle se demanda un instant si l'écrivain de cette lettre était fou ? Ou faisait-il ça juste pour l'énerver ? Et pourquoi n'avait-il laissé aucunes explications ?
Julie chuchotait tout en lisant la mystérieuse lettre :
- Mon chat m'a dévoré.... Avaler des moutons... Puits... Connaissez pourtant...
Fea lui demanda si elle pouvait lire sa mettre, l'air intriguée.
- Ouais, vas-y.
La brunette parcouru des yeux la lettre de Julie qui se demandait pourquoi son amie avait éprouvé tout à coup un intérêt particulier à sa lettre. Ceci n'était en plus pas très poli, imaginez que ce soit une lettre intime ! Certes, ce n'était pas le cas, mais tout de même ! Julie s'approcha de Felicia et cette dernière lui expliqua qu'elle avait reçu la même lettre et elle demanda à la rouquine si elle comprenait quelque chose.
Or, Julie était loin d'y comprendre quelque chose et donc elle secoua la tête pour dire non, mais elle dit quand même :
- Peut-être est-ce un canular de quelqu'un qu'on connait ? Je ne sais pas...
Effectivement, cette hypothèse était probable, car ce n'était sûrement pas un hasard qu'elles aient reçu la même lettre, mot pour mot, au même moment.
En fait, c'était sûr que ce n'était pas un hasard. C'était tout bonnement impossible. N'empêche, Julie essaya de réfléchir à d'autres hypothèses que celle que ce soit une personne qu'elle connaissaient toutes les deux qui leur ai fait une blague.
Julie s'approcha de Felicia et des lettres. Elle les observa toutes les deux, à la recherche d'un éventuel indice ou message, ou encore signe caché mais rien. C'était simplement deux lettres toutes banales sans aucunes particularités.
Alors ensuite, réfléchit-elle à la recherche d'une nouvelle hypothèse autre que celle que ce soit un de leur ami en commun, peut-être... Non... Elle creusait dans son esprit à la recherche d'une idée. Elle chercha, chercha, mais rien ne lui vint. Alors il restait, en seule et unique hypothèse, l'idée de la blague d'un ami qui leur serait en commun et qui voudrait leur faire une blague. Mais qui ? Elles n'avaient pas des centaines de milliards d'amis en commun non plus.
Elle réfléchit maintenant sur l'idée que ce soir un de leur ami, mais qu'il ne veuille non pas leur faire une blague, mais autre chose... Rien non plus...
Elle se retourna vers Fea.
- Une idée ? Moi je pense toujours que c'est un ou une de nos ami.e qu'on aurait en commun qui veut nous faire une blague. T'en dis quoi ? J'ai trouvé que ça, rajouta-t-elle.

@Felicia Luke à twoua :cute:

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Elle avait sa confirmation. Julie était du même avis qu'elle. Elle aurait presque préféré que ce n'en soit pas le cas, mais se força tout de même à répondre :

« Ouais... T'as sûrement raison. Dommage que les hiboux se soient envolés, on aurait pu répondre aussi.

La déception lui fit courber la tête un instant, comme abattue, mais l'étincelle se rallume vite dans ses yeux. Il fallait trouver le coupable. Celui — ou celle — qui avait écrit la lettre. Ce malheureux farceur incapable de faire une blague spirituelle. Qui était-il, à la fin ? Passant de l'apathie à la colère, elle dut se retenir, les jours rosies par l'agacement de crier le fond de sa pensée à son amie et aux quelques oiseaux témoins de la comédie. — Pensée très peu catholique, d'ailleurs, que sa mère aurait sûrement effacé d'un coup de baguette.

La fillette reprit sa réflexion, essayant de se calmer. La déception de ne trouver un moyen de résoudre l'équation ne pouvait pas lui faire perdre ses moyens.

*Reprenons.*

L'auteur n'était pas un inconnu, d'après ces paroles. On pouvait donc en déduire avec une extrême logique — loin de la portée de tout le monde — qu'elles le connaissait. Peut être était-il un Rouge.

