Œil pour Œil
Ce RP n’est rien d’autre qu’un moment de Lou, il n’a rien à voir avec le contexte tout comme il n’a rien à voir avec le rôle de Maître du Jeu. Lou est journaliste et comme sûrement plein d’autres journalistes, il a une vie à vivre...
Ce RP mélange plusieurs temporalité et vous vous retrouverez à un moment dans l’esprit perdu de Lou. Rien n’est laissé au hasard, c’est son esprit à lui et il n’y a pas forcément besoin d’y avoir une cohérence.
Ce texte peut être dur à lire si vous êtes assez sensible émotionnellement.
Œil pour Œil
Larmes pour arme
Larmes pour arme
Samedi 20. 18h38.
Lou est seul. Il n’en revient pas. Comment tout a pu aller si vite ? Comment autant d’émotions ont pu le traverser d’un coup d’un seul pour le transpercer jusque dans sa frêle poitrine ? Trois jours, trois auront suffi à remettre en cause tout ce qu’il savait. Lui-même était complètement perdu, là, affalé au sol, se remémorant ce qui avait pu l’amener dans un état aussi pitoyable que celui-ci...
Mercredi 17 . 18h02.
Elle. Elle était venue. Ils avaient un travail à faire, cette fois-ci, c’est lui qui savait et lui qu’allait mener la danse. Même si au final, c’était ses accords qu’il avait pris. L’ensemble était plutôt réussi quelque chose de mélancolique, lent, puissant aussi. Ça n’était pas encore parfait, ils n’avaient fait que commencer. Mais la musique prenait forme. À vrai dire, même si cela faisait quelque temps que les deux se côtoyaient, ils étaient encore sur une tentative d’approche maladroite, sans pour autant tourner au ridicule. C’en était presque charmant. Tout était si beau.
Il fallait bien sûr changer d’idée à un moment, s’offrir un moment de répit. Alors, comme tout être humain doté d’intelligence moyenne, ils décidèrent de manger. Quelque chose de simple, Lou n’est pas grand cuisinier, et même si c’est lui qui invite, il sait que ça ne servira à rien de perdre du temps en cuisine là où il peut en gagner avec elle. Donc les deux s’étaient mis à manger et une fois la chose faite, il parut naturel de parler un peu. À vrai dire, le canapé et la lumière tamisée de l’appartement de Lou se prêtaient bien au jeu de la discussion. Il fut question de musique en premier lieu, puis l’on passa à des sujets plus personnels alternant aussi avec des banalités, il en fallait bien pour tenir de telles conversations. Lou lui-même ne savait plus avec exactitude de quoi il avait été sujet. Et, comme pour confirmer la fatigue qui commençait à s’installer, Lou déplia son canapé-lit, sortit deux oreillers et il se coucha. Avec elle. La chose aurait pu paraître étrange, en soi, dormir avec une telle proximité devait forcément être le signe de quelque chose. Mais Lou ne voulait rien, il n’était pas un de ces chasseurs impertinents et ravageurs. Il avait déjà fait l’expérience, dormit avec d’autres personnes qui lui étaient chères et il n’y avait pas eu de quelconque ambiguïté. Alors, il avait demandé avec douceur à Elle si cela lui convenait puis s’était contenté de s’endormir à ses côtés.
Jeudi 18. 06h44.
Deuxième fois qu’il s’était réveillé. Il faisait en sorte de bouger le moins possible pour ne pas la déranger mais garder la même position le gênait fortement. Il s’était donc mît de côté et s’était amusé à contempler les formes encore floues et sombres de l’autre en attendant de retomber dans le sommeil.
Jeudi 18. 07h36.
