Les Filles sur la Glace +

Fin de matinée du 17 février


A la suite de ce RP

Pourquoi.
Pourquoi Fea était elle partie si brusquement ?

Pau n’avait et ne comprenait pas.

*Bon, peut être que quelqu’un en train de rire au milieu de la Grande Salle, ça peut être un peu effrayant, mais quand même!*

Il est vrai qu’avec du recule, Pau pouvait comprendre que cela faisait peur.

*M’enfin! Pas au point de partir! Elle doit quand même avoir compris que ce n’était pas méchant! Un rire purée un rire! Rien d’horrible! *

Pau avait couru à en perdre haleine derrière son amie.

Quand la jeune fille était partie, Pau avait mis un temps à réagir. D’abord, elle l’avait vu trottiner vers la sortie et elle avait su qu’elle devait la suivre. Alors elle avait englouti une tartine, après l’avoir prise sur une table, était partie à la poursuite de son amie, armée de son sac et d’une chocogrenouille qu’elle venait à peine s’ouvrir. Elle s’était directement dirigée vers le lac. Après tout la jeune fille n’avait pas arrêté d’y faire d’étrange référence. Pau courait, pour retrouver cette Féa.

Alors qu’elle se perdait pratiquement dans ce château, elle s’arrêta nette. L’heure n’était plus aux plaisanteries. Pau s’accrocha les cheveux pour ne pas les avoir dans les yeux. Et puis d’un coup, elle se mit a foncer devant elle tournant en virage serré à chaque coin. Elle devait rattraper cette nouvelle personne qu’elle avait rencontré aujourd’hui. Elle accéléra encore le pas. Enfin, elle passa la porte menant au parc.
Elle s’arrêta encore une fois pour chercher des yeux Féa. Elle la repéra rapidement. La jeune fille était au bord du lac, elle avait la tête baissée, si bien qu’on ne voyait pas ses yeux. Elle était arrêtée.

La pluie tombait sur les cheveux de Pau, elle roulait sur ses joues et mouillait petit à petit son pantalon. La jeune fille mit donc la capuche de son pull tentant d’échapper pour quelques temps encore à cette invasion liquide.

Pau courut ensuite vers le lac pour rejoindre Féa. Quand elle ne fut plus loin, elle ralentit le pas. L’eau ruisselait toujours sur son pantalon et son pull, mais celui ci protégeait tant bien que mal son visage et ses cheveux.

Quand la jeune fille ne fut plus qu’à dix pas de Féa, elle ralentit encore un peu.
Elle sortit ensuite de Elle s’approchait doucement, de crainte de la faire fuir.
Elle s’arrêta à environ deux pas d’elle. La jeune Gryffondor n’avait pas de capuche, ce qui désola Pau. Elle parla doucement :

- Féa. Je t’ai trouvé. Je suis désolée si je t’ai fait peur... Mais... enfin... je ne sais pas... Pardon.

Elle s’arrêta un instant puis reprit :

- Bon alors, dis moi, qu’est ce qu’il a de si incroyable ce lac gelé au milieu de la pluie ? Oh et au passage, prend ça. Pau tendit une moitié chocogrenouilles à Féa. C’était celle qu’elle n’avait pas eu le temps de manger. Elle venait d la ressortir et de la couper en deux. Une pour elle et une pour Féa. Mange. C’est pour toi. C’est la chocog que tu m’as donné. Je crois que j’ai moins faim maintenant, donc prend la. En plus, c’était la tienne à la base. Et puis tu n’as rien mangé au p’tit dèj. Pau avala sa moitié. Elle sentit soudain du mouvement dans son ventre. Ouille. Je crois que je n’aurais pas dû courir après manger.

Pau se tut, la main toujours tendu vers Féa avec une moitié de Chocogrenouille. Elle souhaitait vraiment que celle-ci la prenne. Ce serait la signature de leur alliance.

@Felicia Luke Bouh ! Et oui ! Me voilà ! Tu ne t’y attendais pas avoue ! T-)

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Pluie.

