solo++ C'est rien, c'est la routine

Parce que vous serez sûrement mentionnées au fur et à mesure : @Lydia Holmes, @Lena Smith, @Charlotte Dwight, @Élina Clarke, @Alison Morrow, @Lily-Rose Holland. Passez toutes plein des jolies journées :sunny:
lundi dix déc. 46
1/7

J’aime pas les lundis. Un peu par principe, je l’avoue, c’est dans notre culture de haïr ce jour. Mais un peu aussi parce que la fatigue accumulée la semaine précédente n’a pas eu le temps d’être évacuée et qu’il faut repartir, avec ce poids déjà présent, et reprendre encore et toujours la même chose. Routine de gneuh. J’suis toujours embourbée dans le même modèle de journées.

Les réveils à 6h30 – deux heures avant le début des cours – font mal, le visage plus ressemblant à celui d’un zombie qu’une élève de troisième année, les cheveux ébouriffés et un début de cernes sous les paupières. Puis il faut filer s’habiller, enfiler ces foutues brassières qui vous compressent la poitrine toute la journée, à défaut de devoir marcher pliée en deux, et plusieurs couches de vêtements contre le froid d’un décembre matin. Au moins, en franchissant la porte du château, l’air qui attaque le visage a l’effet de quelques baffes et les molécules de gelé qui se glissent même sous les plus gros sweats forcent à se mettre en marche. D’abord doucement, pour dérouiller les membres figés sous la couette, puis en trottinant à un bon rythme. Petit tour du parc à un bon pas, en contrôlant la respiration et la position des pieds.

Ensuite vient le retour au dortoirs, où les bruits des filles commencent à emplir l’espace. Toutes commencent à se lever alors que je fonce me changer et préparer mon sac. Je me dis que j’aimerais bien prendre une douche, mais dévier, ne serait-ce qu’un peu de mon horaire, ne ferait que m’angoisser encore plus. Alors je referme les rideaux pour m’enfermer, m’installe en tailleur sur mon lit et tresse doucement mes cheveux. Je sais que ça va être le seul instant tranquille avant une journée à courir d’un côté à l’autre… et j’en profite à fond pour être avec moi-même, oubliant les conversations dans le couloir. J’en ai plus pour longtemps.

7h45, petit-déjeuner. Dans le creux de ma poche, je serre un petit papier plié en quatre, qui ne me quitte jamais. C’est mon horaire, avec tout ce que je dois faire, avec l’heure précise. C’est plus pratique de s’organiser comme ça, tout est calculé et je n’ai qu’à le respecter pour être sûre d’avoir le temps de tout faire ! Le contact est rassurant, c’est le fil conducteur qui ne me lâche jamais. J’ai le temps d’échanger quelques mots avec Lena en avalant une tartine à la confiture – même si c’est plus une confiture saupoudrée de pain – avant de repartir. Les lundis, c’est histoire ; et l’histoire, c’est long, c’est chiant, je prends des notes et compare Alaska à la prof qui s’agite devant le tableau en blablatant. M’enfin, il faut quand même écouter un minimum, pas question de louper les notes d’un seul cours. Qui sait les conséquences que ça pourrait avoir ? Non, dangereux. Et je joue le plus souvent la carte de la sûreté.

Après, j’ai un peu de temps libre. Lena a encore cours et je m’excuse auprès de Lydia pour retourner en salle co. C’est que je dois encore passer les notes d’HDLM au propre, mais on se rejoindra le midi ! *J’espère* Le petit salon est calme, mon dortoir aussi. Je vais pouvoir profiter de ce silence pour mettre à jour mon cahier. En un peu moins d’une heure, c’est bouclé, et je peux me mettre au devoir pour le lundi prochain. C’est là que je me dis que j’aurais dû rester avec mon amie, c’est plus facile de travailler avec elle… Gneuh. On assistera ensemble au cours suivant, au pire ! *J’espère*

J’essaye de faire passer le repas le plus rapidement, mes deux meilleures copines étant introuvables, En même temps, j’arrive toujours parmi les premier.es, la salle est encore à moitié vide. Moins de gens, moins de risque qu’il y ait une catastrophe. Plus vite j’avale ma salade, plus vite je serais partie. Je fais une moue mécontente devant les plats de viande ; ça me fait envie, mais c’est non. En presque cinq mois, je n’ai jamais rompu cette promesse interne !

