Inscription
Connexion

28 janv. 2022, 18:08
 Solo ++  Une épaule pour pleurer
Poudlard Express
Dimanche 24 juin 2046

Ça y ait. C’est les vacances. À cause de ce fichu décret je viens de remettre ma baguette au Conseil. J’espère qu’ils en prendront grand soin. J’imagine que si ce n’est pas le cas je ne serai pas la seule à protester. Mais que peuvent faire de simples élèves face au Conseil ? Rien. Absolument rien. Comme nous n’avons rien pu faire pour empêcher le tournoi. Pour l’interrompre. Heureusement qu’il s’est bien terminé. Enfin, bien, tout est relatif. On était loin d’une célébration lors de sa fin. Les concurrents n’ont pas reçu de couronne pour les féliciter au contraire. Ils ont du rester de longues journées à l’Infirmerie. Et même indemne physiquement, mentalement ce devait être une autre histoire.

Bien sûr je ne connaissai pas beaucoup Irene, Elowen, Jacob et Lily. Mais les deux Serdaigle font partie de ma maison, Jacob fait partie de notre équipe de quatre poseurs d’affiches et je considère de plus en plus les habitants de Poudlard comme ma seconde famille. Je ne suis pas assez proche d’eux pour prendre conscience de la manière dont le Dominion les a changé -parce qu'il l’a forcément fait. Mais je sais que moi j’ai changé après cet événement. Je fais plus de cauchemar, j’ai souvent envie de pleurer, et dès que je ferme les yeux les images me reviennent. J’ai été idiote de rester là à regarder. J’aurais dû sortir comme beaucoup d’autres, j’en ai eu l’occasion. Mais non, j’étais comme hypnotisée par la retransmission. Au lieu de m’éloigner j’ai choisi de rester. Plutôt que de fuir vers le parc je suis restée impuissante. Tout ce que j’ai trouvé de mieux à faire c’est de lancer une pomme.

Une pomme. Comme si ce simple fruit pouvait arrêter un lieu maléfique. J’aurais lancé un petit haricot ça aurait été pareil. Je n’ai pas réfléchi avant de le lâcher. C’était une action inutile pour avoir l’impression d’agir. Je ne parvenai pas à rester immobile. J’aurai du sortir. Ainsi, ces images ne se seraient pas imprimées dans ma mémoire. Foutu curiosité, pourquoi t’ai-je écouté ? Mais au fond je sais que je n’aurai pas pu partir. Fermer les yeux de ces horreurs et fuir la salle. Parce que je ne suis pas comme ça. Je préfère faire face aux problèmes. Si j’étais parti je n’aurais cessé de me demander " Et si...? " Et si il y avait eu une occasion, un petit espoir d’arrêter ce tournoi et que je l’avais manqué ? Évidemment qu’il n’y en a pas eu. J’étais une élève parmis d’autres, totalement inutile, impuissante.

Pour me consoler, j’essai de me dire que ces morts méritent qu’on se souvienne d’eux. Si ils sont morts c’est parce qu’on a rien fait. Tous autant que nous sommes nous avons soit détourné le regard, décidé d’ignorer la situation, soit observé sans rien faire. Si tant d’adolescents sont morts c’est parce qu’on a rien tenté. Et je me dégoûte moi-même de n’avoir pas essayé. Essayer de faire plus que lancer cette pomme, même si j’avais peu de chance de réussite. J’aurais dû faire plus. Mais non, comme les autres j’ai regardé les gens s’entre-tuer. Mourir alors qu’aucun d’eux ne le méritait. Et je n’ai rien fait. J’ai échoué à faire ma part. Si chacun avait fait la sienne peut-être que tout aurait été différent. Car dans ces moments là chaque petite action à son importance. Ça me rappelle une petite histoire que mes parents me racontaient quand j’était petite. Sur la part du colibri(1). La c’est pareil. Sauf que contrairement au colibri j’ai pas fait ma part. Comme les autres je n’ai même pas essayé.

Quand j’entre dans le train je ne fais pas attention à l’endroit où je m’installe. Si il y a des personnes dans mon compartiment je ne les remarque pas. Je suis trop absorbée par mes pensées. Dans ces moments là le monde pourrait bien s’écrouler autour de moi que je ne le verrai pas. Je suis déconnectée de la réalité. Je me sens oppressé dans ce wagon alors je m’évade. Loin, bien loin du Poudlard Express. Je suis partout et nulle part en même temps. Un pincement au cœur je fais remonter chaque souvenir du Dominion. Tout ce que je sais, tout ce que j’ai vue. J’aurai pu choisir n’importe quel moment. Une tradition, une fête ou autre. Mais non, ce que je veux revoir, la maintenant, ce sont les épreuves du Dominion. J’aurai pu réussir à voir Saturne ou encore à vivre un moment extraordinaire cette année que ce serait toujours le tournoi, événement triste, que j’aurais choisi. Pour me rappeler des concurrents.
Reducio
(1) référence à la légende du colibri

