Sous de nouveaux tissus
@Lumah Greenleaf
Ils en avaient longtemps parlé, Audric et son père. Depuis que la lettre était arrivée à la maison, Audric n'était pas sorti de sa chambre. Si dans un premier temps il a cru avoir halluciné, rien ne s'est estompé quand, en un clignement de yeux, son père s'est présenté à la porte. Toujours cet étrange teinture et son grand manteau pastel par dessus ses vêtements vieillots. Audric avait secoué la tête, dans un soufflement montrant bien son agacement. Il avait encore du mal à y croire. Mais tous ces phénomènes magiques qui l'avaient envahi, plus petit, tous s'expliquaient alors. Il avait d'abord refusé de suivre son père. En plus de la gêne que cela allait être, déambuler dans Londres avec un presque-inconnu, il était assez apeuré. L'enfant regardait, songeur, son calendrier. La rentrée approchait à grands-pas, et pas dans l'école qu'il avait tant espéré. Mais il devait bien se faire à l'idée. Et puis, s'il n'allait pas à Poudlard, qui sait ce que ces sorciers lui feraient ? Peut-être qu'ils viendraient, à dos de dragon, l'enlever et que plus jamais il ne pourrait voir Alan, Emma, ou sa mère. Il s'était rapidement habillé et était descendu, jetant un regard noir à cette dernière. Bien sûr, du haut de son mètres trente-neuf, il n’impressionnait personne. Mais sa mère lui avait menti pendant onze ans, sans même cligner des yeux. Il lui en voulait, évidemment.
Le trajet jusqu'à Londres fut bien moins long qu'escompté. Si d'abord le duo s'était dirigé vers Bicester, à l'opposé de la capitale, c'est dans l'appartement de César que tout devint sérieux. Audric fut surpris de trouver une cheminée ici. Tranchant avec le décor, qui était déjà pas mal à part, aucuns doutes n'existaient quand à l'utilisation de cet objet. Son père avait grommelé quelques phrases, insistant sur le fait qu'il n'était pas certain qu'il puisse "le faire transplaner", qu'il avait déjà eu assez de problèmes avec le "magenmagot". Tout en articulant ces phrases, il naviguait dans la pièce en désordre, attrapant boîtes et sacs. Audric, planté là, ne savait que faire. Mais rapidement, son paternel s'était avancé avec ce qui semblait être un cendrier. Il avait ensuite incité Audric à prendre une poignée de poudre étrange, qui s’était executé, grimaçant et interrogeant du regard César. L'adulte avait entraîné son fils au centre de la cheminée éteinte et le fixa, un petit sourire en coin. Il avait fini par lui ordonner de crier à haute voix "Chemin de Traverse". Audric, hilare de la situation, s'était mis à pouffer. L'adulte se mit alors à lui expliquer de crier la même chose encore, et de jeter la poudre à ses pieds. Fronçant les sourcils, puis, pouffant de nouveau croyant à une blague étrange, Audric s'était finalement empressé de jeter la poudre à ses pieds.
Son corps fut comme aspiré dans un tourbillon de flammes vertes. Il voulut hurler, mais aucun son ne pu sortir de sa bouche, alors que tout son corps s'agitait dans les flammes, comme une chute infinie. Soudain, il s'était senti glisser sur un carrelage jaunâtre, comme projeté d'une autre cheminée. Juste derrière lui, son père, droit et tenant son poing toujours fermé devant lui, fit son apparition dans un tourbillon de flammes vertes.
« Ne reste pas là, on va bloquer le passage. »
Le ton employé par l'adulte était si naturel. Depuis quand des cheminées poussaient de leur antre des flammes vertes dansantes ? Où étaient-ils arrivés, et comment ? Un douce odeur que jamais auparavant l'adolescent n'avait pas sentir s'était propagée jusqu'à ses narines. Aux alentours, des tables de bois étaient agencées dans une sorte de grand bar. Des femmes et des hommes étaient entassés là, tous très grands, très petits, portant des costumes, des jeans, et aussi de grands chapeaux pointus. Visiblement, le pub était un endroit très fréquenté en cette période, si bien qu'Audric et César durent jouer des coudes pour sortir de là. Dans l'arrière cour, un mur semblait s'être écarté sur le passage d'un groupe de jeunes filles devant eux. Les yeux grands ouverts et la bouche pendant jusqu'aux orteils, Audric observa le monde qui s'étalait devant lui.
Le Chemin de Traverse était donc réel, aussi bien que le monde de la magie. Le jeune garçon avait beau se pincer aussi fort qu'il pouvait, rien n'y faisait, pas de réveil. Jamais il n'avait autant voulu sortir d'un sommeil. Il foula les pavés sales de l'allées principales, contenant autant de monde que dans ce pub. Tous semblaient occupés, agités, dans une cacophonie bruyante. Des chaudrons étaient empilés là, tandis que des chauves souris dormaient tranquillement sur des perchoirs. Derrière une vitrine, deux grandes chouettes observèrent Audric de leurs énormes yeux jaunes, et quelques enfants s'exclamaient en cœur la sorti du "nouveau balai Neptunius II". Le sorcier ne savait où donner de la tête dans cette agitation constante où, malgré l'anglais parlé par tout le monde ou presque, il ne comprenait pas certains mots. Son père n'était pas là pour aider. Alors qu'il s'était empressé de pousser son fils à l'intérieur d'une boutique, il lui avait glissé la lettre dans sa poche de blouson, indiquant qu'il devait aller chercher quelques "gallions".