J’ai soin aux créatures magiques dans une demi-heure, ça me donne à peine le temps de terminer le devoir d’histoire et me rendre jusqu’à la salle de cours. J’intercepte ma maman-grenouille préférée et me questionne soudain sur l’existence de grenouilles magiques. Et si Diphda en était une ? Si elle avait de superbes pouvoirs de médium ? Ce cours-ci, par contre, me passionne, et je me donne à fond, oubliant mes questionnements chelous. J’ai une petite préférence pour les cours théoriques : de cette manière, je suis sûre d’être en sécurité. Même si j’avoue qu’approcher quelques créatures me tenteraient bien, de temps à autres… Mais non. Au cas où.

Mon après-midi est libre, aujourd’hui, avec toustes ces zigotos de troisième année qui se rendent en cours de vol. Brrr, je ne les comprendrais jamais. Je fais comprendre à Lydia que j’ai besoin de pratiquer quelques sorts et l’invite à se rendre avec moi en salle d’étude, pour expérimenter ensemble ce qu’on a fait au dernier cours avec miss Priddy. J’avais adoré préparer les décorations, et étais déçue que la Bleue ne puisse pas aussi en profiter ! Mais bon, Élina valait le coup… *J’l’aime bien*

Le temps passe rapidement avec elle, et on passe d’une discussion à une autre, parsemées de blagues et éclats de rire. M’amuser avec elle me fait oublier les journées monotones et le stress des petites plages horaires que j’ai pour ci ou ça. Je lui propose de se retrouver en astro, le soir, et file finir les exos de math du manuel. *Allez, dans quelques heures, cette journée est finie. Plus que six jours avant la semaine suivante. Soit… 24 x 6 ? Nan, flemme…* 144h, après calcul.

L’heure du repas sonne trop vite, et je me rends à la Grande Salle en regrettant déjà d’avoir descendu les marches. Il y a la moitié de Poudlard, il y a du bruit, et puis j’aime pas cette pièce, c’est tout simple. Cet endroit me coupe l’appétit, alors je me force à avaler un peu de soupe, un gros bouquin sur les cuisses. Son but premier est surtout de me distraire, mais c’est une arme parfaite si un.e premier.e année chiant.e vient s’installer trop près…

Le soir, j’ai envie d’être seule. La journée a été fatigante, les lundis sont fatigants, je dois encore tenir jusque tard le soir, et j’ai fini mes autres obligations dans l’après-midi. Qui m’en voudra si je me repose un peu ? À part mon inconscient, mais c’est pas grave. Je prépare mon sac, me déchausse, et m’enfonce sous ma couette toute chaude, en demandant à une fille de mon dortoir de me réveiller avant 21h. Quand ce sera l’heure, je serais tellement stressée de m’être couchée alors que ce n’était pas prévu, que je me dépêcherais sûrement et arriverais bien trop à l’avance dans la tour d’astronomie. Épuisée, qui plus est. Pas graaave non pluuus. Heureusement qu’en hiver, le soleil se couche tôt et que je pourrais observer les étoiles pendant des heures, si c’était possible !

Le cours est pratique, mes bras se font lourds mais la voix de Lydia agit comme du chocolat sur moi : elle me motive immédiatement. Tous les cours vus à travers ses yeux sont tout de suite bien plus drôles – même s’ils finissent à 23h et qu’on est escorté.es par nos préfèt.es pour retourner dans nos nids respectifs. Je la salue finalement d’une étreinte rapide et m’éloigne, échangeant quelques mots avec des élèves de ma maison.

Une fois les tonneaux passés, je soupire. Qui aurait cru qu’un autre jour passerait aussi bien, sans aucun souci, mes amies m’arrachant des sourires ? Je me traîne de façon larvesque entre les dortoirs (pour se changer), la salle de bain (se coiffer), le dortoir de Lena (lui rendre sa plume), le dortoir (se coucher), la salle de bain (j’ai oublié de me laver les dents), le dortoir (se recoucher), la salle de bain (ma vessie est de nouveau pleine), les dortoirs (pourquoi est-ce que j’ai toujours mes règles au pire moment ?), la salle de bain (mon reflet me rend un regard zombiesque : « qu’est-ce que tu fais ici déjà ? »), le dortoir (cette fois-ci, je vais vraiment me coucher).

