Nuit mélodieuse rpg++ privé

Septembre,
Pv avec: @Randall P. Loony


Assise dans son lit, Athéna ne trouve pas le sommeil. Ses pensées intrusives se faufilent tout au fond de son esprit et trouble les nuits de la rouquine depuis la rentrée. Ayant rencontré presque personne, la nouvelle Gryffonne se sent plus que seule et ses anciennes habitudes lui manque. Chez elle, elle avait pour habitude le soir de dessiner les étoiles où de se poser au rebord de sa fenêtre afin de gratter quelques notes sur sa guitare, activité qui apaisait son âme angoissée. Maintenant résidant à Poudlard, elle ne peut plus se le permettre au risque de déranger ses camarades de dortoir avec une mélodie pourtant joliment jouée.

Ne tenant plus en place, c'est dans un geste brusque que la rouquine abandonne sa couverture et sors de son lit. Ses pieds nus collés au sol, elle tente d'accéder à sa malle dans le plus grand des silence. Une fois l'objet de ses conviction accédé, elle se munit de sa guitare acoustique et sort du dortoir sans un regard en arrière pour ses camarades. Dévalant les escaliers, elle se fait plus discrète en arrivant proche de sa salle commune où elle tend l'oreille. Son ouïe n'étant pas alertée elle continue sa promenade dans le château. Elle arbore cette nuit un simple t-shirt noir bien trop large pour sa frêle corpulence ainsi qu'un short à peine plus long que le haut, dans un coloris lilas qui apporte un peu de couleur au pyjama. Ses longs cheveux emmêlés se balancent au rythme de ses pas et elle souffle sur quelques mèches volantes à plusieurs reprises afin que ces dernières ne lui chatouillent pas son nez parsemé de tâches de rousseurs.

Se laissant guidée par ses pas, elle se retrouve maintenant proche de la tour d'astronomie, son instrument à la main droite. Un sourire se dessine sur ses lèvres et elle pense.

Mes pas savent où me guider. Mes précieuses étoiles...

Dans une nouvelle démarche, elle monte les escaliers quatre a quatre veillant tout de même à ce que sa guitare ne cogne nulle part. Cet instrument en bois de tilleul lui a été offert par son meilleur ami moldu, Ash et il lui était très cher. Avant de partir à Poudlard, Athéna avait rendu une visite à son ami afin de le prévenir de sa longue absence bien qu'elle ne put préciser la réelle raison. Ce dernier avait alors peint en souvenir sur le bois un tournesol ainsi que deux jeunes enfants se tenant la main. Un sourire aux lèvres, il avait expliqué que les enfants représentaient Athéna et Ash et que le tournesol symbolisait leur amitié. À ce souvenir, la rouquine sent ses larmes monter. Avant, elle ne se sentait jamais seule. Avant, elle avait Ash. C'était les deux enfants contre le reste du monde.

Parvenue en haut de la tour, Athéna prend une grande bouffée d'air. Ses sens en alertes, elle se fait surprendre par la froidure de ce mois de Septembre. Son insomnie et son désire de libérer son esprit avait prit le dessus sur toutes pensée rationnelle et c'est donc en t-shirt et short, en pleine nuit de Septembre pendant le couvre feu qu'elle se tient debout, au milieu de cette sphère apaisante, sa guitare à la main. Sans réfléchir d'avantage, elle se pose en tailleur et frissonne au moment où la peau de ses jambes entre en contact avec le sol. Un sourire délicat aux lèvres, elle pose son instrument sur son genou droit et commence à gratter quelques accords. Autodidacte, la rouquine n'a jamais pris de cours ou bien même appris le solfège. Elle se laisse simplement guider par ses émotions et joue afin de les libérer. Cette nuit, sa mélodie est calme et apaisante, elle exprime la solitude ainsi que la nostalgie. Ses yeux clos, quelques mèches de cheveux emportées par le vent ainsi qu'un sourire aux lèvres, elle profite de sa plénitude totale, tant et si bien qu'elle n'entend pas les pas qui se dirigent vers elle.

