Inscription
Connexion

1 sept. 2021, 11:21
 +  Trait iodé
Mercredi 23 Mai 2046,
17h34,
Cour de la Tour de l'Horloge


J’avais passé toute ma journée au Parc, profitant du retour du printemps. L’herbe était verdoyante, et douce sous mes pieds nus. Je m’étais étendue dessus, fermant les yeux à son contact. Chaque petit brin me chatouillait gentiment la peau. Je me rappelai la fois où, saisie d’un choc violent, j’avais mangé un brin d’herbe, l’air de rien. Je souris à ce souvenir, riant de moi-même. Je m’étais réveillée après un long rêve où je volais sur un dos d’oiseau au-dessus d’un pays féerique. J’avais étendu les bras, et des ailes sont apparues naturellement, remplaçant mes bras. J’avais volé à mon tour, libre comme l’air. Me réveiller fut bien triste : j’avais beau étendre mes bras, aucune plume n’apparaissait sur ma peau. J’avais posé mes paumes de mains sur l’écorce dure des arbres, profitant de l’ombre produite par leur feuillage pour passer l’après-midi où le Soleil tapait plus fort. Le soir tombait, apportant le vent frais qui m’avait fait frissonner. Je m’étais dirigée vers le château, passant par la Cour de le Tour de l’Horloge.

Une fille semblait dessiner, l’air très concentrée. Je souris, et continuai mon chemin, ne voulant pas la déranger. Saisie de curiosité, je passai près d’elle, l’air de rien, jetant un regard par-dessus son épaule. Un magnifique paysage ressortait du papier. La mer. *Ma maison* Je remarquai que je m’étais arrêtée à-côté de l’artiste, les yeux écarquillés, regardant fixement son œuvre. Je me ressaisis, et ne résistant plus à lui poser ma question, je lui demandai :

Tu vis à la mer ? ‘Fin, j’veux dire, pour la dessiner comme ça faut l’avoir vue.

Et voilà que je me remettais à rougir. Les couleurs de son dessin se mélangeaient avec harmonie, chacun de ses traits ressortait d’une manière si réelle que je me serais crue devant un paysage marin si je ne me savais pas à Poudlard, château à des dizaines de kilomètres de la mer. J’aurais voulu plonger dans son œuvre, nager dans cette eau colorée qui m’attirait telle un aimant était attiré par le frigo. J’étais un aimant irrésistiblement appelé par le dessin de la fille. Lutter pour m’empêcher de plonger était douloureux. *Laissez-moi, juste un petit plongeon...* Au plus de temps passait, au plus résister devenait difficile. Je réussis néanmoins à déplacer mon regard vers le Tour de l’Horloge. Fixer celle-ci me ramena à la réalité, je déplaçai mon regard vers la dessinatrice et lui dis :

Tu dessines vraiment bien. Ça t’a pris combien de temps ? demandai-je, indiquant l’illustration d’un mouvement de menton, n’osant trop la regarder à nouveau.

Je me demandais si, lorsque la fille dessinait un être vivant, celui-ci sortait de la feuille pour vivre hors de l’univers en deux dimensions. Pouvait-elle ainsi ressusciter les morts ? Tant de rêves qui ne se réaliseraient pas. Peut-être que dessiner était pour l’artiste un moyen de rêver ? D’oublier l’impossible, pour se créer un univers à elle, un univers où tout serait possible ? Je voulais moi aussi avoir un espace à moi où rêver serait sur quoi tout se baserait. Je voulais m’emparer de ses feuilles pour essayer de dessiner comme elle. Mais je connaissais mon niveau de dessin, et il n’atteindrait jamais celui de la dessinatrice en face de moi.

@Scary Limpson, voici mon Pas. En espérant qu'il te plaise :cute:
Dernière modification par Ivy Mercer le 2 sept. 2021, 14:20, modifié 1 fois.

#457898 · Marrainage
Baisse de présence jusqu'au 27 août inclus

1 sept. 2021, 12:54
 +  Trait iodé


"Assise sur le sable fin, tu regardes la mer d'un air absent. Les vagues viennent frapper tes pieds fripés par l'eau dans laquelle ils n'ont pas cessé de tremper. Qu'est-ce qui peut bien te fasciner du haut de tes 5 ans. Cela fait tellement longtemps qu'on ne s'est pas vu, et toi, tu fixes la mer comme fixe une Gamine qui n'a jamais vu d'arc-en-ciel. Mais tu as déjà vu la mer. Tout les étés, tu me lances les mêmes regards suppliants pour que je t'y emmène. Et comme je suis gentil, j'arrive à convaincre père de nous y emmener. Mais cette fois, cela fait un peu trop. Tu fais comme si je n'existait pas. Je suis ton frère, merde. C'est grâce à moi que tu es ici, c'est grâce à moi que tu voyages, c'est grâce à moi que tu connais tout ce que tu sais. [...] Je t'ai traîné sur le sable et tu as poussé de grands cris. Il était tard et tu étais sous ma responsabilité. Durant tout le trajet, tu n'as pas arrêté de hurler comme une folle. Les passants nous regardaient avec un drôle d'air. A la maison, cela a recommencé. Je t'ai crié dessus. Pour une fois que tu me donnais une bonne raison pour le faire. Puis, je t'ai enfermée dans la salle de bain. Cela a duré trois jours ainsi. A ta sortie, tu ne m'as pas parlé. Pas un mot. Je me suis retenu de dire "je suis ton frère". Puis, je suis reparti à Poudlard pour une année en plus. Qu'ai-je fait ? " 1
______________________________


