14 mars 2021, 23:07
Vier Blössen
Qu'il paraissait long ce pont couvert en ce début du mois de mars. Le froid écossais mordait sévèrement dans le peu de peau qui dépassait des couches de tissus dans lesquelles le garçon étaient emmitouflé, et le vent hurlait à ses oreilles. Enjambant la vallée, douve naturelle au pied du château, le pont était considérablement exposés aux caprices d'Eole qui le faisait trembler, grincer, vibrer, au point où Aliosus s'était persuadé qu'il ne tenait en place que grâce à un sortilège de renforcement et non par les forces classiques de la physique.

Néanmoins, il appréciait cette traversée matinale, il aimait la sensation de l'air froid et sec qui pénétrait ses poumons, il profitait du panorama malgré les larmes qui essayaient vainement de protéger ses yeux du vent, et évidemment, il était seul, et même dans ces conditions particulières, cela faisait du bien.

Son épée d'entrainement sur l'épaule, il avait un air curieux, le sérieux du regard ne convenait pas avec ce qui semblait être un jouet d'enfant en bois. Finissant sa traversée, se retrouvant soudainement au calme, abrité par les arbres, à l'entrée du cromlech, il enleva son écharpe et chercha du regard un tronc adapté à son entrainement. Cela faisait bien deux semaines qu'il avait été incapable de prendre du temps pour réviser son escrime. Le bon sens et le sérieux, son père donc, aurait préconisé de reprendre avec une révision des gardes et surtout, beaucoup d'exercice d'endurance, pour se remettre en jambe. Aliosus n'en avait pas envie. Au contraire il voulait passer à l'étape suivante. Les vier Blössen, les quatre ouvertures de Joachim Meyer.

Enfin, un pin un peu à l'écart des pierres dressées, un tronc haut et pas trop large, voilà que ce qu'il lui fallait. Il posa au sol son outil, et le Gründtliche Beschreibung der Kunst des Fechten ou les Descriptions Détaillées de l'Art de l'Escrime. Il s'échauffa rapidement en quelques mouvements circulaires des bras, du cou, quelques fléchissements des genoux, puis, n'y tenant plus, il saisit l'épée en bois et visa le tronc.

Le principe était simple sur le papier, frapper selon l'ordre établit par le carré.
Reducio
Image

Le premier coup partait du haut à droite et allait frapper vers le bas à gauche. On remontait en sens inverse, puis on frappait de droite à gauche mais de bas en haut cette fois avant de répondre en symétrie.
Le bois claquait sèchement contre l'écorce. Un, deux, trois et quatre. Le premier enchaînement était simple, mais mémoriser les quatre à la suite était une autre paire de manche. Un, deux, trois et quatre. Tranche, coupe, tranche et coupe, encore. Au bout de quelques passes, il revint à sa position de départ et souffla un coup. Il reprit en décomposant les mouvements lentement avant de retourner compulser l'ouvrage. Quelque chose semblait clocher.

@Charlie Rengan

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28 mars 2021, 18:51
Vier Blössen
.oOo.

[ DÉBUT MARS 2046 ]
À l'Orée de la Cabane du Garde-Chasse, Parc, Poudlard

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Charlie, 16 ans.
4ème Année






Le regard de Nejma est de biais, inquiet, fixé sur le visage-totalement-ailleurs de Charlie.
De légères bourrasques font léviter d’interminables mèches noires sur la caboche de celle-ci. À l’orée de la Cabane du Garde-Chasse, les deux filles semblent en pleine accalmie du début d’entrainement, une sorte d’échauffement. Pourtant, les yeux de la Serdaigle expriment une anxiété peu commune face à l’égarement manifeste du regard de son amie. Elle — qui a d’habitude une manière si perçante de se plonger dans un regard — semble à présent perdue dans le sien, au sein même de ses entrailles ; et ce, depuis le retour des vacances de Noël.

Nejma était de nature très anxieuse, mais la présence de Charlie la rassurait plus que nécessaire. Toutefois, depuis deux mois, elle avait de plus en plus de mal à se retrouver en la Gryffondor, même lorsqu’elles étaient ensemble. Sa présence était absente. Son regard était autre-part.

Charlie ?

Ses paupières qui n’avaient pas cligné depuis plusieurs secondes le firent enfin ; une seule fois. « Ouais », répondit-elle d’une voix détachée, sans faire vriller ses yeux sur le regard sombre qui ne la quittait pas ; assombri encore plus par cette inquiétude qui gagnait un peu plus de terrain chaque jour.
Nejma se mordit l’intérieur de la joue, pestant intérieurement. En temps normal, le regard émeraude se jetait sur elle, sans même réfléchir, avec naturel. C’était normal depuis un an et demi, depuis qu’elles se côtoyaient. Le fait que le regard de jais n’arrivait pas à soutenir le regard émeraude était autre chose ; cela n’avait rien à voir avec cette absence.
Ce qui angoissait réellement Nejma, c’était de connaître assez Charlie pour savoir qu’elle ne regardait pas quelque-part sans raison. Et que si elle ne la regardait pas elle, c’était parce qu’elle regardait autre-chose.
Elle se disait que cela allait passer. Bientôt.
Cela fait déjà deux mois, et c’était déjà bien trop long. Quelle interminable attente pour être de nouveau considérée.

