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23 déc. 2021, 13:16
Par-delà les Océans  SOLO ++ 
[Ce solo regroupera tous les moments durant lesquels Alyona a écrit/reçu ? ses lettres dans le cadre des échanges AMICO.]



— [é]changer —

Les commencements ont des charmes inexprimables.
Dom Juan, Molière


crédit œuvre : Philip Wakeham



9 DECEMBRE 2046, 19h07,
SALLE D'ETUDE, POUDLARD

Alyona, 17 ans


[PREMIERE LETTRE]


*Estefânia* Son nom tourne en boucle dans ma tête depuis quelques jours. Il se cogne contre les parois de mon crâne et résonne dans mes pensées, entraînant dans son ombre des nuées de questions comme d'affreux petits insectes cherchant à m'envahir. L'inconnu m'inquiète et m'attire irrésistiblement. Je ne sais à quoi m'attendre, qu'espérer et ce que je vais découvrir. Je bous d'impatience et de curiosité. J'ai le bout de mes doigts qui me pique depuis plusieurs jours quand je regarde ma plume et des nuages de questions au bord de mes pensées qui n'attendent que le bon moment pour s'échapper à travers mes mots et se graver à l'encre noire sur mon parchemin. Mais qu'attends-je ? Mon crâne se remplit petit à petit de toutes ces questions ; je me demande comment je vais pouvoir en choisir quelques-unes.
*Estefânia* Qui est-elle ? Qu'aime-t-elle ? Que veut-elle être ? À quoi ressemble-t-elle ? Quels sont ses rêves, ses envies, ses désirs, ses passions ? A-t-elle des secrets ? Quel est son niveau de magie ? D'où vient-elle ? Qu'a-t-elle déjà vu ? Connait-elle des choses que je ne connais pas ? *Certainement.* Pour quoi vit-elle ? A-t-elle un objectif dans la vie ? Est-elle travailleuse comme Anaë ? Est-elle hautaine comme Bristyle ? Est-elle mystérieuse comme Loewy ou ouverte comme Elowen ? Est-elle attachante comme Galina et imprévisible comme Alison ? Aime-t-elle le ciel ? les fleurs ? la découverte ? M'appréciera-t-elle ? Oh Merlin, faites que oui. Je brûle d'interrogations, consumée par mes espérances.

La salle d'étude est plutôt calme à cette heure-ci. Les autres élèves aiment dîner ou rejoindre leurs amis pour terminer de manière agréable leur journée. J'irai certainement plus tard dans la Grande Salle ; moins je passe de temps là-bas et mieux je me sens. Les quelques souvenirs marquants que j'ai de cette salle m'interdisent de l'apprécier, même si j'y ai dernièrement passé de bons moments. D'ailleurs, peut-être qu'Alison aimerait lire ma lettre avant que je ne l'envoie. Une étrange gêne se glisse dans mon esprit. Ce serait tout à fait normal de ma part que je lui montre puisque nous étudions ensemble le portugais mais... Une partie de moi aimerait garder cet échange juste entre Estefânia et moi. Est-ce égoïste ? Je n'en sais rien et ne l'espère pas. Pourtant, je dois me l'avouer : au fond, je n'ai pas vraiment envie de faire lire cette lettre et les suivantes à Alison. Je souhaite simplement que cela reste entre Estefânia et moi, n'est-ce pas un échange entre nous deux de toute manière ? Ah, je ne sais pas. Alison sera déçue si je ne la lui montre pas. Peut-être pourrais-je lui faire lire juste la première ? Elle comprendra si je ne lui fais pas lire les autres, non ? Je pourrais peut-être lui dire les réponses de ma correspondante sans lui faire lire ses lettres. Bien, alors c'est ce que je ferais. Je lui montrerai cette première lettre dès que je l'aurai écrite. Enfin, faut-il que je m'y mette un jour.

Mon regard s'accroche à ma plume reposant dans mon encre depuis quelques minutes. J'ai terminé mes devoirs pour demain et du temps devant moi. Je pourrais lire dans la bibliothèque, grimper dans la salle commune pour me laisser tomber dans un fauteuil, sortir dehors et contempler le coucher du soleil, m'entraîner à quelques sorts dans une salle vide ou jouer avec Ecco dans la cour de la tour de l'horloge. Je pourrais faire tout cela mais je pourrais également me saisir de ma plume pour commencer à rédiger cette fameuse première lettre. J'hésite. Est-ce le bon moment ? Et si je ne trouvais aucun mot ? Ah ! Terrible Circé, si je ne le fais pas maintenant, quand le ferai-je ?