Le deuxième — et dernier — indice en sa possession était plus intéressant : il avait un chat. Et un signe distinctif : des marques de griffures, ou du moins des cicatrices sur la peau, comme on pouvait l'apprendre en lisant le troisième vers du message.
Alors que l'enfant essayait de se rappeler à qui appartenaient les matous qu'elle avait aperçu de loin dans la salle commune, une idée tout à fait incongrue se présenta aux portes de son esprit.

Peut être était-ce elle, la folle ?

Oui, au lieu de classer l'incident sans suite comme l'aurait fait n'importe qui de sensé, elle s'empressait de retourner la question pour l'examiner sois tous les angles, échafaudait d'obscures théories et s'agaçait devant son incapacité à deviner la vérité.

Oubliant tout à fait les interrogations qu'elle avait ruminé en boucles en transperçant le parchemin froissé de son scrutateur regard, ignorant même la vague possibilité que ce ne soit la lettre en elle même qui lui procure cette rageuse insatisfaction, la fillette s'inquiétait à présent au sujet de son mental.

Il lui fallait une réponse. Comme toujours. Alors elle demanda, d'un ton presque suppliant, et sans la moindre tentative de transition vis à vis des mystérieuses missives :

« Tu crois que j'suis folle ? »

Délaissant tout à fait la pensée que son amie la prendrait, cette fois-ci, vraiment pour *une tarée*, les yeux grands ouverts, écarquillés comme si cela lui permettrait de mieux entendre, elle attendait sans patience le jugement de Julie.

@Julie Herman désolééée poir ce long retard et les sautes d'humeur de ma protégée :grin:

évanaissance

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La question principale qui trottait dans la tête de la rousse était : mais qui aurait pu nous envoyer ça ??. Hors, elle était loin d'avoir la réponse. Et apparemment, Felicia n'était pas beaucoup plus avancée qu'elle dans leur petite enquête.
Mais c'était certainement quelqu'un qui voulait leur faire une blague. Mais pourquoi ? Ce n'était pas franchement amusant.
La brune fit remarqué que c'était dommage que les hiboux se soient envolés car elles auraient pu répondre à l'expéditeur... cinglé.
Julie hocha la tête. Elle n'y avait pas pensé. Mais en fait, elle n'avait pas envie du tout de revoir cet hibou malpoli qui avait faillit lui jeter des excréments dessus et qui avait été insupportable avec elle.
Ha, une nouvelle raison d'en vouloir à l'expéditeur : lui avoir envoyé un hibou dérangé mental. Mais bon, il y avait des choses plus importantes que ça à trouver.
Felicia paraissait en pleine réflexion et concentration, avec des questions et suppositions sûrement plus importantes que ce que se demandait Julie.
Avec un sentiment de culpabilité naissant, elle se dépêcha de reprendre des suppositions.
En fait, peut-être que Fea non plus ne se posait pas des questions vraiment cohérentes à propos des lettres car elle demanda à la rouquine, avec un air presque suppliant, si elle la trouvait folle.

Julie cligna des yeux. Elle n'était pas sûre de ce qu'elle avait entendu. Pourtant, c'était bel et bien le cas. Julie toussota, sans savoir quoi répondre.
- Binh... Non... Tu n'es pas folle... Des fois un peu excentrique, haha...
Elle essayait de détendre l'atmosphère. Raté.
- Fin, non, tu n'es pas folle... Pourquoi tu dis ça ? Je... J'ai connu des gens un peu fous...
N'y pense pas.
- Et tu n'as vraiment pas l'air folle, rajouta-t-elle.

C'est vraiment les questions qu'elle se pose dans sa tête ? Si elle est folle ? Elle a quoi ? Onze, douze ans ? Pourquoi se pose-t-elle ces questions...

Elle n'osait pas l'avouer à son amie mais elles s'éloignaient un peu de leur enquête... A moins... A moins qu'elle ne croit que ce soit elle la folle et non pas l'expéditeur...
- Tu n'es pas folle, vraiment.
Mais la connaissait-elle assez pour le savoir ?