L'air gelé du dehors figeait mes pensées avant même qu'elles ne puissent aboutir, fuyantes sans fin dans leur infernale ronde. C'était cela que j'avais recherché, plus tôt. *Et pourtant...* Il fallait que je me libère ; cependant, avant cela, je devais accepter. Mes pas se bousculaient dans l'herbe de rosée, mon ventre formait d'inextricables nœuds à l'idée seule de mon imprudence. Qu'avais-je donc fait ?

Et elle, qu'avait-elle fait ?

Mon esprit, battu par le vent, peinait à comprendre ses étranges répercussions, tandis que chaque trombe d'eau s'écrasant sur ma nuque recourbée allégeait le poids pesant sur mes tempes. Ma tête enserrée dans un étau, rouée infiniment de sombres coups se délivrait peu à peu ; la pluie faisait mourir son feu.

Contemplant mes bottines, je comptais silencieusement. *Un.* Éclaboussures d'une flaque sur mon chemin. *Deux.* Cri du vent dans mon oreille. *Trois.* Frisson d'appréhension tout le long de mon dos.
J'atteignis le Lac, dans un état d'entre-deux. Je m'arrêtai, en attente de... quoi exactement ? Je l'ignorais. Peut être, à cet instant insensé, espérais-je un jugement venu du Ciel.

N'importe quoi.

L'élément liquide ruisselait sur ma peau, accrochait mes cils — vague illusion —, cascadait sur mes cheveux. J'avais commis trois erreurs que je devrais assumer, bien trop pour une poignée de secondes. Cette fille m'avait percée à jour sans m'en rendre de comptes, sans que je ne la refoule. Elle était bien trop mon opposée pour que je ne l'acceptât, pourtant je l'avais laissée m'approcher, j'avais nourri sa faim et guidé sa curiosité : je ne pouvais plus la renier.
Elle m'intriguait, elle était plus folle encore que les autres. *Plus que moi.* Je voulais l'apprendre ; j'irais la retrouver. L'histoire ne se répèterait pas ainsi, et je savais à quoi m'en tenir — à quoi me raccrocher pour éviter la chute.
Elle était dangereuse pour moi, bien plus qu'elle ne pouvait sans doute l'imaginer.

Je reportai mes yeux sur le miroir aux profondeurs tournoyantes, battues par le flot des marées célestes. Sous la fine pellicule de glace, j'apercevais encore les nuages. C'était beau.
Le monde était gris, j'aurais presque pu y penser qu'il reflétait mon image. Le monde était d'un gris brume, mais je n'y voyais aucune monotonie ; douceur serait un mot juste.

Le crissement des galets derrière moi troubla la quiétude environnante dans laquelle je m'étais plongée. *Silence.*
Je devinai le nom avant d'entendre la voix. Qui d'autre, sinon elle, pour parvenir ici, après moi ?

Elle s'exprima. Excuses, jolies paroles. *Hésitations.* La sincérité transparaissait dans son ton ; comment une enfant comme elle serait capable de quitter l'innocence dans laquelle elle existait ?

"Pardon"


Son propos me toucha peut-être. Je ne me retournai pas pour autant, je n'ignorerais plus la brèche dans ma coquille *il n'y a pas de coquille* trop importante pour que je ne puisse la détruire *je ne me protège pas*. Au lieu de ressasser *je n'ai pas peur d'elle*, je l'écoutais parler. Voix limpide, accent cristallin, elle respirait quelque chose de pur. D'essentiel.

