Ce que j'ai sur le cœur
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Retrouver la chaleur de son foyer avait été une aubaine pour Elena. Dans un certain sens elle avait presque regretté les crises de folie habituelles de sa mère ainsi que les absences répétées de son père. Les choses semblaient différentes d'une manière que la rouquine avait du mal à comprendre, le sourire inhabituelle de sa mère, le retours des conversations animées. C'était presque comme avant et cela réjouissait la fillette qui avait tant espérée que cela se produise.
Le contact de la paume de sa mère contre la sienne la rendait nostalgique du temps où toutes deux prenaient du plaisir à marcher le longs des falaises de leur pays durant de longues heures sans jamais fatiguer. Ce tableau parfait était peut-être en train de se reproduire et Elena serrait d'autant plus fort la main de Daphne qui lui répondait avec des sourires tendres.
Non, Elena n'avait pas trouvé le moment idéal pour lui parler à cœur ouvert, elle ne voulait en aucun cas gâcher ce moment. Comme à leur habitude, personne n'avait évoqué le sujet tabou —celui de Poudlard —, et Elena préférait que cela reste ainsi jusqu'à ce qu'elle se sente elle-même plus à l'aise avec le sujet. Toutefois, elle était convaincue que son silence parlait par lui-même ; cela avait peut-être déclenché ce changement soudain de comportement chez ses deux parents.
Le soir, elle avait du mal à trouver le sommeil. Alors même que ses paupières se touchaient l'une l'autre, des images désagréables lui venaient en tête. Elle se réveillait alors en sursaut avec d'affreux maux de tête inexplicables. Elle tentait de camoufler son mal-être, l'année n'avait pas été simple cela n'était sans doute rien d'inquiétant.
Néanmoins, un mauvais rêve revenait plus que d'autres et la rousse ne le voyait presque plus comme tel ; c'était comme un souvenir. C'était presque comme-ci elle voyait les souvenirs d'un homologue d'elle-même et cela la terrifiait. En y repensant, son regard dériva pour camoufler sa peur et un frisson parcourra son corps tout entier jusqu'au bout de ses ongles. Daphne s'arrêta net lorsqu'elle sentit ses tremblements qui ne semblaient pas s'arrêter.
« Tout va bien ? » demanda-t-elle inquiète.
Elena répondit d'un simple hochement de tête de bas en haut qu'elle accentuait pas un geste vif de la main qui balayait cette idée. Mais malgré les efforts de ses muscles pour contenir sa gêne, les tremblements ne voulaient pas se stopper. Elena était si mal à l'aise qu'elle retira sa main d'un coup vif et s'écarta de sa mère qui entrouvrit la bouche prête à lui demander la raison de cette action.
« Elena, qu'est-ce qu'il y a ? »
Elena sentit alors son corps prendre le dessus et décider par lui-même, elle n'était plus maitresse de rien. Daphne venait d'ouvrir la boîte de pandore qu'il était à présent impossible de refermer. La petite fille, dos à sa mère, avait la gorge nouée par le chagrin. Elle porta sa main à celle-ci et la caressa pensant apaiser sa douleur mais cela était plus profond. Les cicatrices de ses derniers-mois ne s'étaient pas refermées.
Ses joues chauffaient comme-ci l'écossaise y avait déposé des braises. Le contact des larmes froides sur le dessous de ses paupières descendit le long de son visage jusqu'à sa bouche où une amertume salée vint se poser. Devant cette scène la mère d'Elena resta immobile bien que troublée par le comportement de sa fille. Cela ne l'empêchait pas de comprendre la raison de ce chagrin. Elle ouvrit grand ses bras qui n'attendaient plus que la présence d'une attristée pour la consoler. Celle-ci ne tarda pas à venir se coller contre sa mère, passant ses bras frêles autour de sa taille.
Elena lâcha toute pression, intérieurement, elle hurlait. Ce n'était pas des pleurs mélancoliques mais bien des pleurs de colère. Malgré cette accolade affectueuse, elle se sentait plus seule que jamais car Daphne ne pouvait pas comprendre et cela la rendait encore plus folle de rage. Elle n'avait aucun moyen de se libérer de toute la pression acquise durant cette année car elle allait s'attirer les foudres de ses parents si elle prononçait ne serait-ce que le mot "sorcière".
Elena les tenait en partie responsable de ses sentiments. La rousse avait été embarquée contre son gré dans cette aventure et le fait de devoir surmonter tous ces obstacles sans l'aide de sa famille les rendait d'autant plus ardus.
« Ton père et moi, on essayera de t'envoyer des lettres l'année prochaine. Tu pourras nous parler de ce que tu souhaites Elena. On va essayer de passer par ce biais pour t'envoyer ton cadeau d'anniversaire et tes cadeaux de Noël, OK ? »
Cette phrase semblait si irréelle qu'Elena en vint à se demander si ses rêves lui jouaient de nouveau des tours. Néanmoins, elle profita de l'instant, fictif ou réel. L'écossaise hocha la tête frénétiquement sans jamais s'arrêter, préférant être persuadée que sa réponse avait été enregistrée. Sa mère se pencha pour lui déposer un baiser sur le front, Elena soupira, assurée que cela était bien vrai.
La sorcière ne se demanda pas si cela serait mis en application, les promesses brisées semblaient malheureusement trop courantes chez elle. Toutefois, elle gardait espoir que petit à petit, les choses s'arrangeraient et qu'un jour elle serait apte à reverser ce qu'elle avait sur le cœur.