J'attrape un nouveau parchemin ainsi qu'un livre sur les bases du portugais. En saisissant ma plume de paon, j'ai les doigts qui tremblent un peu — impatience ou peur ? — mais je parviens à tracer les premiers mots sans bavures ni traits hésitants. À quoi ressemble l'écriture de ma correspondante ?
Chère Estefânia,
Que dire ? Qu'ajouter ? *J'aurais dû y réfléchir avant, c'est complètement idiot !* Peut-être que se laisser aller est le plus important. Ne pas trop réfléchir me fait parfois faire des erreurs mais, si ce que j'écris ne me plaît pas, je pourrais toujours recommencer, ce n'est qu'un brouillon.
Je tremble un peu en t'écrivant ces mots. Je n'ai jamais échangé avec quelqu'un venant d'aussi loin. À quoi ressemblent ton école et ton pays ? J'ai lu quelques livres dessus mais je pense que tes réponses seront meilleures.
Il est vrai que j'en ai lu, des mots.
Pourquoi as-tu choisi d'entrer à Castelobruxo ? Pourrais-tu me présenter ton école ? Comment sont vos journées et qu'apprenez-vous ? Qu'y a-t-il de particulier à Castelobruxo ?
Castelobruxo, le Brésil, le portugais, la magie de là-bas : tout m'intriguait et m'intrigue encore, je n'y connaissais absolument rien. Il paraît que les plantes sont reines dans cette école et que la flore et la faune y sont très diverses. J'essaye parfois d'imaginer à quoi ressemble une journée normale dans cet autre continent. Comment est-ce, la vie au Brésil et au cœur de cette forêt si riche ? Irai-je l'année prochaine ? Oh Merlin, ce serait tellement fantastique ! Peut-être toucherais-je du bout des doigts leur cape qui les rend invisibles, peut-être même en porterais-je une ! Si je partais, comment serais-je reçue dans cette école ? Sont-ils comme les Britanniques ? Fait-il vraiment si chaud et humide dans cette partie du globe ?
Par Circé, les questions dégringolent par centaines dans mon crâne mais je n'avance pas dans ma lettre.

Dois-je me présenter ? Mais que dire ? Et si cela ne l'intéressait pas ? Enfin, ce serait tout de même étrange de ne pas être intriguée par une inconnue venant d'aussi loin. Alors, comment me présenter ? Je crois que certains élèves ont glissé une photo d'eux. Cependant, je n'en ai pas sur moi et je ne suis pas certaine qu'une photo de ma famille l'intéresserait. Dans ce cas, je lui enverrai une photo de moi la prochaine fois, quand j'aurais demandé à Grand-mère de m'en envoyer une pendant les vacances. Bien, cela ne résout pas la question de la présentation. Je fais glisser mes doigts le long de la bordure de ma cape. Que dire sur moi ?
J'aime apprendre, la botanique, les potions et la médicomagie, c'est pour cela que j'ai souhaité participer à cet échange. Et toi ? Qu'est-ce qui t'attire à Poudlard ? Es-tu déjà allée au Royaume-Uni ? En ce moment, il y fait assez froid mais cela ne me dérange pas.
Peut-être apprécierait-elle que je lui parle de Poudlard ? C'est une prestigieuse école, elle ne peut que se poser des questions sur celle-ci.
À Poudlard, nous sommes amenés par le Poudlard Express (c'est un train), puis nous sommes répartis grâce au Choixpeau dans l'une des quatre maisons : Poufsouffle, Serdaigle, Serpentard ou Gryffondor. Elles ont toutes des caractéristiques spéciales qui les distinguent. J'appartiens à la maison Serdaigle.
Satisfaite, je repose ma plume un instant dans mon encrier. De cette manière, je ne me présente pas en détails mais de toute façon, rien n'empêche Estefânia de me poser des questions — si elle en a. Quant à moi, je n'ai pas terminé mes interrogations. J'ai bien trop de choses à découvrir. Comment choisir lesquelles importent le plus ?
Qu'aimes-tu ?
C'est une question assez vague et large mais ainsi, j'aurais peut-être une réponse complète de sa part. Merlin, tout n'est que peut-être dans mon crâne, c'est un peu effrayant.
Que veux-tu devenir ? Peux-tu me parler de toi ? J'ai la tête pleine de suppositions et je suis curieuse d'en apprendre davantage.
Acceptera-t-elle de me donner des réponses ? Et si elle ne savait pas que dire, elle aussi ? Durant un instant, je l'imagine, assise quelque part, un parchemin face à elle et une plume dans sa main, la tête pleine de questions, comme moi. D'ailleurs, que fait-elle en ce moment ? À quoi ressemble l'autre bout du monde à dix-neuf heures trente ? Y fait-il nuit comme ici ? A-t-elle chaud ? A-t-elle froid ? Oh, j'ai l'impression d'avoir ouvert mes yeux sur un nouvel horizon ! Le monde me semble encore plus grand et plein de secrets. Pourrais-je un jour en connaître une grande partie ? Et Estefânia, que connaît-elle de plus que moi ? Peut-être est-il temps que je lui pose des questions sur sa magie et ses savoirs, je suis dévorée par mon idée d'en découvrir plus.

