Requiem pour chardonneret Libre

Samedi 3 mars 2046
Sous l'arbre géant

Thème

Midi était venu, avait attiré Siobhán à la grande salle et l'avait relâchée trente-sept minutes plus tard, après quoi elle était partie siester dans le parc en espérant y trouver silence, tranquillité et digestion. Cependant, au cas-où le sommeil se faisait attendre, elle avait fait un crochet rapide par le dortoir pour y récupérer quelques bricoles qui pourraient trouver leur utilité par cet adorable après-midi ensoleillé : les oiseaux étaient de sortie et les insectes dansaient la gigue entre violettes sauvages et pâquerettes.

Il était donc 12h58. On posait d'abord notre unique personnage : Siobhán en short depuis la fin des neiges, cheveux dans le vent et yeux doublés de verres solaires verts et ronds. Venaient ensuite les accessoires : un lance-pierre fourré dans la poche et qu'on avait agrémenté d'un Elasticus plutôt réussi parce qu'il n'était plus assez souple, une paire de jumelles passées au cou de la protagoniste, un herbier sous le bras gauche et un crayon à papier coincé entre les dents. Aussi, l'habituel couteau de poche, dans la poche.

Lorsque Siobhán atteint l'arbre, on glissa à quelques centimètres un chardonneret inanimé aux pieds d'un tronc dont la cime toucherait le ciel, on la laissa s'en approcher avant de forcer sur son visage auparavant satisfait un air visiblement confus, et derrière son petit front on injecta ces pensées : « Je pourrais le découper pour voir l'intérieur, ou le déplumer avant. C'est triste quand même. Est-ce que je l'enterre ? Ou je le donne aux strangulots ? Peut-être que je peux l'amener à Hagrid. Est-ce qu'on pourrait le faire empailler ? »

Siobhán s'accroupit, remonta ses lunettes de soleil jusque sur le haut de son crâne et sortit son couteau de sa poche. Elle le déplia avec minutie et du bout de la lame, en prenant soin de ne pas embrocher le cadavre par accident, elle retourna l'oiseau, à gauche, puis à droite. Il était de taille moyenne, son plumage coloré (et presque intact) l'indiquait comme adulte, et ne trouvant pas de trace de blessure jusque-là, l'adolescente finit par se demander comment avait-il pu trouver la mort.

RP libre ; une personne, vive répondante de préférence hehe. Un hibou en amont c'est cool si ça ne vous dérange pas, sinon en avant Guingamp. :ninja:

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Requiem pour chardonneret Libre
Contrairement à son habitude, la Poufsouffle n'avait pas fait honneur à son repas lors du déjeuner. Ses pensées étaient toujours fixées sur l'article de la Gazette paru la veille, et son moral, déjà fluctuant et rarement bon, en avait prit un sacré coup. Jyal semblait percevoir le malaise de sa maîtresse et avait passé le repas à faire des allers-retour entre son assiette, qui n'était pas restée pleine très longtemps, et les mains de Lilly auxquelles elle donnait des petits coups de langue, ne comprenant pas pourquoi elles n'étaient pas occupées à nourrir le corps dont elles étaient la continuité.

Toutes les deux avaient finalement prit la direction du Parc, un des seuls lieux où la Poufsouffle se trouvait vraiment apaisée et un des seuls qui pourrait, elle l'espérerait, changer la nature de ses pensées. La Boursoufflette sur l'épaule et le regard dans le vague, elle marchait. L'air était frais et lui caressait doucement les joues. Jyal , bercée par le rythme lent de ses pas, piquait déjà du nez.

Le ciel était dégagé, et le soleil leurs offrait de petits rayons chaleureux, que l'adolescente recevait avec gratitude. L'arbre géant avait l'air d'être sa destination. Elle avait besoin de sa présence qu'elle savait réconfortante. Elle avait besoin de Magie positive.

Mais l'Arbre n'était pas seul. A ses pieds se trouvait une Gryffondor, en quatrième année comme elle. Alors qu'elle allait faire demi tour, souhaitant profiter du calme du Parc et de la clémence du temps en solitaire, elle aperçu entre les mains de cette dernière un oiseau qui semblait inanimé. Intriguée elle s'en approche. Elle aperçoit alors le couteau dans la main de la Rouge et Or, ainsi que le lance-pierre dépassant de sa poche. Elle fronce les sourcils et hausse la voix, cherchant à en savoir plus sur cette situation atypique.

