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12 nov. 2021, 07:15
Subtiles comploteurs
PV @Aliosus Nerrah
Le mercredi 7 novembre 2046
Après le déjeuner

4ème année

Image
composition créée par mes soins (référence images arrivent)

Le mercredi après-midi est une de nos après-midi de libre que nous consacrons à travailler ensemble. Selon que nous aillons des devoirs écrits à rendre ou des exercices pratiques à travailler, nous arpentons la bibliothèque ou le parc. Le temps se faisant plus froid, notre duo de discrets comploteurs se réunit de plus en plus souvent dans les murs du château. Nous faisons toujours attention à ne pas rendre notre alliance publique et on se retrouve en général comme par hasard - bien qu’il n’en soit rien - autour d’une table de la bibliothèque ou dans le rayon de la matière concernée. Voilà comment nous fonctionnons, en utilisant des codes qui prennent la forme de hochement de tête discrets, de jeux de regards habiles et de mouvements imperceptibles de la bouche.

Mais ce mercredi après-midi de novembre est différent. Je n’ai pas utilisé un de nos codes au déjeuner pour lui demander tacitement l’endroit où il voulait s’entraîner, non, j’ai décidé de faire les choses autrement. J’ai mangé trop vite pour ça, grimpé dans mon dortoir presque aussi vite pour changer le contenu de mon sac. Je troque mes livres et mes notes de ce matin pour le manuel de sortilèges et un tas de parchemin vierge. Je décide aussi de prendre avec moi le contrat de la SSSS, cachée au fond de ma malle.

Ainsi prête, je suis descendue jusqu’au rez-de-chaussée puis au plus près de la salle commune des verts. Par chance, ou seulement par la volonté du destin, j’ai croisé Nerrah qui remontait. J’ai attrapé son bras et, silencieusement, je lui ai montré que j’avais enfilé manteau et écharpe et que je voulais que nous allions dehors. Il a acquiescé et est redescendu aussitôt.

Le parc est calme cet après-midi. Le temps des gris et la brume ne s’est toujours pas levée, enrobant le parc dans des nuages blancs et humides. Je me tiens au pied de la Grande porte, prête à descendre jusqu’au Cromlech dès que mon complice me rejoindra. Je tiens ma baguette dans la poche de mon manteau, comme une vieille habitude. Je me réjouis que le parc soit aussi calme, ce n’est pas l’endroit idéal pour se retrouver en secret généralement. Mais le temps froid rebute beaucoup de petits sorciers et le brouillard peut aisément nous mettre à l’abris des yeux baladeurs.

Finalement, Nerrah passe la grande porte à son tour. Il me dépasse et je lui emboîte le pas toujours en silence.

On atteint le Cromlech que l’on distingue à peine depuis le château, et depuis lequel on voit à peine le château dépasser du brouillard. C’est le moment que je choisis pour m’arrêter. Il semble que c’est le moment que l’on a choisi tous les deux car mon camarade s’arrête tout naturellement en face de moi. C’est souvent comme cela que ça se passe entre nous, en silence, en secret. Et c’est comme ça que, depuis la création de la SSSS, je passe de plus en plus de temps avec Nerrah et que dans le même temps nos résultats à tous les deux s’améliorent. Notre objectif est toujours le même, celui pour lequel nous avons créé cette société secrète, être les meilleurs et se démarquer de la masse.

Je jette un œil vaguement soucieux autour de nous pour m’assurer que personne ne nous voit.

« Avant de commencer à s’entraîner à lancer Reducto, je voulais te parler de la SSSS. »
Dernière modification par Adaline Macbeth le 2 janv. 2022, 16:30, modifié 2 fois.

