Dis Jacob...
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Aberfeldy, Écosse
Aberfeldy, Écosse
I
...tu m'aimes ?
...tu m'aimes ?

Rey Shakeraven, jeune encore, ferma son livre doucement. Songeant encore à sa lecture, il quitta sa chambre pour rejoindre son père dans le salon. Il s'approcha doucement et lui tapota l'avant-bras. "Dis papa, tu m'aimes ?". Son père esquissa un sourire avant de répondre calmement oui à la question du petit Shakeraven. Il prit ensuite son fils sur ses genoux et l'aida à s'endormir avant de le conduire jusqu'à sa chambre.Je m'extirpais lentement de mon lit, triste, sombre, avide d'amour et de tendresse. Ma routine lassante manquait d'extravagance et d'imprévu... seule restait la monotonie du silence. La monotonie de ma vie silencieuse. Il n'y avait plus rien, plus personne. L'avenir était déjà tracé et il était d'un ennui lassant.
La question qui résidait dans ma tête était simple : "Quand est-ce que toute ma vie avait dégénéré ?". À question simple, réponse simple n'est-ce pas ? Je n'en était plus très sûr désormais.
Tout est parti en vrille quand je me suis retrouvé seul, sans toi. Tu es parti si simplement... sans un regard en arrière... Pourtant j'avais tout fait pour toi, non ? Écrire ces phrases n'a plus aucun sens maintenant. Tu ne les liras jamais et je finirai par retomber dans cette monotonie insatiable.
Mais juste, s'il te plaît, dis-moi. Dis-moi, pourquoi ? Tu ne m'as rien dis avant de partir, tu m'as juste laissé un pauvre mot, un "Adieu"... Tu m'as blessé tu sais... profondément.
Est-ce vraiment normal de disparaitre ? Je ne pense pas... Parce que quand tu m'as abandonné, papa... j'étais trop détruit pour que ça soit normal. Mais tu t'en fichais visiblement, t'en avais rien à foutre... Tu n'es jamais revenu...
C'est totalement normal par contre, que je me sois retrouvé dans un puits chaotique sans fond. Tu ne m'as rien laissé si ce n'est des ombres et du désespoir. Et en m’accrochant à toi, à mes souvenirs, je n'ai fait que chuter plus vite.
Désormais, cette chute est finie, mais je ne suis jamais remonté. Je suis resté en bas, loin de tout, loin de toi. Dans ma vie, monotone, insipide et surtout, triste, profondément triste. Et tu sais pourquoi ? Seulement parce que tu ne m'aimais pas.
Qui peut rivaliser face à la joie ?
Eider