-"Hey, tu fais quoi à cet oiseau là ?" Elle n'est pas agressive, mais son regard est dur, presque choqué, alternant entre l'oiseau et l'élève au couteau. Elle ne veut pas porter de conclusions trop hâtives et attend donc rapidement la réponse à sa question afin de savoir quelle attitude adopter.

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Déplumer puis découper ; vider des entrailles puis empailler. Si elle découpait avant de déplumer, elle tâcherait le joli plumage de boyaux sanguinolents, et elle ne pourrait pas empailler sans sortir de là l'estomac, les poumons - c'était peut-être le moment de prendre des notes ! - et tout ce que l'oiseau contenait déjà. Couper ou ne pas couper, la question ne se posait pas : le chardonnet était mort, son élégance l'avait quitté pour les rougequeues noirs et ne reviendrait pas, alors autant en profiter ; c'était pour la science, non ?

Siobhán jugea qu'il avait l'air frais (les mouches n'avaient pas encore été averties du buffet gratuit) et estima qu'il n'y avait aucun risque à le toucher : elle coinça le petit corps entre son pouce et son index gauche, et de la main droite dirigea son couteau sur le plastron blanc crème du cavalier des cieux puis - une interrogation incisive venait s'immiscer entre la lame et l'oiseau, forçant l'adolescente à se retourner. « Oh, l'autre fille au collier. Poufsouffle. » L'autre, parce que la première était Irene, connaissance lointaine mais déjà moins lointaine que celle-ci. Enfin bon, là n'était pas le sujet, et aux yeux agités de la dérangeuse Siobhán se sentit obligée de répondre rapidement, avec calme et faits :

- Jusqu'à ce que tu viennes j'avais prévu de lui ouvrir le ventre pour voir ce qu'il y a dedans.

Puis apporta une précision jugée nécessaire :

- Pour voir comment c'est fait et comment ça marche. Ça t'intéresse ?

Sous-entendu : « Que ça soit bien clair entre toi et moi : je ne découpe pas des oiseaux pour le plaisir de découper des oiseaux. »

Et toujours sous l'effet du regard alarmé de l'adolescente, elle se dit qu'il valait mieux raconter l'histoire en commençant par le premier chapitre - dans le cas présent, par le deuxième chapitre, ou alors la troisième page du premier : il manquait le passage relatant pourquoi et comment le chardonneret avait perdu la vie et échoué ici.

- Il était déjà mort, donc je l'ai trouvé là, ça me rend aussi triste de le voir comme ça et je préfèrerais qu'il soit en train de voler loin de là. J'avais prévu de faire la sieste, mais c'est plus intéressant.

Elle avait hésité à demander à l'élève de Poufsouffle si elle était responsable dudit décès, mais
un rapide coup d'œil la convint que la fille n'en aurait pas été capable.

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Malgré elle une moue de dégoût se plaque sur son visage. Sa bouche se tord, et Jyal sentant la Poufsouffle sur la défensive descend rapidement se cacher au fond d'une poche.
Lui ouvrir le ventre. Suite à ces mots, une douleur s'immisce comme un écho dans son propre abdomen. D'instinct sa main gauche s'y place, tandis que la droite cherche le contact avec les poils de son Boursouflet. Qui à la chance d'être au chaud, d'être chaud et vivant.

Ses traits se détendent doucement quand elle comprend que la Gryffondor n'est pas à l'origine du changement d'état de l'oiseau. Son attention se dirige vers ce dernier. Elle s'approche et s'accroupit en face de la découpeuse d'oiseau en devenir. Ses doigts effleurent la tête de l'animal. Du rouge et du noir. Des couleurs excentriques qui continuent d'accrocher le regard.

- "Ouf tu me rassures. Contente que tu ne l'ais pas tué. Par contre, je ne suis pas certaine que le découper soit la meilleure option. T'as tout ce qu'il faut à la Bibliothèque, des schémas et explications très détaillées pour comprendre. L'enterrer entier serait une meilleure option pour lui tu ne trouves pas ?"

Cette idée de voir le couteau atteindre l'animal rebute la jeune fille. Elle même qui était pourtant passionnée et intriguée au plus au point devant les squelettes retrouvés dans les pelotes de réjection. Alors pourquoi cette soudaine révulsion ? Un côté d'elle souhaite aussi voir pour de vrai comment ça se passe à l'intérieur. Mais une autre partie préférerait que cet oiseau reste entier, et fermé, aussi intact dans sa chair que lorsqu'il était vivant. C'est peut-être la présence directe de la mort qu'il lui est difficile de supporter. Un reflet qu'elle n'est pas prête à contempler. Son regard se perd dans la contemplation de l'oiseau, ses questions tournent et serpentent en elle sans trouver de réponse.