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Nuit mélodieuse rpg++ privé
Le moyeu de la tapisserie était si large que Solal pouvait y passer l'index. Concentré pour ne pas provoquer le réveil de sa voisine, le jeune Serpentard s'amusait un peu. En observant le décalage irrégulier dans la géométrie de son espace de vie, il vint à penser que son architecte devait être soûl au moment de la construction. Quelle race de tisserand pouvait bien loger dans le nord de l'île, à Highland, là où seuls quelques jeunes sorciers crédules semblent capables de vivre ? La lumière des étoiles - la lune devait bouder - filtrait la toile claire du lit baldaquin de Solal pour venir éclairer les spires fines de celle de sa colocataire. Et dans le fond, recroquevillés dans un angle du moelleux, luisaient deux points microscopiques, deux yeux inexpressifs. Cette petite amie du soir ne devait guère mesurer plus d'un centimètre : *une araignée inoffensive de plus* songeait son observateur attentif.

Cessant de faire le prétentieux avec ces quelques mots jargonneux qu'il venait de lire dans l'ouvrage de Newt Scamender, Solal souffla un coup sec pour embêter la petite araignée. Il est toujours si facile de s'en prendre à plus petit que soi. L'araignée dérangée s'échappa rapidement de l'angle où elle s'était cachée pour regagner le centre de sa toile. Qui vient de souffler ? semblait vouloir indiquer sa tête bouffie, qui vient de souffler pendant que je dormais ? Solal n'osait plus bouger à présent, son visage bien près de celui de la bestiole : ne jamais sous-estimer l'influence d'une araignée sur un jeune garçon de onze ans ! Mais tout Serpentard qu'il était, Solal souffla à nouveau sur sa petite copine qui activa ses appendices filières - oui, oui le jargon... ! - pour s'extraire de sa toile et prendre la fuite. Hésitant alors à l'écraser avec son manuel de faune magique, il entreprit de la poursuivre dans sa fuite. *Voilà une aventure pour Solal Moony ! songeait-il triomphant comme qui aurait vendue la peau de l'ours avant de l'avoir tué, mais... par Peeves ! où est la bestiole ? Ah... ah ! là voilà !... ma petite, toi, je ne te lâcherai pas !* Et ainsi débuta la première et terrible, extrême, magistrale aventure de Randall Loony à Poudlard.

- Mon vieux ! si j'avais su... avance, pitié, avance !

Deux heures avaient passé, deux heures que Solal suivait pas à pas l'inexorable traversée du château de la petite bête ; se payait-elle sa tête en allant si lentement ? Par deux fois il avait perdu sa trace lorsqu'elle se faufilait dans un interstice et par deux fois il l'avait retrouvée, malin comme il était. La quête qui devait être intrépide et dangereuse s'était très rapidement changée en une très longue et ennuyeuse marche-poursuite dans les étages, puisque l'araignée grimpait au sommet. Jamais encore Solal ne s'était rendu dans la tour d'astronomie mais il se doutait bien que c'était le lieu de sa prochaine découverte puisqu'il gravissait maintenant une marche après l'autre le long colimaçon en compagnie de sa petite compagne de mauvaise fortune. Arrivé derrière la porte qui le mènerait à l'air libre de la nuit, ses yeux quittèrent un instant l'araignée puisque ses oreilles avaient obtenu le monopole des sens. Une mélodie terriblement douce et apaisante rappelait Solal auprès d'Hypnos ; d'un coup le poids de sa fatigue - puisque si la lune avait été présente, il aurait su qu'il était minuit déjà - vint peser sur son corps d'enfant. Inconscient et faisant complètement abstraction des règles d'usage du château, il voulait savoir d'où provenait cet air mélancolique qui le submergeait instantanément. Il fit deux pas pour pousser doucement la porte, laissa passer l'araignée et sortit avec elle.