Ma plume de nouveau entre mes doigts, j'essaye d'écrire droit mais l'excitation me fait écrire un peu mal. Que pensera-t-elle si elle constate que je ne suis même pas capable d'écrire correctement ? Je dois me reprendre, les sentiments ne sont que des sensations.
Aimes-tu la magie ? Es-tu plus douée pour certains sortilèges que d'autres ?
Dois-je répondre ensuite à ces questions comme si elle me les posait aussi ? Non, je ne pense pas. Si elle veut connaître mes réponses, elle pourra me les demander.
J'ai très hâte d'apprendre à te connaître et d'en savoir plus sur ton école.

Au plaisir de lire ta réponse,
Alyona
Je pose ma plume à côté de ma lettre. Mes mains tremblent encore un peu mais un grand sourire s'étale désormais sur mes lèvres.

J'ai le cœur en ébullition. Des feux d'artifice de sensations explosent à l'intérieur ; je suis tantôt remplie d'excitation et de bonheur, tantôt d'impatience et de curiosité et tantôt d'appréhension et d'envie. Cela forme un énorme arc-en-ciel de couleurs au fond de moi. En temps normal, tout cela m'aurait fait peur — Merlin, comment me retrouver au milieu de cette panoplie colorée ? — mais aujourd'hui, je me sens bien, si bien que j'en rayonne. J'ai l'impression que je suis capable d'éclairer toute la salle d'études à moi toute seule. Je vais échanger avec une élève de Castelobruxo, sans me soucier des océans qui nous séparent, je vais apprendre le portugais avec Alison entre ces mêmes murs, je vais découvrir énormément à propos de tout ce qui me plaît cette année, je vais parvenir à maîtriser de nouveaux sortilèges et concocter de nouvelles potions ; je vais dévorer chaque petite parcelle de temps qui s'offre à moi pour la rendre unique et lumineuse. C'est ce que je veux, oui : profiter. Parce qu'il ne me reste que deux ans ici, parce que tout est beaucoup trop fragile, parce que j'ai peur de passer une année comme la précédente et parce que j'en ai profondément envie. J'en ai besoin, plus que tout. Que mes chimères de terreur se fassent emmener en Enfers ; cette année je ne les laisserai pas gagner.

Je me relève doucement, les yeux posés sur ma lettre. Elle s'envolera au-dessus des maisons, des villages, des villes, des lacs, des forêts, des montagnes et des océans. Et dire qu'elle atteindra le Brésil ! Cela me fait quelque chose dans le ventre, comme une sorte d'angoisse heureuse. J'ai le visage dévoré par mon sourire et les mains tremblantes. Cela semble si irréel, même dans un rêve je n'en espérerais pas tant. *J'ai tellement de chance !* Je pourrais exploser en étincelles si je n'avais aucune enveloppe corporelle. Merlin, le Brésil et Castelobruxo ! Je n'ose toujours pas y croire. C'est tellement grand, immense. Je ne parviens pas à le réaliser, cela me semble incroyable. Pourtant, c'est vrai. Ma lettre et ma jonquille seront déposées face à une inconnue *Estefânia* dans un pays inconnu. C'est tellement magique. De nouveaux horizons se dévoilent à moi et je crève d'envie de plonger tête la première vers eux.


Reducio
Image



@Alison Morrow, tu es mentionnée dans le troisième paragraphe.

#466962Sixième Année RP

27 févr. 2022, 15:09
Par-delà les Océans  SOLO ++ 
JANVIER 2047, MATIN
COUR DE LA TOUR DE L'HORLOGE, POUDLARD

Alyona, 17 ans

lettre reçue



Tremblement de terre, tremblements de corps. Fondations chancelantes, ébranlées, vacillantes ; pensées et émotions fragilisées, fissurées et instables. Tout n'est que secousse, à croire que quelque chose cherche à sortir, à grandir, à exploser à la surface. Quelle surface ? Je perds l'équilibre et me rattrape au dernier moment. Certains jours je me lève et certains jours je tombe, parfois à la renverse, parfois amoureuse, parfois de Charybde en Scylla, parfois de haut. Peut-on tomber amoureux de sensations ? Il me semble que cela m'arrive, rarement mais assez pour que je puisse posséder un avis sur la question. Aujourd'hui, je crois que je tombe à la renverse. À moins que je ne m'élève ? Comme Icare, vers les Cieux ! Toujours plus haut, vers les sommets, grimper jusqu'au Soleil, frôler les nuages, caresser les oiseaux, prendre appui sur les teintes célestes ! Je m'élève et je chute. Je chute vers l'enthousiasme qui m'élève vers les cieux. Étrange, non ? Enfin, est-ce vraiment moi qui grandis, croîs, pousse, déchire les contours et perce les surfaces ? Je crois que non. C'est plutôt à l'intérieur de moi. Dans mon ventre ou ma poitrine ? Quelque part entre les deux. J'ai un Icare dans le corps ! Un Icare à qui on a donné des ailes. Un Icare qui — Merlin je l'espère — ne tombera pas à cause de son idéal. Un Icare qui tambourine si fort dans mon corps qu'il en bouscule tous les membres.