- " Samy saurait certainement quoi en faire." Remettre la situation de la créature entre les mains d'un adulte lui semblait une bien meilleure idée. Toute option qui ne comportait pas de couteau par définition lui semblait bonne pour ainsi dire.

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L'adolescente pense savoir où veut en venir la Poufsouffle (qui, elle l'a remarqué, n'a pas l'air ravie à l'idée du découpage prochain) et. Quelques secondes, Siobhán penche la partie métallique du couteau d'un côté et d'un autre et observe la lumière qui vient s'y heurter puis rebondit sur le tronc de l'arbre géant.

Que son interlocutrice vienne s'accroupir juste en face d'elle fige ses pensées en lévitation au-dessus du cadavre et elle considère les propositions da fille. L'oiseau est joli, certes, et il serait dommage d'en gâcher le plumage. Mais elle est aussi agacée qu'on lui intime quoi faire, alors elle brosse la première idée de côté et rétorque :

- Mmmh... D'abord la bibliothèque c'est pas mon truc, les livres encore moins, ensuite on apprend mieux quand on fait.

Elle fixe toujours le petit corps sans vie, inclinant la tête tantôt à droite, tantôt à gauche elle projette sur l'oiseau un plan de découpe suivant des pointillés : d'abord une entaille dans la longueur du ventre, puis - elle relève la tête et croise le regard de sa camarade, lâche le couteau et ajoute :

- En Soins aux Créatures Magiques, on pourrait juste ouvrir des livres et avoir toutes les informations sur les Pitiponks ou les Povrebines. Pourtant c'est mieux de les voir en vrai, sinon Miss Almeida ne les amènerait pas. Et techniquement, je vais l'enterrer entier, j'ai pas l'intention de me promener partout avec des boyaux d'oiseau.

Et faire offrande du petit corps plumé à l'apprenti garde-chasse ? Non ! Siobhán y verrait là une terrible injustice, avec beaucoup d'égocentrisme (elle le conçoit et l'admet) elle veut aussi sa part du gâteau, son petit bout d'exploration ; il faut admettre que Poudlard, son parc aseptisé, ses haies bien taillées et ses parterres joliment arrangés ne sont pas les plus adéquats de ce côté. Alors elle croise les doigts et implore Merlin de trouver quelque chose pour occuper Samuel Falkner cet après-midi, parce qu'elle n'a aucune envie de déléguer la dissection du chardonneret. Elle n'a pas l'esprit à crypter la prière en jolis mots cependant, Merlin reçoit donc : « S'il-te-plaît, fais qu'il ait des niffleurs à attraper.»

- Franchement, c'est juste un oiseau mort. Je vais juste l'ouvrir, regarder, et le lancer aux strangulots après. Ou sinon on pourrait le donner aux chouettes de la volière, elles le mangeraient sûrement. T'en penses quoi ?

Elle pense : « Moi ça ne me dérangerait pas qu'on donne mon cadavre à des animaux ». Puisqu'il est déjà mort, autant qu'il serve à quelque chose, c'est absurde de l'enterrer. Et le laisser intact n'était pas une option, elle apprendrait au moins quelques petites choses de l'anatomie d'un oiseau avant la fermeture du cercueil et le remplissage du trou.

Mots en gras et soulignés : CdC Mai - Mission n°11

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La mâchoire de Lilly se crispe. Elle sent qu'elle se braque vis-à-vis de l'attitude de son interlocutrice. Bien qu'elle soit d'accord avec elle sur certains, voir beaucoup de points, quelque chose dans le comportement de la Gryffondor la dérange. La Poufsouffle inspire un bon coup avant de lui répondre, faisant tout son possible pour garder son calme et ne rien laisser paraître du malaise qui l'envahit.

- "Certes ce n'est qu'un oiseau mort comme tu le dis. Mais mort comme vivant il mérite le respect." Elle fait une courte pause avant de reprendre, dans un soupir un peu trop appuyé. Elle a conscience que la fille au couteau a déjà prit sa décision quant au sort du petit chardonneret, et que la raisonner n'est que peine perdue. Mais, elle veut comprendre la raison d'un tel agissement. Et plus encore, elle veut comprendre pourquoi cette situation la dérange autant. Jyal n'est toujours pas ressortie de sa poche et au bruit de sa respiration, et au rythme auquel se soulève le tissu qui la recouvre, elle devine que la petite boule de poils dort. Cela serait déjà ça en moins à gérer. Tant que sa Boursouflette se trouvait loin de la lame scintillante, elle ne s'en portait que mieux.