Lou venait de se souvenir qu’ils avaient mis un réveil à 9h00, s’il ne se trompait pas. Mais là, ce qui le préoccupait n’était pas le réveil. Il la savait réveillée elle aussi, il ne savait juste plus comment il l’avait su. Et lentement, par une magie que lui-même n’avait pas pu comprendre, deux mains s’étaient touchées. C’était peut-être Lou qui glissait lentement ses doigts rugueux sur la paume douce de l’autre, mais il y avait autre chose. Son index droit allait et venait pour tenter de faire frémir cet avant-bras. Tendresse. Lou espérait qu’il n’était que tendresse.
Jeudi 18. 08h54.
Leurs pieds venaient de se toucher. C’était assez étrange. Étrange et agréable. Et Lou faisait danser ses doigts sur le bras de l’autre. Puis vint le réveil. Le réveil de 9h00. Elle se pencha sur le côté pour l’arrêter et, au moment où Lou cru que tout était fini, car tout devait finir, elle se recoucha au même endroit, ou bien plus près. Et Lou, à chaque fois qu’il devait bouger tentait lui aussi une approche indiscrète.
Jeudi 18. 09h23.
Et, au terme de la plus longue attente de sa vie. Ses lèvres effleurèrent les siennes. Une première fois, suivie d’une autre. Et il ne compta pas le reste. C’était la première qu’il embrassait, il était pas coordonné avec elle. Mais ce qui lui importait, c’était juste d’être à ses côtés. Ils s’étaient détachés. Puis recollés. Les langues étaient restées à leur place. Elles n’auraient eu aucune signification et de toute façon, Lou n’aurait pas su quoi en faire. Son cœur, au-delà de battre la chamade lui faisait vivre quelque chose de nouveau, d’imprévu. Quelque chose de beau.
Jeudi 18. 10h27.
Cette fois-ci, il fallut sortir du lit. Lou ne le voulait pas, il voulait rester comme ça encore longtemps. Mais il y avait des choses à faire. Elle comme lui allaient devoir travailler. Lou fit le trajet avec elle après qu’ils ne se soient tous deux préparés. Il était déjà 12h00. Et il l’embrassa une dernière fois avant qu’elle ne parte.
Vendredi 19. 11h16.
Il l’avait rejoint chez elle. C’est ce qui était prévu. Elle était descendue lui ouvrir la porte, lui dire bonjour et ils étaient montés. Ils avaient mangé, Lou en avait profité pour lui faire du pied sans que cela n’ait d’ambiguïté, il voulait juste lui rappeler avec douceur sa présence. Parce que Lou n’était tout simplement pas doué avec les sentiments et il s’y prenait mal. L’après-midi s’était passée calmement, ils avaient regardé une émission sorcière pendant que lui avait posé sa tête sur l’épaule de l’autre. Les bouches s’étaient retrouvées quelques fois mais rien de très grandiose.
Vendredi 19. 17h19.
*Faut que je te parle d’un truc*
Vendredi 19. 17h23.
Lou n’existait plus. Son être venait tout simplement d’imploser pour la deuxième fois en deux jours. Et celle-ci était sûrement la pire. Son cœur ne vola pas en éclats, il ne se brisa pas, il avait tout simplement cessé de fonctionner correctement. Il avait su ce qu’elle allait lui dire avant même de percevoir ses paroles. La douleur l’avait transpercé mais il l’avait vite fait disparaître, ce soir, il travaillait sur quelque chose d’important. Lou avait parfaitement compris ce qu’elle lui avait dit, il ne lui en voulait pas du tout, comment lui en vouloir ? Il lui avait dit qu’il était un chevalier et qu’un vrai chevalier ne montrait jamais ses blessures. Il avait juste mal. Mal d’une douleur qu’il ne pouvait pas guérir. Alors, il était parti bosser.
Samedi 20. 19h15
Il avait travaillé toute la matinée. Une seule chose l’avait obsédé et c’était Elle. Il n’avait rien pu faire, il fallait que son employeur ne s’aperçoive pas de son état, les questions l’embêtaient toujours et Lou était toujours neutre, pas trop de joie et pas de tristesse du tout sur son lieu de travail. Ça lui permettait d’être respecté. Mais là, il était en plein milieu de son appartement et il avait fini de repenser aux jours d’avant. C’était d’ailleurs la première fois qu’il pouvait réellement se poser. La première fois qu’il pouvait penser sans personne autour de lui pour contenir ses propres émotions...