Magic Always Has a Price
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17 nov. 2021, 23:59
Subtiles comploteurs
Aliosus avait fini de manger, c'était mercredi et il alla déposer ses affaires dans son dortoir. Encore une mâtiné bien remplie à peser, doser, diluer et remuer des potions, il était sur que ses vêtements s'étaient imprégnés des diverses odeurs émanant des chaudron de la salle probablement la moins bien aérée de toute l'école qui n'était pas à une absurdité près... Voilà que l'après-midi se présentait à lui, le mercredi était pratiquement un jour de repos pour tout le monde au château. A part les septième année qui avaient cours, tous les élèves pouvait profiter d'une demie journée de repos au moins, ce qui faisait que la salle d'étude se remplissait, la bibliothèque voyait ses rayonnages être très fréquentés et la salle commune était le lieux de ceux qui choisissaient de jouer aux échecs ou à un jeu de cartes, lire près d'une fenêtre glauque ou bien simplement discuter entre amis. Le froid de plus en plus mordant n'aidait pas à trouver un endroit qui fut propice à la discrétion en intérieur non plus.

Allégé, il remonta les escaliers, il comptait tenter un passage rapide à la bibliothèque avant que quelqu'un d'autre n'ait l'idée d'emprunter un livre de potion qu'il avait repéré la semaine précédente, mais une main l'agrippa au bras.

Peu de monde pouvait agir de la sorte : le quatrième année n'était pas le plus avenant de ses camarades, bien au contraire, et son année passée en temps que préfet n'avait pas aidé à faire de lui une figure de bonhommie au contact facile, c'était le moins qu'on pouvait dire. Il s'agissait donc soit d'un professeur, mais le geste aurait été déplacé et la poigne ne correspondait pas à celle d'un adulte, soit d'un jeune sorcier qui ne le connaissait pas, auquel cas il ne s'attendait sûrement pas à ce qui allait s'abattre sur lui, soit, hypothèse la plus probable, c'était une personne proche, vraiment proche de lui, au point de franchir son espace vital sans s'en inquiéter et il n'y en avait pas trente-six. Irisia, évidemment, Yesenia, ou Macbeth. Ou alors, c'était Bristyle, dont le sans-gêne ne l'aurai pas étonné.

Il s'avéra qu'il avait vu juste parmi ses quatre possibilités, sa mâchoire se détendit lorsqu'il vit les deux grands yeux sombres de sa complice. Ses yeux lui désignèrent sa tenue parée pour affronter l'extérieur, aussi le Serpentard compris aisément et réapparu quelques minutes plus tard au rez de chaussée vêtu de son épais pardessus qui venait de son grand-père. A deux, côtes à côtes mais pas vraiment ensemble, ils descendirent vers le Cromlech. Là, entourés des colonnes de pierre, témoins de temps oubliés, à demi camouflés dans les nappes de brumes, ils formaient un tableau bien singulier, assez esthétique.

«Je t'écoute Macbeth, il fit mine de regarder autour d'eux, je suis tout à toi.»

4ème année - Préfet en Chef HRP - Maître du Jeu
Sorcier le plus respectueux du règlement 2021

22 nov. 2021, 19:07
Subtiles comploteurs
J’aime l’attitude de Nerrah, plus que cela, je l’admire. J’ai compris avec le temps que nous avons passé ensemble et les conversations que nous avons entretenues qu’il a été élevé dans la bourgeoisie. Au début, c’était une source de complexe considérable, un grand trou dans ma propre éducation qui aspirait ma confiance en moi. Mais, bien que je ne sache pas si Nerrah l’a compris, j’ai adopté petit à petit - à force de lectures et d’entraînement - des manières similaires qui ont suffit, je crois, à combler ce manque. Alors sa grande mesure, ses demi-sourires polis, son language soutenu ne sont plus une source de jalousie mal placée mais le sujet d’une grande admiration et d’un aussi grand respect.

Cela fait un an que nous nous côtoyions fréquemment, et si je ne retiens que ses belles manières, il y a bien des fois où j’ai vu ses émotions déborder du cadre, et inversement. Le fait que ces débordements n’ont rien changé à notre relation, d’un côté comme de l’autre, ont développé une grande confiance qui, je crois, est réciproque.

Cette relation est très vertueuse, gorgée de confiance mutuelle, pleine d’entraide, et elle m’est très précieuse. Pourtant, je crois que le but de la SSSS n’était pas d’enfermer Nerrah et moi dans un carcan d’amitié soigneusement fermé, non. Et maintenant que l’amitié s’est développée entre nous, il n’y a plus de raison de la conserver aussi jalousement, n’est-ce pas ?