- "Honnêtement je sais pas ce que j'en pense. Quelque chose dans cette situation me dérange mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. De toute façon quoi que je dise tu vas quand même l'ouvrir non ? Mais jusqu'à preuve du contraire on ne sait pas de quoi il est mort. Il pourrait très bien avoir été victime d'un poison ou de quelque chose dans le genre. Et l'ouvrir comme ça sans protection et sans précaution me paraît imprudent. Et en plus tu veux le donner aux Strangulots ou aux Chouettes ? Certes ça fait parti de la chaine alimentaire, je ne peux être que d'accord avec toi si c'est à ça que tu penses. Mais imagine qu'il soit malade ou qu'il ait un parasite ou je ne sais quoi. Non le mieux est de l'emmener afin qu'il soit observé. Et après tu l'ouvriras si tu y tiens tant que ça. Peut-être même qu'il aura un sortilège qui te permettra d'observer ce que tu veux d'une manière moins... barbare que ce couteau."

Son visage reflétait la dualité des sentiments qui s'agitaient en elle. D'un côté elle tenait, pour une obscure raison qu'elle ne s'expliquait pas elle même, à ce que l'oiseau reste entier et qu'elle laisse son horrible couteau loin du corps du pauvre oiseau. Et de l'autre, de manière très pragmatique, ce n'était en effet qu'un animal mort. Il n'y avait donc aucune raison de prendre des pincettes avec lui. Mais cette position la dérangeait. Pour elle, le respect aux créatures ne s'arrêtait pas au vivant.
Dernière modification par Lilly Zarbi le 20 mai 2021, 08:26, modifié 1 fois.

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Le respect pour les vivants, c'était accordé, il n'y avait pas à débattre. Pour un cadavre par contre, Siobhán n'en était pas très sûre. Ça ne faisait pas sens : une fois mort l'oiseau n'était plus qu'un morceau de viande avec quelques plumes et un bec, pas grand chose de plus que la dinde de Noël ou le jambon du petit-déjeuner.

- T'as du respect pour les rôtis de la cantine ?

Siobhán se trouvait finalement plus contrariée que confuse et aurait voulu ne jamais avoir croisé le chemin ni de l'oiseau, ni de la fille.
Elle avait soupiré longuement et bruyamment, histoire de faire savoir combien elle était fâchée par la situation, mais finit par trouver une once de bon sens dans la protestation de la fille et reprit enfin son couteau en main - la tirade de son interlocutrice a fait fuir l'envie de découper l'oiseau alors elle céda enfin : elle fit pivoter la bague du canif, replia la lame et le fourra dans sa poche.

- Y'a des parasites et des maladies dans la nature aussi et des fois les strangulots mangent des animaux malades. Mais OK, t'as un bon point, je suis d'accord.

Elle affichait un fin sourire : finalement, elle n'était pas si mécontente du déroulement des évènements ; il y avait sûrement à Poudlard un adulte auprès de qui elles pourraient trouver conseil, scalpels et pinces pour découper proprement et sereinement l'oiseau. Mais avant ça, il fallait le transporter jusqu'à l'adulte en question, Siobhán ramassa donc son herbier et le glissa très délicatement sous le cadavre, et quelques secondes plus tard elle était debout et tenait l'oiseau sur le carnet comme un bijou sur un plateau d'argent.

- Donc... on l'emmène à Samuel Falkner ?

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Elle acquiesça d'un signe de tête à la dernière remarque de la découpeuse et se releva. "Oui, cela me va. Au moins il saura ce qu'il convient de faire." Un croquis de sourire étirait ses lèvres. Cette décision lui convenait, et elle avait hâte d'avoir l'avis de l'adulte sur la question. Elle tenait Samuel en grande estime et savait son amour pour les créatures sans limite. Il l'aiderait certainement à y voir plus clair sur le sujet. Sujet qui avait pour mérite de lui poser problème dans sa réflexion et sa façon de penser. Tout n'était jamais ni noir ni blanc. Et elle sentait bien qu'il n'y avait pas réellement de bonnes ou de mauvaises positions sur le sujet.

