Retracer nos Infinis
J'me mélange au monde
J'me mélange à toi
Du rêve au ravin
La vie est à moi
Pomme & Terrenoire — Ça va aller
______
Pas un regard en direction de la porte d’où s’échappe la marée de son et de lueurs, depuis laquelle le brouhaha ambiant résonne encore plus fort – pas un regret pour ce repas que tu t’apprêtes à manquer, pas une pensée pour les Autres que tu laisses réunis sur leurs bancs de bois.
Ton pas se fait plus rapide, ton visage plus déterminé ; déjà interrompue par le couvre-feu, et sachant plus ou moins ce que tu risques en bravant les interdits si attirants, tu restes tout de même prudente. Ton corps est tendu, mais tu sais que plus d’une heure s’étend devant toi avant de devoir songer à faire demi-tour.
Pas un songe, donc, pour la Grande Salle où toutes les Maisons se restaurent dans une relative harmonie, pour tous ces gamins qui parlent trop fort, pour les centaines de bougies qui te promettaient une nouvelle migraine avant même la fin du repas. Peut-être te réveilleras-tu dans la nuit, le ventre grondant, mais pour l’heure, la nourriture est la dernière de tes priorités.
Deux pas, un coup d’épaule dans la lourde porte qui s’entrouvre juste assez pour te laisser sortir – et que tu ne prends même pas la peine de refermer derrière toi –, et te voilà dehors. Cette fois, tes pieds sont enveloppés de tes habituelles chaussures, et ton corps encore chaud de tout le temps passé auprès de la cheminée est couvert d’un pull que tu as rapidement enfilé. Tu as même pensé à prendre une petite bougie à la lueur vacillante, la seule que tu arrives à contempler.
Il y a si longtemps, presque une année entière, puissante, source de tant de souvenirs, tu as fait une rencontre qui aurait pu mal commencer – qui fut suivie de tout un tas d’autres, et même d’un voyage loin d’Édimbourg et de l’École.
Alors même que tu ne savais pas réellement où te diriger dans cet immense Parc déjà couvert des filaments de ténèbres hivernaux, tes pas prennent une route à laquelle tu n’avais même pas pensé. Tu te diriges sans trop t’en rendre compte derrière le bâtiment, juste avant les Serres, plonges ton regard dans la noirceur recouvrant le mur – le fameux mur –, tentant d’y discerner une quelconque trace de cette première rencontre qui s’était déroulée ici-même. Pas de lueur d’Étoile particulière, mais un signe, quelque chose pour te rappeler tout ça, pour te permettre de replonger dans la douceur de cette toute première soirée. Rien ne vient, rien ne t’apparaît ; aucun appel ne retentit. Dans la fine couche de neige, tes empreintes se font, révélant ta présence à quiconque s’aventurerait dans ce coin-là du Parc. Heureusement, la pierre a abrité un coin d’herbe tout contre elle sur lequel tu vas t’installer doucement, avec comme seul accompagnement le bruit de tes pas dans l’immaculée blancheur qui ressort d’une pâleur spectrale sous l’Astre. Ton dos repose, comme en cette soirée de fin-Février, contre le géant de roche, ta tête vient s’y appuyer à son tour et tu lèves le regard vers les étoiles qui apparaissent peu à peu.
Il ne manque que sa main dans la tienne, mais elle est loin de toi en ce moment, et son absence se fait douloureusement ressentir au creux de ton cœur un peu trop froid. Tu sais bien qu’elle est là ; sa présence hante chaque fresque de l’édifice, chaque uniforme bleu que tu entrevois dans les couloirs, chaque chevelure de jais qui passe près de toi. Tu sais bien que vous vous reverrez vite ; que la Lune veut vous réunir, de toute façon, et que rien ne pourra se dresser contre sa volonté.
Le froid se fait presque douloureux au bout de tes doigts, et tu les caches rapidement au fond de tes manches longues et épaisses que tu noues et dénoues entre elles sans même y prêter attention.
Définitivement, si ton Amie te rejoignait, en cet instant, le tableau serait littéralement parfait. Mais pour l’heure elle n’est présente qu’au cœur de ton esprit désormais largement apaisé, et elle ne semble pas décidée à venir – sait-elle seulement que tu es ici ? –, aussi tu te contentes de plisser les paupières pour chercher Cassiopée. Révèlera-t-elle sa forme si caractéristique ce soir ? Tu aimerais beaucoup.
Le murmure n’est même pas mélodique, contrairement à la fois précédente. Il ne s’élève en légères volutes dans l’air nocturne que pour rendre la rêverie encore plus réelle, encore plus tangible.
J'me mélange à toi
Du rêve au ravin
La vie est à moi
Pomme & Terrenoire — Ça va aller
______
11 Décembre 2045,
Parc, Poudlard,
19h15, pendant le dîner.
