Edimbourg Le temps s'est arrêté Solo

1er juillet 2046 - 15h00
Domicile d'Eleanor (Pré-au-Lard)


L'année scolaire venait de toucher à sa fin. Puisqu'elle n'avait pas été de tout repos, la professeure de Sortilèges était heureuse de pouvoir rentrer chez elle pour deux mois de vacances. Bien sûr, les élèves allaient lui manquer ainsi que ses collègues - un en particulier - mais ce n'était que pour une courte durée puisqu'elle comptait évidemment les retrouver en septembre.

Alors qu'elle déballait ses derniers cartons, Eleanor fut surprise de constater que son hibou, Henan, frappait à la fenêtre pour entrer. Aussitôt, elle s'approcha de lui et constata qu'il tenait une lettre dans son bec. Machinalement, elle la saisit et remercia l'animal. De qui pouvait-elle bien venir ? Elle ne reconnaissait pas l'écriture et n'attendait pas le moindre courrier. Très peu de personne connaissait sa nouvelle adresse. Curieuse, elle ouvrit la l'enveloppe et découvrit une lettre manuscrite d'un vieil ami de son père. *Qu'est-ce qu'il me veut celui-là ?* Plus elle lisait, plus son visage se décomposait.
Bonjour Eleanor,

J'ai l'immense regret de t'annoncer le décès de ton père. Il s'est éteint durant la nuit et n'a vraisemblablement pas souffert. La cause de son décès est encore inconnue aujourd'hui mais il semblerait que sa maladie ne soit pas étrangère à sa mort soudaine. Puisque tu es sa seule héritière, tu es attendue à Edimbourg dans les plus brefs délais. Il y a quelques petites choses que nous devons voir ensemble ... Il semblerait que ton père avaient quelques secrets bien gardés ...

Je ne peux imaginer ta peine. Même si vos relations n'étaient pas toujours au beau fixe, il t'aimait beaucoup. Après tout, tu étais sa fille unique.

A très bientôt,
William Argent.
Les larmes coulaient sur le visage de la jeune femme. Comment pouvait-elle avoir si mal ? Ce n'était pas normal ... elle détestait son père. C'est en tous cas ce qu'elle pensait. Même si elle n'avait plus de contact avec lui, elle était à mille lieux d'imaginer qu'il allait la quitter. Comment avait-il pu lui faire ça ? Pourquoi ne lui avait-il pas dit qu'il n'allait pas bien ? Le savait-il ? Des dizaines de questions se bousculaient dans la tête de la jeune femme. Elle n'avait pas le choix et devait se rendre auprès de son père ... ou du moins, de ce qu'il en restait. Elle n'était pas préparée à découvrir son père inanimé ni à vivre cela seule. Devait-elle le dire à quelqu'un ? Allait-elle devoir accueillir le reste de la famille ? Viendraient-ils ? Elle l'ignorait.

Sans comprendre réellement ce qu'elle faisait, Eleanor se dirigea vers sa chambre à coucher. Par réflexe, elle attrapa un sac et des habits. Il fallait évidemment qu'elle pense à prendre une tenue noire pour l'enterrement. Avait-il déjà eu lieu ? Elle n'avait même pas pensé à regarder quand la lettre avait été écrite. Une fois son sac prêt, elle regarda une dernière fois autour d'elle. Même si elle n'aimait pas partir en vitesse, elle n'avait pas le choix ... Alors qu'elle vérifiait qu'elle n'avait rien oublié, elle réalisa qu'elle n'allait peut-être pas pouvoir reprendre son poste de professeure à la rentrée prochaine. Elle ne savait pas pourquoi mais elle le ressentait ... Elle sentait qu'elle n'allait pas pouvoir revenir à Pré-au-Lard avant plusieurs mois et que son père ne lui avait pas laissé que des cadeaux en quittant ce monde. Ce constat la fit autant souffrir que le décès de son père.

Ancienne professeure de Sortilèges (2043-2046)

Edimbourg Le temps s'est arrêté Solo
1er juillet 2046 - 16h00
Résidence des Perkins (Edimbourg)


Après avoir rapidement préparé ses affaires, Eleanor se dirigea vers sa porte d'entrée. Elle devait partir en direction d'Edimbourg. A peine avait-elle fermé sa porte à clé que de nombreuses questions envahirent son esprit. Avait-elle prévu suffisamment de vêtements ? Finalement, ça n'était pas le plus important ... Après tout, sa trousse de toilette suffisait amplement. Pour le reste, elle improviserait. Devait-elle emporter avec elle certains documents ? De toute façon, elle n'avait rien chez elle ... Devait-elle demander à quelqu'un de l'accompagner ? Malheureusement, elle allait devoir supporter cette épreuve seule car elle n'avait pas le temps d'aller chercher quelqu'un.

