22 déc. 2021, 15:14
 Cambridge  Élan de vie  Solo 
5 avril 2018
Premier instant


La nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà. Le ciel était sombre, dépourvu d'étoiles et de la lune, les nuages les cachant à la vue de la Terre. Le vent soufflait, assez violent pour que l'on l'entende caresser les murs et les toits de la maison. Il faisait vibrer légèrement les fenêtres, mais toutes étaient fermées, et seul de l'une d'elle s'échappait un douce lueur. Des bougies éclairaient la pièces où se tenait plusieurs personnes, des hommes et des femmes, ainsi qu'une elfe de maison contre le mur, à côté de la porte, attendant des ordres.

Lillow était là, allongée sur le lit parental, et dans un mauvais état. Son visage traduisait la douleur qu'elle ressentait, sa poitrine se soulevait difficilement, son souffle était saccadé. De chaque côté du lit se trouvait Tyr, son mari, une expression d'inquiétude mélangée à du bonheur sur le visage, qui tenait serrée la main de sa femme, et l'encourageait doucement. De l'autre côté Selah, sa meilleure amie, qui comme son époux la tenait fermement par la main et tentait de l'encourager du mieux qu'elle pouvait.

Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle donnait naissance à un enfant, elle avait déjà deux fils, Jorah et Nafan. Ils avaient tout les deux été conduits chez leur grands parents la veille dans l'après-midi, alors que leur mère avait senti que la naissance de son troisième enfant était proche.

L'anglaise poussa un énième cri, un goutte roula de son front à son cou. Tyr, qui s'en aperçu, cria à l'elfe de maison d'aller chercher une serviette humide à mettre sur le front de son épouse. Nastura salua puis quitta la chambre parentale d'un claquement de doigts pour se rendre dans la salle de bain qui se trouvait à l'autre bout de l'étage. Elle réapparu une minute plus tard aux côtés des deux parents et donna la serviette à l'américain.

Monsieur voudra-t-il autre chose, Monsieur ?

L'elfe était petite, sa voix fluette, pourtant la taie d'oreiller qui lui servait de vêtement était bien entretenue et avait été décorée par des petits dessins d'enfants, au feutre. On y voyait là le passage des deux garçons, qui s'était amusés avec l'elfe. Nastura était plus considérée par une amie de la famille plutôt qu'à une servante, même si il était souvent que les adultes lui donne des ordres. Ils savaient que ce n'était pas très commun chez les sorciers cette manière d'être avec un elfe de maison, mais c'est comme ça qu'ils voulaient éduquer leurs enfants, dans le respect de tous, et même des créatures telles que les elfes de maisons.

Oui, une bassine d'eau, s'il te plaît. Fais vite.

Lillow cria de nouveau, plus fort, et Tyr reporta son attention sur elle, tout en lui épongeant le front de la serviette qui venait d'être apporté. Le ciel commençait à pâlir doucement derrière la fenêtre, et le vent se calmait lui aussi. L'elfe réapparu, posa la bassine en porcelaine sur la table de chevet et se remit près de la porte. Le sorcier plongea la serviette dedans, la ressorti et la posa de nouveau sur le front de sa femme.

Vas-y chérie, c'est bientôt fini. Tu peux le faire.

Après quelques cris et gémissement, ainsi que de multiples encouragements de la part des médecins, de Selah et Tyr, le bébé finit par apparaître. Au moment ou le premier rayon du soleil se glissait dans la pièce. Les pleurs envahir la pièce, pourtant personne n'y faisait véritablement attention, leur regard tous tournés vers ce petit être qui venait de naître.
Lillow reposa sa tête sur l'oreiller avec un soupire de soulagement, le souffle court. La nuit avait été longue.

Félicitations, c'est une fille.

Un sourire illumina le couple. Ils regardèrent tendrement leur fille qui venait d'être posée dans les bras de son père.

Aisya. J'aimerais qu'elle s'appelle Aisya Jytte Lyyan.

Lillow avait parlé avec difficulté, mais conviction. Son époux acquiesça en silence, les yeux posée sur la nouvelle-née. Il lui caressa la joue avec douceur, ses yeux embués. Il était heureux. Ils étaient heureux tout les deux.
Selah et les médecins les laissèrent un moment seuls, afin qu'ils fassent connaissance avec leur fille.

Bienvenue à toi, Aisya.

Je suis née à 6h25. Nastura me raconta souvent l'histoire de ma naissance, je la connais par cœur. Le jour où mon histoire commença. Que la première page d'un livre encore inachevé se tourna.