Samedi 20. ?
Qui es-tu ? Qui es-tu ? Qui es-tu ? Qui es-tu ? Qui es-tu ? Qui es-tu ? Qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es tu qui es tu qui es tu qui es tu qui es tu qui es tu qui es tu qui tu être t’es qui meeeeeerde QUI ES TU ? QUI.ES.TU qui es tu qui est tu qui es tu. Qui es tu. Qui es-tu. Qui. Qui suis-je. Qui es-tu qui estuquiestuquiestuquiestuquiestuqui...
QUI ES-TU?´´D’SS J’ai pleuré tout à l’heure. Ça devait faire deux ou trois ans que ça n’était pas arrivé. La cause est simple. Trop de choses. En fait pas trop en quantité. Trop en puissance. Trop en puissance. Trop inattendu. Trop dur à survivre. Car il faut survivre. Survivre à quoi ? Au trop. Enfin je sais pas. Survivre à moi-même. Survivre au fait que le miroir ment et que mes paroles me mentent elles aussi. Survivre à mon incapacité. Survivre tout court parce que des fois c’est dur. Alors oui j’ai pleuré, j’ai juste pleuré. Œil pour œil, larme pour arme. Au fond c’est vrai. Qui suis-je ? Ou plutôt : Lou, qui es-tu. Es-tu toi ? Et qui est ce toi ? Chaque personne avec qui tu es / je suis révèle un toi différent. Alors qui es-tu ? Qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es-tu qui es-tu. Et au final, faire risque de tout casser avec la même probabilité que ne rien faire. Je fais sans fer. Et je tombe. Sans énergie sur le tapis. Pour fermer les yeux sur la musique qui me tue. Et ce corps inerte que tu possède tremble sans merci pour respirer la mer salée. Pourtant je suis ce corps. Sans l’être vraiment. Est-ce une question d’assumer ? Je sais même pas. J’assume de pleurer. Mais je veux pas que les autres pensent que je pleure pour pleurer.. Enfin les autres. Je dis rien de plus, je sais qu’un jour forcément y’aura quelqu’un qui va venir lire ce texte. Je sais même pas pourquoi cette personne serait intéressée par ces mots écrits dissonants. Les mots de quelqu’un triste. Qui es-tu ? Qui es-tu ? Qui es-tu ? Ni queue ni tête en fait. Jsuis juste débile. Un débile qui attend que l’on parte de chez lui pour s’effondrer lourdement sur son tapis en écoutant le son, la musique qui touche le plus ce corps au sol qui ne m’appartient plus. Et puis évidemment juste après il a voulu faire une jolie photo de ces yeux mouillés par les larmes. Et ça c’est un geste con. Un geste qui prouve sa stupidité. Parce que maintenant tout le monde verra ses yeux trempés, tout le monde saura sa tristesse. Parce que pour rien au monde je ne pleurerai pour quelque chose qui ne m’a pas touché au plus profond. Ou alors je n’ai pas réussi à me contrôler. Mais là, là pour Elle je l’ai fais. J’ai pleuré pour les 24h d’une chose qui n’est même pas née. Et qui du coup risque de ne jamais naître. Et c’est ce non-futur qui fait mal. Et aussi peut-être la remembrance du passé. Je sais pas. Je sais pas. Est-ce que je cherche la toison d’or ? À la poursuite d’un rêve inaccessible ? Un rêve qui s’est pourtant déroulé. Un rêve réalité désilusoir. Et mon esprit qui ne pense qu’à une chose ne cesse de m’empêche de vivre. Parce que je vis trop fort. Parce que la chose est trop puissante. Et parce que je suis trop faible face à elle. Le Chevalier n’a pas d’armure adaptée pour ce sortilège. Le Chevalier, lui si fort, capable de contrôler la moindre chose, le Chevalier meurt. Et voilà. Le Chevalier perd. Il