Limerick Recueil d'OS Etés irlandais

Petit recueil de One-shot pour décrire des évènements ponctuels de la vie d'Irene pendant ses étés chez elle. Si elle reçoit des lettres ou qu'il se passe un évènement spécial assez court pour ne pas nécessiter de vrai sujet, ce sera décrit ici.

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En réponse à @Elowen Livingstone
Le 14 août 2046, peu après minuit.


Irene était assise dans son lit, le rideau entre la chambre de Devon et la sienne était tiré. Elle était seule, penchée sur un alphabet cyrillique, une liste de vocabulaire russe-anglais et un court texte imprimé. Ses parents, à sa demande, avaient accepté de l'inscrire à des cours de Russe pendant les grandes vacances, après qu'Irene leur ai expliqué qu'elle pensait que cette matière l'aiderait probablement à améliorer ses notes en étude des runes. Elle avait aussi mentionné le fait qu'elle était tombée sur un livre sur la culture russe et cela l'avait passionnée et qu'elle voulait en savoir plus. Ses parents n'avaient pas beaucoup creusé, connaissant la détermination de leur fille quand il s'agissait d'assouvir sa curiosité et sa soif de connaissances, ils n'avaient pas émis beaucoup de contre arguments, d'autant qu'aux yeux d'Ellen et Elias, non seulement ce n'était pas un savoir perdu, mais surtout, c'était une nouvelle façon pour leur fille, plus facilement solitaire que leur premier fils, de s'ouvrir au monde et aux autres humains.

Irene faisait tout pour masquer les effets que le Dominion avait sur elle. Son apprentissage était moins perturbé que lorsqu'elle avait levé la voix face à Mr Dole, mais elle avait encore régulièrement des trous de mémoire et une angoisse grandissante à leur propos : quelqu'un était-il en permanence dans sa tête à essayer de la déstabiliser en lui volant ses souvenirs, comme Sildnir l'avait fait dans le Dominion ? Ca ne pouvait pas être elle, elle n'était pas en Irlande et encore moins à Limerick. Quant à sa méfiance des hommes... Irene était moins proche de son père, refusant d'être seule avec lui. Même Devon, elle n'arrivait pas toujours à supporter ses gestes tendres de frère à soeur. Et Awen... Irene avait tout fait pour l'éviter quand elle avait su qu'il venait. Deux jours en juillet et l'avant-veille. Elle avait prétexté voir Mrs Byrne, une quinquagénaire du groupe d'apprentissage du Russe, avec laquelle elle s'entendait bien. Elle y était réellement allée du coup, s'incrustant à l'improviste chez cette gentille dame qui l'avait accueillie à bras ouverts, avant de lui offrir du thé et des gâteaux, puis de l'embaucher sur le reste de l'après-midi pour l'aider à entretenir les fleurs de son jardin. Mr Featherstone aurait été fier de voir Irene ce jour là, ses cours pratiques de Botanique s'étant révélés utiles et bien plus facile à appliquer sur des plantes tranquilles qui ne bougent pas. Pour une fois, Irene avait apprécié l'exercice, écoutant tranquillement avec Mrs Byrne qui lui racontait sa vie et lui posant des questions. Irene, elle, faisait bien attention à ne pas trop en dire, pour ne pas éveiller les soupçon de la moldue (qui n'avait d'ailleurs toujours pas demandé d'où venait la cicatrice qu'Irene avait maintenant l'habitude de cacher tant bien que mal par des colliers ras-de-cou).

Mais ce soir là donc, Irene travaillait à essayer de comprendre les quelques lignes qu'elle avait sous les yeux. Elle fut alors interrompue par un froufrou glissant sur l'air : une forme sombre s'engouffra par la fenêtre ouverte, fit un tour de la pièce puis vint se poser lourdement sur le lit, face à Irene. La petite rousse leva les yeux, étonnée. Elle avait déjà reçu sa liste de fourniture pour Poudlard; avait rendu son badge de capitaine des Ailes d'Arain et elle n'attendait pas de réponse de qui que ce fut à Poudlard, sa dernière lettre à l'adresse de Christopher étant partie avec Dahana le matin même et comme Irene le retrouvait quelques jours plus tard, la Nyctale de Tengmalm resterait probablement sur place. Irene décrocha l'enveloppe de la patte de la chouette inconnue, prit cette dernière sur son bras et alla la poser sur le perchoir vide de Dahana, versant un peu de Miamhibou dans le compartiment prévu et vérifiant le niveau de l'eau dans l'abreuvoir. La petite rousse fit deux caresse à la chouette en lui murmurant :
- Attends un peu.