Team Picsou

22 déc. 2021, 21:18
 Cambridge  Élan de vie  Solo 
15 juin 2025
Douce étincelle


J'étais encore qu'une gamine, en plein émerveillement du monde. Chaque jour, chaque découverte me laissa apercevoir une nouvelle facette de ce monde qui était mien sans l'être, et il m'en fallait peu pour m'émerveiller, sourire et courir derrière les papillons, ou faire la course avec l'ombre des oiseaux sur la pelouse. Je sortais pas souvent de la résidence familiale, mais le jardin était tellement grand que j'en avais presque pas besoin. Je passais la plupart de mes journées dehors quand je n'étais pas en cours dans le salon que l'on partageait, mes frères et moi, avant qu'ils ne partent chacun leur tour à Poudlard. Mon père et ma mère travaillait parfois jusqu'à tard le soir, et c'est Nastura, l'elfe de maison qui s'occupait de nous.
J'avais ma chambre au deuxième étage, à côté de celles de mes frères. Grande lectrice, j'avais une bibliothèque remplie à côté de mon lit, et la fenêtre donnait sur le jardin. J'étais sous les toits, et la cheminée passant dans le mur de ma chambre, elle était toujours chauffée en hiver quand le feu était allumé, ce qui m'arrangeait.

Ce jour là, on était dimanche. Mon frère aîné, Jorah, était encore à Poudlard, où il finissait sa première année. Il n'y avait à la maison que mon frère cadet, Nafan, et mes parents, ainsi que notre elfe de maison. J'étais descendue prendre mon petit déjeuner de bonne heure, préparer et disposé sur la table par Nastura. Après avoir fini, je suis immédiatement rendue dans ma chambre où j'ai passé quelques heures affalée sur mon lit, un bouquin que j'avais déjà lu dans les mains.

J'avais 7 ans et c'est ce jour qui changea ma vie. En me levant ce matin là, je ne pouvais m'attendre à ce qui allait arriver, pour le plus grand bonheur de ma famille mais surtout le mien.
Ce dimanche là, il s'était mis à pleuvoir en milieu de matinée, et même si la pluie était fine, ma mère n'a jamais accepté que j'aille faire un tour dehors. Ce qui est compréhensible, mais à cet époque ça m'embêtais. J'avais besoin de courir, me défouler, et qu'il pleuve pourrissait immédiatement ma journée. Je me tournais donc les pouces, dans ma chambre, descendit dans le salon pour chercher de quoi m'occuper...jusqu'à ce que ma mère appelle à table.

Peut-être n'était-ce pas pareil dans toute les familles, mais chez moi on avait tous une place bien précise. Moi assise à côté de ma mère, en face de Nafan qui était lui même à côté de mon père. Et parfois, à l'occasion, Nastura était en bout de table entre mes parents, et Jorah en face d'elle entre mon Nafan et moi, quand il était là.
A peine assise à ma place donc, que je gigotais dans tout les sens pour trouver une position qui me convenait.

Jorah nous a écrit une lettre. Apparemment, il pense avoir réussi ses examens de fin d'année et rentre bientôt. Il a hâte de tous nous retrouver et vous fait de gros bisous.

Les examens de fin d'année. Rien que l’appellation faisait peur, et que son frère les ai passé la rendait fière de lui. Elle ne savait pas grand chose de Poudlard, quelques petites informations données par sa mère, et avait hâte que son frère rentre pour qu'il lui raconte tout. Même si il était revenu le temps des vacances de Noël, il avait passé plus de temps à se reposer et profiter des fêtes que s'installer avec sa sœur et son frère tout aussi curieux qu'elle et leur raconter de A à Z ce qu'il s'était passé au château.

Tu pourras lui dire que j'ai hâte qu'il rentre s'il te plaît ? Il manque...

Et lui dire que moi je préfère quand il est pas là

Nafan avait répondu ça d'une voix sérieuse, mais le sourire en coin qui arborait montrait qu'il ne pensait pas ce qu'il venait de dire. Que ce soit pour embêter son frère absent ou moi en me contredisant, c'est comme ça que je l'ai prit. Comme une ouverture sur une taquinerie et qu'en échange, il fallait que je me venge. Toujours cet esprit de compétition entre nous. Toujours à se chercher, se taquiner, s'embêter.