Le bruit de la rue était étouffé ici, et enfin Audric pouvait respirer. Dans sa tenue habituelle de moldue, il s'était alors avancé timidement, attendant que quelqu'un vienne vers lui. César lui avait parlé d'uniformes, de capes, de sur-mesure, sans plus donner de détails à son fils. Audric avança un peu plus dans la boutique, observant les vies alentours.
Dernière modification par Audric Goodwin le 14 févr. 2022, 18:01, modifié 2 fois.
AGoodwin. - #78905a
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@Audric Goodwin
Mercredi 19 août 2043
PREMIÈRE ANNÉE
Mercredi 19 août 2043
PREMIÈRE ANNÉE
Lumah avait beau avoir imaginée bonne dizaine de paysages la nuit-même, aucun d'eux n'arrivait à la cheville de celui qui s'étendait devant ses yeux, là, maintenant. C'était pourtant un paysage qui aurait pu paraître commun. Une allée, assez étroite - ou est-ce la foule qui la faisait apparaître si maigre ? -, un peu vieillotte, peut-être. Mais ce qui faisait son originalité, par dessus-tout, c'était son vivant, son mouvement : il y avait celui des gens, en premier lieu, puis celui des choses qui, d'ordinaire, étaient inanimées. Les enseignes, les pancartes... Tout était vivant, ici. Et ça, le monde qu'elle connaissait n'aurait pas pu l'imaginer, ni le reproduire.
C'était un peu perturbant, à vrai dire, mais ça lui donnait un charme sans pareil. C'était l'inconnu, mais pour Lumah, qui aimait par-dessus tout l'aventure, c'était une terre à explorer. Quant à sa liste de courses, c'était sa mission du jour. elle avait déjà coché plusieurs cases, d'ailleurs : le matériel de potions, soi-dit en passant probablement le plus encombrant de ses achats, et elle venait d'en cocher une autre en sortant de Fleury et Bott avec une pile de livres casés dans le chaudrons, cohabitant avec les fioles. Elle avait ensuite prévu d'acheter des vêtements, restait à savoir où. Vu qu'elle ne connaissait aucune boutique, elle se dirigeait là où elle voyait d'autres personnes qui semblaient avoir son âge. Un regard à sa gauche. Il y avait bien une boutique qui pouvait correspondre... Madame Guipure. Lumah pencha sa tête. le garçon aux cheveux roux qu'elle avait repéré avant était bien à l'intérieur.
La petite trottina vers la boutique, se frayant un chemin dans la foule (était-ce toujours aussi bondé ?) en faisant bien attention à ne pas laisser tomber ses fournitures. De sa main libre, elle poussa ensuite la porte de chez Madame Guipure, articulant un faible « Bonjour » avant d'observer ce qu'avait à offrir la boutique de ses pauvres deux yeux complètement dépassés par la magie.
Amé 19 ans promo 43, poufsouffle #4B004F
Sous de nouveaux tissus
@Lumah Greenleaf
Désolé pour le léger retard
Désolé pour le léger retard
À la suite d'Audric, une jeune fille fit son entrée dans la boutique, une blondinette qu'il avait aperçu du coin de l'œil dans la masse informe de la rue principale. Audric s'habituait encore seulement à l'ambiance feutrée des lieux. La boutique était construite d'un bois rosée, voire violet, ce qui surprenait toujours autant le jeune homme, encore plus que les ciseaux en or animés qui surmontaient la devanture. Derrière lui, de très belles robes et des costumes ornaient la vitrine, tandis que s'étalaient devant ses yeux des rangées de portiques à vêtements. Foulant la moquette aux couleurs du bois de la boutique, le jeune garçon continua d'observer les alentours, aussi calmes qu'animés. Si toutes les discussions se voulaient silencieuses, il y avait un grand nombre de sorciers présents, debout sur des tabourets, ou chuchotant entre les tissus. Plusieurs personnes contrastaient avec tout ce calme, s'agitant entre tous les clients, Audric les identifia rapidement comme des employés de la boutique, mesurant, découpant, prenant commandes et se pliant en quatre pour tous mages en quête de capes et de chapeaux pointus.
Si Audric n'avait jusque là pas prêter grande attention à la jeune fille entrée à sa suite, il y fût bien obligé lorsqu'il aperçu deux personnes descendant des grands tabourets avant d'être poussées vers le comptoir. La même femme qui s'était chargé d'eux s'avança vers le rouquin et l'inconnue, amorça quelques phrases de salutations pressées pour finalement amener les deux jeunes gens vers ces mêmes tabourets, indiquant qu'elle serait à eux d'une minute à l'autre. Ils n'avaient alors pas besoin de plus d'explications. Il était plus qu'évident qu'ils cherchaient à se faire habiller pour la rentrée. À sa gauche, deux sorciers d'âges mûrs échangeaient quelques rires, enveloppés de tissus sombres qui s’agitaient magiquement. Debout au milieu de tout cela, Audric se sentait à la fois roi de ce monde et pourtant encore plus intimidé qu'auparavant. À sa droite, la jeune fille était elle aussi montée sur son tabouret, et, voulant briser sa solitude, peut-être amorcer sa découverte du monde de la magie, Audric se présenta rapidement. Après tout, le temps qu'une des sœurs Guipire ne revienne, ils avaient bien le temps de faire la causette.
« Salut... Audric. C'est mon prénom, je veux dire. Enchanté. »
AGoodwin. - #78905a