De nouveau elle laissait un court silence, réfléchissant à ce qu'il convenait de dire, pas certaine de l'attitude à adopter. C'était les montagnes russes émotionnelles et elle avait été maladroite. Elle sentait Siobhán sur la défensive, sûrement à raison. La tension qu'elle portait depuis la veille associée à ce combo d'oiseau mort et de couteau n'était définitivement pas le mélange idéal pour qu'elle soit de bonne compagnie, et elle tenait à s'excuser.

- "Je suis désolée, j'ai conscience que j'ai été ... agaçante au sujet de cet... Oiseau ? Cadavre ? Finalement elle opta pour Chardonneret. C'était ce qu'il était et que personne ne pouvait lui enlever. Quand ça touche aux créatures, c'est un sujet sensible pour moi et je peux être relativement obstinée." Un autre petit sourire, un peu plus naturel que le précédent.

D'ailleurs les rôtis à la cantine, elle n'y touchait pas. Elle pouvait pour ça remercier sa famille qui avait été depuis, autant qu'elle s'en souvienne, sensible à la cause animale. Pas d'animaux dans les assiettes. C'était la règle. Et une évidence pour l'adolescente qui n'avait même plus à se poser la question. Mais elle ne ressentait pas non plus le besoin d'en débattre avec la Gryffondor. Elle comptait bien profiter du calme apparent qu'elle montrait et le préserver tant que possible. Elle n'était pas très à l'aise avec les conflits et s'étonnait elle même d'avoir réussit à défendre sa position. Elle décida d'ailleurs de changer de sujet, son regard attiré par le livre sur lequel était posé le petit Chardonneret. Plusieurs indices laissaient à penser que c'était un Herbier. Autre sujet qui passionnait la Poufsouffle.

- " Tu collectionnes les feuilles ? " Demanda-t-elle avec un sourire encore plus franc remplit de curiosité en désignant le carnet du regard et espérant repartir sur un terrain de conversation relativement neutre.

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Samuel Falkner avait-il croisé beaucoup d'oiseaux morts dans sa courte carrière d'apprenti garde-chasse ? Sûrement pas. Mais Siobhán décidait de faire confiance à l'élève de Poufsouffle, et puisque celle-ci faisait visiblement confiance à Samuel Falkner, Siobhán faisait aussi confiance à Samuel Falkner. Et l'agacement ? Abandonné au pied de l'arbre alors que la jeune fille se mettait en marche.

Son interlocutrice n'avait pas répondu à sa question sur la viande, mais l'adolescente ne lui en tint pas rigueur et passa à la suite sans demander son reste. Elle notait ça dans un coin de son esprit, mais il n'y avait plus beaucoup d'espace alors l'information serait sûrement vite oubliée lorsque des choses bien plus importantes se présenteraient.

Aux excuses de la Poufsouffle, Siobhán haussa les épaules et sourit de plus belle. L'agacement était passé et ne laissait que la frustration de devoir attendre avant d'épingler sur une table les entrailles de l'oiseau. Elle espérait que l'apprenti garde-chasse aurait au moins cela, une table. Un scalpel aussi. Bien qu'elle ne dirait pas non à un découpage méthodique sur les pierres plates du perron de la cabane, elle risquerait alors de réduire en bouillie l'objet de son étude. Enfin ! L'intérêt de sa camarade pour l'herbier de Siobhán réjouit cette dernière et elle relança de vive-voix :

- Oui ! Les feuilles et les fleurs, ça dépend des saisons et de ce que je trouve. Je les sèche d'abord dans les manuels ou les livres de la sale commune, et ensuite je les colle là-dedans et je prends mon encyclopédie des plantes et j'écris une description, un nom et tout. Des fois je ne trouve pas. Un jour je demanderais à monsieur Featherstone s'il connaît celles sur lesquelles je bloque.

Elle se tut et son regard songeur adressa l'arbre derrière son interlocutrice comme si les fissures de son tronc s'arrangeaient en lettres pour lui dire quoi ajouter ensuite. Il ne fit qu'agiter ses feuilles.

...

- T'as déjà ouvert un oiseau ? Ou une grenouille ? Avec mon grand-père quand on allait observer les oiseaux et qu'on en trouvait un mort des fois il voulait bien qu'on le découpe avant de le laisser. Alors on ouvrait l'intestin pour voir ce qu'il avait mangé, et puis je prenais une plume en souvenir.

Elle fit redescendre ses lunettes sur son nez.

- Des fois on chantait même une chanson, comme les moldus font quand ils enterrent leurs morts.

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