perd contre la reine. (J’aime plus les clins d’œil aux échecs c’est trop vu et revu, mais tant pis). Je l’ai embrassée. La reine. Je l’ai embrasée. Pour la première fois. Elle est la première et j’aimerai tant qu’elle soit la dernière jusqu’à la fin. Que ce ne soit plus qu’un rêve de 24h... Mais je / on n’ai pas du être synchros (ahah, les baisers pas synchros). Qu’est-ce ? Qu’est-ce d’embrasser quelque pour la première fois ? Est-ce que ça change quelque chose ? Spontanément je dirai oui. Oui parce que j’en ai pleuré deux jours après... Oui parce que je veux l’embrasser encore et encore. Juste me retrouver à nouveau comme ce matin là. À chercher, à tatillonner. Et je repleure (et avec ça j’ai pris une autre photo of course). C’est donc ça l’amour. Avoir mal, griffer le sol, trembler au sol, sentir les larmes couler sur ses joues. C’est donc ça, c’est donc ça, c’est donc ça, c’est donc ça , c’est donc ça, c’est donc ça, c’est donc ça. Et j’ai pleuré parce que j’y ai repensé. Juste repensé, j’ai juste imaginé l’instant passé. Comment a-t-il fait pour être aussi fort, aussi puissant. Et évidemment pour souffrir encore plus je remets la musique... Je veux revivre la lenteur des mains, la recherche des pieds, l’hésitation des coudes, le « tu es en train de me tuer », le « tu sais que comme ça c’est pas pratique », le cœur qui bat la chamade. Et. Et. (Larme). Et les bouches, sèches, tendres, collées. Beaucoup asynchrones. Beaucoup hésitantes. Belles. Les nez qui bousculent les joues. Les sourires. La connexion (LarmeS). Juste le mot connexion. Juste y repenser. Pourquoi. Pourquoi ça blesse alors que c’est merveilleux. Parce que c’est finit crie ma conscience, et pour ça je veux aussi tuer ma conscience, parce que je veux y croire. Croire au rêve qu’un jour, qu’un jour, je pourrai être son chevalier sans armure...
Samedi 20. 21h03.
Lou se relève faiblement. Lou a de l’espoir, il va la revoir, c’est sûr car ils sont proches. Mais il a peur. Peur qu’il n’ait vécu ce moment que trop tôt. Peur qu’elle ne puisse plus vouloir de lui. Peur parce qu’il sait que quelque chose s’est cassé. Rien ne se perd tout se transforme. Il sait intimement que leur relation s’est transformée.
Vendredi 26. 23h59.
Il lui a écrit un mot. Un joli mot. Il veut faire taire l’oxymore qui gronde en lui. L’espoir et le désespoir, car il se mettait à rêver qu’elle voulait bien de lui. Alors qu’il savait consciemment que ce n’était pas le cas, elle le voulait comme proche, ami proche. Et c’était tout. Il s’était donc résigné à une chose. Si ça n’avait pas marché avant, il devait abandonner. Ou bien tenter autre chose. Tenter de la faire tomber amoureuse. Mais Lou est pas doué. La seule chose qu’il peut faire est de rester lui-même. Retrouver la, les passions qu’ils ont en commun. Essayer de se rapprocher. Il l’aime, c’est indéniable même pour lui. Même si à certains moments son esprit veut le faire douter, parce que son esprit s’auto-défend pour ne pas avoir mal. Mais Lou n’a pas mal, ce qu’il vit est terrible certes, mais c’est terriblement beau.
Samedi 27. 00h00.
Au final, il n’aura regretté qu’une seule chose. Ne pas avoir été clair. Ne pas lui avoir dit. Et même dans le mot de la veille.
Il aurait dû lui dire ces trois mots :
La phrase à droite est vraie.
La phrase à gauche est fausse.