Parc, Poudlard,
19h15, pendant le dîner.
Pas un regard en direction de la porte d’où s’échappe la marée de son et de lueurs, depuis laquelle le brouhaha ambiant résonne encore plus fort – pas un regret pour ce repas que tu t’apprêtes à manquer, pas une pensée pour les Autres que tu laisses réunis sur leurs bancs de bois.
Ton pas se fait plus rapide, ton visage plus déterminé ; déjà interrompue par le couvre-feu, et sachant plus ou moins ce que tu risques en bravant les interdits si attirants, tu restes tout de même prudente. Ton corps est tendu, mais tu sais que plus d’une heure s’étend devant toi avant de devoir songer à faire demi-tour.
Pas un songe, donc, pour la Grande Salle où toutes les Maisons se restaurent dans une relative harmonie, pour tous ces gamins qui parlent trop fort, pour les centaines de bougies qui te promettaient une nouvelle migraine avant même la fin du repas. Peut-être te réveilleras-tu dans la nuit, le ventre grondant, mais pour l’heure, la nourriture est la dernière de tes priorités.
Deux pas, un coup d’épaule dans la lourde porte qui s’entrouvre juste assez pour te laisser sortir – et que tu ne prends même pas la peine de refermer derrière toi –, et te voilà dehors. Cette fois, tes pieds sont enveloppés de tes habituelles chaussures, et ton corps encore chaud de tout le temps passé auprès de la cheminée est couvert d’un pull que tu as rapidement enfilé. Tu as même pensé à prendre une petite bougie à la lueur vacillante, la seule que tu arrives à contempler.
Il y a si longtemps, presque une année entière, puissante, source de tant de souvenirs, tu as fait une rencontre qui aurait pu mal commencer – qui fut suivie de tout un tas d’autres, et même d’un voyage loin d’Édimbourg et de l’École.
Alors même que tu ne savais pas réellement où te diriger dans cet immense Parc déjà couvert des filaments de ténèbres hivernaux, tes pas prennent une route à laquelle tu n’avais même pas pensé. Tu te diriges sans trop t’en rendre compte derrière le bâtiment, juste avant les Serres, plonges ton regard dans la noirceur recouvrant le mur – le fameux mur –, tentant d’y discerner une quelconque trace de cette première rencontre qui s’était déroulée ici-même. Pas de lueur d’Étoile particulière, mais un signe, quelque chose pour te rappeler tout ça, pour te permettre de replonger dans la douceur de cette toute première soirée. Rien ne vient, rien ne t’apparaît ; aucun appel ne retentit. Dans la fine couche de neige, tes empreintes se font, révélant ta présence à quiconque s’aventurerait dans ce coin-là du Parc. Heureusement, la pierre a abrité un coin d’herbe tout contre elle sur lequel tu vas t’installer doucement, avec comme seul accompagnement le bruit de tes pas dans l’immaculée blancheur qui ressort d’une pâleur spectrale sous l’Astre. Ton dos repose, comme en cette soirée de fin-Février, contre le géant de roche, ta tête vient s’y appuyer à son tour et tu lèves le regard vers les étoiles qui apparaissent peu à peu.
Il ne manque que sa main dans la tienne, mais elle est loin de toi en ce moment, et son absence se fait douloureusement ressentir au creux de ton cœur un peu trop froid. Tu sais bien qu’elle est là ; sa présence hante chaque fresque de l’édifice, chaque uniforme bleu que tu entrevois dans les couloirs, chaque chevelure de jais qui passe près de toi. Tu sais bien que vous vous reverrez vite ; que la Lune veut vous réunir, de toute façon, et que rien ne pourra se dresser contre sa volonté.
Le froid se fait presque douloureux au bout de tes doigts, et tu les caches rapidement au fond de tes manches longues et épaisses que tu noues et dénoues entre elles sans même y prêter attention.
Définitivement, si ton Amie te rejoignait, en cet instant, le tableau serait littéralement parfait. Mais pour l’heure elle n’est présente qu’au cœur de ton esprit désormais largement apaisé, et elle ne semble pas décidée à venir – sait-elle seulement que tu es ici ? –, aussi tu te contentes de plisser les paupières pour chercher Cassiopée. Révèlera-t-elle sa forme si caractéristique ce soir ? Tu aimerais beaucoup.
« Fallen angel, I won’t let you fall tonight- »
Le murmure n’est même pas mélodique, contrairement à la fois précédente. Il ne s’élève en légères volutes dans l’air nocturne que pour rendre la rêverie encore plus réelle, encore plus tangible.
Premier Pas réservé — la suite est entre les mains de la Plume qui le désirera.
• ‘til it seemed
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée
that Sense was breaking through — •
ent‘r‘êvée