J'avais trouvé un moyen de m'amuser un peu malgré la pluie, et en plus de ça, je pouvais embêter mon frère au passage. J'avais tout gagné ! Par contre, me restait qu'à trouver un plan, quelque chose, n'importe quoi. Un truc à lui jeter dessus, un truc qui lui ferait peur. Un truc.
C'est là que Nastura choisit d'apparaître avec l'entrée. Des œufs. Elle en donna deux à chacun d'entre nous, et en posa deux au centre de la table, si quelqu'un en voudrait un autre. Restait plus qu'à attendre la fin du repas pour le lui balancer dessus.

Il dura une bonne demie-heure. Où je du rester assise, ne rien faire et juste discuter comme si de rien était alors que tout ce que je voulais, c'était balancer ce truc sur la figure de Nafan, avec son sourire si angélique. Quand enfin je pu sortir de table, que les parents retournèrent dans le salon ou leur bureau et qu'il ne restait que mon frère et moi en bas, ainsi que Nastura qui récupérait les couverts, je tendis la main vers l'arme du crime. Je me tournais vers Nafan, bras armé, mais au moment de lancer, quelque chose me toucha la côte. Nastura qui venait de glisser et cherchait à reprendre son équilibre. L’œuf vola sur une trajectoire tellement éloignée du garçon qu'il était évident que je l'avais loupé. Et pourtant, sans comprendre comment ni pourquoi, l’œuf fit un grand virage et explosa sur le haut du crâne de mon cadet, avec un gros SPLASH, suivit d'un cri mi-surpris mi en colère de Nafan. Et moi, je courus immédiatement à l'escalier, dépassa mon frère à moitié aveuglé et me réfugia dans ma chambre où j'éclata de rire. Avant de me rendre compte que la fin de la trajectoire de l’œuf n'avait rien de normale. Était-ce donc ça la magie ?
Là encore, une nouvelle page s'était tournée. Un chapitre même. Et pourtant, ce n'était que le début.

Team Picsou

23 déc. 2021, 16:52
 Cambridge  Élan de vie  Solo 
6 août 2029
Lettre de rêve


Les vacances d'été avaient commencé depuis un bon moment déjà. Ses deux frères étaient rentrés un mois plus tôt de Poudlard, heureux de rentrer à la maison, mais également triste de quitter le château. Moi, je comprenais pas comment on pouvait être triste de quitter une école. Bien que j'avais hâte d'y aller, ça me semblait si bizarre...Pourtant, je ne le savais pas encore, mais moi aussi ça me ferait cet effet là. Partir de chez soi. Parce que mine de rien, à Poudlard, on y restait pendant une grande partie de l'année, et la compagnie des autres sorciers de son âge aidait à s'y sentir chez soi.

Jorah n'arrêtait pas de nous raconter, à mes parents et moi, tout ce qu'il avait appris, et ce qu'il avait fait avec ses amis. Et sa nouvelle petite amie. Il avait déjà 16 ans, ça me faisait bizarre de le voir grandir comme ça. Mais c'était la vie et rien ne pourrait l'empêcher. A chaque fois que je le voyais, il semblait plus mûr, plus sage. Et en plus de cela, il venait de passer ses BUSES, auxquels il avait eu des résultats plus qu'acceptable, pour la plus grande joie de mes parents qui étaient fiers de lui.
En revanche, lorsqu'on était seuls à l'étage, parfois avec Nafan, ces deux là ne racontaient plus les mêmes histoires. Surtout Nafan. Ils me racontaient leur visites de Pré-au-Lard avec leurs amis, la fois où mon frère cadet s'était fait prendre dans le village alors qu'il n'avait pas encore l'âge requis pour y aller. Jorah m'avait ramené quelques bonbons de chez Honeydukes, et une babiole de chez Zonko. Ils me racontaient toutes les bêtises qu'ils avaient fait dans le château, des bombabouses un peu partout, des boules de neige ensorcelés l'hiver...Rien qui ne m'étonnait de leur part, mais des anecdotes qui me faisaient bien rire. Et quelques idées pour mes années au château...Pour peu que je sois plus discrète qu'eux. Parce que les retenues qu'ils me décrivaient n'avaient pas l'air sympa du tout.

Mais pour le moment, alors que mon onzième anniversaire était passé de plusieurs mois, aucune lettre n'avait fait son apparition. Et même si je ne le laissais pas paraître, je commençais à me demander si on ne m'avait pas oublié.