23 Mai 2046, Cour de l'horloge, 17h34,
Scary Limpson, 13 ans, partie à la mer pour quelques instants.


Remise d'une petite fièvre, la fillette recommence à passer tout son temps dehors. Au mois de mai, beaucoup de fleurs avaient fleuries et elle venait souvent les regarder avant qu'il ne fasse trop chaud ou que l'herbe se dessèche. Elle déteste marcher sur l'herbe assoiffée, l’entendre crisser sous ses pieds, alors le mois de juin venu, elle consacre tout son temps libre à ses études et passe ses journée enfermée à la bibliothèque et cela lui convenait parfaitement.

Aujourd'hui, elle veut changer d'air. Le parc est bien beau mais elle commence à le connaître par cœur. A présent, il l'ennuie. Elle peut le contempler indéfiniment sans rien ressentir, il se contente d'être là, mais se confond avec tout ce qu'il y a de banal ici.
Les cours,
Les tours,
Et les trous de toutes les âmes vides qui n'ont rien compris à la beauté.

*Y a qu'la Mer qui est belle*.
Regarde les Étoiles ; elles te hurlent que tu ne pourras jamais les atteindre.
Regarde les Ombres ; on ne peut les aimer que si l'on en devient une.
Regarde le Temps ; il te pourrit, il te détruit, et il change tout ce que tu aimais en choses que tu déteste. Et ton Âme, elle est moche, elle est sale, elle fait toujours les mauvais choix, elle te trahit au pire moment, et quand tu en as besoin, elle n'est pas là. Son âme, la fillette la déteste. Pour rien au Monde elle ne lui ferait confiance, à part peut-être pour quelques minutes face à l'étendue bleue qui ne semble jamais se finir.

Elle ferme les yeux. Elle peut presque revoir le dernier instant qu'elle a passé sur le sable, elle peut presque ressentir les vagues se briser sur ses pieds trempés, réentendre la voix de son frère, réentendre ses cris, et la douleur de ses poings contre ses paumes d'acier pour une minute de plus. Et le pan de mer dans sa vision rétrécir, rétrécir jusqu'à se dérober sous ses yeux.*Le Traître*, c'est ce qu'elle avait pensé au début. Mais n'était-ce pas elle la plus fautive ? Si seulement elle ne s'était pas débattue, si seulement alors peut-être serait-elle revenue tout les ans, tout les jours. Qui a abandonné qui ?*Mais moi je n'ai pas oublié*.

La fillette s'assit au pied de l'un des piliers du cloître et sort ses crayons. Elle ne veut pas oublier son bleu, elle ne veut pas oublier la couleur du sable, alors elle en profite tant que le souvenir est encore intact. Elle est comme ça la fillette, un trou de mémoire lui suffit largement. Elle laisse alors valser ses crayons sur le papier et bientôt se dessinent des vagues s'échouant sur le sable brun. Elle n'est pas très contente de sa représentation, alors elle laisse le dessin sur le sol et prend une nouvelle feuille. Le cirque recommence. Ce n'est jamais parfait, ce n'est jamais assez bien pour la mer. Comment veut-elle qu'elle l'accueille encore après ? Elle se saisit d'une nouvelle feuille et décide de changer. Si les dessins précédents n'étaient pas beaux, c'est parce que le souvenir correspondant n'était pas beau. Le nouveau est à son goût. Pas de bateaux, elle partage juste la mer avec des mouettes ...

Et la curieuse fille qui vient s'inviter avec ses questions personnelles. Mais aujourd'hui, elle serait aussi patiente avec les Autres qu'elle l'a été avec ses dessins, et avec ses souvenirs. Seulement, elle est mal à l'aise ; elle n'aime pas que l'on s'intéresse à elle, elle n'aime pas les questions qui portent sur elle, cela la dérange. Elle se méfie l'enfant, elle se méfie des gens qu'elle connaît comme ceux qu'elle ne connaît pas, elle a peur qu'ils la brisent avec des informations qu'ils ne devraient pas savoir. Mais cette fille n'a pas l'air bien dangereuse, alors la fillette lui répond finalement :

- Non je vis à Londres, c'est triste comme ville. 'Reusement qu'y a la Tamise... Avant j'y allais souvent en vacances, mais... mais maintenant on y va plus parce que mes parents ont beaucoup de travail.

1souvenirs retracés par Norman le frère de Scary. Date de 2038.


@Ivy Mercer voici pour moi. Ce poste est assez différentde ceux qu j'ai l'habitude d'écrire alors j'espère qu'il te convient.
Tout est parfait de ton côté ! :cute: Désolée pour toutes les fautes...
Dernière modification par Scary Limpson le 22 févr. 2022, 11:05, modifié 5 fois.