Si ma vie était magnifique, le sommeil m’emporterait dès que mon crâne s’appuierait contre ce merveilleux oreiller. Mais j’ai l’impression que la fatigue ne l’emporte pas sur les idées qui fusent, le stress de la journée qui dansent dans mon ventre, les courbatures de tous mes muscles, et le tic-tac-tic-tac de mon horloge interne qui m’annonce que je n’ai plus que 6h45 de sommeil. 6h44. 6h40. 6h29. J’suis crevée, mais c’est rien, c’est les lundis, c’est la routine. Le marchand de sable devra bien l’emporter, non ?
Dernière modification par Eryne O'Kieran le 5 janv. 2022, 09:31, modifié 1 fois.

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mardi onze déc. 46
2/7

J’ouvre mes yeux, mes pupilles prennent un instant avant de s’habituer à la lumière qui filtre entre les tissus des rideaux et je constate que j’ai fini par m’endormir hier. Ça m’aura pris du temps… À minuit ? 1h ? 1h30 je dirai. J’attrape ma baguette et illumine ma montre d’un très faible Lumos qui picote. Il sera 7h dans quelques minutes, je suis soulagée de me rendre compte que j’ai dormi entre 5 et 6h. Ce n’était pas réparateur, mais suffisant pour tenir toute la journée ! De toute façon, aujourd’hui, c’est un mardi. Le mardi ne peut qu’être meilleur que le lundi car il manque un jour de moins pour le week-end. Je peux aussi me lever une heure plus tard (ce qui est bien, vu l’heure à laquelle je me couche). Et, surtout, le cours du jour fait parti des meilleurs.

Je m’autorise à enfoncer ma tête sous mon coussin jusque 7h15, et puis c’est reparti. Sweat, queue de cheval, baskets, on sort, on court, le froid réveille et le sol glisse, il fait pas encore jour et des morceaux scintillants de glace reflètent la lumière sur la pelouse. Viiive déceeembre – c’est ironique. C’est le mois de Noël, mais c’est bien le seul avantage. À part ça, il fait jour tard, nuit tôt, les journées sont plus fatigantes et il gèle, la neige c’est beau par la fenêtre mais le parc n’est pas toujours un endroit agréable. Et les températures basses rendent ronchon. C’est malin, maintenant, j’ai envie de bouder l’Écosse et son temps pourri, les cours et les journées répétitives et le parc d’être aussi grand et pas protégé de la météo. Je gneugneute ma vie.

Mes muscles me font tous mal et mon souffle commence à se faire court ; en plus, je déteste ces inspirations de glace qui se bloquent dans la gorge et qui donnent envie de tousser. J’abrège un peu mon tour pour rentrer vite aux dortoirs. Il y fait si chaud ici, c’est merveilleux, ça donnerait envie de s’endormir sur le tapis pour ne pas s’éloigner de la cheminée ! J’y reste quelques minutes, le temps de m’assurer qu’aucun de mes doigts ne va tomber aujourd’hui et que mes cheveux ne sont pas des stalagmites.

Dans ma chambre, il y a peu de mouvement, et je me faufile jusque mon lit. J’ai l’impression qu’il crie. Vous ne l’entendez pas ? C’est quelque chose du style « Vieeens Eryyyne, doooors, tu es fatiguéeee, vieeeens, tu vas passer encore une journéeee stressaaaante, viens te coucheeer ». Il a de bons arguments, hein ? Je sais pas comment je fais pour tenir bon depuis trois mois et demi. J’dois être une génie ou quelque chose dans ce style.

En m’habillant, je me questionne sur la nécessité de porter une jupe. Parce que, qui dit jupe sans avoir froid, dit de mettre des collants énorme-et-épais-qui-compressent-la-jambe-et-stoppent-la-circulation. Et même comme ça, ce n’est pas toujours assez. Alors qu’avec un pantalon, il suffit de mettre un collant fin dessous et BAM, deux couches, on dirait une cuirasse en béton, on se croit sur le soleil. Et puis, les jupes sont même pas très esthétiques, et finissent toujours recouvertes par mes chemises froissées qui demandent qu’on les repasse.