« Je suis contente que l’on soit alliés… »

Je commence, en pensant très fort à ajouter ami. J’espère que je le pense assez fort pour qu’il l’entende, même s’il me semble que notre relation est assez évoluée pour que nous n’ayons pas à mettre des mots sur cette dernière. En fait, c’est toujours comme ça que nous fonctionnons, tacitement, alors je ne crois pas que j’ai de soucis à me faire.

« Mais je crois que la SSSS devrait accueillir un nouveau membre. »

Je termine avec un sourire assuré. Non, je ne dis pas que notre alliance ne me suffit pas, je ne dis pas non plus qu’il ne me suffit pas. Ce que je dis, c’est que la SSSS devrait s’ouvrir, multiplier ses membres est un bon moyen de multiplier les savoirs. C’est de cela qu’il s’agit avec cette société secrète que nous avons décider de créer. S’ouvrir à de nouveaux membres va aussi la rendre un peu plus réelle, la faire exister aux yeux de quelqu’un d’autre.

Pour être certaine qu’il est de mon avis, je n’ajoute rien pour le moment et attends sa réponse. J’ai déjà un nom en tête, il m’est apparu encore plus clairement quand je l’ai lu sur le tableau d’affichage des participants à l’échange AMICO. Mais je veux attendre encore un peu avant que ce nom qui tourne dans ma tête puisse la quitter par ma bouche.

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7 déc. 2021, 17:44
Subtiles comploteurs
Alliés, c'était le terme qui convenait bien sûr, après tout, c'est comme ça qu'ils s'étaient vus l'un et l'autre, c'est comme ça qu'ils avaient agit, c'était en temps qu'alliés qu'ils avaient rédigés un contrat et des termes, leur relation était basée là dessus, rien de plus normal que Macbeth utilise ce mot donc. Et pourtant, depuis presque un an depuis cette rencontre malicieuse dans les travées de la labyrinthique bibliothèque de l'école de magie, Aliosus en était venu à reconsidérer petit à petit la manière dont il voyait sa camarade de Gryffondor. Une alliée, ça allait de soit, une personne sur qui compter, une personne agréable, bien élevée, une personne avec qui il aimait passer du temps, qu'il estimait et admirait. Il y avait un mot pour cela, mais elle ne l'avait pas utilisé. Malgré tout, il voulait croire à une pudeur, un non-dit, un sous-texte de sa part, un euphémisme. Oui, il la considérait comme une amie, et il espérait qu'elle le savait.

«J'en suis ravi aussi, et je crois que tu as raison. On a réussi à accomplir des choses remarquables je crois, la SSSS compte cent pour cent de ses membres dans le programme AMICO. Il souriait de sa propre plaisanterie, mais il était réellement content de pouvoir partager cette expérience avec Adaline. Sans doute qu'il est temps de chercher une nouvelle tête.»

Même si quelque part, il aimerait garder Macbeth "pour lui", Aliosus sait que la SSSS n'a de sens que s'ils cherchent tous les deux à attirer d'autres esprits brillants autour d'eux afin de profiter de nouveaux talents, de nouvelles visions.

«Si tu m'en parles, j'imagine que c'est parce que tu as un nom en tête ?»

4ème année - Préfet en Chef HRP - Maître du Jeu
Sorcier le plus respectueux du règlement 2021

2 janv. 2022, 18:31
Subtiles comploteurs
Je hoche la tête puis j'esquisse un sourire avant de hocher la tête à nouveau. Je m'étonnais beaucoup que ce soit aussi facile de parler avec lui au début, il faut dire que je n'ai pas l'habitude des conversations passionnées, pas l'habitude que l'on termine mes phrases, pas l'habitude que l'on comprenne mon sarcasme et que je comprenne celui d'autrui. Non, vraiment, avant lui je n'avais pas l'habitude d'être aussi complice avec quelqu'un. J'ai entretenu des conversations passionnées avec mon ami jaune, mais elles ne l'étaient pas autant, et il ne m'a jamais compris sans que je ne pipe un mot. Cette fois encore je pourrais être étonnée que mon camarade et complice prononce les mots que j'ai dit dans ma tête, qu'il pense aussi aux échanges AMICO et qu'il fasse une blague que j'aurais aimé faire. Mais c'est normal entre nous.