2ème année RP • #004400 • Membre des Aigles de Bronze • Rédactrice HRP • Marraine
Allez les aigles, la coupe est pour nous !
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Uni ne Perdra

17 févr. 2022, 12:06
 Solo ++  Une épaule pour pleurer
Petit à petit les images remontent à la surface. Je serre les dents devant toutes ces horreurs. Je ne sais pas vraiment ce que j’espère en faisant ça. Sûrement qu’en affrontant la situation elle arrête de me hanter. Peut-être que si j’y fais face une bonne fois pour toutes je serai tranquille par la suite. Espoir vain. Faible illusion. Rêve enfantin. Bien sûr que ça ne marche pas comme ça. J’arrive juste à me faire mal. Me remémorer la douleur de l’impuissance. Me rappeler le chagrin, le doute. Comment est-ce que ça pourrait fonctionner ? Ce serait trop simple n’est-ce pas ? Je m’arrête. Avant d’aller trop loin. Avant que le surplus d’images ne me fasse craquer. D’habitude je les affronte une à une, je suis trop faible pour faire beaucoup plus.

Pour me rassurer, pour que mes poings se desserrent je décide de penser à autre chose. Après tout mon année ne se résume pas au Dominion. Heureusement il y a eu aussi de belles rencontres. Les visages de ces personnes qui ont embelli mon quotidien me viennent un à un. Ils étaient là, pas toujours quand je le souhaitais mais ils étaient là. Avec certains j’ai seulement échangé quelques mots, à d’autres je me suis confiée mais tous je les apprécie. Je voudrais les remercier un par un, tous ces gens qui ont fait de ma vie au château une belle expérience. Mais c’est impossible, ils sont beaucoup trop nombreux. De l’inconnu qui m'a sourit au détour d’un couloir au moment où j’en avais besoin à mes camarades de dortoir avec qui j’ai passé chacune de mes journées il y a beaucoup trop de personnes à remercier. Certaines m’ont oublié et pourtant sans le savoir elles m’ont apporté courage et espoir.

Un sourire. Beaucoup m’ont offert un sourire. On sous-estime la puissance que peut avoir un sourire. Adressé à la bonne personne, donné au bon moment un sourire peut faire des miracles. Ça peut éclairer la journée d’une personne mal réveillée, ça peut redonner du courage à celui qui a abandonné, ça peut rassurer, réconforter. Ça ne demande pas d’effort et pourtant ça peut faire tant de bien. Contrairement à une moue boudeuse qui installe la mauvaise humeur, un sourire réchauffe une pièce. On devrait toujours sourire, pas seulement pour soi mais pour les autres. Je ne souris pas tout le temps. Ce serait compliqué. Mais souvent. Quand je suis triste, un masque joyeux cache mes larmes. J’attend d’être seule pour les verser. Ça évite que les autres s’inquiètent, ça m’empêche de m’apitoyer inutilement sur mon sort. Et puis pour certains quelqu’un qui sourit est de meilleure compagnie que quelqu'un en pleures.

J’essaie de me rappeler tous ces bons moments. Toutes les belles rencontres, les délires et les jeux, la joie d’avoir réussi ses examens, la bataille d’eau de fin d’année... Ils sont tellement nombreux ! Je regarde sans vraiment les voir les paysages qui défilent par la fenêtre. Je les vois au moins deux fois par an en plus des vacances. Je les reverrai l’année prochaine. Enfin, si je retourne bien à Poudlard. Mais il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas, n’est-ce pas ? Après maintes réflexions je décide de lâcher prise. Ma tête contre le rebord de la fenêtre je m’endors. Au début je sommeil juste, j’ai encore un pied dans la réalité. Puis je laisse mon esprit rejoindre le monde des rêves. Je n’ai pas peur d’oublier de me réveiller, je me doute bien que quelqu'un doit vérifier qu’il n’y ait plus personne dans les wagons. Alors je m’abandonne complètement au sommeil.

* * *


Quelque chose me sort de mon univers cotonneux. Je ne sais pas vraiment quoi, peut-être la sensation qu’on ne bouge plus. J’ouvre doucement les yeux pour ne pas être aveuglé par la lumière. En effet le train est à l’arrêt. On est arrivé à King’s Cross. Je ne sais pas vraiment si je suis contente d’être arrivée ou si j’aurai préféré que le voyage dur plus longtemps. J’ai hâte de retrouver mes parents et en même temps je redoute de les revoir. Mais il faut que j’y aille. Alors, je prends ma valise et je me lève. Je traverse le wagon et sort sur le quai.