Dehors l'air très frais du sommet le fit frissonner et ses yeux s'éblouirent d'abord à la luminosité nocturne. C'était une nuit merveilleuse, comme si des milliers d'étoiles avaient été dessinées dans le ciel noir, que le papier de la nuit avait été gratté à l'ongle fin et limé tel un médiator. Et en face de lui, de dos, une éclatante source de lumière produisait de la musique. Solal ne voyait qu'une chevelure épaisse et rousse, révélée par les étoiles. *La lumière qui produit de la musique* avait-il songé, alors qu'il se sentait baigné dans la fraicheur de l'instant. Il entreprit de s'approcher, estimant que le danger était moindre puisqu'il semblait s'agir d'un adolescent, approximativement dans ses âges. Il fit quelques pas délicats puis - fatal instinct ! - regarda ses pieds lorsqu'il écrasait malheureusement son amie la bestiole.

- Couillon d'la lune ! injuria-t-il alors, non !... mais non !... non ! ma copi...

Il réalisa soudain qu'il venait de crier et s'interrompit doucement pour redresser les yeux en direction du jeune musicien.
Dernière modification par Randall P. Loony le 20 août 2021, 16:07, modifié 1 fois.

Pour ma couleur : #286113

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Athéna tout à fait en transe, c'est dans un sursaut que sa mélodie prend fin. Perdue dans ses pensées, elle pensait à Ash et c'est donc avec surprise qu'elle découvre en se retournant le garçon qui vient de jurer de façon amusante. Les dernières cordes qu'elle a gratter vibrent encore, soulignant l'étrangeté de la scène.

L'instant où un jeune garçon inconnu à Athéna qui levait les yeux vers elle et cette dernière, qui le dévisageait un air interrogateur sur le visage, tout ce tableau mis en avant par quelques notes jouées qui se perdaient dans l'air et allaient rejoindre les étoiles de cette nuit peuplée.

Ce moment reste gravé dans la tête de la Gryffonne, cette dernière ayant déjà dans la tête, des idées de mélodies à foison afin d'illustrer cet instant. La rouquine qui jusqu'ici était toujours accrochée à son instrument le laissa de côté avant de focaliser son attention sur ce garçon qu'elle n'a jamais vu auparavant. De ce qu'elle peut apercevoir grâce à la clarté de la lune, il n'est pas bien grand, se rapprochant par estimation de la taille de la rouquine. Si son visage est plongé dans l'obscurité, Athéna peut cependant deviner la couleur de ses yeux, couleur qui lui fait étrangement penser à une citrouille en fin de vie. Face à cette comparaison pour le moins étrange, la Gryffonne se met à rire. Ce rire d'enfant s'échappe dans la nuit, comme les notes qu'elles jouait il y a de ça quelques instants. Pour éviter tout malentendu, elle se lève d'un bond et lui tend la main.

~Athéna, Athéna Augagneur! Je ne sais pas qui tu es mais tu as un drôle de vocabulaire... est-ce que tu es ce genre de garçon qui utilise pleins de jolis mots comme dans les livres?

Pourtant de nature timide, la rouquine n'avait pas pu s'empêcher de débiter un petit monologue. Peut-être est-ce sa solitude grandissante qui parlait, peut-être est-ce parce qu'il ressemblait à Ash, peut-être est-ce parce qu'il a l'air d'être un garçon amusant. Athéna n'en sait rien mais ce qu'elle sait cependant, c'est que le rouge lui est monté aux joues, rendant alors sa personne tout de suite moins impressionnante. En priant pour que la nuit lui offre une couverture, la rouquine baissa les yeux au sol et aperçut l'origine du drôle de juron du garçon. Elle n'aime pas particulièrement les araignées, ayant pour habitude de hurler à la mort quand elle en voyait une. Cependant, cette dernière semblait bel et bien morte et le garçon n'avait pas eu l'air d'apprécier ça.

~Eurk... je ne suis pas friande des araignées. Mais ça devait être ton amie alors attend, ne bouge pas!

En sautillant, Athéna part chercher sur les dalles de la tour une feuille assez grande pour couvrir l'insecte. Une fois ce qu'elle cherchait trouvé, elle arrache la feuille d'un vert fatigué et accourt vers le garçon et sa défunte amie. D'un geste délicat, elle dépose la couverture mortuaire sur l'araignée, l'enveloppant alors dans un linceul naturel. Afin de finir l'obsèques en bonne et due forme, la rouquine se replace dans sa position initiale, en tailleur les jambes gelées par le sol et se munit de sa guitare. L'instrument tout à fait collé à elle, elle replace une mèche derrière son oreille et joue quelques accords macabres. Elle n'a encore jamais assisté à un enterrement et un sourire se dessine sur son visage en pensant que son premier soit celui d'une araignée, en compagnie d'un inconnu.