Malheureusement, elle ne parlait que de nourriture. Chocolat, chocogrenouilles, friandises. Faim, manger, engloutir, dévorer, *Annihil—*
Partager. Elle me tendait une sucrerie, celle que je lui avais offerte. Je sentais son mouvement chaud dans la bruine glacée, je la devinais, emplie d'espoir, la main tendue. Je savais qu'elle attendait de moi un geste, un mot, un souffle qui conclurait une promesse. Quelque chose qui signifierait je t'aime bien.
Je savais qu'elle ne voulait surtout pas être déçue. Peut-être même qu'elle ne connaissait pas cela, la déception. Mais je n'en voulais pas. Pas de sa sucrerie, pas de sa pitié, pas de son *aide ?*. Pas d'alliance, pas de pacte, pas de serment, seulement un souhait que je devais énoncer à voix haute. *Je veux...*

Je veux...


Je ne savais plus faire ça.

Mes cheveux fouettaient l'air comme la pluie me cinglait, mon haleine se dispersait en fines volutes, je me sentais vivante. Vivante et libre, mon seul désir. Je ne m'attacherai pas aux
chaînes que cette fille *Pau* me tendait.
Je ne me retournais pas, malgré l'envie brûlante de la regarder, de découvrir si elle était comme je l'avais cernée. Le besoin de plonger mon regard dans le lac pour y puiser *épuiser* un semblant de force se fit plus massive. Je ne bougeai pas. Immobile, et toujours muette.

Un temps passa, un long-temps, je crois. Un silence éphémère grandissait entre nous, et je le sentais combler ses craintes. Et les miennes — *je n'en ai pas*.
Une respiration dans l'air glacé, la vague impression de se jeter dans le vide et la sensation d'être observée par un immense œil, restant non-jugée mais toujours coupable. L’œil de mon cyclone.

Désolée, j'ai pas faim. Mensonge. Et puis, je te l'ai offerte. Elle est à toi. Parles-tu de la friandise ou... d'autre chose ? Je te l'ai donnée, parce que j't'aime bien. T'aurais pas l'impression de t'enfoncer ?

Quelle catastrophe. Sans doute venait-elle de proférer d'autres erreurs *horreurs*.
Filet de mot à demi emportés par les vagues sous la glace, tissé de semi-vérités tant contraires à sa morale que ses joues l'enflammèrent. Le calme dans la tempête résonnait de son cœur jusqu'à ses tympans. L'autre devrait accepter ses mots... ou la refuser, elle toute entière.
Pour adoucir son phrasé, et sans doute ses orageux sentiments à l'égard de la fillette, elle se retourna *à demi* pour lui adresser un sourire en coin. La mesure n'était pas son habitude, elle finirait par le regretter. *Ou pas*

Et le Lac est vraiment gelé. C'est beau... non ?

C'était beau, oui. Très beau.

@Pau Ouma-Decley, j'ai écrit, écrit et je me suis emportée :cute: La suite m'intrigue fortement... Ne te presse pas pour répondre - dois-je te le rappeler ? - surtout, tu me connais <3

évanaissance

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Que se passait-il à ce moment ? Quelles étaient les forces à l’œuvre à cet instant ? Pourquoi Pau se sentait-elle si solennelle ? Elle était silencieuse. Elle observait la belle silhouette de Féa devant elle. Celle-ci était un mystère à elle toute seule. Pau se sentait attirée par Féa. Peut-être que les deux jeunes filles s’opposaient tellement qu’elles se rencontrait ? Qu’en savait Pau. Peut-être le destin n’avait-il pas réuni les deux jeunes filles par hasard. Question sans réponse.

La Gryffondor ne voulut pas accepter la chocogrenouille. Pau s’y attendait un peu en quelques sortes. Elle sentait cette réticence qu’avait Féa à, peut être, accepter Pau. A quoi était-elle dû ? Bonne question. En tout cas, Pau ne voulut pas forcer. Elle voulait laisser à la jeune fille le temps de s’habituer à elle et à son caractère explosif. Elle rangea la chocogrenouille dans sa boîte et la mit dans sa poche. Elle la garda pour, peut-être, lui donner plus tard.

Il pleuvait, mais la pluie se transformait parfois en neige.