2ème année RP • #004400 • Membre des Aigles de Bronze • Rédactrice HRP • Marraine
Allez les aigles, la coupe est pour nous !
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Uni ne Perdra

23 avr. 2022, 12:39
 Solo ++  Une épaule pour pleurer
King’s Cross

Je suis sortie du train et je cherche mes parents sur le quai. Enfin, après quelques minutes à me dévisser le coup pour les apercevoir je les vois. Alors, le reste du monde disparaît. Je me fiche de passer pour une gamine et m’élance. Je cours vers eux à toutes vitesses, en traînant ma valise derrière moi. Arrivée devant eux je lâche mon bagage pour me jeter dans leur bras. En sentant leur odeur familière, en prenant conscience de leurs bras qui m’entourent je me rend compte à quel point ils m’ont manqué.

Je recule de quelques pas pour mieux les observer. Ma grande sœur est là elle aussi. Je lui adresse un simple sourire. Pas besoin de plus, on se comprend. Enfin je crois. J’ai peur que notre relation ait changé avec mon entrée à Poudlard. Jusque là j’ai l’impression qu’on évite le sujet. Moi parce que j’ai peur qu’elle ait mal pris le fait que je sois sorcière et non elle, et elle pour une raison que j’ignore. Mais l’inquiétude me ronge. L’incertitude, la peur que ce lien entre nous se brise. Il faut que je sache. Même si je prend le risque d’avoir mal, je dois savoir. Je me promet intérieurement de mettre le sujet sur la table au moment propice. En attendant je lui jette de fréquents coup d’œil pour essayer d’évaluer son humeur. Je suis malheureusement incapable de deviner si le sourire qu’elle affiche n’est qu’une façade.

De mon côté j’ai l’air joyeuse. À l’intérieur je ne saurais dire comment je me sens. Contente de retrouver ma famille bien sûr, mais le reste est flou. Tout est embrouillé et je n’arrive pas à démêler le nœud d’émotion qui a pris place dans ma poitrine depuis quelques mois. Depuis le Dominion en fait. Depuis que je le connais il est partout. Je chasse rapidement les sombres pensées qui menacent de prendre forme dans ma tête. Hors de question que mon retour soit gâché à cause de ce lieu maléfique. Il a déjà fait trop de mal.

On sort de la gare pour rejoindre la voiture. On ne parle pas beaucoup, dans la famille on n’est pas très bavard. Ça me convient car je ne saurais pas quoi dire. Mais ce silence n’est pas aussi agréable que d’habitude. Je le trouve pesant, étouffant, comme si personne n’osait briser la glace qui nous sépare. Parler de l’école de sorcellerie n’est sûrement pas la meilleure des idées. Il faudra sûrement aborder le sujet à un moment donné mais pas maintenant. On ne le dit pas mais chacun considère le sujet comme une sorte de tabou. En parler, c’est évoquer le fait que je suis différente, anormal pour eux. En parler, c’est se souvenir que je passe la majorité de mon année loin de la maison, dans un endroit accessible pour moi uniquement.

Il faudra bien crever l’abcès à un moment mais en attendant chacun veut préserver le fragile équilibre qui s’est installé. Alors on n’en parle pas. Comme à Noël on fait semblant de rien. Je joue le rôle d’une adolescente moldu qui est en pension pendant l’année et qui ne peut rentrer que pendant les vacances. Elle vient de retrouver sa famille et rentre chez elle heureuse. Cette inconnue que j’incarne je ne la connais pas. Mes parents m’ont décrit ce rôle dans une lettre avant Noël pour que j’ai une réponse toute prête aux questions des proches. Mais je n’aime pas mentir. Alors je les laissai répondre en hochant parfois la tête ce qui ne voulait rien dire. Et à partir d’aujourd'hui je dois reprendre ce rôle. Auprès de mes anciens copains et de mes grands parents. Et ce, jusqu'à la rentrée.

La voiture arrive devant la maison. En se garant mon père me lance d’une voix faussement détachée.

- Pendant que j’y pense Joy, il faudra qu’on parle de ta dernière lettre.

Ah oui, cette lettre. Je me mord la lèvre et voit ma grande sœur retenir un sourire. Elle a du la lire la fameuse lettre. C’est la dernière que j’ai envoyé et elle date de mars. Ça m’étonnerait que mes parents aient apprécié.