En fleurs
En pleurs

1 sept. 2021, 19:12
 +  Trait iodé
Je me souvins de mes premiers mouvements de brasse : c’était un été très chaud, je venais d’apprendre à marcher, et papa m’avait emmené à la plage. Il m’avait montré comment faire pour flotter, pour avancer, et tourner. Je l’avais regardé avec attention, tentant de reproduire ses gestes. J’avais vite appris qu’ouvrir la bouche était une mauvaise idée. J’agitais nerveusement les bras, tendant le cou pour le garder hors de l’eau. Après cet exploit, j’étais fièrement rentrée raconter mon aventure à la maisonnée. Quand j’y repensai, je souris, me rendant compte que mon “exploit” n’était rien, comparé à ce que j’étais en mesure de faire à ce jour. Je me demandais si l’artiste savait nager.

Une ville triste ? Londres ? Mais, j’avais entendu dire que la nuit tombée, les lumières sur la ville la rendaient impressionnante. J’avais entendu dire que les musées étaient époustouflants. J’avais entendu dire que c’était une ville magnifique. Il était vrai que je n’avais pas vu beaucoup plus que la Gare d’où partait le Poudlard Express – et dont le nom m’échappait toujours.

Une ville triste ? fis-je, en écho à mes pensées. Qu’est-c’qui la rend triste ?

Je ne mentionnai pas le fait que le nom “Tamise” m’échappai, de peur de passer pour une ignorante. De la bouche de la fille, ce nom passait pour un nom propre. Peut-être était-ce un membre de sa famille, ce qui expliquait le fait que je ne le connaissais pas. Je ne savais pas pourquoi j’essayais de faire la conversation avec cette personne visiblement occupée, et ne voulant pas vraiment me parler.

Moi, j’vis à la mer, dis-je. J’peux t’dire qu’ton dessin est tellement réaliste qu’c’est…

Troublant. Mais le mot ne me vint pas à ce moment là, laissant ma phrase en suspens. Une plume qui n’arriverait pas à atteindre le sol, coincée entre le Ciel et la Terre. Je contemplai le ciel, tentant d’apercevoir le mot qui me manquait. Ne le trouvant pas, je fronçai les sourcils, énervée par la quantité d’adjectifs de la langue anglaise. Il y en avait tellement qu’en choisir un était très difficile. Il y en avait trop. Il y avait trop de lettres, trop de mots, trop d’inutilités. Je pensais que pour ne pas se compliquer la vie, nous devrions tous communiquer par gestes. Mais les mots avaient une beauté unique, et mélanger des lettres afin d’en créer une histoire était propre à l’espèce humaine.

Le bruit des vagues me manquait, le Soleil réverbérant sur le sable me manquait, le vent de la Côte me manquait. Mon chez-moi me manquait. Je voulais revoir mes parents, ma maison, mon frère. Si je savais me télétransporter, je l’aurais fait depuis belle lurette. Je voulais retourner à Borth, j’aurais exprimé mon souhait à un professeur, si la timidité ne m’en avait pas empêché. Il m’arrivait des fois de parler dans ma tête, comme si je discutait avec Maman, Papa ou Stephen. Je ne me sentais pas bête, j’aimais juste me sentir moins seule dans mon petit crâne.

Ton post m'a beaucoup plu, Plume :wise:
Ravie de pouvoir partager ces Mots avec toi :cute:

#457898 · Marrainage
Baisse de présence jusqu'au 27 août inclus

27 sept. 2021, 17:32
 +  Trait iodé
La fillette hésite à lui dire la vraie raison. C'est vrai, la Bleue n'avait pas besoin de le savoir. Elle décide finalement de taire ce passage pourtant si frais dans sa mémoire. Elle non plus ne voulait pas se souvenir. La mer état trop triste ce jour-là, les vagues semblaient pleurer son départ en s'échouant sur le sable fin. alors les larmes de la fillette avaient rejoint celles de la mer pour qu'elle en garde un instant humide.

A côté, Londres n'est même pas comparable. A Londres, les nuages ne sont jamais contents ; il faut dire qu'il y a tellement de cris qui résonnent entre les façades bitumées des immeubles qu'ils doivent être incommodé par le bruit. Mais personne ne les écoute les nuages, quand ils nous demandent un peu de silence. On se contente de prédire l'instant où ils pleureront dans le ciel morose. On se contente de les fuir cachés sous des parapluies, on les repousse, on aimerait tellement qu'ils meurent une fois pour toute. Pourtant, on râle aussi lorsque l'herbe desséchée des quelques parcs nous piquent la plante des pieds, quand la chaleur amplifiée par le grondement des voitures emplit l'air et nous étouffe. Ah là, on regrette les pleurs des nuages. Mais il fallait bien qu'ils trouvent un moyen de se faire désirer. D'un air absent, elle répond à l'autre évasivement :

- Rien la rend triste. Elle l'est, c'est tout. Cette ville est juste trop.

Haussement d'épaules. Les Autres avec leurs questions inutiles ... Mais trop occupée sur tout les mauvais points de Londres, elle passe outre ce qui fait office de détail. La fillette ne souhaite pas savoir ce qu'il se passe dans la tête de cette Bleue, sûrement beaucoup trop compliqué. Il est déjà assez dur de devoir gérer ses propres réflexions, alors elle ne se souciait pas de celles des autres. Après tout, ils sont aussi sensés avoir une tête pour penser. Ils n'ont pas besoin d'elle, et elle non plus. Elle n'a besoin que de la mer et de la douceur de ses vagues sur sa peau. Le reste est superflu, tellement superflu.