Quand je prends trop de temps à réfléchir à des choses qui n’ont pas d’intérêt, je finis par arriver en retard au petit-déjeuner. Je dois avoir cinq minutes pour avaler quelque chose de rapide et efficace pour pas tomber dans les pommes, et j’en profite pour prendre des nouvelles de Charlotte et discuter un peu avec elle, ce qui ne me laisse plus que dix secondes pour manger. J’attrape un fruit et marche un peu avec mon amie, après quoi elle doit filer en cours. La deuxième année a méta, et je lui conseille de ne pas décéder, parce que sinon c’est moi qui mange les cookies, hehehe.

Le seul cours du mardi est celui de runes, ce qui m’arrache un grand sourire. C’est amusant, alors, oui, ça vrille peut-être la cervelle et miss Taylor est assez stricte, mais il est si intéressant ! Il commence à 10h30, j’ai largement le temps de faire un petit tour aux toilettes puis dans la serre pour me remémorer les cours des semaines précédentes. Dix minutes avant l’ouverture de la salle, j’arrive devant la porte, un chignon surplombant mon crâne et les bottines tapotant des rythmes réguliers sur le sol. Quand Lydia arrive enfin, je saute sur elle pour lui raconter la chiantise de mes insomnies, le fait que j’ai des courbatures partout et que c’était siii dur de courir ce matin ! En échange, je prends des nouvelles de son rôle de super-préfète-de-Serdaigle et des bêtises de Diphda avant d’entrer en cours. Je partage immédiatement mes notes avec mon adorable voisine et essaye tant de bien que de mal de suivre le discours de la prof avec attention, la tentation de faire des petits commentaires étant immense.

Après 2h intenses, j’entraîne Dydi à la table des Jaunes en racontant qu’en fait, c’était le chien qui m’avait attaquée pour je ne savais quelle raison, et que c’était de sa faute si j’étais tombée de la chaise pile sur la dalle qui dépassait. J’essayais peut-être de lui donner quelques croquettes, mais il était violent hein, et puis il faisait deux fois ma taille ! J’avais peut-être trois ans, mais c’est pas ça la question, c’est plutôt tous les canidés qui sont dangereux làà !

En vingt minutes, le repas est fini, et je laisse mon amie me convaincre d’aller s’amuser un peu ensemble. J’aurais peut-être bien aimé m’avancer dans mes cours, j’aurais pu préparer les cahiers de demain ou copier des synthèses, ou travailler de l’algèbre ; il faut aussi que je réponde à la lettre de mes parents et j’avais promis à Lena de lui montrer les boucles d’oreilles que j’allais finir, donc je devais aussi finir ça, et retravailler mes sorts ne serait pas de trop non plus. Mais gneuh, la tentation est grande et j’oublie bien vite la liste de mes responsabilités qui s’alloooonge, pour aller jouer avec elle.

L’après-midi passe à une vitesse incroyable et le temps défile. Vers 18h, je me rends compte que j’ai encore rien fait, et que le « temps libre » inscrit sur mon emploi du temps ne signifie pas « s’amuser » mais « travailler, s’avancer dans le travail, puis s’amuser si jamais ». Prise d’une soudaine culpabilité, je cours vers ma salle commune ; il est 18h14 quand j’arrive dans mon dortoir. Je stresse et mon cerveau a besoin de s’enfermer quelque part avec mes cahiers, comme une drogue pour calmer mon anxiété. Je ne peux pas me permettre d’arrêter de travailler. Qui sait ce qu’il pourrait arriver ? La liste des conséquences est trop longue, et je finis par rater le repas du soir : ma faim est totalement coupée.

L’angoisse donne aussi des difficultés à dormir, mais je suis fière de moi, j’ai réussi à arrêter de travailler tôt aujourd’hui ! À 22h, je suis confortablement installée avec un livre sur les genoux, l’esprit tranquille et satisfaite d’avoir pu contourner les distractions de début d’après-midi avec beaucoup de travail. Demain matin, je serai fière d’annoncer à Lydia que j’ai réussi à finir de réviser pour me coucher tôt et… dormir bien, on verra demain, mais c’est déjà un début !

J’éteins la lumière trente minutes plus tard, un petit sourire se glissant sur mon visage. J’ai pas d’inquiétude à me faire pour demain, ce sera une journée courte et après méta, ce sera fini. Méta je gère, non ? Il n’y a que mon sommeil, ou même ce foutu non-sommeil, que je ne contrôle pas.

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