~Je te donne un fond musical, à toi de lui faire tes adieux. Je ne la connaissais pas mais je suis sûre qu'elle était hum... pas la plus terrifiante des araignée!

La mine concentrée, elle joue ce qui lui vient à l'esprit, étant plutôt fière de ses premières notes funèbre. Habituellement, elle joue des airs entraînés, sur lesquels on peu facilement danser au près du feu. Mais ce soir, s'étant déjà laissée allée à sa mélancolie, l'inspiration ne lui manque pas, les notes tristes jaillissant de l'instrument sans aucune peine.

@Randall P. Loony

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Tout est allé très vite tout à coup et Solal, lui, était pétrifié. Tout est allé très vite et Solal, lui, ne bougeait plus. Lorsqu'il relevait doucement la tête après avoir juré à la lune, une petite musique pathétique, comme celle de la défaite, s'échappait de la source lumineuse ; la scène était étrange à présent que chaque élément reprenait sa place. Que faisait-il en pleine nuit sur la tour d'astronomie quelques jours seulement après avoir intégré Poudlard, alors que le couvre-feu était en vigueur ? Mais Randall n'eut pas le temps de penser cela, puisqu'on venait de se tourner vers lui. Un moment gravé. Un instant figé. Ils se dévisageaient l'un l'autre. Lui la dévisageait elle. Elle le dévisageait lui. Étrangement, de dos ses cheveux reflétaient la lumière. À présent, de face, son visage était masqué par l'ombre de la nuit. *Mais c'est une fille...* pensait Solal, très lentement, *c'est une fille ! bien sûr !...* La chevelure longue aurait pu l'aiguiller un peu, mais non. Rien n'aiguille un jeune héros qui se veut plein de fougue, encore moins quelque cliché capillaire. Solal Moony est un explorateur féministe ! (Mais ça, il ne le savait pas encore.) Puis, tout s'accélère. D'un coup, la musicienne se met à rire. *C'est une fille... qui rigole...* songeait-il, plus hébété que jamais. Un escargot dans un train. Tout va très vite, sauf l'escargot. Sauf Solal. Et d'un bond, voici maintenant la fille-qui-rigole arrivée auprès du gamin qui ne bougeait plus, les yeux finalement pas très vaillants, plutôt fuyants.

~ Athéna, Athéna Augagneur ! Je ne sais pas qui tu es mais tu as un drôle de vocabulaire... est-ce que tu es ce genre de garçon qui utilise plein de jolis mots comme dans les livres ?

Sa voix était aussi rousse que ses cheveux. À onze ans, la moindre rencontre possède un charme déconcertant, certes, mais Randall n'était pas tant charmé qu'il fut surpris par l'intrusion de cette potentielle amie dans son univers. *C'est une fille qui rigole* songeait-t-il à nouveau *qui rigole...et qui rougit !* La nuit n'avait rien caché de cette timidité brûlant les pommettes de l'enfant. Aussitôt Solal rougit. Là, sur la tour d'astronomie, ils étaient égaux dans leur malaise adolescent qui ne devait pas durer. Solal revenait à la raison, l'escargot quitte sa coquille. On retrouve Solal Loony, l'explorateur. À son tour, il voulait se présenter auprès d'Athéna. Lui dire qu'il était Solal. Lui dire qu'il n'avait rien retenu de ce qu'elle venait de dire, sinon qu'elle portait le prénom d'une déesse. Mais avant qu'il ne sortît totalement de sa torpeur, la musicienne - qui devait trouver le temps bien long ! - reprit la parole.

~ Eurk... je ne suis pas friande des araignées. Mais ça devait être ton amie alors attends, ne bouge pas !

Par Peeves ! Solal avait oublié le décès pourtant tout frais de sa copine l'araignée. Il était triste mais sous le prompt dégoût de sa camarade, il préférait le taire et surtout ne pas lui laisser croire qu'il était encore un gamin, un de ceux qui jouent à l'aventurier. Il suffit d'une rencontre intimidante pour qu'à onze ans on devienne comme les grandes personnes.