Bien sûr, Eleanor n'appréciait pas transplaner mais elle n'avait pas d'autre choix. Fort heureusement, elle n'avait plus rien mangé depuis plusieurs heures. Si elle devait rendre quelque chose, elle ne vomirait que de la bile. Le voyage ne dura que quelques secondes mais lorsqu'elle retrouva la terre ferme, son estomac se noua immédiatement. Machinalement, elle se pencha comme si elle allait rendre ce qu'il contenait. Décidément, elle n'était vraiment pas faite pour ça ! Après quelques secondes, ses nausées s'en allèrent alors elle prit une grande respiration et se redressa. Elle se trouvait devant la demeure familiale. Même si elle n'avait jamais gardé un très bon souvenir de sa maison d'enfance, Eleanor fut étonnée de constater qu'elle était en bien mauvais état et qu'elle demandait certaines réparations. Les mauvaises herbes avaient envahi le parc du manoir. *Ça commence bien ...* pensa-t-elle.

Mécaniquement, elle fit quelques pas avant d'arriver devant la porte d'entrée. Devait-elle frapper à la porte ou lui suffisait-il d'entrer ? Elle décida d'entrer sans frapper. Après tout, elle était chez elle ... en quelque sorte. Tout en poussant la porte, elle signala sa présence.

- " Il y a quelqu'un ? "

Aussitôt, un petit monsieur bedonnant fit son apparition et l'accueillit. Il s'agissait de William Argent, le vieil ami de son père et l'auteur de la lettre qu'elle avait reçu une heure plus tôt. Pendant de longues minutes, ils discutèrent. Visiblement, il avait déjà préparé l'enterrement qui devait avoir lieu le lendemain. John Perkins, la père d'Eleanor, avait prévu chaque détail de son enterrement et avait demandé à son plus vieil ami de respecter ses dernières volontés. Très vite, elle comprit que la situation n'était pas aussi simple qu'elle l'aurait souhaité.

- " Ton père avait de grosses dettes ... Je suis tout aussi étonné que toi car il ne m'avait jamais fait part de ses difficultés financières. Il n'avait pas que des amis au moment de son décès ... Ses créanciers sont à ses trousses ... Malheureusement, tu vas devoir t'en occuper ... ".

*PARDON ?!* pensa la jeune femme. Aussitôt, elle comprit pourquoi le manoir familial était aussi délabré et pourquoi son père n'avait pas payé les réparations. Eleanor avait toujours connu un père travailleur et gagnant plutôt bien sa vie. Elle n'avait jamais manqué de rien alors elle était à mille lieux d'imaginer que tout ce que son père lui avait laissé c'était ses dettes. Il était évident qu'elle n'avait pas les moyens de rembourser tous les créanciers de son père. Elle n'avait que 27 ans. Bien sûr, elle avait mis de côté une jolie somme grâce à son poste de professeure de Sortilèges à Poudlard mais elle n'était certainement pas suffisante pour tous les satisfaire.

- " Mon cher William, je pense que les problèmes ne font que commencer ... De toute façon, je ne devais pas m'attendre à autre chose avec John Perkins. Que veux-tu dire au juste par il avait de grosses dettes ? Je pense qu'il va falloir vendre la maison et le mobilier ... Je ne serai jamais rentrée à temps pour la rentrée scolaire en septembre ... Dans quel merdier tu m'as encore mise John ?! "

Eleanor retint ses larmes et serra les dents si fort qu'elle se blessa. Vendre la maison ? Même si l'idée pouvait sembler plutôt bonne, il n'était pas certain que quelqu'un veuille d'une bâtisse en si piteux état. Que valait-elle au juste ? Pendant plusieurs heures, William et Eleanor épluchèrent les comptes de John et allèrent de surprise en surprise. Dépitée, la jeune femme se dirigea vers sa chambre à coucher encore sous le choc de tout ce qu'elle venait d'apprendre. Assise sur son lit, elle ne parvint plus à retenir les larmes ...

Ancienne professeure de Sortilèges (2043-2046)