Ce jour là, en descendant prendre mon petit-déjeuner à une heure assez tardive - bah oui, j'étais en vacances, autant en profiter -, j'entendis une discussion entre mes parents qui se demandaient quand aller faire les fournitures scolaires. Ma mère faisait remarquer à mon père qu'il valait mieux attendre que je reçoive ma lettre pour Poudlard avant, histoire de ne pas y aller deux fois. Ils avaient été si heureux quand ma magie s'était manifestée... Et je tentais de me rassurer que la lettre finirait par arriver, qu'ils avaient mis du temps à l'envoyer ou que le hibou s'était trompé de chemin. Ça ne pouvait qu'être ça.
Je m’asseyais à côté de Jorah, qui regardait par la fenêtre d'un air distrait - sûrement en train de penser à sa copine. Ils s'échangeaient des lettres depuis leur retour chez eux et c'est chaque matin, lorsque le courrier arrivait, qu'il se jetait presque dessus dans l'espoir d’apercevoir l'écriture de la jeune fille. Nafan devait certainement dormir encore, marmotte comme il était.
Je commençais à me servir du thé préparé à l'avance, puis Nastura apparu et déposa devant moi une assiette de bacon et d’œufs au plat.

Miss Aisya désirera-t-elle autre chose ?

Je la remerciais chaleureusement en lui disant que non, et attaqua mon petit déjeuner, la tête ailleurs. Qu'allais-je bien pouvoir faire de ma journée ? Mon frère aînée allait sûrement s'enfermer dans sa chambre, et faire cette chose secrète qu'il avait commencé au début de l'été. Et pour le moment, Nafan dormait.
Avec un soupir, je bu une gorgé.

C'est à cet instant là que trois hiboux apparurent, se dirigeant droit vers les fenêtres grandes ouvertes à cause de la chaleur. L'un d'eux se dirigea immédiatement vers Jorah et lui déposa une jolie enveloppe verte pâle avant d'aller sur son perchoir, dans le salon. Tout content, mon frère monta dans sa chambre, sa lettre à la main, qu'il ouvra immédiatement. Je souriais en le regardant faire, d'un air moqueur.

Aisya, c'est pour toi là !

Ma mère était surexcitée. Je me retournais vivement, et remarqua l'enveloppe ambrée que tenait le deuxième hibou, un hibou Grand Duc. Je reconnu immédiatement le sceau, pour l'avoir vu déjà deux fois. Paralysée, je n'en croyais pas mes yeux. C'était elle ! Elle était enfin là ! Depuis le temps que je l'attendais !
Sortie de ma stupeur, je pris la lettre d'une main tremblante, et le hibou s'envola et sortit par la fenêtre.
J'avais même pas besoin de l'ouvrir, je savais déjà ce qui était écrit, mot pour mot. Seul le prénom au début de la lettre changeait. Je crois que jamais ma mère ne m'a vu aussi heureuse.
Mon père m'a regardé, tout fier, et s'est tourné vers ma mère avec un grand sourire.

Nous pourrons aller au Chemin de Traverse demain dans ce cas.

Là, la compréhension arriva dans mon esprit. Je venais de recevoir la lettre pour Poudlard. J'allais aller à Poudlard !
Je suis sortie de table en reculant la chaise bruyamment, et j'ai couru vers les escaliers. Je courrais jusqu'à la chambre de Nafan, ouvrit la porte en trombe, et sauta sur le lit, surexcitée.

Nafan, j'ai eu ma lettre ! Je vais aller à Poudlard !

Lui qui n'arrêtait pas de me taquiner depuis le début de l'été à propos de ma lettre qui n'arrivait pas...Je m'étais vengé. Son visage à demi-réveillé, ses yeux pleins de stupeur...J'ai éclaté de rire. J'ai entendu un vague "Oh non..." ironique, puis il reposa sa tête sur l'oreiller.

Laisse moi dormir Ais'.

Je lui tirais la langue en guise de réponse puis sortit en fermant la porte derrière moi, un sourire fier sur le visage. Jorah sortit de sa chambre et me prit dans ses bras, ayant tout entendu, vu le vacarme que j'avais fait.

Je suis fier de toi. Hâte qu'on aille à Poudlard ensemble.

Je lui rendit son étreinte, puis me dégagea et fila dans ma chambre, où j'ouvris enfin l'enveloppe. Je lu la première lettre une fois, puis deux, puis trois, un sourire immense sur les lèvres et les yeux pleins d'étoiles. Quand j'eu assez de la lire, je l'accrocha sur mon mur au dessus de mon lit, par dessus la multitude de dessins qui y étaient déjà.
Dans moins d'un mois, je serais dans le Poudlard Express, puis que ferais la cérémonie de la répartition. Ma nouvelle vie allait bientôt commencer.

Team Picsou