Ma main tremble sans que je ne puisse l'en empêcher. Mon cœur bat frénétiquement, à une vitesse plus rapide que d'ordinaire. Mes pieds frappent le sol à un rythme régulier et plus fréquemment. Mon visage est dévoré par un sourire affamé. Mes doigts sont serrés autour de la lettre que Miss Montmort vient de me donner. Et dans ma tête, tout va trop vite.
*Merlin, Merlin, Merlin...* Il ne faut pas que je l'abîme, elle a traversé des océans, a été écrire par une plume et sur une table situées à l'autre bout du monde, a été touchée par une élève n'ayant peut-être jamais mis un pied en Grande-Bretagne et a été entourée par un environnement bien différent de Poudlard. Elle est plus fragile, précieuse et riche en émotions que bien des objets. Elle est unique et apporte dans ma vie tant de nouveautés. Elle est la paire d'ailes — ou la part d'Elle ? — qui était nécessaire pour faire s'envoler mon enthousiasme. Toujours plus haut, vers les Sommets, grimper jusqu'au Soleil ! Je me sens pousser des ailes de bonheur.

Par Circé, c'est ma première lettre ! Je me suis pour l'instant retenu de la lire mais je sais qu'une fois assise, je ne parviendrai pas à tenir bien longtemps. Il faut dire que les questions ricochent dans ma boîte crânienne sans s'arrêter. À quoi ressemble l'écriture d'Estefânia ? A-t-elle tendance à écrire en petit ou en grand ? Que va-t-elle me répondre ? Est-elle plutôt froide ou ouverte ? M'a-t-elle envoyé des photos ? À quoi ressemble-t-elle ? Me parlera-t-elle d'elle ou de sa famille ? Je voudrais pouvoir tout connaître à l'avance, des nuances que prennent ses cheveux sous le soleil aux personnes avec lesquelles elle aime passer du temps. Cependant, je sais que c'est impossible. La découverte se fera progressivement, pas après pas, lettre après lettre. Serai-je à un moment déçue ? Et si je l'étais dès aujourd'hui ? Je ne le souhaite pas mais le doute ne peut s'empêcher de glisser dans mes pensées. Je me demande également ce qu'elle a pensé de moi et de ce que je lui ai dit. J'espère que je n'ai pas été trop directe ou trop écrasante. Quand la curiosité me saisit, j'ai tendance à vouloir tout écraser pour la satisfaire. Il faut bien avouer qu'elle jaillit hors de moi avec une telle puissance, torrent déchaîné, qu'un rien me pousse à l'exposer et à chercher à la satisfaire. Ma curiosité est un poison insaisissable. Estefânia est-elle également curieuse ? Plus je pense à elle et plus les questions sont nombreuses dans ma tête ; c'est un voyage sans arrivée et sans départ.

Je m'assieds dans les escaliers, les yeux rivés sur ce papier scellé par un nœud de fibres végétales. Cette seule vision parvient à me faire sourire, c'est fantastique et inquiétant. Je suis complètement emportée par mes sentiments. Une secousse se répercute comme un écho et un tremblement se répète partout dans mon corps. Je suis la Terre qui s'ébranle et l'océan qui s'agite. Un souffle de vent et je m'envole, emportée. Un mot et je retombe brusquement sur le sol pour me briser les ailes. Où cette lettre m'emportera-t-elle ? Loin, je l'espère ; je ne demande qu'à m'échapper de ce lieu le temps d'une lecture.

Mes doigts desserrent délicatement les liens que je pose à mes côtés. Mon cœur bat assez vite ; je crois qu'il est aussi impatient et anxieux que moi. Et si ce n'était pas la lettre d'Estefânia ? Non, non ; cela ne peut être qu'elle. *Estefânia...*

Une écriture ronde et resserrée se dévoile devant mes yeux grands ouverts.
__
Chère Alyona,

Je suis contente de pouvoir partager cette opportunité avec toi, c'est une première pour moi aussi.
__

Une étrange chaleur bouillonne dans mon ventre. Je ne laisse rien transparaître, mais j'ai le cœur qui s'envole très haut.

*Estefânia...* Souriait-elle en écrivant ces mots ? D'ailleurs, à quoi ressemble son sourire ? Je me pose beaucoup trop de questions, je le sais, mais c'est tellement excitant ! Et terrifiant ! Et merveilleux !

Sa remarque sur mon écriture permet enfin à mon sourire de se glisser sur mes lèvres. Moi aussi j'apprécie la sienne, elle est plutôt lisible, or, je connais des personnes écrivant bien plus mal. Enfin, je parviens sans difficulté à déchiffrer ses mots traduits par le sortilège de traduction. J'essayerai d'étudier la version en portugais cette semaine pour lui répondre et m'habituer à en lire. Je veux être capable de bien savoir traduire, sans problème, le plus tôt possible. L'apprentissage d'une langue est complexe et long, mais je suis certaine que j'en suis capable.

