– Labour
*Sillon*
Tracé encore incertain, bafouillant. La force n’est pas convenablement véhiculée jusqu’au bout des doigts qui esquissent tremblants. Un manque de netteté à l’aune du brouillard qui ouate son esprit vagabond. Le support s’en retourne à peine. La frappe n’est qu’une caresse lorsque de sa main il heurte. Ne sachant où encore puiser son énergie pour creuser, fouiller un terreau qu’il espère fertile. Fertile de réponses. Fertile de compréhension. Aveu d’impuissance devant une scène dont nul rouage logique n’a été perçu. Lire encore et encore la piste cryptée n’offrira sûrement pas de révélation. La roue est voilée, les Cycles sont détraqués. Déchéance.
*Sillon*
Irrégularité ; tantôt s’enfonce, tantôt est repoussé en l’air. Route cahoteuse, manque d’incision pour avancer d’une trajectoire maîtrisée ; ballotements. Pareillement sa tête dodeline, son regard désaxé ne voit plus droit, l’accommodation partie à vau-l’eau approche et éloigne les formes selon un rythme anarchique. Leurs contours en deviennent indéfinissables. Aussi insaisissables que bien des Silhouettes qui n’ont leur place dans le paysage de ses empreintes propres ; projections de ses pensées, de ses soucis, de son devenu-cosmos en Pétales floraux. Hermétisme sur lequel il n’a prise, le scelle en soi-même. Vertigineuse contemplation à l’en détraquer. Étourdissements le culbutent en spirales ; chutant.
*Sillon*
Motte arrachée ; rebondissement. Coupe la coupe. Ouf. Trop de force. Non, de la hargne. Pas bon. Pique, enfoncé, éjection. Relâche. À plat, épars ; sentir la friabilité et la souplesse, les écarts de texture, les zones plus aptes à respecter la ligne souhaité. Appuie de sa paume entière, creuse sa marque. Détend, rétracte progressivement. Descente, ascension. Perspective inversée. Passé de l’autre côté de la glace ; où tout fonctionnement est imprévisible. Un chiffre a son inverse, a son opposé. Un terme a son antonyme. Quels sont l’inverse, l’opposé, l’antonyme d’une réalité ? Reprise identique selon un autre sens ; absence d’identité. Contraires.
*Sillon*
Envers. Loin, détourne la direction, pointe conservée en garde. Petite scorie, toute fine. Attrapable. Enroulable. Maniable. Ce pourrait être un anneau. Un lemniscate. Un ressort. Le pendant du rouage ? La partie flexible de la mécanique, résistance éprouvée. Repousser pour approcher. Condenser pour dilater. S’immiscer au plus près par l’éloignement. Par l’abandon… Rejeter avec une puissance si excessive que le retour est inévitable. Rebond, à nouveau. Définissant non le Geste ; mais ce qu’il a produit, la forme et les détours appréhendés. Soi ne se revient pas. Ne Cri-te pas. Repousse ce qui t’appartient pour l’intégrer aux plus intimes abysses.
*Sillon*
Ferme. Main close. Pointillés, respectent le guidage mais tressautent encore. Poids supplémentaire apposé en bout de ligne. Minuscule fosse, l’attardement à la frontière entre deux états. Ôte. Décroche, l’appendice clinque et pendule en rotations decrescendo. Frôle les aspérités, tapotements d’enfoncement. Discontinuité. Construire les correspondances d’une ligne, d’une station à la suivante. Toutes les liaisons sont-elles formables ? Un plan de pans écartelés et disjoints dont il faut s’imaginer une unique contrée. Si plusieurs, des limites ; les ignorant fermes ou poreuses. L’eau érode le barrage, le barrage érode le flux ; parfume étrange les courants. Saturation, dilution. Son être en délaiement. Délité.
*Sillon*
Adoucissement. Équilibre instrumental entre stable tenue et souplesse apaisée. Fluide glissement ; les brûlures dissipées. Roulements rétablissant les axes tanguants. L’immanquable relief titille la pulpe caressante. Singulier de netteté, anormalement rectiligne. Devrait être plus sinueux encore que les plus vicieux tours de Dédale, aux ondoiements digne d’une danse serpentesque. Juste cavité, trame mal disposée. L’indispose ; s’est étendu faux. D’obsidienne, fauche les intempestives saillies ; redispose les graines. Élévation tortueuse, privée de tuteur ; naturelles extensions. Débordement, renie le guide. Hoquet le secoue, le tire à contre gré, volonté étouffée. Coulure silencieuse, se disperse en dégoulinements tractés depuis ses tréfonds.
*Sillon*
Effondrement. Suit l’accélération due au mouvement, la pression non maîtrisée à l’acquisition de l’orientation imprévue qui s’est imposée. L’accès perdu, quelques vestiges à peine palpables subsistent, survivent. Le reste au souvenir. Les égratignures laissées aux parois imaginées comme sauvegarde ; elles si acérées provocatrices des griffures. De penché sur la surface qu’il altérait de ses doigts à appuyé contre elle, dos à elle. Faisant face à celui qui partageait sa perspective. Ses muscles le trompent, insinuent une tombée. La gravité l’enlace bien fort. Entouré en dôme. Sphère. Point d’horizon. Planant en des dimensions surélevées. Dos à celui qui le domine. Embrassé d’omniprésences.
*Sillon*
Anguleux. Haut et bas se sont étroitement entrelacés en un indémêlable tressage. Ses bras au-dessus de sa tête pour atteindre le sol. Courbes, enfin. Ses articulations sont libres de subir leurs poussées ; d’œuvrer ensemble à un croisement de ses propres voies qui se sont aussi mélangées en inextricable superposition. Ainsi est son Nœud, la vulnérable essence embobinée par l’intervention étrangère et incompréhensible. En hébétude, la répétition acharnée offre un cadre. La mer apaisante par la variance de ses Vagues, pareilles aux siennes. Zigzag. Les fissures ont zébré son terrain craquelé, se sont propagées en unisson et désaccord. En tiraillements.
*Sillon*
Abandon ; ses phalanges se délient une à une, offrant un maintien de plus en plus amoindri jusqu’à ce que ce se plante en un terrain d’accueil hostile. Aride de l’épiphanie tant attendue. Demeurant isolé. Il n’est de promesse qui soit fiable. La tenue est un art si délicat. De l’irrésistible tentation de briser toute parole confiée. Le son de ces éclats explosant en désordre est trop subjuguant à certains pour se retenir. Le cristal qui casse est de quelque manière mélodieux. Promettre… non ; exiger l’impossible pour s’imposer, s’assurer de l’échec. Phèdre ? Ariane ou Hippolyte ? Artémis, sauve ton protégé.
*Sillon*
Encerclé par la danse de ses bras ; effleurant la face de Gaïa mutilée, défigurée par les sillons creusés d’une rage adolescente en furie. Disque final, d’un tranchant léthifère duquel il se protège. Un bouclier, une arme ; sa prison. Encagé sur une île, dépourvu de toutes ressources. Il a besoin d’une aînée, fouille en son sein qui la recèle. Qu’elle lui confie les moyens de son échappée. Pour la retrouver, pour se relever ; il devra se libérer de la mince portion sur laquelle il a été laissé à traiter son sort que nul oracle ne lui avait annoncé.
À Naxos ;
Dionysos,
Évohé !
Dionysos,
Évohé !