L'autre fille revient alors vers elle. Quelle chanceuse, celle-là. Elle a le sable, elle a le vent léger du bord, les cris des mouettes dans l'immensité du Ciel azur, et les jours de tempête, elle a la beauté des éclairs se reflétant sur les eaux nocturnes au rebord de sa fenêtre.
Finalement, elle est peut-être pas si insignifiante la première année. Elle connaît bien la mer. *P'tet même qu'elles sont amies*. A défaut des Autres, il faut bien trouver un fidèle compagnon pour ne pas rester seule. A cette pensée, son regard rejoins le décor. Elle est si seule maintenant qu'elle n'a plus son amie, et elle sait qu'il n'y a rien pour la remplacer. Même les dessins, aussi réalistes furent-ils et ressemblant à ses souvenirs, ce n'est pas suffisant.

*Comment j'peux ét(r)eindre mon Feu si j'ai pas d'eau ?*. Elle se questionne. Maintenant, il n'y a rien qui soit capable d'arrêter ses poussées de colère, de stopper sa froideur lorsqu'elle se dresse entre son cœur et ce qui l'entoure. Ses pensées se tordent, se nouent et se fracassent contre les falaises de ses contradictions. Alors pour se dénouer, elles implosent et finissent par se taire laissant un vide infranchissable. Les connexions se brisent, elles explosent ne pouvant plus s'étirer, et le dernier pont entre le monde réel et celui des songes disparaît pour laisser place à un silence troublant. La fillette en oublia de répondre. Les mots ne lui viennent pas, elle n'arrive pas à les choisir. Ils restent coincés, et ils se perdent dans le labyrinthe profond de son esprit. On ne les revois plus. Et lorsqu'il ne reste plus rien des vieux liens inutilisables, la seule image qui s'impose à elle est celle de la fillette près d'elle. *L'Amie d'la Mer*. Elle essaye de dire quelque chose sans vraiment savoir quoi. Parce qu'ici, le Silence s'rait trop horrible. D'une voix presque inaudible, elle dit :

- Je... Tu... T'es qui ?

Navrée pour ce retard...
J'espère être plus rapide la prochaine fois :cute:

En fleurs
En pleurs

28 sept. 2021, 18:36
 +  Trait iodé
La fille semblait triste,
À dessiner comme ça, de mémoire,
Un si beau paysage.
Un paysage qui m’était si familier.
Un paysage que je chérissais plus que tout au monde.
Même si le chocolat pouvait rivaliser,
L’odeur de la mer l’emportait
Haut la main.

Que pouvait bien signifier trop ?
Que voulait dire la dessinatrice ?
Je fronçai les sourcils :
Elle non-plus ne trouvait pas les mots ?
Elle aussi avait du mal à trouver
Les meilleurs adjectifs
Pour décrire ses pensées ?
Si je devais maintenant mettre un mot sur
Ce qu’il se passait dans ma tête,
Je pensais mettre :
Questionnement
C’était un joli mot,
Il sonnait bien dans ma bouche,
J’aimais beaucoup la manière dont il s’écrivait.
Et il collait à ce qu’il y avait dans mon petit crâne d’enfant curieuse.
Je ne disais rien,
Exprimer mes incompréhensions à haute voix
N’aurait servi à rien,
Peut-être à énerver cette fille que j’avais abordée
Sans raison.
Mais fallait-il une raison
Pour avoir le droit d’embêter une personne ?
La réponse me paraissait évidente,
Mais peut-être ne l’était-elle pas
Pour tout le monde ?
Qu’avais-je de différent de ces personnes
Pour que nous n’ayons pas le même point de vue ?

Je décidai de ne pas répondre à ma question,
De suspendre mon questionnement,
Le temps de me plonger à nouveau dans le paysage qu’offrait
L’artiste de ses mains.
J’étais absorbée par ses traits,
Ses couleurs,
Ses mélanges.
Je plongeais dans cet univers si proche du réel,
Si proche de moi,
Si proche, et en même temps si loin,
Si inaccessible.
Que ma famille me manquait.
Je remarquai seulement alors
Que j’incluais la Mer dans le mot “famille”
Que la Mer était une sorte de grande sœur pour moi,
Peut-être la seule “personne” à qui je n’aurais pas peur
De confier mes secrets.
À chaque va-et-vient des vagues,
J’avais l’impression qu’elle essayait de me parler,
Qu’elle essayait de dire quelque chose aux êtres humains.

Qui étais-je ?
Quelle était mon identité ?
Qu’étais-je ?
Ivy Mercer, Première Année à Serdaigle.
Une étiquette,
Une étiquette qui se trouvait sur chacune de mes affaires.
Une étiquette qui ne m’identifiait pas.
Je ne pourrais pas trouver un élève de Poudlard rien qu’à
Son nom, son année, sa maison,
Ses étiquettes.

« On m’appelle Ivy Mercer… Mais c’est pas moi qu’ai choisi c’nom. »

Mes mots avaient quitté mon corps d’eux-mêmes,
Comme la plupart du temps.
Mes mots avaient souvent besoin de sortir,
Même si je ne voulais pas que les autres l’entendent,
Même si c’étaient des mots plus durs que la pierre,
Même si ces mots étaient dénués de sens.
En voilà d’autres qui se préparaient à affronter le monde extérieur.