Féa relança le sujet sur le fameux lac gelé. Pau s’engagea sur la voie qu’elle lui montrait et lui répondit :

C’est vrai... C’est vrai que ça a du charme. Ça me donne envie de tester un truc...

Soudain, Pau alla vers le lac, elle posa son sac par terre et enleva son manteau et son pull qu’elle mît sur son manteau. Elle était en col-roulé mais n’avait pas vraiment froid. Elle retira aussi ses chaussette et mît ses chaussures pieds nues. La pluie lui mouillait le visage et ses cheveux d’humidifiait. Elle repartirait sûrement avec un bon petit rhume.

J’ai envie de marcher dessus. Je pense qu’elle est solide.

Il est de ces défis qui s’imposent parfois à Pau. Elle a eut plusieurs expériences dans ces idées subites qui lui proposent d’aller tenter quelque chose d’étrange.

Pau descendit donc sur le bord du lac. Elle posa un pied doucement, tâta le rebord pour voir si la glace était solide. Elle en avait l’air puisque des traces de pas y étaient gravés. Pau y mît alors l’autre pied, elle se tenait maintenant debout sur la glace. Elle avait peur. Peur que la glace s’effondre sous elle. Peur de se noyer. Peur de ne pas réussir à remonter à la surface. Elle décida pourtant qu’elle ne voulait pas s’arrêter juste à cause de cela. Elle devait se faire confiance. Elle savait nager. Et puis la glace ne céderait sûrement pas. Pau avança doucement sur la glace, un pied après l’autre. Elle restait à un ou deux mètres du bord. La jeune fille regardait ses pied, elle regardait à travers la glace.

Un moment, elle s’arrêta et, avec un sourire doux, dit à Féa :

C’est beau.

Elle était debout sur un lac gelé et regardait cette fille qu’elle avait rencontré à peine une heure plus tôt.

@Félicia Luke cette enfant est définitivement perdue. :fool: Enfin la glace ne s’est pas encore cassée. :lol:
A toi ! <3

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« Bien sûr que cela se passe dans nos têtes. Mais pourquoi faudrait-il en conclure que ça n'est pas réel ? »


*Apaisée*
C'est ainsi que je me sens, fièrement dressée sur la rive comme pour défier les éléments.
Les paroles que j'ai prononcées, ces stupides mots qui, au fond, n'ont pas d'autre sens que celui que Pau leur a attaché, elles m'ont libérée. Je sais qu'elles ne sont pas grand-chose, finalement ; elles n'ont pas d'importance et c'est ce qui leur donne leur lumière, à mes yeux. *Moi* — oui, moi toujours une gamine, moi encore paumée —, j'ai réussi à passer outre les barrières érigées par mon esprit, un instant, pour parler à une fille dont je ne sais rien.
« Parce que j'l'aime bien. » Parce que, malgré tout, malgré *en raison de* son étrangeté, en raison de son opposition à moi et de *nos* différences, je l'aime bien. J'ai dit cela, j'ai conjugué le verbe « aimer » pour la première fois de ma vie, peut-être et c'est extraordinaire ; la chaleur de cet écho qui retourne mes pensées réchauffe mon cœur à l'écouter, en boucle.
Alors, sans doute que cela ne signifie rien à tout Autre que moi, mais à présent, je n'en ai rien à foutre. Je suis bien, juste là. Je suis juste bien, là. Seule sous la pluie, seule sous le Ciel de tourbillons infinis — il me parait à cet instant nimbé d'une lueur éternelle —, face à une *amie* inconnue. Une Amie. J'en suis certaine, sans en avoir de signe ; seule mon intuition me le souffle et j'y suis sensible. J'entraperçois derrière ce sentiment un avenir, et des liens qui ne lâcheront pas de sitôt.
D'ordinaire je les abhorre, les liens, et qu'importe leur nature. Ils ne servent qu'à m'enfermer, à me priver, à m'astreindre à ma triste place, je ne peux les souffrir. Pourtant, j'ai l'impression aujourd'hui que ces liens-ci ne seront pas de ceux que je connais depuis si longtemps. Eux me porteront vers le haut. Ces instants n'en sont-ils pas une preuve ?
En s'échappant de nos lèvres parmi les volutes glacées de l'air, mes mots et *les siens* ont délivré quelque chose en moi, comme si des digues que je n'avais jamais perçues retenaient auparavant toute émotion, tout *sens* à ma vie jusqu'à Maintenant, où elles rompent et me délient dans un torrent d'énergie.