Irene retourna à son lit et décacheta la lettre, le cœur battant. Et si c'était Mihael ? Non c'était impossible, il n'avait pas son adresse et même s'il avait eu la même idée qu'elle (à savoir apprendre la langue de l'autre), elle doutait qu'il soit plus avancé qu'elle ne l'était elle. A moins que les méthodes d'apprentissage de langue magique soient plus efficace que celles moldues ? Irene irait peut-être voir Mrs Loewy à la rentrée à ce propos. Ou Mrs Montmort. Mais ce n'était pas Mihael. Les épaules d'Irene s'affaissèrent quelque peu en reconnaissant l'écriture brouillonne d'Elowen. C'était son amie pourtant, mais Irene aurait tellement aimé avoir des nouvelles de Mihael... La jeune fille soupira et entama sa lecture. Très vite la déception laissa place à la compassion, une sensation désagréable de viscères qui se serrent et aussi à l'incrédulité. Comment, malgré cette épreuve, Elowen pouvait-elle encore être aussi... elle-même ? Sa camarade était une vraie énigme pour Irene, encore plus depuis leur retour du Dominion. Et quelle idée de vouloir changer de prénom... La petite rousse se releva pour s'installer à son bureau, sortant une plume et un morceau de parchemin propre. Ca avait été un exercice complexe pour Irene de penser à n'utiliser que des feuilles de papier et des stylos pour ses cours de Russe. D'ailleurs, sur les 5 apprenants, elle était la seule à ne pas utiliser de numérique. Elle savait encore s'en servir, mais elle n'avait plus l'habitude et elle voulait pouvoir conserver ses notes à Poudlard. Elle avait dû répondre à des questions bien entendu, faire face aux regards étonnés ; Irene s'en était tiré en expliquant qu'elle trouvait cela plus agréable.

Irene planta sa plume dans son encrier et entama sa réponse :
Chère Elowen,
Je vais bien. Tu n'as pas besoin de t'excuser pour un cauchemar.
Les pensées d'Irene se dirigèrent vers Dai Hong Dao et tous les cauchemar qu'elle-même avait fait après avoir assisté à sa mort. Irene secoua la tête, relu la lettre de son amie et réfléchi. Comment répondre ? Que dire ?
Chère Elowen,
Je vais bien. Tu n'as pas besoin de t'excuser pour un cauchemar. Je ne veux pas oublier. Ca fait peur d'oublier, je n'arrête pas d'avoir des trous de mémoire en ce moment et ça m'effraie. Garde le pour toi, s'il te plaît. Tu peux être fière de ce que tu as fait. Tu n'as fait de mal à personne, tu nous a tous sauvés et surtout
Irene suspendit sa plume, comment pouvait-elle tourner cela ? Une goutte d'encre finit par tomber et s'écraser sur le parchemin sans qu'Irene n'y prête attention.
Chère Elowen,
Je vais bien. Tu n'as pas besoin de t'excuser pour un cauchemar. Je ne veux pas oublier. Je n'arrête pas d'avoir des trous de mémoire en ce moment et ça m'effraie. Garde le pour toi, s'il te plaît. Tu peux être fière de ce que tu as fait. Tu n'as fait de mal à personne, tu nous a tous sauvés et surtouttu as sauvé Sildnir.
Oui, c'était bien. Irene observa la chouette qui se reposait, songeuse, relu la missive d'Elowen et acheva :
Chère Elowen,
Je vais bien. Tu n'as pas besoin de t'excuser pour un cauchemar. Je ne veux pas oublier. Je n'arrête pas d'avoir des trous de mémoire en ce moment et ça m'effraie. Garde le pour toi, s'il te plaît. Tu peux être fière de ce que tu as fait. Tu n'as fait de mal à personne, tu nous a tous sauvés et surtouttu as sauvé Sildnir.
Samedi je vais chez Christopher et nous irons sur le Chemin de Traverse ensemble, tu veux nous rejoindre ? Nous pourrons discuter de tout ça toutes les deux, si tu veux.

A bientôt,
Irene
Irene relut sa lettre ; ce n'était pas fameux, mais cela ferait l'affaire. Etrangement, elle avait du mal à parler du Dominion à l'écrit et pour une fois, préférait discuter face à face avec quelqu'un. C'était moins dur et surtout, elle voyait ce que son interlocuteur pensait de ses paroles. Avec un peu de chance, Elowen serait aussi plus intéressée pour en parler de vive voix aussi ? La jeune fille regarda la chouette qui venait de fermer les yeux sur le perchoir, elle enverrait sa lettre le lendemain matin, ce serait mieux pour la pauvre bête.

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En réponse à @Jacob Tramontane
Le 17 août 2046, en soirée.

Le 14 août au matin, Irene avait bien renvoyé la chouette à Elowen, lui confiant la missive rédigée la veille. Mais ce vendredi-là, c'était presque comme si le Dominion n'avait jamais existé. Au détail près que c'était probablement grâce à lui qu'Irene se trouvait dans un état d'impatience et d'excitation rares. Elle s'agitait dans sa chambre pour finir de remplir sa malle des différentes affaires dont elle aurait besoin au court de l'année suivante : le lendemain, elle se rendait chez Christopher, elle reverrait enfin son petit ami, après près de deux mois sans l'avoir vu, échangeant uniquement des lettres avec lui. Irene jalousait presque Devon qui passait un temps fou à échanger par messages instantanés avec ses amis, elle aussi, aurait bien aimé avoir cet instantanéité, mais ce n'était hélas pas à l'ordre du jour et elle ignorait comment s'y prendre...