~ Je te donne un fond musical, à toi de lui faire tes adieux. Je ne la connaissais pas mais je suis sûre qu'elle était hum... pas la plus terrifiante des araignées !

Lorsque l'on croit qu'il nous faut grandir à tout prix, très vite, maintenant, pour avoir l'air grand, lorsqu'on croit que les rêves et les jeux ne sont réservés qu'aux enfants, lorsqu'on se force à croire que parce qu'on aime plus, maintenant, ni les rêves ni les jeux, enfin, on est devenu un grand, c'est là qu'on quitte la vraie vie. Heureusement, il existe encore quelques rencontres étranges qui viennent éviter cette transformation abrutissante. Solal venait de le comprendre, cet instant serait d'anthologie car dans le sang d'Athéna coulait la même folie que dans ses propres veines. Déjà elle l'avait fait rire intérieurement. La mélodie démarrait, mélancolique, nostalgique. D'un tout petit pas en avant, Solal entra dans la lumière, tête redressée, les yeux au loin, perdus dans la nuit, le corps droit, le corps solennel.

- Ô Arai-... Ari-... Ara-... Aragnas, reine des feignasses ! Athéna et moi on est très tristes puisque là tu nous as... quitté ! Aragnas, que venais-tu faire sur la tour d'astronomie ? Tu avais un devoir à rendre ? Je rigole, je rigole pardon !... Petit silence musical, Solal jette un regard très sérieux à Athéna. Au-dedans de sa gorge, le bouillonnement de rire le démange. Qui te connaissait mieux que moi dans cette foule immense ? Personne ! bien sûr que non ! Et je connais ton très très gros secret Aragnas. Petit souffle dramatique, inspiration profonde. Je porterai ce secret en silence, mon amie. En silence. Il porte son index sur ses lèvres, quel acteur ! Mais sache, Aragnas, que tu n'es pas... dé-cé-dée... pour rien : grâce à toi et grâce à ton interminable ascension, ce soir se rencontrent deux amis ! Oh ! Aragnas ! que dis-tu ? Hum... oui oui ! Je comprends. Tu veux qu'on devienne amis pour honorer ton décès, mais bien sûr nous le serons ! Bien sûr que nous allons devenir amis, pour toi, Aragnas ! Repose en paix, Aragnas, repose en paix maintenant. D'un mouvement solennel à l'excès Solal lève le visage vers les étoiles et écarte les doigts. Ses méninges vont griller, il cherche un alexandrin pour terminer son éloge... ah ! Combien terrible est ta défaite, pour toi nous allons fair' (*raté*, pensa-t-il déçu) la fête ! Pour Aragnas, mon amie !

Le corps de Randall commence à gigoter. D'abord ça vibre, puis ça se secoue, se dandine, se balance, puis rapidement les bras se lèvent et le corps s'élance au rythme de la musique d'Athéna. Jamais Solal n'avait osé danser devant quiconque avant. Pourtant, la danse voyageait dans son corps comme un fluide au rythme net. Il aimait danser. Alors qu'il commençait à bouger son corps dans une légère transe mi-chamanique mi-expérimentale, il ne voyait plus Athéna. Et sur le son de sa musique il l'interpela enfin : « Je m'appelle Solal et j'aime beaucoup ta musique. Tu joues bien... c'est ta maman qui t'a appris ? » Solal dansait. Il écoutait mais ses yeux s'étaient fermés et à présent il convoquait l'espace et le temps, dans une même bulle. Le sommet de la tour devenait seconde, minute, heure et chaque pas avançait d'une éternité, chaque mouvement voyait défiler le passé. L'horloge et son tic tac étaient, eux, fendus par la danse ; devenu solide on pouvait contourner le temps, le fouler et le déplacer. Par cette éloge funèbre, tout était perverti, puisque tout était sans dessus-dessous. Puisque le temps était l'espace et l'espace le temps. Puisque le mort était une araignée et le tueur son aumônier. Puisqu'enfin quelque chose naissait, sous les étoiles.