Lorsqu'il achève de me poser l'ultime question, celle que j'attendais pour me défaire de mes pensées tournoyantes, je termine de sourire. Il le sait, évidemment, j'ai quelqu'un en tête. Et je ne m'étonnerais pas qu'il me dise qu'il s'en doute. Je suis certaine qu'il opposera une résistance mais je n'arrive pas à deviner le verdict qu'il donnera : coupera-t-il la tête de mon idée ou la laissera-t-il évoluer ?

« Oui, j'ai un nom en tête... »

Et ça ne va pas te plaire, je me retiens de dire. Ma phrase n'a plus grand sens sans sa moitié oubliée, mais je sens que la prononcer reviendra à me tirer une balle dans le pied. Quoi de mieux pour l'influencer vers le "non, hors de question" que de dire cette phrase ?

« Bristyle. Aelle Bristyle. »

Je guette la réaction sur son visage un instant ou deux. Les émotions de Nerrah ne sont pas très lisibles sur son visage, en règle générale, alors en voir à ce moment précis m'inquiète. C'est d'ailleurs ce qui me pousse à continuer de parler, les yeux grands ouverts, le regard brillant, le nez rougi, la tête penchée en avant. Voilà mon argumentaire, chevalier de la société secrète des savants sorciers.

« C'est une sorcière douée, tout le château le sait. De ce que je sais d'elle, elle est déterminée et elle aime apprendre. Elle est en sixième année, alors elle en sait plus que nous sur les programmes. Je ne sais pas quelle est sa spécialité, mais c'est certain qu'elle a des choses à nous apporter. Et puis, elle aussi a été prise pour les échanges AMICO, et dans une école différente de nous. De quoi en apprendre plus sur Uagadou. En plus, je lui ai déjà parlé. »

Je termine.

Autour de nous, la brume ne fait que s'intensifier. Alors qu'elle ne nous bouchait la vue que château, voilà que le Cromlech s'efface dans son manteau blanc et de moins en moins transparent. Mais je suis assez proche de Nerrah pour le voir encore assez distinctement. En face de lui, je détaille son visage pour capter sa réaction. J'espère qu'il va accepter ma proposition pour le moins osée.

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17 janv. 2022, 11:30
Subtiles comploteurs
Tout semble atténué dans le manteau de brume qui envahit peu à peu le Cromlech. Les sons parviennent étouffés aux oreilles, le paysage n'existe plus autrement que par de vagues contours lointains, même le visage harmonieux et les grands yeux sombres d'Adaline ont perdu de leur netteté, subtilement, juste assez pour qu'Aliosus le remarque.

Elle sourit, ils arrivaient au moment qu'elle avait planifié en lui demandant de l'accompagner silencieusement dehors. Il la connaissait suffisamment pour savoir que c'était l'aboutissement d'une longue réflexion, elle avait déjà pesé le pour et le contre de la candidature qu'elle s'apprêtait à lui soumettre. Si elle lui proposait quelqu'un, c'était qu'elle était sûre d'elle et de cette personne.

Quand Macbeth prononça le nom, Aliosus ne réagit pas tout de suite. Elle se penche vers lui, déroule son argumentaire maintes fois répété mentalement, les points sont justes, objectifs, cohérents les uns avec les autres et plus importants, avec la ligne de leur association secrète. Sur le papier, c'est parfait.

«Hors de question.»
L'ancien préfet n'avait aucune envie d'être aussi sec et désagréable avec sa complice, et encore moins avec son amie, mais cette réaction sous forme de sentence s'imposait à lui de manière si évidente qu'il ressentait le besoin de l'exprimer le plus crument possible. Néanmoins il n'allait pas la laisser dans le flou pour autant.