La gryffonne cligne à nouveau des yeux, semblant revenir totalement à elle. Son regard voyage jusqu’à la Serdaigle, qui dévie ses yeux aussitôt. La considération est de retour, mais la petite blonde se demande pour combien de temps. Quelques minutes tout au plus, comme tout à l’heure ? Pour fuir encore une fois vers cet ailleurs.





Je jette un coup d’œil derrière nous.
*Que…*. Mon cœur sursaute. *Ah non !*. Et se calme d’un coup. *C’est qu’un gars*. Le parc est encore bien vide, c’est une très bonne chose. Je refuse totalement qu’on se fasse voir par… quelqu’un. *Juste…*. On est discrètes.
On peut même se cacher derrière la cabane s’il le

Nerrah, grogne la voix grave de Nejma.

Je tourne mon visage vers elle, pour fixer ses traits qui en disent beaucoup — trop. Elle a l’air fatiguée, d’un coup.
Ce n’est pas important. Son regard est porté sur ma gauche, au loin. *L’gars*.

C’est un préfet.

Ah ouais ?

La curiosité et l’intérêt se mélangeant dans mon crâne, mon cou se tord encore une fois vers cromlech. Mes paupières se plissent à cause du vent.
Là-bas, le gars de je-ne-sais-quelle-maison, est en train de s’entrainer avec une… *C’quoi ça ?*. Un grand bâton ?

On peut faire une pause s'tu veux lui parler, résonne la voix de la Serdaigle, aussi sifflante que le vent. « T’façon t’es pas concentrée aujourd’hui ». J’entends son accusation, mais je n’y identifie aucun poison. *Bien*. Si elle était vraiment énervée contre moi, ses mots seraient bien plus corrosifs, aussi acides que du sulfure.
Je prends une voix faussement plus grave pour lui répondre en grognant autant qu’elle.

Faut bien qu’je l’fasse à un moment.

Tout là-bas, le gars est en train de faire des mouvements précis que je ne comprends pas. J’ai l’impression qu’il est à moitié en train de danser. *’va bien voir*. Le silence qui suit ma réponse me décid

Bah vas-y, qu’est-c’tu fous ?

Un sourire invisible à la Serdaigle étire mes lèvres. *Là par contre…*. Il y a du corrosif dans son intonation. *Pas grave*. Je verrais ça plus tard.
D’une seule impulsion, je me lance à travers le parc.

Là, à découvert, en dehors de la protection du bois de la cabane, le vent siffle dans mes oreilles sensibles. Mes mains se plaquent instantanément contre elles pour les protéger. « ‘Dieu… », et mon juron est emporté par les caprices du temps.

Au bout de quelques secondes, j’arrive au niveau des quelques arbres solitaires du cromlech. *Serpentard ?*. Comme Aodren. J’en connais très peu, mais je sais de quoi ils sont capables.
À travers ma peau, je sens que le vent s’est calmé. Mes mains se décollent de mes oreilles.

Encore quelques pas pour m’approcher du Serpentard blond, qui tenait une sorte de fine épée dans la main. Mon esprit garde le silence, mais je sais que les questions vont dévaler très bientôt vers ma bouche. *Qu’est-ce qu’il fout à taper sur l’arbre ?*.
Ça commence déjà.
Je m’arrête à quelques pas de lui.

Salut.

Mon intonation est douce, mon regard l’est un peu moins.
Je fixe le gars dans son entièreté en attendant de vite croiser ses yeux. *Pas comme Nejma*. Je n’ai absolument pas envie de faire face à un regard fuyant.

11 avr. 2021, 16:52
Vier Blössen
Reprenant les gravures de l'épais manuel, il plissa les yeux pour essayer d'en traduire les légendes afin de saisir ce qui clochait. Les représentations des escrimeurs étaient sublimes, ils portaient de larges chapeaux garnis de plumes, des tenues bouffantes à crevées que son imagination remplissait de couleur vives, ils étaient tous barbus, comme oncle Hans, ils étaient, il avait lu ce terme curieux mais très beau, des Landsknecht, ou bien des Doppelsöldner, il n'était pas bien sur de la distinction entre les deux termes et n'avait pas encore pris le temps de passer à la bibliothèque pour trouver des explications. Il était de toutes façon certains que monsieur O'Lake ne saurait pas le guider sur un terme aussi précis. Il pouvait le demander à son père, mais il était vraiment très occupé ces dernières semaines, Directeur du Bureau de la FEPS était un poste prestigieux mais exigeant.