__
Je pourrai te parler de mon pays et mon école pendant des pages et des pages ! Castelobruxo est un lieu extraordinaire, nous vivons au cœur de la nature, et c'est pour cela que j'ai demandé à y faire mes études. J'ai grandi sur le bord de l'Amazone et j'ai toujours été fascinée par la forêt luxuriante et pleine de vie. Ici à l'école, dès que nous posons un pied dehors, nous somme dans la forêt Amazonienne, libre de nous y promener. Comme tu peux l'imaginer c'est le lieux idéal pour apprendre mille choses sur la botanique.
__

L'Amazone... C'est une rivière, non ? Plutôt un fleuve, je crois. Irai-je un jour dans ma vie ? Je sais que Maman a déjà été près de cette partie du monde avec Papa, mais je ne veux pas leur poser des questions dessus, je veux pouvoir découvrir par moi-même, avec les descriptions d'Estefânia. Je veux juste voyager grâce à ses mots. J'ai tellement de mal à m'imaginer une vie entourée par une dense, chaude et humide forêt. N'ont-ils donc jamais d'hiver ? Je pense que Chioné me manquerait un peu si je devais vivre à Castelobruxo, mais en même temps, être libre de se déplacer dans une forêt luxuriante et pleine de plantes passionnantes, cela doit être tellement génial ! À côté de cette forêt, nos serres paraissent vraiment... superficielles. Là-bas, tout est naturel et une grande majorité de la végétation a poussé sans avoir été installée au préalable. Cela ressemble à un lieu idyllique décrit ainsi ; j'aimerais tant y aller au moins une fois dans ma vie ! La forêt Amazonienne, l'Amazone, toutes ces plantes... Merlin ! Cela paraît être si loin, et en même temps si proche grâce à cette lettre.

Je souris en lisant la suite de la lettre d'Estefânia. Ainsi, elle n'a jamais quitté l'Amérique du Sud, et parmi toutes les autres écoles, c'est Poudlard qui l'intrigue le plus. Je pense que je comprends. Ici, notre enseignement doit lui paraître bien différent. Cela ne peut que l'attirer, je tâcherai de satisfaire au mieux sa curiosité.

__
Votre école semble bien différente de la mienne, peux tu me parler de ta maison Serdaigle ?
__

Je pourrais également formuler cette idée, tant je suis d'accord avec son contenu. Poudlard et Castelobruxo semblent être si différents ! Poudlard nous enseigne une plus grande diversité de matières, mais nous ne sommes pas non plus situés dans un lieu merveilleux. Je crois que si je le pouvais, j'échangerais bien le Lac Noir avec cette forêt Amazonienne qui semble être bien plus accueillante. Pourtant, jamais je ne voudrais changer de maison ou quitter le château. Ici, je suis chez moi. J'ai trouvé ma place, mon utilité, et je me plais à évoluer dans ces escaliers surprenants et déstabilisant, aux côtés de ces tableaux et de ces élèves bavards. À Poudlard, je suis bien, même si cela m'est déjà arrivé de ne pas m'y sentir en sécurité. Cependant, Castelobruxo doit être synonyme de tellement de changement ! La forêt humide, la chaleur permanente, la langue, la faune et la flore... Ce doit être passionnant de vivre là-bas ; passionnant et déstabilisant pour une écossaise comme moi.

Serdaigle ! Je crois que moi aussi, je pourrais parler de ma maison et de mon école pendant des heures. Le seul fait d'y penser me plonge dans un bassin abyssal de bonheur, de bien-être, de passion et d'attachement. Car, quoi qu'on en dise, Poudlard est pour moi une deuxième maison et Serdaigle une deuxième famille.

__
Merci pour cette fleur, j'ai fais des recherches, elle pousse dans vos forêts c'est cela ?
__

Ainsi, la jonquille l'a intéressée... Je m'en doutais un peu, c'est une fleur qu'on ne peut pas observer en Amérique du Sud. Je ne sais ce qu'elle va en faire, mais j'espère qu'elle a apprécié le cadeau. J'ai craint en glissant la fleur dans ma lettre qu'elle ne comprenne pas sa présence et ne s'y intéresse pas, mais heureusement cela n'a pas été le cas.
Merlin, je me sens si bien ! Je crois qu'Estefânia et moi avons des chances de bien nous entendre, et je trouve cela fantastique. *Moi, discuter avec une élève vivant à l'autre bout du monde...!*

Je laisse tomber ma tête en arrière et mon sourire s'étend jusqu'à mes yeux. *Par Circé !* C'est tellement fantastique et merveilleux à la fois. J'ai presque du mal à y croire. Je me sens pousser des ailes. Un Tournesol prêt à s'envoler pour danser et tournoyer dans le ciel. Mon bonheur s'échappe de partout, je le sens même exploser dans mon ventre avec délicatesse et chaleur, petites bulles de soleil.

