Un collier et deux bracelets
Ce RP fait suite à :
- ce RP de contexte (lire le premier post : une urne noire est présente, certains élèves se portent candidats pour représenter Poudlard)
- celui-là (4 candidats sont sélectionnés dont mon personnage, un collier de ronces apparaît sur leur cou)
- cette aventure-là (dernier post, mon personnage reçoit deux bracelets de force).
16 janvier 2046 au soir.
Près du sablier des Gryffondor.
Certains étaient piqués en été par des guêpes. Lui était piqué en hiver par un collier de ronces. Certains portaient des bracelets pour faire joli. Lui portait des bracelets pour être plus fort.
Certains s'entraînaient dur pour le sablier. Lui pour un objet un peu plus carré du passé, une urne.
Jacob n'avait donc pas du tout la sensation de devenir "spécial" jour après jour. Pas du tout.
Mais quand même. Si le collier ne le piquait plus, cette sensation étrange d'être reconnu dans les couloirs le grattait. Généralement, il haussait un sourcil et fronçait le nez. Et ça passait. Comme lorsqu'il était joueur de quidditch et reconnu de ce fait. Et puis un nouveau regard de pitié l'enfonçait, lui l'habitant du cinquième étage. Un regard-cognard qu'on n'aurait pas adressé à un joueur de quidditch. Lui dont le pas vif filait comme un Nimbus dans les couloirs, des regards s'arrêtaient désormais sur lui. Ou se détournaient. Comme s'il avait été... "différent".
Déjà, l'air horrifié de Théo (1) l'avait conduit à dissimuler ce collier derrière une chaude écharpe Gryffondor. Sauf en cours, où il était à court d'opportunités, même en janvier. Mais maintenant, comment cacher ces bracelets ajustés pour être impossibles à retirer ?
Sur les poignets comme des menottes. Que faire ? Et qu'expliquer ? *J'ai croisé un demi-géant, tout à fait normal ! Il a fait exploser des pierres comme pour un feu d'artifice ! Ab-so-lu-ment logique ! Puis il m'a enfermé les poignets dans ces bracelets ! To-ta-le-ment prévisible !* Sauf que l'histoire ne provenait pas d'une bande-dessinée et lui était réellement arrivée. Et ne provoquerait jamais les rires comme le faisaient ses anecdotes rocambolesques habituelles.
Ou peut-être en rrrrreprrrroduisant l'accent rrrrrrronflant du demi-géant. Mais il ne savait pas s'il avait envie d'en rire, pour une fois. Ca y est, il n'était plus normal. Qui n'avait pas envie de rire ? Etait-il devenu spécial ? Une question, mille gestes et mille paroles, zéro réponse. Il plaça sa main sur son front. Comme un penseur. Mais lui, pour regarder à l'horizon, comme les cow-boys des westerns. Naturellement, toujours pas de réponse en vue. C'était peine perdue.
Le garçon n'avait jamais vraiment connu "l'admiration". Pas en tant que dernier de sa famille. Pas en classe. Et il la chassait quand il la voyait arrivée à coup de plaisanteries. Son passage dans les lieux communs de Gryffondor après l'après-midi avec le géant avait été éclair, le temps de prendre une douche et son goûter après les cours. Mais il faudrait bien s'y confronter. A la réalité.
Et il y était à nouveau, un terme de géant. *Réalité*. *Je pense comme un savant*. Se représentant une barbe en plus de son collier et ses bracelets, l'air horrifié un instant sur le visage, il arqua un sourcil, souleva le bout de son nez. C'était passé. Mais il continuait à marcher par ces petits couloirs peu fréquentés qu'il connaissait comme sa poche. Et voilà, encore un réflexe anormal. Pourquoi éviter les lieux où était tout le monde.
Il ne trouva rien de mieux que d'aller vers un autre objet ensorcelé, le sablier de sa maison dans un lieu qu'il ne fréquentait jamais d'habitude. La seule fois où il l'avait touché, admirant les perles vertes en première année, il était reparti les mains couvertes de furoncles. On ne l'y reprendrait pas cette fois-ci. Il s'installa, debout devant les grains rouges du sablier. Juste à côté, trois premières années de sa maison, deux qu'ils connaissaient de vue et Goran de son dortoir.
Les conseillers parfaits. C'était sûr, les premières années étaient les champions pour guider sur la fierté et garder les griffes bien accrochées sur terre. Il s'approcha d'eux avec le sourire dans les yeux : "Coucou ! Alors, fiers de notre sablier ?". Son énergie de la soirée après la journée éprouvante avec le demi-géant fut versée dans l'entrain de sa phrase : "Dites, je peux vous demander un conseil ?"
Reducio
(1) action vue avec le joueur !
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