« Et toi, t’es qui ? »

J’espérais que la fille comprendrait que je n’attendais pas
D’étiquettes,
Mais de ce qui la définissait,
Les traits qui constituaient son portrait.
Peut-être pourrait-elle se dessiner telle qu’elle se voyait ?
J’étais sûre que chaque personne avait une vision d’elle
Différente
De celle qu’avaient les autres de sa personne.

Je n'ai pas de problèmes avec le temps, Plume :wise:

#457898 · Marrainage
Baisse de présence jusqu'au 27 août inclus

29 sept. 2021, 14:59
 +  Trait iodé
Et ce besoin de connaissance la prit soudain à la gorge. Les mots sortirent tout seul, elle avait besoin de savoir. Mais quoi ? N'importe quoi pourvu que ça ne soit *pas si* éphémère que ça. Alors ses pensées s'étaient tournées vers l'autre fille, sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle aussi connaissait la Mer, ou peut-être parce qu'elle aussi aimait les belles couleurs de la ligne de l'horizon entre les vagues bleutées. Et puis, il s'agissait surtout d'un test. Parce que ça aussi elle devait le savoir ; si la Bleue était une Autre, ou si elle était vraiment quelqu'un. En un sens, elle avait déjà presque la réponse. La Mer choisi bien ses ami.es, ils ont le goût salé de ses eaux et la clarté de son sable. Ils sont limpides et transparents, mais suffisamment profonds pour que l'on ne perçoive pas leurs fonds. Et surtout, leur pensée est souple, fluide, complexe, et épouse les variations de la surface comme s'il s'agissait là d'une opération ordinaire, que de se plier et de se retourner pour mieux se fondre dans un si beau décor, et ne faire plus qu'une seule entité, qu'une seule âme. Comme les Nuages qui pleurent la tristesse de leurs ami.es, la Mer se déchaîne lorsqu'ils sont en colère, lorsqu'ils ont besoin de se faire secouer, *un peu*.

Enfin, la réponse vint. Ce n'étais pas vraiment une réponse, ce n'était pas ce que la troisième année attendait, mais ce n'était pas non plus ce qu'elle ne voulait pas. Juste un nom, juste un *foutu* sourire joyeux, pas juste une série de chiffres sur l'année de naissance, l'âge, et le numéro de rue ou le nombre de frères et sœurs. Car enfin, les chiffres, *ils ont pas d'âme*. Elle regarda l'eau s'écouler lentement de la fontaine, et se demanda comment elle pouvait bien appelé la dénommée Ivy. Finalement, elle décida de ne pas l'appeler. Elle n'avait pas besoin de le faire pour la reconnaître, il n'y avait pas une infinité de Serdaigles vivant à la mer, en première année. Déjà qu'il n'y avait que peu de vraies personnes ... Mais quand même, elle ne pourrait pas lui dire 'tu' indéfiniment. Elle lui demanda donc :

- Alors, tu veux que je t'appelle comment ? On devrait toujours avoir le choix...

Comme elle avec cet horrible prénom. On ne lui avait pas demander son avis avant, on avait décidé de son sort pour elle, alors qu'il s'agissait de tout ce dont elle ne voulait pas. Maintenant, plus personne ne lui laisse le choix de son prénom. Elle est forcée de l'accepter, comme cela, alors qu'elle n'en a pas la moindre envie.

Bien sûr, l'autre aussi voulut savoir qui elle était. On pouvait voir là la réaction de toute personne un tant soit peu normale que de répondre ainsi. Mais la Rouge ne voulait pas lui en dire trop, elle voulait se garder pour elle, entière, sans place pour les autres. Et puis, c'est beau les mystères, *non ?*. Même si elle aimait comprendre, elle ne pouvait s'empêcher d'être attirer par les mystères, non pas pour les résoudre, mais pour les observer, les admirer, dans la perfection de toute leur complexité, leurs tiroirs, leurs pièces secrètes, et toutes les surprises qui sommeillaient à l'intérieur, prêtes à se réveiller au moindre signal. La fillette ne savait quoi répondre. Il y avait tellement de choses, une phrase ne pouvait suffire, ses milles facettes ne brillaient jamais en même temps. Les ombres cachaient toujours ce qu'elle ne souhaitais pas montrer. Elle croisa intérieurement les doigts pour qu'elles soient au rendez-vous en ce jour calme du mois de mai. Après quelques secondes de réflexions, elle répondit :

- J'm'appelle Scary, Limpson. Mais j'veux pas qu'tu m'appelles comme ça. Appelle moi comme tu veux, tant, tant que je sais comment tu le feras pour que j'puisse te répondre.

*S'teuplaît.*
*Que la fontaine pleure de joie lorsqu'elle lira le livre des amies d'la Mer*


Oh, comme cette suite m'inspire !
Merci pour tes mots, ils réveillent mon envie d'écrire ! :cute:

En fleurs
En pleurs

1 oct. 2021, 18:39
 +  Trait iodé
Sa question me fit longuement réfléchir : je n’avais jamais pensé à me choisir moi-même un nom, à briser l’identité que mes parents m’avaient choisie pour me construire de mes propres mains. Je ne tenais pas spécialement à avoir un prénom sur mon front, un simple mot auquel je devais réagir, telle un chien que l’on aurait sifflé. J’étais libre de mes mouvements, tout de même. On devrait toujours avoir le choix Les mots de Scary trottaient dans ma tête. Je ne pensais pas vraiment que le fait que ce soient les parents qui choisissent le nom de leur enfant était aberrant : un nouveau-né n’était pas en état de se faire une identité, si ?