La jeune fille portait une pile de vêtements propres dans les bras quand un paquet de plumes manqua de la renverser en se laissant presque tomber sur le perchoir qui brillait dans la chambre, déplacé près du territoire de Devon en vue du départ d'Irene. Après avoir repris le contrôle de ses vêtements et les avoir précipitamment posés dans la valise, la jeune fille se tourna vers le hibou qui semblait épuisé, ce n'était rien de le dire. Encore un qu'elle ne connaissait pas... Après la lettre d'Elowen, quelques jours auparavant, Irene craignait que ce fut encore elle : c'était risqué vu qu'Irene avait prévenu sa camarade de son départ imminent, mais sa camarade brillait souvent par sa naïveté. Si ce n'était pas elle, Irene s'attendait presque à tout, sauf à recevoir une lettre de Jacob. En dehors du Dominion et de leur année d'étude, quasiment rien ne les reliait. Elle ne le dépréciait pas, mais ils avaient rarement pris le temps de discuter profondément d'autre chose que ce tournoi.

Irene lu et relu la lettre avec attention, s'assoyant à son bureau. Pourquoi toutes ces questions ? habituellement c'était elle qui les posait, pas l'inverse... Elle attrapa machinalement une feuille blanche sur son bureau et son stylo, dont la plume se mit à glisser gracieusement sur le papier, la trace luisante suivant son tracé hypnotique.
Jacob,
Je vais bien. Demain, je pars rejoindre Christopher chez lui, en Angleterre, mais jusqu'à présent, oui, je suis restée en Irlande, avec ma famille.
Elle hésita, devait-elle donner plus de détails ? Après tout, ils n'étaient pas si proches...
Jacob,
Je vais bien. Demain, je pars rejoindre Christopher chez lui, en Angleterre, mais jusqu'à présent, oui, je suis restée en Irlande, avec ma famille.Je ne dirais pas que cela soit plus paisible. Je me suis mise au Russe, je veux pouvoir recontacter les dominiés que j'ai croisé, j'ignore si c'est possible, mais ça me semblait être un bon point de départ. Peut-être
Irene marqua un arrêt devant sa feuille, hésitante. Pouvait-elle vraiment l'exprimer comme cela, maintenant ? Trop tard, elle avait déjà commencé, mieux valait continuer que raturer !
Jacob,
Je vais bien. Demain, je pars rejoindre Christopher chez lui, en Angleterre, mais jusqu'à présent, oui, je suis restée en Irlande, avec ma famille.Je ne dirais pas que cela soit plus paisible. Je me suis mise au Russe, je veux pouvoir recontacter les dominiés que j'ai croisé, j'ignore si c'est possible, mais ça me semblait être un bon point de départ. Peut-être que nous pouvons tirer du positif de cette expérience. Mr Dole nous a déjà demandé de l'aide, mais notre enseignement n'est pas le seul à pouvoir être amélioré : si on arrivait à faire l'inverse que ce que voulaient les lignées noires, ne serait-ce pas une victoire encore plus belle ? Montrer qu'on a su resserrer nos liens, malgré tout
Depuis quelques instants, Irene, passionnée, s'enflammait, les mots glissaient seuls sur le papier, comme mus d'une volonté propre.
Jacob,
Je vais bien. Demain, je pars rejoindre Christopher chez lui, en Angleterre, mais jusqu'à présent, oui, je suis restée en Irlande, avec ma famille.Je ne dirais pas que cela soit plus paisible. Je me suis mise au Russe, je veux pouvoir recontacter les dominiés que j'ai croisé, j'ignore si c'est possible, mais ça me semblait être un bon point de départ. Peut-être que nous pouvons tirer du positif de cette expérience. Mr Dole nous a déjà demandé de l'aide, mais notre enseignement n'est pas le seul à pouvoir être amélioré : si on arrivait à faire l'inverse que ce que voulaient les lignées noires, ne serait-ce pas une victoire encore plus belle ? Montrer qu'on a su resserrer nos liens, malgré tout, contrairement à ce qu'ils voulaient.

A bientôt, si tu veux me joindre, je serai du côté de Bristol. J'espère que tu te plais à la plage.
Irene G.
La jeune fille ne prit pas le temps de se relire, elle avait encore sa valise à terminer, mais la lettre lui avait donné à penser. Farfouillant dans sa malle, la jeune rousse récupéra une poignée de miamhibou qu'elle donna au volatile. Lui aussi avait le droit à une nuit de repos avant d'être renvoyé par Irene avec la lettre. Ou du moins quelques heures.

Tallyrenpher, à l'attaque !/ ⇈⇈ Ceci n'est pas un pavé... ⇈⇈ / Des Souris et des Dragons
Post-Aspic (à venir) - M.E.R.L.IN. : Mat / Spid'Irene, la Princesse des Mots-Croisés