«Elle est tout ce que tu as dit bien sûr. Mais elle est aussi une forme pure d'égoïsme, elle ne voit le monde autour d'elle que d'une seule façon : ce qui peut lui servir et le reste. Je ne l'imagine pas du tout voir notre SSSS comme autre chose qu'un outils dont elle se débarrassera ou qu'elle trahira dès que ça arrangera ses objectifs personnels. Bristyle c'est une fille, seule.»

Il était persuadé de ce qu'il disait. Aelle ne lui avait pas beaucoup parlé mais à chaque fois il avait ressenti cette humiliante sensation de n'être qu'une désagréable étape, un intermédiaire nécessaire, et rien de plus. Il s'était détourné de Macbeth au fur et à mesure de sa tirade, se renfrognant dans le vieux manteau de son grand-père. Après un silence, il sentit qu'il se décrispait un peu et se retourna vers la silhouette de sa camarade, jusqu'à ce qu'elle réapparaisse à travers la brume, et s'approcha d'elle, il commençait à grandir et l'écart s'était creusé entre eux deux depuis leur premier conciliabule à la bibliothèque.

«Tu dis que tu lui as parlé ?»

Il n'aurait pas entrouvert une suite à la conversation, si ténue soit elle, avec beaucoup de monde. Macbeth n'était pas n'importe qui, elle était son égale dans cette association. Il lui devait bien ça, même s'il n'en avait pas envie.

4ème année - Préfet en Chef HRP - Maître du Jeu
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15 févr. 2022, 19:03
Subtiles comploteurs
Ce n'est pas comme si mon monde s'effondrait mais toutes mes pensées arrêtent de se bousculer. J'ai préparé une carapace pour amortir une réponse négative, mais je dois avouer que je ne m'étais pas préparée à un refus si catégorique. Son hors de question résonne encore dans ma tête alors qu'il laisse le silence planer.

Les secondes de silence qui passent me permettent de réaliser une chose. Je ne pourrais pas dire que je ne le savais pas déjà, mais la force du regard de mon complice et ami me frappe alors que nos yeux se mêlent. Un frisson me parcoure alors que je réalise à quel point son attitude est digne et à quel point son physique est noble. Je ne peux réfréner un sourire en pensant à quel point je suis fière d'avoir une place à ses côtés. Subitement, je réalise que je ne suis pas sûre qu'il me considère comme une amie, lui aussi.

Les explications commencent et je réalise que la négociation va être difficile. En l'écoutant, je me demande si mes arguments font le poids. Nerrah se détourne de moi peu à peu et je vois deux choses : l'occasion de froncer les sourcils correctement et à quel point cette discussion touche quelque chose de profond chez lui. Il ne m'a pas raconté ce qu'il s'est passé avec Bristyle mais je sais qu'il ne la porte pas dans son cœur. Pourtant, j'ai du mal à voir cette fille comme il la décrit. Non, je la vois autrement...

Dans la brume, mon complice disparaît peu à peu. Mon visage se détend alors que ma tête se remet en marche : j'ai écouté et c'est à moi de parler maintenant. Le visage de Nerrah réapparait en se défaisant de son manteau blanc presque spectral en réapparaissant. Il fait bientôt une tête de plus que moi alors, aussi proche, je dois tendre le cou.

Ses oreilles sont tendues vers moi (enfin pas véritablement) alors que je tente un sourire pour adoucir mes paroles.

« Oui, je lui ai parlé ! »

Je renchéris doucement pour commencer. Il ne me semble pas très malin de rebondir sur ce qu'il a dit plus tôt.

« Et la conversation qu'on a eu était très intéressante. Elle s'intéresse à la magie et à toutes ces possibilités... Elle s'est aussi intéressé à moi... »

Je dis et je laisse mes mots se perdre dans le vague de mes pensées. La brume les emporte assez vite et on dirait qu'elle prend un peu de mes convictions dans la foulée. Bizarrement, je ne suis plus si sûre de ce que je dis.