Tu peux m’appeler Ivy, ça m’dérange pas.

J’avais répondu à sa question d’une voix éloignée, le regard perdu dans le vide, ou peut-être dans le tout, dans la réflexion. J’étais née Ivy, je mourrais Ivy. Ce nom m’accompagnerait tout le long de ma vie, alors autant s’y habituer. Une petite voix, très faible me murmurait que s’appeler “lierre” était bien étrange. Peut-être était-ce parce que les murs de notre maison à Borth en étaient couverts ? Ou bien était-ce une tradition familiale que d’appeler les filles par des noms de plantes ? Maman s’appelait bien Rose, après tout. Je n’utilisais jamais le prénom de Maman pour désigner celle-ci, je trouvais cela étrange de prononcer ce mot. J’avais comme peur de connaître son identité.

Je ne retins pas le prénom de l’artiste, et, heureusement pour moi, elle ne souhaitait pas que je l’appelle ainsi. Avait-elle honte de son nom ? Ou bien avait-elle des problèmes avec ses parents pour rejeter comme cela le nom qu’ils lui avaient attribué ? Pouvais-je haïr Papa et Maman au point de ne plus supporter tout ce qui avait un rapport avec eux ? Cette question me faisait peur : je n’avais pas envie de quitter mes parents, je n’avais pas envie de les haïr, de m’éloigner d’eux. Maman disait que c’était inévitable, qu’un jour, je serai folle et je claquerai la porte de ma chambre au lieu de dire “bonsoir”. J’avais envie de lui prouver qu’elle avait tort, que je serai toujours une sage petite fille, mais quand je voyais des filles plus âgées rire aux larmes dans la rue, je comprenais que c’était inévitable. Que mon destin était scellé.

La fille me proposait de choisir comment je pourrais l’appeler. Je haussai les sourcils, abasourdie par cette offre. J’avais le droit de, tout comme ses parents avaient fait sans son accord, lui choisir un nom ? Je n’en crus pas mes oreilles : si son prénom la dérangeait, ce n’était pas à moi de le choisir. Elle me donnait là un privilège énorme. Un mot me vint, ce n’était pas vraiment un prénom, mais elle correspondait à ce que je pouvais voir de l’artiste dans son œuvre.

Ça… Ça t’dérange si j’t’appelle Bleue ? demandai-je d’une petite voix. C’est une… D’mes couleurs préférées, ajoutai-je en rougissant.

Bleue pour les larmes qu’elle semblait verser. Bleue pour la mer qu’elle représentait avec tant de réalisme. Bleue pour sa mine triste, ses paroles qui l’étaient tout aussi. Bleue pour l’artiste qui dessinait pour elle seule, ne cherchait pas à attirer les regards. Bleue.

Que dire ?

#457898 · Marrainage
Baisse de présence jusqu'au 27 août inclus

3 nov. 2021, 13:21
 +  Trait iodé



Décalée, elle manque une éclat de rire. Non que le situation soit vraiment comique, mais le rire, le faux, fait partie de ses habitudes de fillette décalée. De la fillette qui dit "bonjour" le soir même lorsqu'il fait nuit. De celle qui dit "bonsoir" le matin car c'est en pensant à "bonsoir" qu'elle a rejoint Morphée pour un voyage au pays des rêves. Elle ne sait plus maintenant. Plus pourquoi elle déteste tant ce prénom, et plus pourquoi elle parle avec cette fille de cela au lieu de parler de la mer. Mais tant pis, elle n'a que faire de ce qu'il s'est passé pour en arriver là. De toute façon, c'est trop tard *n'est-ce pas ?*.

Elle reporte son attention sur l'autre fille qui lui semble en pleine réflexion. Un instant, elle se demanda pourquoi l'autre avait haussé les sourcils. Lorsqu'elle fait ça d'ordinaire, c'est pour se montrer hautaine, méprisante, lorsqu'elle s'apprête à rire cruellement d'une situation qui n'arrange pas les Autres à son plus grand plaisir. Elle est troublée. Les Ami.es de la mer ne sont pas sensé être hautain entre eux, ils ne sont pas sensés se mépriser ainsi. Mais en même temps, si ce n'est pas pour cela, pourquoi ?
Peut-être *qu'elle m'a pas reconnue*.
Peut-être * qu'elle est bizarre*.
Oui, c'est sûrement cela. Elle est *bizarre*.

Finalement, sa simple bizarrerie lui convient. Car c'est vrai, mieux vaut être bizarre que banal, *non ?*. Enfin, elle accepte que la Rouge l'appelle Ivy. A nouveau, la fillette ne comprend pas. Ivy, ça veut dire lierre. C'est un parasite. Elle voulut analyser la situation. Comprendre, au moins un peu.

Certes, il existe du lierre ornemental.