Peut-être avais-je seulement besoin de ça ?

Ma conscience a pris de la hauteur ; mon corps toujours cerné par de nébuleuses et infernales pensées se débattra de plus en plus fort avec le Temps et malgré la prison qui m'entoure je vois à présent *à travers* les barreaux de mon existence, le monde resplendissant sous la pluie, sous la neige, sous l'infini.
Je suis prête à l'envol ; j'arrête de m'infliger des mensonges dont je ne veux pas, dont je n'ai jamais voulu et je m'offre aux vents, grande ouverte tandis que la pluie dégouline le long de mes joues, le long de mon cou, le long de mon dos sous mes vêtements, et fige ma peau dans une étrange éphémérité. Je suis si absorbée, aspirée par le Ciel que les mots de Pau ne parviennent à mes oreilles qu'assourdis et brimés, alors il faut que je la voie retirer, un à un, ses vêtements pour comprendre qu'elle, finalement, va le faire. Je la suis du regard, je la vois s'avancer sur la glace doucement. Sans trembler, sans peur que les liens ne cassent, sans peur de toucher le fond, sans peur de *lâcher prise*.

Elle me regarde, et elle sourit. « C'est beau », dit-elle, et j'ai la étrange impression qu'elle ne parle pas que de l'Hiver. *C'est beau*, oui, mais d'une autre manière que celle que j'ai formulée il y a une poignée de secondes. C'est beau, sans point d'interrogation. C'est beau ; à la fois réel et irréel. Je m'élève dans un monde merveilleux, qui ne peut exister que dans ma tête — comment aurais-je pu l'ignorer si longtemps, autrement ? Le vertige, l'euphorie me saisissent un rire, un rire léger qui a furieusement envie de vivre *comme moi* s'échappe de mes lèvres alors que je m'avance en direction de la glace, moi aussi. Je ne pense plus, je ressens et c'est beaucoup mieux ainsi. Qu'importe quels mots je pourrais trouver pour raconter ces sensations qui me traversent et m'entrainent vers le haut, jamais ils ne seront exacts. Comment décrire, sans même tenter d'expliquer, une paix aussi exaltante, une explosion aussi légère, une assurance si troublée ? Je ne sais pas, et sans chercher à comprendre je sais que ces choses-là ne s'expliquent pas.
Alors je me tais, et je rejoins Pau sur le Lac.

Un pied après l'autre ; mes bottines s'enduisent d'une neige solide et moi, vive et *vivante*, je sautille bientôt dans ma chemise blanche et mon jean bleu — bien trop légers, aurait dit ma mère. Oui, je sautille et je ris, comme une folle à la frontière du danger, inconsciente de tout — sauf de son bonheur.
Je sautille et je ris, je ris et je sautille, encore et encore, libérée. Sans penser, sans réfléchir, presque d'instinct je le fais. Je le fais comme si même le fil sur lequel je suis en équilibre depuis toujours, même la glace qui peut rompre à tout moment n'ont jamais existé, telles des chimères née de mes cauchemars, et je les balaye en les oubliant.
Je suis heureuse, et je reviens chercher la Bleue pour partager avec elle cette joie, pour lui offrir quelque chose de vrai, cette fois-ci. Pas seulement une chocogrenouille fondue, mais quelque chose de pur, un élan venu de très loin. Je la saisis par la main, nos doigts entrelacés, et je l'entraine vers le large, loin de la rive, loin des Autres, loin de tout.

Viens !, dis-je.