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Jouant alors pour l'éloge funeste de son amie, Athéna avait de nombreuses fois failli rire aux mots de ce garçon. Il utilisait de grands mots et les maniaient d'une façon amusante. La rouquine aimait ça, ayant alors l'impression de vivre dans ses bouquins dans lesquels elle se plongeait avec passion, enviant leur vie à tous. Toujours l'oreille attentive, elle haussa un sourcil quand le garçon encore sans nom avait fait serment à sa défunte amie qu'ils seront, les deux humains, amis à leur tour pour elle. Un sourire alors éclatant avait prit place sur son visage et elle se permit d'imaginer une scolarité sans son Ash. Peut-être y avait-il dans cette école un garçon tout aussi vivant, tout aussi amusant que son ami. Les filles gentilles regorgaient dans cette école mais sans savoir comment mettre de mots dessus, la rouquine se sentait bien plus proches des garçons. Elle les avait maintes fois enviés et aimait faire comme eux. C'est pourquoi elle accordait son sourire à l'inconnu.

L'éloge funeste terminée, le garçon mentionna une fête et alors, Athéna changea de registre musical pour un rythme bien plus entrainant et joyeux. À la vue de l'inconnu danser, la rouquine rougit de façon violente. Jamais encore elle ne s'était surprise à teinter de cette couleur ci et elle ne savait même pas quelle en était la cause. Quand alors le garçon ferma les yeux la gryffonne se permit de respirer calmement avant de se lever et de danser avec lui, profitant de son aveuglement. Seuls les astres la regardaient mais elle s'en moquait, ses amies les étoiles avaient le droit à ce drôle de spectacle. À nouveau le danseur à ses côtés prit la parole et Athéna répondit calmement, le sourire aux lèvres.

~Merci! Non, j'ai appris seule. C'est... c'est mon meilleur ami qui me l'a offert l'année de mes cinq ans. Depuis je l'emporte partout avec moi.

La rouquine avait hésité à évoquer son ami, sachant alors que les larmes lui monteraient aux yeux mais, le garçon avait les siens fermés alors il n'en saurait rien. Une unique larme dévalait la joue parsemée de tâches de rousseurs, ou d'éclats de soleils comme lui avait souvent répété Ash.

~Ash, mon visage est affreux pourquoi je suis pas comme toi? Tu es roux mais tu n'as pas ces immondes choses sur ton visage toi!
-Na', voyons ne parle pas de ces tâches comme ça! C'est le soleil qui te les as offertes pour que tu brilles, pour que quiconque croise ton chemin soit illuminé. Tu es la lumière que le soleil a envoyé sur terre pour réchauffer nos vies un peu plus fort.
~Ash...


Ce souvenir avait ressurgit, et Athéna laissa échapper un petit rire. C'était un rire nostalgique, de ceux qu'on lance à quelques occasions, quand les larmes étaient de vigueur et que les sourires s'y entremêlaient afin de ne pas tout gâcher. Quelques autres larmes avaient prit la relève de la première et la rouquine se précipita de les essuyer, stoppant alors pour un instant la musique qu'elle continuait de jouer depuis le début. Ne voulant pas attirer l'attention de ce fameux Solal, elle reprit immédiatement la musique en souriant, ce même sourire qu'elle affichait à toutes les occasions, comme on enfilerait une jolie robe pour les grands événements. Les pensées occupées, Athéna essayait de ne pas se laisser submerger et cherchait inlassablement quoi dire à Solal, n'appréciant alors pas le silence quand la nostalgie faisait surface. Les mots lui étant introuvables, elle laissa juste flotter dans l'air une question innocente.

~Tu en joues toi, de la musique?

Si la réponse était négative, la rouquine savait qu'elle en serait abasourdie. Au moins aimait-il la musique? Pour elle à qui la musique avait sauver la vie, elle trouvait inconcevable que ce ne soit pas le cas de tout le monde. Si elle acceptait toutes les différences dans ce monde sans exceptions, elle était une fervente militante contre ceux qui n'aimaient pas la musique. Enfin, elle militait dans sa tête, la peur de prendre la parole bien trop forte.

@Randall P.Loony

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