« Tu crois qu'elle ne s'intéresserait à la SSSS que pour son propre intérêt ? »

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27 févr. 2022, 00:04
Subtiles comploteurs
La brume n'était pas qu'un manteau anesthésiant les sens, bloquant la vue, étouffant l'ouïe, faisant perdre ses repères dans l'espace, mais aussi dans le temps, c'était bien sûr de l'eau, une infinité de minuscules gouttelettes qui peu à peu, l'une après l'autre, se déposait sur les tissus qui couvraient les deux complices, et, lentement mais sûrement, commençaient à les imprégner. Tout comme peu à peu, des arguments pouvaient faire leur chemin à travers l'esprit borné du garçon jusqu'à infiltrer ses pensées et les modifier.

Macbeth est de loin l'un des esprits les plus brillants que connait Aliosus, intérieurement, il aurait eu envie d'approuver aussitôt sa proposition, car le jugement de la Gryffondor était quelque chose de sûr, de fiable, ses intuitions étaient les bonnes, elle savait emprunter des chemins de réflexions inattendus qui aboutissaient à des résultats spectaculaire. Oui, il l'admirait. Mais Bristyle... Non, pas Bristyle.

Par Merlin, ce fut un véritable soulagement lorsqu'elle lui sourit. Il avait eu conscience d'avoir dressé face à elle un rempart immense, percé seulement d'une minuscule porte, ce qu'il n'aurait fait pour personne d'autre. Il avait eu peur qu'ainsi elle se sente attaquée dans son intelligence, mais ce sourire le rassurait et lui disait qu'elle le respectait tout autant qu'il la respectait, et qu'ils pouvaient vivre des désaccords sans remettre en question leur... contrat ? A force d'avoir formalisé les choses, difficile de nommer ce qu'il y avait entre eux. Ils semblaient être tellement liés, au point de facilement deviner les pensées de chacun, n'importe qui d'autre aurait acté une véritable amitié. Mais Adaline Macbeth n'était pas une Yesenia Cooper ou bien une Élicia Caldin, elle était autre chose, et un mot comme amie aurait été réducteur et n'aurait su lui rendre justice.

Ses paroles toutefois, furent un coup de poing dans l'estomac d'Aliosus, la pauvre, si elle avait pu savoir... "Elle s'est aussi intéressée à moi". Et elle a raison, bien sûr qu'elle s'est intéressée à Macbeth, qui de sensé ne le ferait pas ? Aelle s'était intéressé à Alice, sa cousine, à Adaline, qu'il considérait jusque là comme une sorte d'alter égo, mais pas à lui. Lui il était autre chose, à peine une source d'informations pour Bristyle, une pénible et bavarde source d'information, un mal nécessaire, rien de plus. Et il avait cru être à la hauteur de Macbeth ? Il tombait de haut en réalisant qu'il s'était lourdement trompé.

Recroquevillé sur lui même, enfoui dans son manteau, il s'était tassé sous l'effet de son orgueil blessé, et pire, de sa honte alors qu'il se trouvait envieux d'Adaline. Quel piètre Savant Sorcier...
«S'il n'était question que de toi, elle s'y intéresserait probablement. Mais elle ne me considère pas digne d'une quelconque attention, je ne suis rien pour elle, je ne ferai que décrédibiliser la SSSS à ses yeux...»

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28 févr. 2022, 17:48
Subtiles comploteurs
Tout s'écroule. Ce n'est pas dans mon regard que tout se met à dégringoler, non, c'est dans celui du garçon qui est en face de moi. Il y a quelques instants à peine son regard était dur, son regard était sûr, son regard était mûr. Et maintenant je le vois tomber : il descend se loger sur le sol, se perdre dans la brume qui avale l'image de nos pieds.

Je ne comprends pas tout de suite ce qui provoque ce changement d'attitude chez le serpentard. Mais le changement est brutal. C'est peut-être parce que je prête beaucoup plus d'attention aux expressions sur le visage de ce dernier que je remarque le changement aussi rapidement. Et en effet, le visage de Nerrah étant assez peu expressif, j'ai appris à lire jusqu'à ses micro-expressions, à force du temps passé ensemble, pour déchiffrer ses pensées. Et ce que je vois là ne me plaît pas du tout, mon visage tout entier suit la courbe des yeux de Nerrah pour tomber à son tour.