@Felicia Luke :cute: à towa

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Julie lui offrait la vague impression, au fur et à mesure qu'elle parlait, que le propos la gênait ou la dérangeait. Plus elle avançait sur le fil des mots, plus elle trébuchait et hésitait, d'une manière presque inquiétante à ses yeux. *Hmm...* Concentrée, l'enfant suivait chaque syllabe avec attention, emplie d'un espoir innocent qui se mêlait pourtant à une abîme de perplexité. Même si l'ensemble de la réponse lui paraissait négative, peut-être que son interlocutrice ne la connaissait pas suffisamment pour en juger ? Elle était sûre qu'elle devrait trouver quelqu'un d'autre pour lui apporter la *vraie* vérité, un jour. Mais à cet instant précis, où elle ne se tenait vraiment qu'à demi, à moitié plongée dans ses pensées, sa folie ne lui semblait pas si aberrante. Pas dérangeante ; et même plutôt agréable, en fait. La sensation d'être légère, mais un peu décalée à la réalité, comme une image mal superposée à son cadre. C'était joli, cette vision polychrome de l'existence qu'elle observait sans pudeur, effrontément. Sans fard et sans filtres, elle aimait la clarté qui s'élevait de tout, ainsi. Loin des troubles de démence, finalement.
Ce fut un quelconque bruit qui la tira de sa rêverie, peut-être le cri d'un hibou ou l'envol d'une chouette, et elle s'accrocha alors au réel, pour ne plus en chuter.
Le mystérieux auteur des lettres anonymes ne paraissait toujours pas. Pourtant, il devait tout de même aimer se faire remarquer, avec son chat et sa bicyclette ! L'extravagance qui l'habitait était décidément sans commune mesure avec celle de la fillette.
Leurs investigations piétinaient sans fin sur le lieu du méfait, et elle commençait à s'ennuyer dans cette pièce vide , dénuée d'indices et de sens ; sa curiosité était toujours égale à elle-même, bien sûr, mais son cerveau s'échauffant en vain dans sa tête en quête d'explications embrouillait ses idées. Elle devait partir, sortir de là et retrouver son devoir de Sortilèges avant qu'il ne fusse trop tard pour le conclure. Elle souhaitait redescendre un peu de ces trop lojntaines hauteurs , et retrouver la douce chaleur des Dortoirs, paisible et interdite aux inconnues. Et puis, il était encore possible que l'énigme se dévoile à elle une fois rentrées... s'il s'agissait d'une étrange farce. Oui, elle n'avait plus rien à faire ici et tout ailleurs ; elle n'attendrait pas un autre message de cet expéditeur *cinglé* pour quitter le lieu.
Alors, revenant sur ses pas - et sur ses mots -, elle répondit brièvement à son amie Rouge, effaçant d'une parole son précédent état d'inquiétude. C'était tout elle, à changer d'humeurs et d'impulsions au gré de la pensée, à la vitesse de la lumière.

...Merci, alors... C'est rassurant, poursuivit-elle d'un ton léger. Mais j'crois qu'on devrait rentrer maintenant, t'sais. Parce que y'a rien à voir ici, j'pense. Et ça s'trouve, si on rentre en salle co', y'aura d'autres Gryffons qui l'auront reçu, c'message, et on pourra en savoir plus... p't-être, enchaîna-t-elle, assurée.

Entraînant sa camarade derrière elle, en espérant l'avoir convaincue, elle franchit le seuil de pierre de la lourde porte avant de laisser s'échapper un fin soupir. Toutes ces marches à redescendre lui donnaient lui donnaient le tournis...

@Julie Herman non non tu rêves pas, je suis là :cute: Vraiment désolée pour cet immense retard \:
Est-ce une fin pour moi ? A voir en fonction de la réaction de ta petite, mais en tout cas j'ai énormément pris de plaisir à écrire avec toi !

évanaissance