Je ferme les yeux et me laisse emporter.
Merlin, j'ai reçu ma première lettre ! Combien y en aura-t-il d'autres ? Qu'apprendrai-je ? Je veux tout savoir, tout découvrir, tout comprendre. Et tout ressentir ! Je veux ce soleil dans le cœur à chaque ouverture d'une lettre, ce bonheur dans la poitrine qui semble être capable de brûler pour toujours, ce sourire grand comme un croissant de lune sur le visage. Je veux tout et je veux être pleine de tout cela ! Ressentir, savoir et penser jusqu'à déborder ! Plus jamais je ne connaîtrai cette peur qui vous dévore les entrailles, ces remords et ces regrets qui vous tordent jusqu'à ce qu'il ne reste que quelques gouttes de vous, cette tristesse douloureuse qui teint vos pensées de rouge et rend votre corps trop étroit et inapproprié. Plus jamais je ne veux ressentir cela, à partir de maintenant je ne vivrai que de bonheur. Je veux m'en nourrir jusqu'à ce que mes veines et mes pensées en soient pleines. Et ensuite, je le laisserai couler hors de moi pour qu'il puisse plonger vers les autres.
Du bonheur, ma Magie, des savoirs, des découvertes, que désirer de plus ?


Par Merlin, il faut absolument que je montre cette lettre à Alison, ou qui que ce soit d'autre. Je ne pourrai jamais tenir toute la journée sans l'avoir fait lire et avoir transmis tout ce que je ressens à une autre personne. J'ai terriblement besoin d'extérioriser ce qui explose en feux d'artifice dans ma poitrine.

#466962Sixième Année RP

1 mai 2022, 12:00
Par-delà les Océans  SOLO ++ 
9 AVRIL 2047, 21h21
DORTOIR DES FILLES, POUDLARD

Alyona, 17 ans

deuxième lettre reçue

*

[TROISIÈME LETTRE]



Une journée difficile et chargée traîne comme une ombre derrière mes pensées et sur mon corps, faisant s'affaiblir mes paupières et rendant lourds mes membres. *Merlin...* Je suis plus fatiguée que je ne me l'avoue, mais je sais désirer ardemment l'approche des vacances, même si celles-ci rimeront ce mois-ci et pour la première fois avec déménagement. En temps normal, je profiterai de la soirée qui se glisse devant moi pour lire ou travailler — ou les deux —, mais je me sens prise en tenaille par mon manque de motivation et d'envie. Je ne souhaite rien, seulement un peu de repos et de jolis et légers moments qui viendront flotter dans mes souvenirs comme un sourire sur mes lèvres. Cependant, je me dois de rester éveillée, Ecco ne m'a pas suivi dans les dortoirs, comme il lui arrive de faire, et je me dois de l'attendre pour être sûre qu'il passera la nuit ici. Oh, je sais bien que ce n'est pas grave s'il dort dans les couloirs ou dans la salle commune, mais je préfère l'avoir près de moi, il me fait du bien.

Assise sur mon lit et appuyée contre la tête de lit, j'observe mes camarades agir, plongée dans mes pensées. J'aimerais être capable de faire quelque chose qui me soit utile sans que cela ne nécessite beaucoup de temps de ma part — je ne veux pas fixer le plafond et ne rien faire en attendant Ecco —, mais je ne sais comment m'occuper. Mon regard grimpe et s'écrase dans la pièce, partant à la recherche de quelque chose d'utile et de rapide à faire.

Et soudain, il s'arrête sur la commode à côté de mon lit sur laquelle est posée une grande feuille exotique. *Une feuille de philodendron...* Un sourire m'éclaire le visage lorsque je l'aperçois. Les lettres d'Estefânia sont de petits soleils qui illuminent tous les deux mois mes journées, et y penser fait revenir les sentiments qui m'animent quand je les reçois et les lis. Je n'ai pas encore répondu à ma correspondante. Peut-être pourrai-je m'en charger maintenant afin de lui envoyer ma lettre avant mes vacances ? Je me redresse sur mon lit pour plonger vers ma commode, saisir la feuille de philodendron et ma baguette afin de faire venir à moi tout ce dont j'ai besoin pour répondre à Estefânia. Après plusieurs lancers de sorts, je retrouve face à mes yeux la fameuse feuille, un parchemin, une plume, de l'encre, la lettre, un manuel emprunté il y a quelques semaines et mon carnet de notes. Je sais qu'écrire dans un lit n'est pas pratique, mais au moins, ici je suis au calme.

Après avoir calé l'encre pour ne pas qu'elle se renverse, relu la lettre et ouvert mon carnet à la page de mes notes sur le portugais, je plonge ma plume dans le liquide noir, prête à écrire.


__
Chère Estefânia,
__


Merlin, le simple fait de lui adresser quelques mots me fait sourire. Elle est alors si loin, mais si proche de moi ! C'est comme si ses mots étaient un petit bout d'elle qui m'était offert. Je peux les lire et les relire pour apprendre à découvrir davantage Estefânia. Elle les a écrits sur ce parchemin en Amérique du Sud — par Circé, que cela me semble loin ! — et les voici devant moi, petits bouts d'elle envoyés dans l'inconnu. À coup sûr, contrairement à moi, elle ne se préoccupe pas de ce type de détail. Elle doit certainement être très curieuse et impatiente de lire mes lettres. Je crois que cette attente entre deux lettres fait partie de ce que je préfère dans cet échange. Je sens alors mon enthousiasme exploser quand j'aperçois la sous-directrice se diriger vers moi avec cette enveloppe si particulière. Et dire qu'un jour peut-être, je partirai au Brésil pour rencontrer Estefânia pour de vrai ! C'est si excitant et presque incroyable. Franchir autant de frontières et découvrir une nouvelle école de magie... Par Circé, je crois que j'ai toujours du mal à réaliser qu'une telle possibilité m'est offerte.