Et cet appel empli d'euphorie veut dire « Viens ! On va s'enfuir. On pourrait s'enfuir, vraiment. Juste pour une fois, juste un moment. On pourrait disparaître du temps quelques instants, on pourrait partir à l'aventure et regarde comme ce serait magnifique, rayonnant, et lumineux ! On pourrait partir, mais on n'en fera rien. Alors laisse moi le croire encore un peu. »

Je le pense, très fort. Mais je ne le dis pas. Rien ne franchit mes lèvres, hormis le premier mot, mais c'est comme un secret que je lui offre en silence. C'est fou tout ce que cinq lettres peuvent vouloir dire, selon la personne qui les prononce, et celle à qui elles sont adressées.

Jamais je ne pensais en arriver là.

Je te dois des milliards d'excuses pour ce retard grand comme des montagnes ! Mais le temps n'enleve rien à mon plaisir d'écrire cela. Jamais je ne pensais en arriver là, jamais je ne pensais que Felicia en arriverait là, je suis tellement contente de cela ! J'ai très hâte de partager la suite avec toi (qui sera certainement moins euphorique, mais hilarante pour celles qui ne le vivent pas) <3

évanaissance

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Pau est debout, sur de la glace qui pourrait lâcher à tout moment. Et pourtant, elle prend le risque. Elle prend le risque parce que c'est ce qu'elle veut. Alors elle le fait. Alors je peux écrire au présent, parce que cet instant ne peut se vivre que comme ça. Ce n'est pas une fable qu'on raconte, mais un moment que l'on vit. Comment expliquer cela à ceux qui n'était pas là ?

Pau ressent ce sentiment qu'elle à déjà éprouvé, à de rares occasions. Cette chose qui part du fond de son estomac et remonte jusqu'à son cœur pour la faire sourire, irrésistiblement. Pouvait-elle prévoir que Féa serait ce déclic ? Peut-être.

Sa joie de vivre est à son comble, impossible à défaire. Là, debout, sur cette glace, en train de braver sa peur, en train d'entrainer Féa dans sa bêtise, elle se sent bien. Alors elle s'abandonne à ce sentiment, elle le laisse l'envahir. Mais quelque chose la retient encore.
C'est Féa qui la brise. Avec un petit mot : "viens". Alors Pau suit son intuition, son envie. Elle veut répondre à son amie, car oui, elle en est une.
Elle se laisse tirer par Féa, ne réalisant pas bien. Et puis elle ouvre les Yeux. Grand. Elle voit vraiment Féa, elle voit vraiment le lac. Et elle reprend possession de son corps, de son esprits. Elle ressert sa poignée et prend les devants. Elle court devant Féa en la tirant. Quand elles sont loin de la rive, quand elles se rapproche de l'autre côté, elle s'arrête. Peu importe si la glace casse maintenant ou dans une heure. Elle prend les deux mains de Féa et plante son regard dans le sien et souffle :
Oui. elle inspire une bouffée d'air et continue :
Aujourd'hui, soyons juste Nous. Fuyons pour un jour. Toi et moi. Je t'emmène.
Ces mots, Pau les ressent dans tout son corps. Ils se répètent en Echo et rendent la chose encore plus incroyable. Elles vont le faire. Elles vont partir. peu importe où, que ce soit dans l'eau gelée du lac, sur la rive opposée ou encore dans leurs têtes. Il leur suffit de le faire, de le vouloir. Au moins pour aujourd'hui Pau partira avec Féa. Oui.
Les prunelles de Pau brillent, l'espoir grandit. Une extase monte et fait trembler Pau de ton son corps. Une sensation nouvelle, agréable. Pau peut détailler les prunelles de Féa tant elles sont proches. Ses yeux gris sont brillants et se reflètent dans ceux de Pau.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Que va faire Féa ?
Peu importe.
Après tout, aujourd'hui elles sont libres.
Libres de s'envoler.

@Felicia Luke Bouh ! Désolée... :innocent: :wink3:

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