Métaphore, quand tu nous tiens ! OS

10 octobre 2046,
Table des Serdaigle, 8h
Principe : Écrire sur rien, mais avec style
Plume de @Mark Dole


Ténébreuses, les ombres se faufilaient dans chaque interstice, entre chaque être. Les ombres étaient le vide ; le vide était l’espace ; l’espace se nimbait d’ombres.
Les enveloppes noires étaient toutefois traversées par des éclats. On avait ciselé le soleil pour mieux lui ordonner de traverses les pièces. Cruelles inflexions que subissait la lumière ! Elle devait se conforter à ces ordres, et ainsi éclairer de son rayonnement spectral, une jeune Bleue éparpillée parmi les méandres d’élèves de la Grande salle.

Lydia était en train d’observer. Le monde, ses alentours. Lydia était en train de se demander. Pourquoi ceci, comment cela. Elle interrogeait les astres, les rouages couleur bronze de son esprit grinçant sans discontinuer, ne lui laissant aucune ombre pour elle ; pas le droit de se blottir dans les bras de Morphée en écoutant le chant des sempiternelles vagues. Pour appuyer ce qu’elle faisait, la jeune Holmes se saisit de l’objet devant elle.

Composé de sable : devenu verre. Mais comment était-ce possible ? Comment le grain de sable, si infime soit-il dans l’infini, avait fait pour s’élever au dessus de tout, transpercer l’éther avec son unique force, son unique résignation de pauvre grain de sable ?

Le verre, anciennement sable, recueillait l’orange pressée, la pulpe même arrachée du fruit. Trahison que d’avoir extorqué à ce fruit ce qu’il avait de plus précieux. L’orange était morte et dans le verre, en tendant l’oreille, son long cri de décès se faisait entendre.

Elle regarda son professeur de défense contre les forces du mal - mais quel mal ? Le mal du point de vue de l’orange était l’humain mais est-ce que le mal de l’humain était l’orange ? - et finit par boire son jus.

Le verre n’était qu’espace en ombres.

#5d9686
entre en 5ème année RP -
post-pause

Métaphore, quand tu nous tiens ! OS
Mets ta fork ! Qu'en tune, nous ? Tiens !


Même date,
Table des professeurs, Même heure,
Principe : Le même.
Plume de @Lydia Holmes

TW : Blessure

Un. Deux. Trois.

Blafarde était la main qui sous ces chandelles glissait velléitaire.

Quatre. Cinq. Six.

Son ombre, miroir caricatural d'une vie dépravée, peinait à suivre cet amoncèlement décharné.

Sept. Huit. Neuf.

Reine arachnide, Princesse déchue, Inconnue crapuleuse, les yeux vides et sans âme de l'homme la suivait tel l'esclave qu'il était devenu.

Dix. Onze. Douze.

Les chairs putréfiées de l'organe préhensile remuaient ostensiblement les tripes de son Propriétaire.

Treize. Quatorze. Quinze.

Peau : noircie. Ongles : arrachés. Entailles : infectées.

Seize

Ô terrible malédiction, supplice pervers, ne me quitteras-tu donc jamais ?

Songe, seize mois que tu me retiens captif. Enchaîné dans mon propre esprit. Chaque jour, chaque heure, tu me tortures de ce stigmate indélébile d'une mission échouée. Laisse-moi partir, Songe. Laisse-moi retrouver ce repos perdu depuis trop longtemps. J'étais tiens mais je ne suis plus rien. Tu m'as volé mon existence dont tu te délectes. Songe, tu dévores précautionneusement mon âme morceau après morceau, plaisir après plaisir, bonheur après bonheur. Ta gueule ensanglantée se repaît dans une jubilation non contenue. Mais c'est terminé. Je suis vide.

Libère-moi, Songe.

Une fraction d'Obscurité. Puis la Lumière.

Elle était là. Vivante et sienne. Mark leva lentement sa main devant lui. Libre, il était libre. Entre ses doigts intacts, deux yeux bleus en amande le visaient. La vie était là. Juste face lui.

Soulagement et bonheur. Liberté et délivrance. Une perle roula.

Détective privé à Pré-au-Lard
DDM de Gryffondor du 1/9/46 au 13/10/46
Ancien professeur de DCFM