Je rattrape mes pensées qui divaguaient et s'échappaient de mon esprit pour me reconcentrer sur ma lettre et le portugais. Mes yeux font des allers-retours entre le manuel de langue et la deuxième lettre d'Estefânia, sautant de l'un à l'autre comme des acrobates accomplis.

__
Je te comprends. Ton école a l'air vraiment fantastique ! C'est vrai qu'ici, les plantes sont petites et peu nombreuses et les animaux se font discrets. À Poudlard, il y a des deux dans les serres de Botanique et la zone des créatures magiques.
__


Merlin, plus je tente d'imaginer ma vie à Castelobruxo, et plus elle me plaît. Je rêve encore et encore, tentant d'échapper à ces dortoirs qui me laissent enfermée entre quatre murs, cherchant à me perdre dans mes visions imaginaires pour le plaisir que cela me procure. Castelobruxo et sa forêt tropicale, ses cours d'eau, ses animaux que je n'ai certainement jamais vus, ses plantes exotiques, sa douce chaleur... Poudlard me paraît si terne à côté de toutes ces couleurs qui se dessinent dans ma tête quand je m'imagine cette autre école de magie ! Ici, nous avons certes un château immense, des escaliers capricieux, des tableaux bavards et des fantômes théâtraux, mais nous n'avons pas cette touche d'exotisme et de féerie que je m'imagine à Castelobruxo. Peut-être suis-je également trop habituée à vivre à Poudlard. Peut-être ai-je envie de découvrir autre chose. Je n'en sais rien ; mais derrière mes paupières, comme collée au plafond de mes pensées, l'image que je me fais de Castelobruxo se dessine petit à petit, gagnant des détails et du réalisme.

__
Je n'ai jamais été dans un pays chaud comme le Brésil. Tu me donnes envie d'y aller ! J'espère le pouvoir un jour.
__


Un mouvement attire brusquement mon attention, quelques secondes avant qu'une petite présence douce et chaude ne se faufile contre ma cuisse. *Ecco !* Je souris et glisse un doigt le long du dos de mon rat, réconfortée à l'idée de le savoir près de moi.

Cela me fait sourire quand je me rends compte qu'il est arrivé juste avant que je ne commence à écrire à son propos dans ma lettre. Il semble l'avoir anticipé et être apparu au bon moment exprès, même si je sais que c'est impossible.

__
Ecco est comme mon compagnon de vie. Il passe du temps avec moi. Alors, personne n'a d'animal à Castelobruxo ?
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Cela doit être étrange, et les couloirs doivent sembler bien vides. Pourtant, j'imagine assez aisément des serpents de couleurs vives comme on en voit ici se balader dans mes jardins imaginaires de Castelobruxo. Merlin, qu'est-ce que je donnerai pour pouvoir passer ne serait-ce que quelques heures quand je le souhaite dans une forêt tropicale pleine de couleurs !

Plus j'avance dans l'écriture de ma lettre et plus je me rends compte qu'écrire et apprendre une autre langue est complexe. Je n'ai pas de mauvais souvenirs de mon apprentissage du russe, mais j'étais jeune et les connaissances semblaient s'ancrer bien plus aisément dans mon esprit. Désormais, je dois sans cesse vérifier le vocabulaire à ma disposition, me renseigner pour savoir si ma conjugaison est la bonne, fouiller toutes mes notes pour relire mes leçons de grammaire et m'appliquer quant à ma rédaction. Cela me fait douter et hésiter, je me sentirais honteuse si je faisais une grosse faute. Cependant, le portugais est vraiment plus complexe que ce que je ne pensais. Il n'y a presque aucun mot ressemblant au russe ou à l'anglais. Tout est à réapprendre, et l'oral est bien plus difficile. Je me réjouis de pouvoir disposer de toutes mes grandes vacances pour avancer dans cet apprentissage, j'ai bien trop peur de devoir parler en face-à-face avec Estefânia et de ne parvenir à trouver aucun mot et à ne former correctement aucune phrase.