Enfin, un schéma répondit à son questionnement, sur les deux figures s’enchaînant, la place des pieds du sujet avait été interchangé. Évidemment, il oubliait de bouger et d'avancer à chaque coup porté ! Il s'en voulu de cette erreur de débutant. Il avait toujours été trop statique, trop stoïque.
Il se releva et reprit son instrument en forme d'épée. Il l'avait déjà brisé deux fois depuis le début de l'année, mais ses sorts de réparation avaient permis de continuer à l'utiliser. Il craignait cependant qu'il lui faille un jour se remettre à l'ouvrage et s'en faire une nouvelle.
Il souffla, compta les temps. Un, deux, trois, lever, mettre en garde, frapper. Mauvaise technique, le pas en avant devait être fait en même temps que la frappe, il fallait compter double. Il allait reprendre quand il fut interrompu par une voix de femme. Il se retourna trop brusquement pour espérer avoir l'air calme. C'était une élève qu'il ne connaissait pas. Une grande, brune.
«..Bonjour.» réussit-il à répondre tout en se demandant pourquoi une fille comme elle venait à sa rencontre.

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30 juil. 2023, 22:19
Vier Blössen
Comme si j’avais posé ma main sur son épaule au beau milieu de la nuit, là où même le silence pourrait sursauter, le gars vrille en force.
Tellement fort que je sens mes paupières cligner une fois de trop, à cause de sa vague à l’houle disproportionnée. Je peux presque sentir le souffle de son volte-face, mais le vent en a déjà fait qu’une seule bouchée.
*Oh*. Tout comme la bouchée de beauté que je me prends en plein gueule. Et que je commence doucement à savourer, sans mâcher trop fort pour ne pas tout casser.
Des yeux bleus — à m’en rappeler plusieurs prénoms qui dévalent sans se nommer. *Solwen*. Sauf un.
Des cheveux d’or — aussi brillants que peut l’être une écaille de dragon, c’est comme si je revoyais l’halo de l’écaille que je garde précieusement.
Et une manière de se tenir aussi tendue que peut l’être une corde de piano — tendue, mais à sa place, droite. Il en fait un peu sans trop en faire.
La justesse est très subtile chez les Verts ; et la plupart des Autres n’arrivent pas à cette justesse. Ils sont toujours soit trop, soit pas assez. Soit ridicules, soit médiocres.
Mais lui…

Je fais un pas en avant, me rapprochant un peu plus de son bleu, me plongeant un peu plus profondément dans ses yeux. *’du vrai beau chez l'serpent*. J’espère juste qu’il n’est pas comme Aodren, aussi beau à l’extérieur que dégueulasse à l’intérieur. Un serpent qui fait que siffler sans jamais vraiment attaquer. *Tss…* souffle ma conscience en acquiesçant mes pensées. Aodren est juste un bouffon de clown qui se déguise en serpent.

D’un mouvement du menton, je désigne l’arbre qui a l’air d’être un bizarre pantin d’épéisme, détournant le regard une fraction de seconde, pour le plonger à nouveau dans l’étendue de son *beau* bleu. À la recherche de toutes les autres couleurs qui pourraient le traverser.

Il a insulté ta race pour qu’tu l’défonces comme ça ?

Le mot race est marqué par ma bouche, supposant que son sang est aussi Pur que ce qu’il en dégage. Et ma question est posée avec le même ton que mon salut, doux. Peut-être même plus, mon regard ayant rejoint la danse doucereuse face à cette belle vue qui se tient face à moi.

1 févr. 2024, 15:45
Vier Blössen
Elle semble immense cette fille, Aliosus est évidemment plus jeune qu'elle mais il est déjà en train de grandir à une vitesse qui exaspère ses parents et la gente féminine de Poudlard doit de plus en plus lever les yeux vers lui, ce n'est pas le cas de celle-là, c'est un peu perturbant, ça ne l'aide en tout cas pas à se sentir à l'aise face à une année supérieure.

D'autant que sa taille n'est pas la seule chose qui est remarquable, ses traits sont fins et symétriques, ses cheveux noirs sont d'une longueur rare, et il aime ce signe de féminité affiché. Les yeux de l'inconnue ne sont pas en reste, d'un éclat vert très Serpentard.

Cette beauté objective est rapidement contrastée par un accent qu'Aliosus perçoit comme dérangeant, ou tout du moins, familier. Il ne peut pas imaginer cette voix être entendu dans les réceptions, dans les protocoles lissés et complexes des interactions des gens de la caste dans laquelle il est né. Et si ce n'était que l'accent, non, le vocabulaire usité était encore plus violemment vulgaire que ses intonations. Aliosus n'aimait pas ce mélange de beauté et de vulgarité. La beauté devait s'accompagner de grâce, qu'elle soit calme comme celle d'Alice ou vive comme celle d'Irisia.

Retenant difficilement une moue désapprobatrice, il fixe l'étudiante dans ses yeux verts pour répondre.
«Quelle race ?»
Les mots avaient un sens, et il aurait très bien pu passer par dessus celui là pour demander en retour s'il avait vraiment l'air en vouloir personnellement à ce pin, mais il voulait savoir si le mot race avait été choisi à dessein, et si oui, lequel. Si ce n'était qu'un usage grossier comme devait probablement en résonner la salle commune des Gryffondor, alors sa question la mettrai devant son écart de langage.

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