Mais le lierre, ce n'est pas une plante que l'on aime. On tente de l'arracher, et on l'arrache. on le chasse lorsqu'il tente de se réimplanter. Ce n'est pas un beau cadeau que de s'appeler lierre, et c'est encore plus plat de l'accepter. Instinctivement, elle plaignit la Bleue. Elle ne doit pas avoir des parents aimables celle-là. Les raisons de ce choix s'imposent comme une évidence. Soit ils ne voulaient pas d'elle, il la considéraient comme un parasite, soit ils comptent sur elle pour leur rester fidèle toute leur vie. *Triste destin*. Mais cela ne résout rien au second pourquoi. Pourquoi l'accepter ? Quel manque de force dans le caractère. Elle, elle ne serait pas fidèle à quelqu'un qui oserait l'appeler lierre. Elle, elle lui ferait regretter de lui avoir choisi cette horrible prénom. Elle, elle ferait en sorte de tout gâcher. Tout. histoire de couper une bonne fois pour toute les ponts. *Heureusement que je ne m'appelle pas tulipe blanche*. Tout compte fait, Ivy était encore pire que Scary. Elle fut troublée par cette pensée. C'est vrai, c'est elle qui clame que cela ne veut rien dire. Que c'est éphémère, que rien n'est écrit. Triste contradiction sur laquelle elle refusa obstinément de s'attarder.

Les surprises n'étaient pas terminées, loin de là.

"Ça… Ça t’dérange si j’t’appelle Bleue ? C’est une… D’mes couleurs préférées" *Que ?*. Elle fut surprise par cette proposition. Prise de court, elle ne pu empêcher ses traits de se muer en une expression doucement surprise. C'était Ivy la Bleue, la belle Serdaigle aux cheveux bruns. Il est vrai, qu'elle n'a jamais vraiment accepté sa répartition à Gryffondor. Il est vrai qu'elle pense qu'il s'agit là d'une grossière erreur, qu'elle aurait dû aller ailleurs, n'importe où sauf là. Il est vrai qu'elle aurait bien aimé être à Serdaigle. Elle ne se voyait pas Rouge certes. Comment l'aurait-elle pu ? Il y avait le Rouge passion qui aurait pu lui correspondre, mais sa colère, elle était noire d'encre. Mais elle, comment se voyait-elle ? *Transparente*, pour pouvoir se confondre parmi les autres. Transparente, comme l'eau qui nous coule sur les doigts. Transparente, pour tout ce qui la transperce sans l'atteindre. Elle lâcha un petit "Si tu veux...", l'air absent, puis elle prit son dessin et griffonna quelques mots au dos de façon à ce qu'elle soit la seule à les voir. Puis, elle reprit :

- Et toi, tu penses que c'est quoi ta couleur Moi, je te verrai bien... Argentée.


Comme les cristallins reflets du soleil sur la Mer.


Je crois que les Mots parlent d'eux-mêmes.
Navrée pour ce retard !

En fleurs
En pleurs

14 nov. 2021, 15:37
 +  Trait iodé
Ce dessin me noyait,
Il m’emmenait dans son monde,
Me tirait du mien
Pour m’entraîner avec lui.
J’étais sa prisonnière,
Son esclave :
Je ne pouvais que le suivre,
Où qu’il m’emporterait.
Si aux Enfers il voulait m’amener,
Je l’y aurais suivi,
Les yeux fermés.
Tout comme je m’étais dirigée
Les yeux fermés,
Vers cette dessinatrice talentueuse.

Bleue l’avait-elle créé
En vue d’y enfermer des personnes trop curieuses ?
Mais dans quel but ?
N’aimait-elle pas les personnes qui fourraient leur nez partout ?
Moi non plus je ne les aimais pas,
Pour tout dire,
J’étais comme elle.
Ou bien elle était comme moi ?
Pourquoi les différences devaient toujours
Ressortir plus que les points communs ?
Pourquoi voyait-on les défauts avant les qualités ?
Ils n’étaient pas si nombreux, pourtant.
Alors pourquoi donc m’étais-je approchée ?
Pourquoi, mais pourquoi m’étais-je laissée prendre dans son piège ?
Comme une vulgaire mouche qui s’approchait un peu trop près d’une toile.
Allais-je perdre vie, retenue pour l’éternité à cette œuvre ?
Ou encore dévorée par une araignée affamée ?
Allais-je me plonger dans l’œuvre
Et être engloutie par les flots,
Ensevelie par le sable,
Étouffée par la petitesse de la toile ?

“Ivy”
Mes parents avaient-ils prédit
Que j’irais me coller trop près,
Trop profondément,
Des cœurs humains ?
Étais-je donc trop encombrante ?
Prenais-je donc trop de place ?
Dérangeais-je donc les autres ?
Mais pourquoi mon frère avait-il reçu un nom qui ne signifiait rien ?
Ou du moins pas grand-chose ?
Pourquoi avait-il le droit de vivre au-travers d’une existence
Qu’un nom ne lui gâchait pas ?
Pourquoi Maman, moi, et tant d’autres filles –
Comme Scary –
Devions-nous porter ce poids sans se plaindre,
Ou seulement entre-nous ?
Y avait-il une injustice cachée quelque part,
Une barrière que l’on imposait en plus aux filles ?
Mais pourquoi s’entêtait-on à autant les faire souffrir ?
La loi n’autorisait qu’un changement de lettre
Dans un nom que nous n’avions pourtant pas choisi.
Devions-nous donc vivre,
Nous présenter par notre fardeau,
Supporter ce poids jusqu’à la fin de notre existence ?
Ou alors payer une somme monumentale
Pour une pauvre petite lettre ?
Je compris soudain Bleue et son aversion envers son nom.

