La Folie des Grandes
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[ 4 DÉCEMBRE 2045 ]
Face à l'Entrée de la Salle Commune de Poufsouffle, Poudlard
Très tôt
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Charlie, 16 ans.
4ème Année
∞
[ 4 DÉCEMBRE 2045 ]
Face à l'Entrée de la Salle Commune de Poufsouffle, Poudlard
Très tôt
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Charlie, 16 ans.
4ème Année
∞
— Aliénor Delphillia.
— Ah oui !
Le regard de la grande fille aux cheveux-soleil se remplit de curiosité après s’être vidé de sa surprise. « J’te la ramène ». Après un rapide coup d’œil sur mon corps, ses yeux replongent dans les miens, le sourire aux lèvres. *Grande*. Je lui rends son sourire.
La Poufsouffle fait volte-face et retourne d’un pas rapide à l’intérieur de leur antre qui ressemble à une caverne. *Presque aussi grande qu’moi*. Je suis sûre de n’avoir jamais croisé cette fille-là, elle fait presque ma taille ; c’est tellement rare de croiser quelqu’un comme ça que je m’en serais rappelé directement.
Je reste plantée là, face à ces énormes tonneaux.
J’ai toujours aimé ce moment — le matin juste avant les cours — le silence du château est presque irréel face au bordel que ça allait bientôt devenir. *Tss…*. Pourtant, je savais que ce couloir-ci était « préservé ». Les Poufsouffles n’étaient pas bruyants comparés aux gryffons, et la préparation des repas dans la cuisine était un concert silencieux. *P’t’être y aller maint’nant*.
Ma tête pivote vers la droite.
Il faut que j’aille chercher ma bouffe pour aujourd’hui — dès que je finis de parler à l’Autre. *Aliénor*. Heureusement que Nejma connaissait tous les Autres du château, ça me faisait gagner un temps fou. *’vraiment joli*. Aliénor… J’en avais déjà entendu parler. La sonorité de son prénom était d’une belle harmonie. *Aliénor*. Presque comme une elfe. *’comme Aodren*. Ils pourraient être frère et sœur.
Mon cou crisse vers les tonneaux.
*Pourrait être sa sœur ?*.
Mes sourcils grincent sur mon visage.
Une lourdeur s’emmêle dans mon estomac, bestiole aux griffes douces et au poids stratosphérique. Elle me tire vers le bas, enfonçant mes genoux dans mes propres tibias. *Ta gueule*.
D’une seule pensée, mon esprit vomit une cage qui s’abat sur la bestiole ; lui bloquant tous ses petits membres. J’y suis habituée maintenant, je sais parfaitement la contrôler. La créature qui meurt dans ma conscience ne se débat même plus. Ça fait bien longtemps qu’elle a accepté son sort — que, moi, j’ai accepté qu’elle perde toute sa rage.
Mon poids bascule sur ma jambe droite, délivrant totalement mon esprit de cette lourdeur.
— Bon Dieu… je fixe cette entrée béante, sachant qu’elle n’en sortira plus jamais. « Tss… », quel foutu silence de plomb.
Après la nuit que j’avais passé, je me sentais en pleine forme, même si je m’étais blessée quelque-part dans la cuisse gauche. J’avais tellement forcé hier que c’était vraiment un moindre mal ; j’aurais pu avoir bien pire. *Bien…*.
Une ombre apparaît dans le halo de la petite caverne. Entre les tonneaux, une sorte de sas étroit — comme dans ma tour — empêchait de voir la totalité de leur salle commune. *’y aller un jour*. L’ombre se transforme en silhouette, et la silhouette en corps.
*Oh*. Je plisse mes yeux encore un peu fatigués. *Kieran ?*. C’est bien lui, un Poufsouffle de dernière année ; qui donne l’impression qu’il vient juste d’être arraché de son lit.
— Rengan ?
Son ton est carrément surpris. Et je l'étais tout autant de le voir, ça faisait un moment que je ne l’avais pas croisé. « Ouais ! Ça fait longtemps ».
— Me l’fait pas dire…
Il soupire lourdement en détournant son regard du mien, semblant très intéressé par le prolongement du couloir dans mon dos. *Yeux noirs autant qu’Nejma*. Les pouffys avaient souvent des yeux aussi noirs que le blaireau qui les représentait. « Avec les ASPIC, j’ai l’temps de rien ».
— Hm.
Je hoche la tête une fois, de haut en bas, pour lui montrer ma compréhension. Son regard voyage jusqu’au mien, y reste une fraction d’instant, puis se retourne vers la gorge noire menant à sa salle commune. « T’attends quelqu’un ? ».
— Aliénor.
Sa tronche vrille jusqu’à la mienne, les yeux différents, à la recherche d’une once de mensonge dans mes traits. *C’quoi c’te réaction ?*. Son noir est perçant, je le sens, c’est pour ça que j’ai du mal avec lui. Quelque-part, je sais que ça m’attire, mais pas assez pour que je veuille le découvrir.
— Sérieux ?
— Ouais.
Il a une réaction qui ressemble à l’autre fille. *’doit avoir une réputation*. De la surprise, mais surtout de la curiosité. Un léger silence s’égrène comme une croche, jusqu’à ce que le visage de Kieran bascule en arrière dans un rire sonore. *Que...*. Qu’est-ce qu’il y a de si drôle ?
Aussi sonore que bref, son rire.
Ses yeux retournent dans les miens, ils sourient eux aussi face à ma tronche inexpressive. « Tu perds ton temps ».
— Je perds mon temps ?
— Totalement. J’te promets qu’tu l’perds.
Avant même que j’essaye de comprendre la signification de ses traits d’abruti, ses stries d’iris ou même le sourire de ses yeux, il me contourne d’un pas rapide. *Mais…*. Je ne comprends pas pourquoi les Poufsouffles que je croise réagissent comme ça à l’écoute de son joli prénom.
Je fais doucement pivoter mon corps vers le sien alors qu’il s’éloigne.
— Tu sais même pas pourquoi je veux la voir, articule lentement ma voix, l’intonation dure.
— Tu l’perdras dans tous les cas, Rengan, me répond sa voix grave, qui a l’air tellement souriante qu’elle me donne envie de la casser en deux. « J’dois réviser un sujet dans la bibliothèque ce soir ! ».
— Tss…
— Si t’as besoin de moi… résonne sa voix une dernière fois avant de faire disparaître son réceptacle au détour du couloir.
Perdre mon temps... *J’suis pas là pour lui faire plaisir*.
Aliénor et son joli prénom, si je suis là — très tôt — ce matin, c’est pour la forcer à m’oublier pour toujours. À faire comme si la soirée d’hier n’avait jamais existé.
Il n’existe pas de tente, ni de Nejma, ni de moi ; on était tranquillement dans nos dortoirs respectifs, pas vrai ?
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Une Poufsouffle de Sixième Année est allée chercher Aliénor.
En Cohérence, celle-ci devrait arriver,
pourtant, rien n'empêche un.e autre Poufsouffle d'arriver avant.
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Une Poufsouffle de Sixième Année est allée chercher Aliénor.
En Cohérence, celle-ci devrait arriver,
pourtant, rien n'empêche un.e autre Poufsouffle d'arriver avant.
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« Bienvenue chez Toi »