Quand il se remet à parler, je comprends. Enfin, je crois comprendre ce qui a été blessé et par quoi. Son égo par Aelle Bristyle.

Mon visage triste se redresse dans une autre expression. La colère. Et bien oui, je sens monter en moi une colère qui ne cesse de grandir. Comment est-ce que Bristyle peut-elle considérer Nerrah comme ça ? Il est tellement pour moi, je me le représente comme un chevalier sur une imposante monture, tantôt comme le maître d'un grand domaine, ou comme un noble à la tête d'une prestigieuse famille. Ces images sont impressionnantes et elles suffisent pour dire à quel point j'estime Nerrah. Bien qu'elles ne soient que des synonymes de pouvoir, je crois que mon complice et alter égo est bien plus que cela, je découvre une intelligence non dissimulée, un savoir être exemplaire, une sensibilité douée et une vision du monde plus qu'intéressante.

Voilà à peu près tout ce que j'aimerais dire, je ne sais pas si c'est à Bristyle ou à Nerrah lui-même que j'aimerais le dire : l'une a besoin d'ouvrir les yeux et l'autre a un égo qu'il serait sage de rassurer.

Mais à la place, je serre les poids et je secoue la tête.

« Comment ? Mais non ? Je peux pas le croire ! »

C'est tout ce qui veut bien sortir de mes mâchoires crispées, d'une voix un peu étouffée par les deux rangées de dent qui empêche la colère d'exploser, alors que mon ventre se noue et que ma tête se met à bouillonner. Oui, je suis en colère, et j'ai rarement senti une émotion aussi facilement identifiable.

Je regarde à droite, à gauche, étudie un instant les options qu'il me reste. Enfin, j'essaie, la colère bourdonne dans mes oreilles et la seule chose que je me répète en boucle c'est :

« Alors... Je ne veux pas d'une fille trop bête pour voir à quel point tu es intéressant ! »

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28 mars 2022, 13:53
Subtiles comploteurs
C'était un cruel dilemme auquel Aliosus était confronté, enveloppé dans la brume fraîche, isolé du reste du monde, seul à seul avec Adaline qui répétait que tant pis, elle effacerait Aelle de ses pensées pour rejoindre leur alliance. Il en était malade, non seulement Aelle ne lui avait reconnu aucune espèce d'intérêt à part celui d'être un piteux coursiers pour ses questions sur Alice, non seulement elle avait, au contraire, vu en MacBeth tout ce que n'importe qui doté d'une pincée de bon sens voyait : son esprit acéré, ses talents, sa distinction, les prémices d'une grandeur future resplendissante, mais pour couronner le tout, il se retrouvait à priver son amie de la possibilité de s'associer avec une sorcière, certes au caractère déplorable, mais au talent et à l'intérêt factuels et indéniables.

Il ne voulait pas être l'élément bloquant, il ne voulait pas que son égoïsme et sa jalousie - après tout, cette relation privilégiée avec MacBeth lui allait très bien, il rechignait en son for intérieur à la partager - prennent le pas sur le contrat qu'ils avaient établis ensemble. La SSSS ne devait pas s'embarrasser de querelles dignes de la masse au dessus de laquelle ses membres clamaient vouloir s'élever.

«Attends, ne prenons pas de décisions trop hâtive. Il s'était rapproché de la Gryffondor, il avait voulu poser une main sur son bras mais une demie seconde d'hésitation et il avait jugé que le moment était passé, que ça aurait été déplacé. Tu as pensé à elle et je fais confiance à ton jugement. Si tu veux être sûre de ce qu'elle pense de moi, peut être pourrais tu lui demander ? Elle ne sait rien de nous deux, elle n'aurait aucune raison de te mentir. Parfois... Entre ce qu'on laisse voir aux autres et ce qu'on pense réellement, il peut y avoir de grandes différences.»

Il était bien placé pour le savoir, lui qui n'aurait jamais admis à Aelle qu'il la trouvait quelque peu fascinante sous cet épais vernis de pénibilité.

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