Argentée,
C’était doux,
C’était une couleur belle,
On la retrouvait rarement à l’état naturel,
On la confondait souvent au gris ou au blanc,
Comme si elle n’existait qu’entre deux couleurs distinctes,
Comme si elle avait besoin de blanc et de gris pour être.
Mais je n’aimais pas sa prononciation :
Elle me faisait penser au vent qui s’engouffre dans une cavité très étroite,
Faisant siffler l’air d’une manière très aiguë et désagréable à l’oreille.
Peut-être était-ce une couleur que Bleue côtoyait souvent ?

« Comme la lumière de la Lune… »


La Lune n’émettait pas vraiment de lumière,
Elle réfléchissait plutôt celle du Soleil.
N’était-elle donc qu’un miroir ?
Infiniment plus accessible que le Soleil,
Elle avait vu des dizaines d’hommes l’escalader,
Un nombre incalculable de satellites lui tournaient autour,
Alors qu’approcher le Soleil était tout bonnement impossible.
Pourtant, en un certains sens,
La Lune et le Soleil étaient semblables,
De nombreuses histoires que l’on m’avait racontées
Les faisaient passer pour un frère et sa sœur,
Séparés par le temps
Et différents en tout point.

Sincèrement désolée pour cet affreux retard :ermm:

#457898 · Marrainage
Baisse de présence jusqu'au 27 août inclus

26 janv. 2022, 15:36
 +  Trait iodé
Argentée, ce fut la seule couleur lui venant à l'esprit. La pureté de sa blancheur, les reflets de sa lumière, elle était tout cela. La Rouge se demanda comment avait-elle réussi à déterminer la couleur d'Ivy aussi rapidement ; sans doute était-elle guidée par les remous de la mer que dévoilaient son aquarelle. Elle se pencha d'ailleurs dessus, sans que la réponse de la Bleue ne l'effleure plus qu'une caresse. Douce, rapide, une assurance de ce qu'elle pensait déjà ; cette fille, cette Ivy, elle n'était pas comme les autres. Les autres, ils ont l'habitude de fuir aux regards agacés de la troisième année, mais elle ! Elle, elle reste accrochée comme des algues au fond de l'eau, *comme du lierre à son mur de pierre*. Et il n'y a pas de moindre jardinier pour oser venir l'en déloger.

Elle replongae dans mon dessin. Il avait, quelque chose d'incomplet qu'elle ne saurait pas expliquer. La clef, le plus important lui manquait. Et puis, la lumière de la lune lui revint d'un coup. Il manquait les reflets scintillants, il manquait la symbiose entre flots et lumière, et puis, il manquait la vie au bord de ce Grand Bleu. Elle plongea son regard dans les yeux d'Ivy, et lui lâcha une demande dans un chuchotement :

— Ferme les yeux ...

Et sans attendre de réponse ou d'acte, elle lui tourna le dos. Elle n'hésita pas un seul instant à reprendre ses pinceaux pour compléter son œuvre inachevée fut-elle en pleine conversation. Elle savait, qu'il s'agissait plus que d'une simple aquarelle. C'était un souvenir, un fragment de son âme qu'elle avait laissé s'échouer sur la sable fin. La mer ne l'avait pas abandonnée, non. Elle avait emporté dans le creux de ses vagues les coquillages qu'enfant elle entassait sur les plages, elle les avait sûrement gardé, en attendant le jour ou la Rouge viendrait les chercher. Et en ce 23 mai, on l'avait reconduite à l'endroit où elles s'étaient séparées.

Des oiseaux prirent vie sur le papier, s'envolant dans le ciel azur, mais c'est le rocher qui émergea des vagues qui attiraient l'attention. Il était couvert, d'une plante que l'on voit plus souvent sur les murs des vieilles bâtisses. Une plante qui s'accroche, une plante qui ne lâche rien. Le rocher était recouvert de lierre. Scary se demanda si Ivy comprendrait. La plupart du temps, les gens ne voient pas ces choses-là. Ils se contente de dire "Oh, c'est joli dis donc". Incapable de nager dan la mer, ils se noieraient dans le flots d'émotions qui les enseveliraient s'ils y prêtaient plus attention.

Elle se retourna, enfin.
De sa main tremblante à l'idée de ce qu'elle était en train de faire, elle lui tendit tous les grains de sable de toutes les plages, elle lui tendit les vagues, elle lui tendit les scintillements du soleil, rassemblés sur une feuille de papier. Elle lui dit :

— Tiens, je te le donne. Prends en soin, hein ? Je sais pas si la prochaine version s'ra aussi belle. Dis, c'est quand ton anniversaire ? Je veux dire, si tu veux, j'pourrais t'offrir la lune ?

C'est vrai, en ce moment, elle manquait d'inspiration. Ces sujets étaient soit trop vides, soit trop durs. La lumière argent, cela lui semblait un jeu d'enfant. Elle l'avait tant côtoyée qu'elle avait l'impression qu'elle avait aujourd'hui découvert la plus belle facette de ses reflets. Jamais elle n'oserai prétendre que ce qu'elle fait est parfait, mais aujourd'hui, elle avait presque eu envie d'y croire.

Sincèrement navrée pour ce retard :wry:
Cette Danse est toujours aussi agréable, merci de la partager avec moi ! <3

En fleurs
En pleurs