2ème année RP • #004400 • Membre des Aigles de Bronze • Rédactrice HRP • Marraine
Allez les aigles, la coupe est pour nous !
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Uni ne Perdra

26 mai 2022, 23:34
 Solo ++  Une épaule pour pleurer
Maison des Wakberg, Londres

À peine entrée, je tente de m’esquiver dans ma chambre. Je n’ai aucune envie de parler de la lettre. Mais ma mère n’est pas du même avis. Elle me prend la valise des mains, sûrement pour la monter dans ma chambre.

- Va t’installer dans le salon avec ton père, je vous rejoins.

Ma sœur nous accompagne. J’imagine qu’elle va rester. On n’est pas vraiment en compétition, entre nous il y a plus de camaraderie que de disputes mais la situation doit l’amuser. En passant devant moi elle me lance un :

- Bon courage !

Bien sûr qu’elle a lu la lettre, j’en ai la certitude. En soit elle n’est pas si terrible. Je n’aurais sûrement pas pu faire beaucoup mieux en vu des circonstances. Mais ces circonstances je suis la seule ici à les connaître, et je ne veux pas vraiment en parler. Mais comme je n’ai pas le choix, je vais m’asseoir sur le canapé. J’attend que mes parents arrivent et me prépare mentalement pour la suite.

- Mais qu’est-ce qui t’a pris bon sang ! Comment as-tu pu faire ça ? Nous envoyer une lettre au dernier moment où tu nous dis que tu ne reviendras pas à la maison pour Pâques, et ce sans plus d’explications !

Et voilà, ça commence. Voir mon père, d’habitude si calme, se mettre ainsi en colère me fait peur. Mais je ne baisse pas la tête, hors de question. Ce n’est pas un signe de défiance, simplement je ne regrette pas ce que j’ai fais.

- Je...

- Tu nous as ensuite laissé sans nouvelles ! As-tu seulement lu la lettre que nous t’avons renvoyé ?

Non. Je n’en ai pas eu le courage. Leur lettre, elle doit encore être dans le fond de ma valise. J’avais trop peur de la lire, de savoir ce qu’il y avait d’écrit, et surtout, qu’elle me fasse culpabiliser. Ensuite, je l’ai oublié. C’est lâche de ma part, j’en ai conscience, mais c’est comme ça.

- Non, je....

Mon père lance un rire sarcastique, qui me fait bien plus mal que ce que j’aurais crue. Il enchaîne, ne me laissant même pas finir.

- Bien évidemment que non, tu ne l’as pas lu ! C'est trop compliqué de prendre connaissance de l’avis de tes parents, ou même de les rassurer ! Tu préfère nous laisser dans le doute !

Le regard de mon père devient insoutenable, alors je préfère me concentrer sur celui de ma mère. Et il me frappe. Elle n’est pas en colère. Enfin, elle ne l’est plus. Ce que je vois dans ses yeux c’est de la déception. Une profonde déception. J’ai l’impression qu’une multitude d’aiguilles s’enfoncent dans mon corps. C’est encore pire que la colère. Même quand je détourne les yeux son regard reste imprimé dans mon esprit. Je ne veux pas décevoir mes parents. Personne ne le veut. J’aimerai qu’ils soient fière de moi pour une raison ou pour une autre, pas déçue.

- Écoutez, je...

Encore une fois je suis interrompu avant de finir ma phrase.

- Tu quoi ? Tu étais trop occupé pour te soucier de nous ? Si tu préférais rester avec tes amis plutôt que de rentrer avec nous, très bien. Mais tu nous le demandais ! Tu ne nous en parlais pas au dernier moment, ni comme un fait accompli ! Et tu continuais de nous donner de tes nouvelles, voir même plus régulièrement ! Tu n’a pas à disparaître comme ça !

- Est-ce que je peux parler maintenant ?

Je remarque que mon père s’apprête à répliquer mais ma mère l’en empêche d’un mouvement de la main. Je lui lance un merci du regard qu’elle ignore. Tant pis, je ferai avec. En attendant, je ne sais toujours pas quoi dire. Alors je me lance, peut-être que ça viendra tout seul.

- Merci. Déjà, je suis désolée. Vraiment. Je vous assure que j’ai cherché d’autres alternatives, mais je n’ai pas trouvé. Je n’étais pas prête à rentrer. La vie à Poudlard à beau être merveilleuse, parfois elle est plus... compliqué.

Je pense au Dominion. La raison de tous mes actes. Faut-il que j’en parle ? Ou que je garde ça pour moi ?

2ème année RP • #004400 • Membre des Aigles de Bronze • Rédactrice HRP • Marraine
Allez les aigles, la coupe est pour nous !
Maison Victorieuse au Triomphe Majestueux, Jamais Serdaigle Uni ne Perdra