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C'est intéressant de se regrouper ainsi. J'ai des amis dans presque toutes les maisons mais je passe plus de temps à Serdaigle.
Je suis curieuse aussi ! J'essaye de lire tous les livres traitant des sujets qui me plaisent comme la médicomagie et la botanique. Y a-t-il des livres que tu me recommandes ? J'aimerais percer tous les mystères de la botanique et des potions !
Si des sujets étudiés dans mon école t'intéressent, je peux te partager ce que je sais à leur propos.
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Je suppose qu'il y a une grande bibliothèque dans toutes les écoles de magie et que celle à Castelobruxo doit être remplie de livres merveilleux et inexistants à Poudlard. Oh Circé, il faut vraiment que je m'améliore en portugais et que je puisse aller à Castelobruxo, le fait même de m'imaginer feuilletant des livres que je n'ai jamais vus fait bouillir mon envie qui explose alors dans tout mon corps. Des livres de botanique que je ne connais pas ! Des savoirs supplémentaires à disposition, des sujets d'étude sur lesquels je ne me suis jamais penchée, des plantes dont je n'ai jamais entendu parler... L'inconnu prend encore tellement de place dans ma vie, mais je ne cherche qu'à tout découvrir, comme si savoir était mon oxygène.

Je fais une pause dans ma rédaction, hésitante. Je déborde tellement d'envies que je crains d'écraser celles d'Estefânia avec les miennes et de ne pas lui laisser la possibilité d'apprendre de nos échanges. Elle doit elle aussi certainement chercher à découvrir de nouvelles choses grâce à moi, et si je lui en demande trop, peut-être hésitera-t-elle à exposer ses envies. Mais je suis bien incapable de continuer à lui envoyer des hiboux sans lui faire part de mes désirs ! Je veux tout lire et tout savoir sur la botanique. Je veux pouvoir étonner mes parents, mes grands-mères et mon professeur ; je veux pouvoir apprendre de nouvelles choses en permanence.


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Accepterais-tu de m'envoyer une photo de la forêt de Castelobruxo ? J'essaye de me l'imaginer !
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Tandis que j'écris les dernières lignes de ma lettre, je ne peux retenir les doigts de ma main gauche qui viennent alors caresser tout doucement la feuille de philodendron, comme si elle était un trésor inestimable. Elle est si grande, si belle et si différente des feuilles présentes à Poudlard ! Et cette couleur ! Ces contours si gracieux ! Merlin, que j'aime plonger dans l'inconnu pour apprendre à percer ses mystères !


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Merci pour ta feuille ! Elle me fera aussi penser à toi. Je vais me renseigner sur ces végétaux dont tu m'as parlé.


À bientôt,
Alyona
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Il faudra que je revérifie plus tard, mais je suis certaine qu'Estefânia m'a partagé des noms de végétaux qu'elle apprécie. Je ne connais pas vraiment le philodendron, et j'ai vraiment envie d'en savoir plus à propos de cette plante. Je garde une sorte d'herbier depuis quelques années dans lequel je classe toutes les plantes que je connais après avoir fait quelques recherches à leur sujet. Alors, il me faudra parcourir la bibliothèque ou demander à mon professeur pour acquérir de nouvelles connaissances à propos de ces plantes exotiques. Oh, l'odeur environnante doit être si différente là-bas ! Et les couleurs ! Et les sons ! Y a-t-il beaucoup d'oiseaux au Brésil ? J'imagine que s'il y en a, ils ne sont pas semblables aux nôtres. Mais il doit bien en avoir pour peupler ces grandes forêts ; alors à quoi ressemble leur chant ? Et leur plumage ? Si je pars un jour à Castelobruxo et au Brésil, j'essayerai de ne pas oublier de prendre avec moi quelques plumes d'oiseaux.

La tête penchée en arrière et Ecco sur le bas de mon ventre, je laisse mes pensées m'entraîner, incapable de leur résister correctement. Ainsi, je divague, me laisse balancer par les flots et emporter ailleurs par mes vagues. Le fil de mes pensées m'échapperait presque, comme s'il allait trop loin et était parcouru trop vite pour moi. L'odeur d'Écosse me remplit les narines, avec sa terre humide, ses pins, ses fleurs, et toutes ces autres odeurs colorées. Et dire qu'Estefânia n'a jamais senti cela ! D'ailleurs, à quoi ressemble l'odeur du Brésil ? Les fleurs sauvages et exotiques sentent-elles bon ? Sont-elles semblables à celles que l'on peut trouver dans la serre tropicale ? L'odeur est-elle également proche ?

Merlin, tant de questions sans réponse ! *Un jour, je saurais !* Mais en attendant, je me fais emporter par mon imagination vers des terrains inconnus. Après tout, peut-être Estefânia apprécierait-elle de découvrir les odeurs d'Écosse ? Mais comment s'y prendre pour les enfermer dans une lettre ? Je pourrai essayer de parfumer celle-ci. L'ai-je déjà fait ? Je crois, mais les souvenirs restent vagues. Cependant, peut-être pourrai-je réessayer cette fois-ci ? Ce ne doit pas bien être compliqué, et le résultat doit être surprenant !
Un peu d'Écosse au milieu du Brésil... Un peu de moi dans mes lettres de velours, à jamais envoyées à l'autre bout du monde.

*Les océans ne peuvent plus nous arrêter.*


(Il n'y a jamais trop de mots.)

#466962Sixième Année RP